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EAN : 9782226389060
209 pages
Éditeur : Albin Michel (02/03/2016)

Note moyenne : 2.95/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Stella mène une existence sans histoire dans un paisible quartier résidentiel de banlieue, avec son mari et sa fillette de quatre ans. Un jour, un inconnu sonne à sa porte. Elle ne l'a jamais vu, il veut lui parler, il insiste. Pour Stella, c'est le début d'un cauchemar. Mais à la peur légitime se mêlent des sentiments plus troubles. Peu à peu, insidieusement, cet homme remet en question les fondements mêmes de sa vie.Avec Au début de l'amour, Judith Hermann, l'une ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Ziliz
  09 mars 2016
Si Stella n'avait pas attrapé le bouquet de la mariée aux noces de sa meilleure amie Clara, aurait-elle était persuadée que cet homme, là, dans l'avion, était « le bon » ? La superstition dicte parfois des comportements étranges. Il faut dire que les deux jeunes femmes étaient très proches, il devenait urgent pour Stella de combler sa solitude tandis que son amie partait s'installer à plus de mille kilomètres.
Toute la suite m'a semblé à l'avenant de cette introduction écrite comme du mauvais Duras. Stella est infirmière à domicile, elle a une petite fille de quatre ans dont elle s'occupe très bien, mais... elle s'ennuie, traîne sa carcasse. Son mari (l'homme rencontré dans l'avion) travaille dans le bâtiment, et part plusieurs jours consécutifs sur des chantiers. Stella est souvent seule, ses longues lettres à Clara semblent la rattacher à la vie, on dirait que c'est ce qui lui donne le sentiment d'exister. Lorsqu'un voisin commence à la harceler en prétendant vouloir lui parler, glissant jour après jour des lettres et des objets dans sa boîte à lettres, Stella est déroutée. Que veut cet homme ? Est-il amoureux ? Et Stella, que fait-elle de cette insistance encombrante, dérangeante ?
J'ai décidément du mal avec la littérature allemande contemporaine. Je n'ai pas plus compris cette Stella que la « Femme au foyer » de Jill Alexander Essbaum. Bon, je suis consciente que deux exemples, c'est un peu court pour faire des statistiques représentatives...
J'ai aimé les rares passages où apparaît la petite fille, ses jeux, ses paroles, ses réactions - qui sonnent très justes. Pour le reste, j'ai trouvé cette lecture trop tiède, donc très frustrante pour qui attend l'ardeur promise par le titre, ou quand on espère la fraîcheur légère d'un court roman à suspense.
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lucia-lilas
  04 mai 2016
« C'est ainsi… » C'est par ces trois syllabes que commence le dernier livre de Judith Hermann : Au début de l'amour. « C'est ainsi ». Immédiatement, une certaine lassitude, une forme de renoncement et puis peut-être l'idée que ça aurait pu être autrement semblent vouloir faire surface.
Stella rencontre Jason alors qu'elle revient du mariage de sa meilleure amie, Clara. Elle ne se sent pas très bien ; les belles années appartiennent dorénavant au passé. Elle a peur et tremble dans ce petit avion à hélices et demande à son voisin si elle peut se placer à ses côtés et lui serrer la main. Et ça commence comme ça… Il était là, à ce moment-là, mais il aurait pu tout aussi bien être ailleurs et elle aussi. Elle aurait pu avoir un autre voisin et c'eût été une autre rencontre. Mais c'était lui. Et ce moment, qu'on le veuille ou non, a déterminé tous les autres. « Je ressens comme une injustice le fait qu'on ne puisse voir et comprendre qu'a posteriori l'enchaînement des choses. » se plaindra-t-elle.
Naîtra Ava, une petite fille. Et la vie s'écoulera, monotone et tranquille entre la maison dans le lotissement et son travail d'infirmière. Lui est absent, il construit des maisons.
Elle vit souvent seule, dans la nostalgie des années passées, imaginant ce qui aurait pu se produire si, s'interrogeant sur la contingence des faits, les hasards de la vie…
Elle échange peu avec Jason. C'est, comme on dit, un taiseux. D'ailleurs, se connaissent-ils vraiment ?
En revanche, elle appelle son amie Clara, souvent. Elle lui écrit aussi de longues lettres où elle lui raconte ses rêves, la nostalgie qu'elle ressent pour un mari qui existe encore et qu'elle pense parfois mort.
La jeune femme ne semble pas se sentir à sa place. Elle s'observe et regarde le monde avec une certaine distance comme si elle ne s'habitait ni ne l'habitait vraiment: « Elle voit une femme seule assise à une table sous une lampe, en train de lire. C'est moi, pense Stella. C'est moi. Stella. » Absente à elle-même. Les gens, les objets, la nature, le ciel demeurent comme extérieurs à elle. Stella se trouve dans l'impossibilité d'appartenir au monde, de faire corps avec lui et d'aller à la rencontre de ce qui l'entoure. Elle sent que quelque chose ne colle pas.
Et pourtant, la vie quotidienne fait son chemin, les mêmes gestes, à la même heure, à quelques détails près. Certainement la meilleure façon d'oublier : « Peut-être qu'il s'agit de disparaître. C'est possible » suggère-t-elle.
Jusqu'au jour où… un inconnu sonne à sa porte. Elle aimerait ouvrir mais se méfie. Elle l'interroge par l'interphone. Que veut-il ? Parler, répond-il, s'entretenir avec elle. Si elle a le temps. C'est tout. Mais on sent déjà qu'il y a quelque chose d'essentiel dans cette quête, de vital peut-être… Non, répond Stella, elle n'a pas le temps, vraiment pas. Dommage, répond l'homme puis, il repart. Il reviendra, chaque jour, plusieurs fois par jour… Inlassablement
La tension monte au fur et à mesure des pages mais pour autant, nous ne sommes pas dans un roman policier mais au coeur des êtres, dans cette zone intime où ils s'interrogent sur ce qu'ils font là où ils sont. Une zone secrète où il ne fait pas toujours bon traîner. C'est risqué. le voisin va tirer Stella de son petit confort, de sa maison, de ses objets, de ce quotidien en apparence paisible pour la placer face à elle même, dans l'analyse plus ou moins consciente de son mal-être, de ce rapport distancé au monde, de sa solitude et de ses désirs qu'elle ne souhaitait peut-être pas s'avouer. Il lui tend un miroir, cet homme dont elle dira : « Il paraît tout à fait normal, comme nous tous, mais on sent autre chose en dessous, un épuisement, une déchéance, une tristesse profonde. ». le voisin, un double d'elle-même, une âme en peine ou tout simplement un homme avec qui un autre début aurait été possible si elle avait dit oui, si elle avait ouvert la porte et si… ?
Un très beau texte poétique et sensuel où la tension des êtres est palpable à chaque page. « Comment j'ai pu atterrir ici ? » s'interroge Stella, persuadée qu'il est trop tard, qu' « il y a peu de chances que certaines choses se produisent encore. » tandis que son amie Clara lui écrit : « Autrefois, j'ai pu m'imaginer de temps en temps que j'étais quelqu'un d'autre. Aujourd'hui je suis réduite à moi-même. » A quoi finalement ? Des gestes mécaniques, des sourires forcés et des sentiments morts.
Stella dira au sujet de son voisin : « Il est bloqué, un jour dans sa vie quelque chose s'est coincé, il est resté pris dans une boucle temporelle ». Comme elle. Prisonnière du non qu'elle a prononcé, du renoncement dans lequel elle s'est cloîtrée, de ce que les autres - la collègue, la meilleure amie, le mari - lui ont dit de faire.
Une Emma Bovary qui n'a pas ouvert sa porte, qui n'a pas tenté de fuir, qui s'est contentée de regarder au loin, derrière sa baie vitrée…
Tragique, vraiment. Profondément tragique…

Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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SZRAMOWO
  13 juillet 2016
Après la lecture d'un article élogieux sur le monde des livres du 14 avril, «Au début de l'amour est une réussite : virtuosité des demi-teintes et phrases qui éblouissent comme un éclat de soleil renvoyé par une fenêtre claquée par le vent. », j'ai eu moi aussi envie de recevoir cet éclat de soleil renvoyé par une fenêtre qui claque au vent.
En fait de soleil, je n'ai reçu que la claque de la fenêtre.
Stella, l'héroïne du roman, ne demande rien à personne, ou plutôt depuis qu'elle ne vit plus près de son amie Clara, elle n'a plus personne à qui parler.
L'histoire de Stella est banale. Comme dirait Madame Michu, elle a tout pour être heureuse. Un mari, Jason, qu'elle a rencontré dans l'avion en revenant du mariage de son amie Clara, une fille adorable, Ava, une maison dans le nouveau lotissement de la ville.
Ses seules relations sociales sont, les malades et les personnes âgées qu'elle rencontre lors de ses tournées, elle est infirmière à la Maison Communale, sa collègue superviseur Paloma, les éducatrices du jardin d'enfant où sa fille passe ses journées.
Jason construit des maisons, il est souvent absent pour de longs séjours sur ses chantiers.
Judith Hermann décrit une communauté sans âme, une communauté dont Stella n'est pas membre :
"Les éducatrices ont demandé à Stella si elle confortait suffisamment Ava, Stella a eu du mal à comprendre la question."
Elle ne sait quoi répondre lorsque ses patients essaient de nouer contact avec elle :
"Alors, dit Esther. Vous étiez où. C'était comment. On voit bien que vous avez un problème. Racontez-moi."
"Vous allez bien, dit Dermot."
Elle s'interroge sur la nature de sa relation avec Paloma.
Elle est seule au milieu de cette communauté pour laquelle elle travaille :
"Stella a la nostalgie de Clara, une nostalgie violente et sans mélange."
Cette solitude, un homme seul la perçoit - peut-être - . C'est un voisin, il épie Stella, enregistre ses habitudes, les absences de Jason, et se livre à un jeu malsain, venant sonner à sa porte pour la forcer à lui parler, puis dépose dans sa boite à lettres, selon un rite connu de lui seul, des objets étranges que Stella range, sans les regarder, dans une boite en carton qu'elle cache sous l'établi de la cuisine.
Aucun de ceux à qui elle s'est ouverte de cette situation, parfois à mots couverts, ne lui apporte de réponses qui la satisfont. Pas même Jason. Ni Clara avec laquelle elle communique régulièrement.
Elle vit avec son secret. Se débat avec lui.
Elle ment à Paloma lorsque Mister Pfister, c'est le nom de son harceleur, vient à la maison communale demander son numéro de téléphone.

Roman de l'indifférence, de la peur, de l'absence de connivence, roman sans concession, "Au début de l'amour" joue avec les incertitudes qui pèsent sur le sens que nous donnons à la vie. Stella n'a jamais réussi à quitter cette période enchantée de l'adolescence prolongée, pendant laquelle on peut repousser toutes les échéances sans se soucier de ce que les autres pensent de nous. Elle écrit à Clara :
« Comment vis-tu, et quel écart entre cette vie et celle que nous imaginions il y a dix ans, et puis d'ailleurs quelle importance »
La fin des rêves de jeunesse se transforme en véritable cauchemar pour Stella.
Ce livre m'a donné envie de lire d'autres ouvrages de Judith Hermann, notamment ses nouvelles.


Lien : http://desecrits.blog.lemond..
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traversay
  07 avril 2016
Après avoir écrit 3 recueils de nouvelles, Judith Hermann se lance enfin dans l'aventure du roman. Tout est relatif, néanmoins, Au début de l'amour dépasse à peine les 200 pages et se lit assez vite. Son héroïne est une femme "normale" : un mari (souvent absent), une petite fille (mignonne), une amie (lointaine), des voisins (peu fréquentés), un métier (infirmière à domicile). Et voici qu'un inconnu sonne à sa porte : bref échange, elle n'a aucune envie de faire sa connaissance. Mais celui-ci va insister, sonner tous les jours (quand son époux est absent), laisser des mots dans la boîte aux lettres. Un harcèlement qui la fait vaciller, l'intrigue et lui fait peur. Au début de l'amour n'est pas pour autant un véritable livre à suspense, pas dans le sens où le conduit la romancière allemande, en tous cas. Judith Hermann semble plus encline à créer une atmosphère inquiétante et à sonder l'âme de son fragile personnage que de s'adonner aux joies du thriller. Ce n'est pas qu'on trouve le temps long, le récit est trop bref pour cela, mais on aimerait bien un "climax", un moment où les deux protagonistes vont s'expliquer pour de bon. Il ne viendra pas vraiment. La tension qui règne dans Au début de l'amour est étrange comme dans un film codirigé par Polanski et Lynch. Mais sans arriver tout à fait à nous faire vibrer. Depuis, Judith Hermann a écrit un nouveau recueil de nouvelles. Sans doute s'épanouit-elle davantage dans les formats courts.
Lien : http://cin-phile-m-----tait-..
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liliunivers
  29 mars 2016
http://liliandtheworldofbooks.blogspot.com/2016/03/au-debut-de-lamour.html
Comme vous le voyez dans le résumé, Stella a une vie plutôt simple. Travail, famille, ménage et amie.
Elle, elle travaille comme infirmière auprès de personnes âgées à domicile et elle s'est attachée à eux. Son mari, lui il travaille énormément et rentre très peu chez lui. Heureusement qu'entre-temps elle a sa fille et sa meilleure amie. Comme je vous le dis une famille normale jusqu'au jour où sa vie va basculer.
Elle va être victime de harcèlement et je peux vous dire que cela donne froid dans le dos. Elle reçoit des lettres, des cadeaux, il sonne à sa porte et ne va pas s'arrêter là. Il va jusqu'à mettre son propre nom sur sa boîte aux lettres!!!!
Au fur et à mesure de ma lecture, je me dis jusqu'où il va aller et je peux vous dire que c'est un grand malade.
J'aime bien lire différents types de harcèlement afin de comprendre ce qui se passe dans leur tête, ce qu'il pousse à faire ça et en même temps grâce à la plume fluide de l'auteure, elle nous montre que cela peut arriver à tout le monde.
Enfin, bref, c'est un roman, que j'ai beaucoup apprécié. J'avoue qu'il est un peu lent, mais agréable à lire. Il est mystérieux comme il est intrigant à la fois. On se demande pourquoi il fait cela? pourquoi elle?...
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   07 mars 2016
Stella. Je m'appelle Stella.
Elle dit, j'ai peur de l'avion, je ne supporte pas l'avion, je peux m'asseoir à côté de vous, est-ce que je pourrais juste rester assise à côté de vous, s'il vous plaît.
C'est la vérité. L'expression du visage de Jason change, elle ne devient pas franchement douce, mais elle change. Il dit, c'est pas la peine d'avoir peur de l'avion. Asseyez-vous. Je m'appelle Jason. Asseyez-vous.
(p. 10)
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ZilizZiliz   08 mars 2016
Elle ressent quelque chose d'électrique entre elle et lui, curieusement c'est quelque chose d'autrefois, des premiers mois - la peur et l'insécurité, le doute sur ce que ressent l'autre et ce que l'on ressent soi-même.
(p. 53)
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LadoryquilitLadoryquilit   31 mai 2016
Elle lit ce qui lui tombe sous la main, elle lit tout, si un livre lui tombe sous la main elle l'ouvre et elle plonge, ça a quelque chose d'inhumain. Jason dit parfois, si on t'enlevait les livres tu mourrais. Est-ce que tu mourrais ? Stella ne répond pas à cette question.
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secondosecondo   29 juin 2019
Quand Ava est assise dans le bac à sable...elle doit réprimer son impulsion de se lever d'un bond, d'arracher Ava au bac à sable et de se réfugier avec elle à l'intérieur de la maison ; comme si une tornade arrivait à travers le pré, une chose énorme, informe.
Pourquoi pense-t-elle ça ?
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secondosecondo   29 juin 2019
C'est ton subconscient, dit Jason quand elle essaie d'en parler avec lui.
Juste ton subconscient ou celui des tiens, le subconscient des générations.
Juste ton subconscient.
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Depuis l'Englischer Garten de MUNICH, Olivier BARROT présente le livre "Maison d'été, plus tard" de Judith HERMANN, édité par Albin Michel.
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