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EAN : 9782203001053
62 pages
Éditeur : Casterman (04/05/1993)
3.85/5   1468 notes
Résumé :
Afin de récupérer un fétiche volé, Tintin s'embarque pour l'Amérique du Sud où s'opposent toutes sortes d'intérêts : militaires, économiques, financiers.
La guerre décrite dans l'album, entre le San Theodoros et le Nuevo Rico, est en fait la transposition de la guerre du Gran Chaco qui venait d'opposer, trois ans durant, la Bolivie et la Paraguay.
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Critiques, Analyses et Avis (68) Voir plus Ajouter une critique
3,85

sur 1468 notes
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greg320i
  27 décembre 2015
L'Oreille cassée, fracassée, mutilée, annihilée, découpée, déchirée, meurtrie et blessée ..
Voilà là le constat effarant et effrayant du terrible voyage de Tintin poursuivant sa quête de l'absolu apocalypse dans le monde.
Sa route,loin d'être semé d'embuches est au contraire de la petite routine pour son métier de journaliste reporter. Indiana Jones réincarné ..

Rapportant surtout le gros lot avec ce fétiche volé exposé au musée,il va s'en dire qu'une telle valeur marchande va donner de la force et du courage à notre champion toute catégorie de la prise de risque pour découvrir d'où vient cette insolite et fichue statue.
Je me demande parfois à combien culmine le compte en banque de Tintin ?
Au gré de ses envies, bravant outrageusement convenances et mises en garde sur une possible portabilité de virus importé, il s'exporte .
Interdiction et message de respect, il en rit ; faisant fît de tout bois des ethnies pacifiques, il chasse, pourchasse, traque et va fourrer son nez sans relâche dans multiples civilisations pacifiques peureusement cachées. ( pas pour longtemps)
Plus sauvage que les sauvages eux-même, violant et voilant sa face d'homme blanc voulant s'emparer de leurs précieux totems, le blême petit bonhomme à houppette trouvera chouette de continuer son sacrilège . .
Privilège de luxe, indécent fils de la mondialisation , descendant direct de Christophe Colomb doublé d'un Gengis Khan d'ans l'âme , le blâme lui revient de n'en faire qu'à sa tête.
Têtu comme une mule , il ira cette fois tremper son audace au coeur d'une forêt vierge , peut-être en quête d'une amazone peu farouche ..

Toujours aussi louche, Tintin tel le lierre coriace et vivace s'ingénie et s'attache à attaquer son long périple pour son bon vouloir à tous savoir .
Au mépris bien sûr des valeurs de religion sur les valeureuses cultures de terre sacrée et d 'autres légions consacrées (vu également dans le temple du Soleil )
Ainsi donc il ira, et vous lirez !
Vous vous délivrerez par la même occasion bien pratique de ce sentiment un peu confus que finalement ce n'est pas 'si mal que ça' si l'on saccage les marécages, que l'on profane Mère Nature et ces secrets d'indiens n'ayant rien demandé sinon leur quiétude face à l'inquiétante montée de de notre société monétaire monarchique mal manoeuvré . ( au bord de sa perte, mais il faut le dire vite)
Malédiction des malédictions pour ces pauvres primates à peaux brunes, Tintin devient une idéologie,une certaine forme de bravade dans l'escalade du " toujours plus loin, plus fort, plus vite" à enfreindre les limites .
Vous avez dit diabolique ?
" Si Tintin l'a fait, c'est donc permis ! "
Ainsi donc ce message pathétique d'exploitation et d'exploration aux quatre coins du monde -transmis de générations en générations-, poursuit-il sa route funeste de 7 à 77ans . Ravage, vous avez dit ravage ?

Bonus track de critique & Prime à la casse :
- L' alcoolisme de Tintin enfin dévoilé, son ivresse publique sur la place après sa cuite en compagnie du général ( prologue de ses futurs déboires avec un capitaine de même acabit)
- Ses démentis face à la justice quand tout l'accuse avec soupçons de corruption ( dont ferons prochainement les frais les pauvres frères Dupont-Dupond, le duo d'abscons des prochains albums )
- Son besoin de nous conforter que 'voyager c'est bien' , même si le problème du réchauffement climatique planétaire n'est visiblement pas son problème .

Bref un tome de plus de cette oeuvre de propagande qui demande et redemande une sérieuse relecture après tant d'années passées et classées scandaleusement au rayon jeunesse .
La propagande n'en finit jamais, c'est là que le bât me blesse . .
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Myriam3
  01 janvier 2021
Un fétiche arumbaya dérobé et mystérieusement réapparu le lendemain au musée ethnographique, et voici notre jeune reporter en route pour le continent sud-américain !
On y rencontre notamment Alcazar, mais aussi un prototype du professeur Tournesol, avant qu'il ne prenne réellement vie cinq tomes plus tard.
Suite à plusieurs coups d'état qui se suivent à un rythme ridicule, Tintin se retrouve tour-à-tour condamné à mort puis général avant d'avoir le statut de traître, tout cela en l'espace de quelques jours. Hergé s'inspire ici de la guerre du Chaco qui divise la Bolivie et le Paraguay dans les années 30, entraînant de lourdes pertes pour ces deux pays déjà pauvres avant cela. Dans ce tome, c'est notamment le vendeur d'armes Bazaroff ainsi que la General American Oil, compagnie pétrolière, qui vont précipiter la guerre entre les deux pays imaginaires que sont San Théodoros et le Nuevo Rico.
C'est intéressant de se plonger dans l'actualité de l'album pour y retrouver les similitudes, grâce aux deux volumes que le Point a publié il y a quelques années, « les Personnages de Tintin dans l'Histoire ! »
Comme je lis les albums à la suite les uns des autres, je peux constater que dans celui-ci, Hergé ne s'est pas toujours fatigué et répète certaines scènes d'un album à l'autre, par exemple celle où Tintin simule un accident de voiture en montagne pour désorienter ses poursuivants.
Comme les précédents, ce ne sont pas ceux que je préfère, mais on sent que la plume se fait plus subtile au fur et à mesure de la production.
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Wyoming
  05 mai 2020
Nombreuses aventures pour Tintin dans cet album que l'on apprécie dans l'enfance sans se poser les questions philosophiques ou sociétales des adultes, aventures que l'on savoure quelle qu'en soient les invraisemblances et la vie sauve toujours in extremis pour notre reporter préféré.
Déjà, la première de couverture, avec une formidable planche où Tintin rame à bord d'une pirogue sur un fleuve boueux, planche qui fleure bon l'aventure que les lecteurs de tous âges vont vivre en le suivant au pays des Arumbayas, en Amérique du sud.
La disparition d'un fétiche va lancer Tintin dans une course folle en utilisant presque tous les moyens de transports existant à l'époque où Hergé mit en scène son immortel héros.
L'histoire, tous les fans la connaissent, alors précisons simplement que cet album voit la première apparition du général Alcazar qui confère à Tintin le titre encombrant de colonel dans son armée. Un petit clin d'oeil à Livingstone avec la rencontre de Tintin et d'un explorateur porté disparu.
Probablement pas le meilleur album des Tintin puisque de nombreux vont suivre mais les promesses données par ceux qui le précèdent sont tenues .
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Alzie
  10 février 2018
Apparu en noir et blanc dans le Petit Vingtième L'Oreille cassée, sixième album de la collection Tintin, prit des couleurs en 1943 année sombre s'il en fut pour tant de contemporains...
Notre reporter s'ouvre ici à la culture amérindienne et hispanique. du même coup, et ceci bien avant Jacques Chirac, il manifeste son intérêt pour les Arts Premiers en entreprenant le sauvetage artistique d'un fétiche Arumbaya volé et menacé par deux affreux jojos.
Politiquement, c'est encore plus clair, Tintin devance de plusieurs coudées Régis Debray en prenant part courageusement à une révolution sud américaine, devenant l'aide de camp d'un sémillant général (apparition d'Alcazar) et contrecarrant les visées financières de compagnies multinationales pétrolières aux stratégies douteuses. Et il en faut du cran pour se retrouver coincé par la suite chez les Bibaros au fin fond de l'Amazonie!
Enfin et j'en aurai fini, sur le plan personnel, notre ami découvre (conséquence logique de son élargissement culturel) les bienfaits de la tequila au pied du poteau d'exécution (il ne sera pas fusillé je rassure les lecteurs potentiels et sensibles) et se décoince psychologiquement.
Un album triplement positif donc pour ce héros précurseur aux aventures planétaires multiples et trépidantes dont on ne se lasse pas. Ne doutons pas, qu'en filigrane, cet album rende également un hommage détourné et discret à tous les gardiens de musée... "Toréador! Toréador!"
Je renvoie les lecteurs vers Michel Serres pour ses études réjouissantes de Tintin (Hergé mon ami, éditions Moulinsart/Le Pommier, 2016).
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TableRonde
  14 janvier 2015
L'oreille cassée : Mon premier album de Tintin à moi !
Voici un album typique qui convient aux lecteurs de 7 à 77 ans, doté d'une magnifique couverture dès sa version noir et blanc et reprise quasiment à l'identique dans sa version couleur (ce qui est exceptionnel et qui mérite donc d'être souligné).
C'est avant tout un vrai thriller, avec un bon (Tintin) qui se trouve confronté à une pléiade de méchants, notamment ce binôme constitué de Ramon, lanceur de couteau heureusement gauche, même s'il vise trop à droite, et Alonzo. Leur accent latinos est exceptionnellement bien rendu par Hergé. Tintin n'arrêtera pas d'être confronté à ces deux-là tout au long de l'histoire : en Belgique, sur le Ville de Lyon, devant le bureau d'Alcazar, dans les rues de la capitale de San Theodoros, dans cette baraque perdue, au plus profond de la jungle, sur le Washington : de vrais sparadraps haddockiens ! Heureusement que ces deux lascars meurent « définitivement », sinon nous les aurions à coup sûr revus dans la suite des aventures.
C'est aussi un quête du fétiche, jusqu'à son lieu d'origine. La disparition du fameux fétiche, les différentes découvertes de ses nombreuses répliques, son histoire, son secret, mettent le lecteur en haleine.
C'est encore une vraie aventure. Les retournements de situation, les déplacements, la « chasse » au perroquet, les fausses pistes, les moments de solitude et de désespoirs sont légion. Je ne sais pas pourquoi, mais la libération de nuit de Tintin par Pablo et son tracteur m'a toujours marquée. Il est vrai que c'est quasiment le seul vrai ami que Tintin se fera pendant son épopée sud-américaine. Il n'est pas étonnant de le retrouver beaucoup plus tard dans les Picaros, où il aidera à nouveau Tintin : un vrai fidèle, certes discret, parmi les fidèles.
Souvenons-nous qu'Hergé, à l'occasion de la création de son album précédent (Le Lotus bleu), avait rencontré Tchang qui devint son ami et celui de Tintin. Tchang avait expliqué combien il était important de ne plus travestir la vérité culturelle et historique des pays dans lesquels voyageait Tintin, et, partant, de renoncer aux poncifs et aux autres contre-vérités usuelles.
En d'autres termes, on prend acte que Tintin ne s'adresse plus uniquement au seul jeune public. Hergé devient reporter, à la place de Tintin. Désormais, ce qu'il raconte doit être sinon vrai du moins réaliste et ne pas porter préjudice ni à un pays, ni à un peuple.
Hergé a donc décidé d'une part de créer de nouveaux pays en tension, ici San Théodoros et Nuevo Rico, pays d'Amérique du Sud. Il crée de nouvelles tribus avec des fétiches ou totems (Arumbayas et leurs sarbacanes et les Bibaros, réducteurs de tête). Plus tard (à peine), il y aura la Syldavie et la Bordurie en Europe. Il n'y aura pas de jeunes San Theodoriens ni Nuevo Ricains dans les facultés de Bruxelles qui viendront sonner à la porte du père de Tintin. Ouf ! La Syldavie aura plus de potentiel, toutefois, on retrouvera le San Theodoros dans le dernier album achevé de la saga.
On retrouvera surtout et plus régulièrement le général Alcazar, au nom de général d'opérette, lequel se produira d'ailleurs dans un théâtre comme lanceur de couteaux. Heureusement pour Chiquito qu'il vise mieux que Ramon !
D'autre part, Hergé profite et dénonce des faits d'actualité
- comme la guerre du Chaco entre la Bolivie et le Paraguay (1932-1935 : l'album commence fin 1935 !),
- comme le fait que des soupçons ont été portés à l'encontre de grandes compagnies pétrolières américaine d'un côté, britannique de l'autre en leur reprochant d'attiser le conflit,
- comme l'action de marchand de canons (Basil Bazaroff/Zabaroff) vendant des armes dernier-cri aux deux belligérants.
Si l'album est sérieux, il ne manque pas pour autant d'humour, avec les ordres et contre-ordres du peloton d'exécution, avec la confusion totale lors des coups d'état, avec les armées « mexicaines » constituées de milliers de colonels et d'une petite poignée de caporaux, avec la malchance répétitive de ce colonel-caporal dans ses tentatives d'attentat et qui meurt à la minute même où il redevient colonel, avec la prise de décision à l'emporte-pièce par le tyran et son caractère de mauvais joueur.
Bref, je trouve que cette aventure, très riche, nous offre plein d'axes et de niveaux de lecture.
A ce titre, il ne peut être que chaudement recommandé pour être lu, relu et re-relu etc. avec nos yeux d'enfant et avec ceux d'adulte.
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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
BanachBanach   26 novembre 2016
- Qu'y a-t-il, colonel, a-t-on capturé le général Tapioca ?
- capturé ?... Il s'agit bien de cela, colonel !... Les troupes du général Alcazar ont fait leur soumission !... Le général Alcazar s'est enfui !... Le général Tapioca est vainqueur ...
- Vous êtes sûr, colonel ?...
- Absolument sûr, colonel !... Voilà une demi-heure que je vous cherche pour vous le dire !...
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genougenou   20 août 2015
Colonel Diaz : Mais… ne pensez-vous pas, mon général, qu’il vaudrait mieux le nommer caporal ? Nous n’en avons que quarante-neuf, alors qu’il y a déjà trois mille quatre cents quatre-vingt-sept colonels.
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litolfflitolff   26 octobre 2011
Mais… ne pensez-vous pas, mon général, qu’il vaudrait mieux le nommer caporal ? Nous n’en avons que quarante-neuf, alors qu’il y a déjà trois mille quatre cents quatre-vingt-sept colonels.
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MissSherlockMissSherlock   14 mars 2015
Ce qu'ils vont faire de nous ? C'est très simple : nous couper la tête ; puis par un procédé très ingénieux, la réduire à la grosseur d'une pomme !
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cicou45cicou45   22 novembre 2011
"_A votre santé ! Somme toute, être fusillé, ce n'est qu'un mauvais moment à passer, pas vrai ?...On aurait tord de prendre ça au tragique."
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