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EAN : 9782203011489
62 pages
Casterman (01/12/2003)
4.01/5   1922 notes
Résumé :
Poursuivant jusqu'en Chine les trafiquants rencontrés dans Les Cigares du pharaon, Tintin fera dans Le Lotus Bleu (1936) la connaissance de Tchang, un jeune chinois qui lui fera perdre ses derniers préjugés. En Rastapopoulos, il se découvrira par contre un redoutable ennemi qu'il retrouvera d'ailleurs à plusieurs reprises.
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Critiques, Analyses et Avis (112) Voir plus Ajouter une critique
4,01

sur 1922 notes
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Pavlik
  26 avril 2014
Le Lotus bleu marque un tournant dans l'oeuvre de Hergé et dans la série Tintin. Georges Rémi est issu d'une famille belge extrêmement conservatrice, et lui-même a été marqué (c'est bien normale) par les valeurs qui lui ont été inculquées. Heureusement, cet album nous rappelle de façon éclatante qu'il n'y a pas de fatalité et que le libre arbitre n'est pas fait pour les chiens.
En effet, les premiers albums de Tintin, Tintin au pays des soviets, Tintin au Congo, Tintin en Amérique, révèlent un auteur encore fortement influencé par les idées familiales (opposition farouche au communisme, adhésion au colonialisme etc). C'est donc tout naturellement que Hergé nous présente des images caricaturales des pays et des peuples concernés. Ceci lui a été largement reproché. Pourtant, il saura faire preuve d'émancipation grâce à sa rencontre avec Tchang Tchong-jen, un étudiant chinois qui l'initie à la civilisation et à l'art du dessin chinois. Dès lors, il n'aura pour seule ambition, lors de la réalisation de ce Lotus bleu, de restituer une Chine fidèle à la réalité. A ce titre les décors sont magnifiques et tout à fait saisissants de réalisme. Pour remercier son guide il en fera un personnage de l'histoire, Tchang, qui, sauvé par Tintin, lui ouvrira les yeux sur son pays. Par ailleurs, Hergé s'en prend de manière directe à l'impérialisme japonais en chine et à la compromission des états occidentaux. L'histoire ne dit pas ce que papa et maman ont pensé de cet album.
24 ans plus tard, Tintin s'acquittera de sa dette envers Tchang en le délivrant des griffes du yéti dans Tintin au Tibet. de même, Hergé finira par retrouver le vrai Tchang à Bruxelles, en 1981, après l'avoir chercher en vain pendant des années.
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GeorgesSmiley
  07 avril 2020
Le Lotus bleu, c'est cette couverture magnifique, Tintin et Milou sortant du vase qui leur servait de cachette sous l'oeil menaçant du dragon noir sur fond rouge. C'est aussi, la demi-page sublime et hilarante consacrée à l'arrivée des Dupont à Hou Kou, déguisés en costumes folkloriques tout en pensant être habillés comme tout le monde et donc discrets comme les fins limiers qu'ils pensent être. La moitié de la ville est dans leur dos, foule hilare, riant à gorge déployée tandis que Dupont glisse à Dupond « Ne te retourne pas tout de suite… J'ai l'impression que quelqu'un nous suit !... »
C'est l'infâme Rastapopoulos qui se révèle enfin sous son jour le plus vil, certain qu'il est à cet instant que la dernière heure de Tintin est venue. Il nous révèle même son prénom que j'avais oublié : « Oui, Rastapopoulos !... Roberto Rastapopoulos, à qui tu as mis des bâtons dans les roues depuis si longtemps… Rastapopoulos, le chef du trafic international des stupéfiants !... Rastapopoulos qui est tombé dans les rochers, près de Rawhajpoutalah, et que tu croyais mort !... Rastapopoulos, qui a la vie dure, comme tu le vois, et qui finit toujours par triompher !... »
C'est Milou, une nouvelle fois condamné à mort, cette fois-ci, il va être coupé en deux par une victime du « poison qui rend fou ». C'est le contexte géopolitique des années trente qui voit le Japon manoeuvrer pour justifier sa conquête de la Mandchourie puis de la totalité de la Chine un peu plus tard. Les sociétés secrètes de bandits trafiquants de drogue et leurs complicités actives parmi les dirigeants de la police des Concessions (lire Le Fils du Consul de Lucien Bodard), tout comme la manipulation japonaise de Moukden sont bien décrites, tandis que les inondations du Yang-Tsé-Kiang en 1931 vont permettre à Tintin de sauver la vie d'un jeune Chinois nommé Tchang. On le reverra, il vient rejoindre le premier cercle des amis de Tintin, juste un album après Dupond et Dupont, les gaffeurs chuteurs dont les acrobaties me déclenchent toujours un large sourire. On peut oublier pendant un album ou deux Tchang ou Rastapopoulos, mais les Dupond, c'est impossible. Ils sont à Tintin ce que la Tour Eiffel est à Paris, la frite au burger ou la mousse à la bière, INDISPENSABLES.
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Gwen21
  18 octobre 2016
Enfant, j'ai grandi en compagnie d'"Astérix", de "Gaston Lagaffe", de "Thorgal", de "XIII", des "Bidochon" ou encore des "Sept vies de l'épervier". Les aventures de Tintin et le dessin d'Hergé ont quant à eux été complètement absents de ma jeunesse et c'est seulement adulte que j'ai eu la curiosité d'ouvrir un album, "Tintin en Amérique". Ce n'était visiblement pas le bon puisqu'il m'est tombé des mains au bout de quelques pages seulement.
Avec le challenge XXème siècle qui comprend "Le lotus bleu" dans sa sélection, une nouvelle occasion m'a été donnée de mieux connaître l'univers graphique d'Hergé. Hélas, j'en sors tout aussi désappointée, bien que cette fois-ci je sois allée jusqu'au bout de l'histoire.
Si j'avais baigné, enfant, dans l'univers de Tintin et Milou, aurais-je davantage apprécié ma lecture ? Je pense que oui car à écouter le témoignage d'autres lecteurs proches de moi et qui vénèrent le reporter à la houppe blonde, je me rends compte qu'ils apprécient tout ce qui m'exaspère dans cet univers.
Le dessin pour commencer - et vous conviendrez que c'est quand même la base du plaisir qu'on prend à la découverte d'une BD. Beaucoup trop minimaliste à mon goût, avec peu d'objets et qui semblent faire partie du décor non pas pour l'ancrer mais pour le rendre utile et favorable à Tintin.
L'action. Ce n'est jamais Tintin qui s'adapte à elle mais c'est elle qui s'adapte à Tintin. Tout semble s'enchaîner de façon trop fluide. Les outils, armes et autres accessoires dont il a besoin se trouvent comme par miracle sur son chemin. Il en résulte un total manque de suspense qui ne contribue pas à rendre l'aventure palpitante.
La narration. J'ai vraiment eu l'impression d'un fil rompu tout au long de ma lecture. La sensation qu'un but chasse l'autre à tel point que je ne savais plus pourquoi il fallait empêcher Mitsuhirato de nuire, était-ce à cause du trafic d'opium ? ou parce qu'il avait enlevé un savant médecin ? ou parce qu'il voulait tuer Tintin ? ou tout ça à la fois mais dans quel ordre ? Sans doute est-ce là la richesse du scénario mais pour ma part j'ai trouvé ridicule que Tintin entreprenne des déplacements qui ne servent à rien ou se mette dans des situations qui semblent se dénouer d'elles-mêmes.
Comme c'est mon premier Tintin, je n'ai pas le recul nécessaire pour approfondir l'analyse par rapport au travail global d'Hergé. Il semble que "Le lotus bleu" se démarque par rapport à d'autres albums. Je retiendrai pour ma part seulement deux points positifs : l'humour que j'ai trouvé à la fois cocasse et sutbil, attendrissant même lorsqu'il touche Milou et le duo Dupond et Dupont, et le contexte bien documenté sur la période avec notamment des tacles assez engagés contre la présence occidentale en Extrême-Orient.

Challenge XXème siècle
Challenge Petits Plaisirs 2016
Challenge Petit Bac 2016 - 2017
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mh17
  19 novembre 2021
Sapristi, mon vieux Croqui, j'ai enfin relu ce trésor. Je me rappelle qu'il fut longuement dissimulé à ma vue dans le placard de la chambre de mes cousinopoulos. Je me rappelle que la couverture rouge sublime me fascinait. le fakir qui roulait ses yeux blancs m'inquiétait aussi , je ne me souvenais pas de ses fesses fragiles. Et ce pauvre Didi qui voulait décapiter Milou est inoubliable. Les jours de pluie je décalquais puis coloriais les planches, celles avec les Dupondt impayables déguisés en tenue traditionnelle et aussi celle de la fumerie d'opium. je me rappelle que les gentils étaient les Chinois, que les méchants étaient les Japonais qui avaient de grandes dents, des lunettes et une queue de pie. Mais pas de Rastapopoulos. je ne me souvenais ni des Américains ni des Britanniques et de leurs Sikhs, chargés des basses besognes. J'adorais cette histoire de société secrète qui combattait les trafiquants mais j'étais bien incapable de comprendre les tenants et aboutissants politiques de toute cette histoire ni les mille et un petits détails signifiants de l'album.
Depuis grâce au site gratuit Paroles d'histoire n°126 que je vous recommande, j'ai compris qu'il y avait trois niveaux de lecture : celui des enfants toujours formidable, celui des adultes voulant s'instruire sur cette période tourmentée de l'histoire et puis celui des sinophiles capables de décrypter les idéogrammes et leurs sous-entendus politiques.
Bref un album d'une richesse exceptionnelle qu'on peut lire de 7 à...........avec un égal plaisir.
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MELANYA
  30 mars 2022
Et si on continuait avec Tintin (du dessinateur belge Hergé) et cette fois avec « Les Aventures de Tintin, tome 05 : le Lotus bleu » avec cette belle couverture ? Un contexte historique, celui de la Chine impériale.
Cette histoire fait suite à celle des Cigares du pharaon où Tintin avait démantelé un réseau de trafiquants d'opium et où le mystérieux Grand Maître était tombé dans un ravin mais son corps n'ayant jamais été retrouvé, il semble être toujours en vie.
Notre jeune reporter, en villégiature chez le maharadjah de Rawhajpoutalah, reçoit la visite d'un messager arrivé de Chine. Hélas, ce dernier, avant de révéler le but de sa visite, est atteint par une fléchette empoisonnée au « radjaïdjah : le « poison-qui-rend-fou ». Tout ce qu'il parvient à dire, ce sont les mots : « Shanghaï » et « Mitsuhirato ».
A son arrivé en Chine, Tintin rencontre ce Mitsuhirato, qui est un commerçant japonais, très avenant et qui lui conseille de se méfier des Chinois. Il le convainc aussi de retourner en Inde afin de protéger le maharadjah, qui, d'après lui, court de graves dangers.
Tintin s'en va – sort indemne d'une fusillade, aidé par un mystérieux jeune homme – et le soir-même, alors qu'il allait boire du thé, ce même homme casse la tasse d'un coup de revolver. Poursuite, mais Tintin est arrêté par la police de Shanghai. Il s'évade (bien sûr) et reçoit une lettre anonyme l'invitant à se rendre à l'écart de la ville où il rencontre celui qui l'a sauvé de la fusillade (mais il ne le reconnait pas). Et que se passe-t-il ? Ce dernier essaie de le décapiter avec un sabre (drôle de rendez-vous…) On s'en doute Tintin le met K.O. et s'aperçoit qu'il a perdu le ciboulot après avoir été atteint, lui aussi, d'une fléchette empoisonnée.
Bon, d'accord, mais ce Lotus bleu ? Certain qu'il n'en saura pas plus à Shanghai, Tintin repart pour l'Inde – il est enlevé et ramené en Chine par « Les Fils du Dragon » (une organisation secrète que dirige un certain Wang Jen-Ghié, combattant le trafic d'opium. Il est le père de Didi, le mystérieux sauveur de Tintin et révèle à notre héros que Mitsuhirato est en réalité un agent japonais doublé d'un trafiquant qui a juré sa perte.
De fil en aiguille, invasion de la Chine par le Japon – Mitsuhirato capture Tintin et tente de l'empoisonner mais… eh bien fiasco ! Ce sont les Fils du Dragon qui remplacent le poison par de l'eau (j'ai entendu parler de quelqu'un qui a changé l'eau en vin mais pas là… ce serait dans « Les Noces de Cana » : un récit tiré du Nouveau Testament).
Mais revenons à Tintin qui n'est pas au bout de ses peines et d'événements multiples.
Il sauve de la noyade un jeune orphelin chinois, Tchang, emporté par la crue du Yang-Tsé-Kiang, avec qui il se lie d'amitié. Ensemble, ils découvrent que les malfaiteurs ont leur repaire au « Lotus bleu » (le voici !), une fumerie d'opium de Shanghai tenue par Mitsuhirato, et que leur chef n'est autre que le milliardaire Roberto Rastapopoulosh.
Finalement, les Fils du Dragon démantèlent le gang et font arrêter l'ensemble des trafiquants. La guérison de ceux qui étaient devenus fous est rendue possible avec la libération du professeur Fang Se-Yeng, lui aussi retenu par l'organisation crapuleuse et qui met au point un remède. Enfin, Wang Jen-Ghié propose à Tchang de l'adopter (heuh...) tandis que le Japon annonce le retrait de ses troupes d'invasion et son départ de la Société des Nations.
Ses aventures terminées, Tintin peut rentrer en Europe, le coeur lourd de devoir quitter ses amis.
Mais ses aventures ne sont pas finies car la série comporte encore de nombreux ouvrages pour le plus grand plaisir des « tintinologues ».
Et Milou dans tout ça : à voir !
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Citations et extraits (65) Voir plus Ajouter une citation
gteisseire2gteisseire2   03 juillet 2008
Mais non, Tchang, tous les blancs ne sont pas mauvais, mais les peuples se connaissent mal. Ainsi, beaucoup d' Européens s'imaginent que tous les Chinois sont des hommes fourbes et cruels, qui portent une natte et qui passent leur temps à inventer des supplices et à manger des oeufs pourris et des nids d'hirondelle ...
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   07 avril 2020
Notre chute ?... quelle chute ?...
Ah ! oui, notre fameuse chute à Hou Kou !...
Ah ! oui, notre chute à Hou Kou ! oui, oui, je me souviens!...
Oui, nous sommes tout à fait rétablis, à présent, mais c'est la plus jolie pelle que nous ayons jamais ramassée !...
En tout cas, cela nous a servi de leçon !... Depuis lors, nous sommes devenus très prudents !
Et vous pouvez être certain que cela ne nous arrivera plus!...
Non, non, soyez sans crainte : nous ouvrirons l'oeil !...
Allons, mon cher ami, nous devons vous quitter...
Au revoir !...
A bientôt !...
(vignette suivante : sans texte, juste une nouvelle splendide gamelle : un mythe est né !)
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AlixoneAlixone   23 septembre 2014
Mais non, Tchang, tous les blancs ne sont pas mauvais, mais les peuples se connaissent mal. Ainsi, beaucoup d' Européens s'imaginent que tous les Chinois sont des hommes fourbes et cruels, qui portent une natte et qui passent leur temps à inventer des supplices et à manger des oeufs pourris et des nids d'hirondelle ...
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lunchlunch   06 mars 2011
... tous les Chinois sont des hommes fourbes et cruels, qui portent une natte et qui passent leur temps à inventer des supplices et à manger des œufs pourris et des nids d'hirondelle... Ces mêmes Européens croient, dur comme fer, que toutes les Chinoises, sans exception, ont des pieds minuscules et que, maintenant encore, toutes les petites filles chinoises subissent mille tortures... destinées à empêcher leurs pieds de se développer normalement. Enfin, ils sont convaincus que toutes les rivières de Chine sont pleines de petits bébés chinois que l'on jette à l'eau dès leur naissance...
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cicou45cicou45   20 novembre 2011
Tintin : "Mais non, Tchang, tous les Blancs ne sont pas mauvais, mais les peuples se connaissent mail. Ainsi, beaucoup d'Européens s'imaginent que tous les Chinois sont des hommes fourbes et cruels, qui portent une natte et qui passent leur temps à inventer des supplices et à manger des oeufs pourris et des nids d-hirondelle. Ces mêmes Européens croient, dur comme fer, que toutes les Chinoises, sans exception, ont des pieds minuscules..."
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