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Maxime Berrée (Traducteur)
EAN : 9782714480767
528 pages
Éditeur : Belfond (04/03/2021)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Un soir de septembre 1785, on frappe à la porte du logis du marchand Hancock. Sur le seuil, le capitaine d'un de ses navires. L'homme dit avoir vendu son bateau pour un trésor : une créature fabuleuse, pêchée en mer de Chine. Une sirène.
Entre effroi et fascination, le Tout-Londres se presse pour voir la chimère. Et ce trésor va permettre à Mr Hancock d'entrer dans un monde de faste et de mondanités qui lui était jusqu'ici inaccessible.
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
Cannetille
  26 février 2021
En 1785 à Londres, le capitaine de l'un des navires du marchand Hancock rentre avec une sirène pêchée en mer de Chine. La créature fait sensation et, du même coup la fortune du négociant. Pris dans un tourbillon mondain, Hancock fait la connaissance d'Angelica Neal, belle et riche courtisane néanmoins sur la brèche depuis la mort de son protecteur. Leurs deux situations pourraient bien trouver avantage à se rapprocher, si l'influence de la sirène ne menaçait de folie un entourage dévoré par l'ambition et la convoitise.

Si ce n'est pour sa créature chimérique, cet ouvrage pourrait aisément passer pour un roman historique, tant son évocation du Londres du 18e siècle prend corps pour nous transplanter dans une sorte d'entre-deux de la société georgienne. On y côtoie marchands enrichis et demi-mondaines ambitieuses, occupés à se hisser sur l'étroite arrête glissante qui sépare les deux versants d'une société clivée entre fange populaire et luxe aristocratique. Leur aspiration à s'élever les entraîne dans une vertigineuse course au paraître, où les chutes sont fatales et retentissantes. Quand l'ostentation et le faste font tourner les têtes dans un tel vent de folie, quoi de plus merveilleux que de s'afficher l'exclusif propriétaire d'une curiosité légendaire ? Cette mystérieuse sirène, que l'on comprend vite le symbole de la prétention et de l'avidité humaines, risquera pourtant de perdre ceux qui l'approchent. En attendant, comme l'illustre parfaitement son titre français un rien « lafontainien », le récit se transforme grâce à elle en une jolie fable symbolique, légèrement teintée de fantastique.

Les jolies écritures de l'auteur et de son traducteur contribuent largement au charme de ce texte. Peu importe si chaque rebondissement se laisse assez aisément pressentir et si certains protagonistes semblent peut-être parfois manquer un peu trop de clairvoyance. Ce roman original, qui prend le temps de camper ses personnages dans une ambiance soigneusement étudiée et indéniablement réussie, laisse sur son lecteur une impression durable d'enchantement et de poésie.

Pour finir, mention spéciale à l'étonnant et agréable toucher velouté de la luxueuse couverture, reproduction d'un des superbes textiles conservés au Victoria and Albert Museum de Londres.

Merci à Babelio et aux Editions Belfond pour cette belle découverte.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Kittiwake
  26 mars 2021
Ce premier roman paru en 2018 en Angleterre, avec grand bruit et on le comprend, débute en 1785 à Londres. le butin rapporté par l'un des capitaines qui a vendu le bateau que lui avait confié le marchand Hancock pour l'acquérir défraie la chronique : il s'agit d'une sirène ! Qui va changer le destin des quelques personnages qui l'auront croisée.
Hancock ne réalise pas le bouleversement qui va résulter de cette acquisition. La gloire et la fortune sont à portée de mains. Mais l'amour ? Qu'en est-il pour ce veuf inconsolable qui vit en reclus avec sa cuisinière sa nièce ?
Pour l'abbesse qui contrôle avec beaucoup de rigueur l'armada de ses filles, attirant tout ce que Londres recèle de gratin mondain, l'attraction serait lui ferait une publicité opportune. C'est lors de la première qu'Hancock faite connaissance d'Angelica, une sulfureuse beauté avide de douceurs et de bijoux …
Une sirène peut en cacher une autre, si la renommée de la première est un feu de paille, la quête d'une nouvelle attraction pourrait s'avérer beaucoup plus dangereuse…
L'auteur restitue à merveille la vie quotidienne de cette fin de dix-huitième siècle et offre une galerie de personnages passionnants.
Aucun ennui dans le déroulé de la narration, qui associe une description documentée à une touche de fantastique suffisamment adroite pour confiner à la métaphore;.
Une lecture réjouissante et divertissante.
Merci à Netgalley et aux éditions Belfond

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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hcdahlem
  29 mars 2021
Une sirène peut en cacher une autre
Dans un premier roman époustouflant de virtuosité, Imogen Hermes Gowar nous entraîne à la fin du XVIIIe siècle dans une Angleterre avide de nouvelles découvertes, sur les pas d'un marchand prêt à tout pour obtenir les faveurs d'une femme qui a compris comment le manipuler.
Jonah Hancock est bien seul dans sa grande maison, si l'on omet le chat qui joue avec la souris qu'il a capturée. À 37 ans son épouse Mary a succombé en mettant au monde leur fils Henry, mort-né. Alors Hancock vit avec ses fantômes.
À une dizaine de kilomètres de là, dans un faubourg de Londres, Angelica reçoit Mrs Chappell, la mère maquerelle pour laquelle elle travaillait jusque-là. Car elle a décidé de continuer à recevoir des hommes, mais de s'affranchir de celle qui lui a appris à paraître bien davantage qu'une prostituée. Désormais, elle rêve de s'élever dans la société.
Hancock est sur les nerfs. Il a engagé une forte somme en affrétant un bateau dont il n'a plus de nouvelles. Et ce n'est pas les nouvelles du capitaine Jones qui le rassurent. Il revient sans bateau et sans cargaison, avec un simple paquet.
Il a tout vendu pour revenir avec un cadavre, celui d'une sirène aux longs cheveux noirs. Une attraction qui devrait lui rapporter bien plus qu'il n'a perdu. D'abord incrédule, il doit bien constater que le bouche-à-oreille fonctionne. "Les premiers clients arrivent juste après l'aube et les visiteurs continuent à affluer même après que les cloches de St. Edmund ont sonné minuit ; au coeur de la nuit, il faut tirer le verrou à la porte pour les empêcher d'entrer. Un groupe de catholiques vient prier pour débarrasser la créature de ses démons, mais en dépit de leur baragouin, la sirène ne remue pas ne serait-ce qu'une écaille. Des étudiants arrivent d'Oxford, déjà ivres, et la libèrent de sa cloche de verre avant de se la disputer en se battant entre eux. Après cet incident, Mr Murray s'arme d'une Matraque. Un émissaire de la Royal Society vient étudier la sirène: bien qu'il déclare n'être pas du tout déconcerté, son expression parle pour lui."
En entendant parler de cette foule qui se précipite Mrs Chapell voit tout l'intérêt qu'elle pourrait tirer de la chose et propose un marché à Hancock, louer la sirène et en faire la principale attraction d'un spectacle qu'elle va imaginer. Après quelques réticences, il finit par accepter et se voit entraîner dans le monde de la nuit et du stupre, y fait la connaissance d'Angelica, qui comme lui espère sortir de sa condition. Mais contrairement aux politiques et aux hommes d'affaires corrompus, il se sent mal à l'aise devant tant de débauche et fuit, avant de réclamer sa sirène. Pour le faire changer d'avis, l'envoyé de Mrs Chapell lui transmet une invitation d'Angelica.
"Mr Hancock est un homme particulièrement impressionnable, c'est vrai. En moins de quatre heures, il se décide à visiter Angelica Neal dans la soirée. Il ne sait ni ce qu'il dira, ni ce qu'il fera, Mais elle m'attend, pense-t-il, je ne peux pas lui faire le déshonneur d'ignorer son invitation."
Mais ce soir-là, il ne rencontra pas la prostituée, se décidera à récupérer son bien qu'il vendra pour 20000 livres, de quoi satisfaire ses projets de bâtisseur.
Après la sirène, voici le marchand et son ambition. On va le suivre dans Londres au moment où la ville se transforme, où de nouveaux quartiers émergent. Ce monde de la fin du XVIIIe siècle se construit sur des croyances autant que sur des rêves. Avec un art consommé de la mise en scène, Imogen Hermes Gowar montre combien les femmes savent alors jouer de ces ambitions, profiter de l'aveuglement de ceux qui sont éblouis par l'irrépressible besoin d'ascension sociale, quitte à être à leur tour victimes de leurs propres ambitions. Très documenté, le roman entraîne le lecteur dans ce siècle où l'amour se pare de mysticisme et où les apparences sont fort souvent trompeuses. Comme dans Miniaturiste de Jessie Burton, on se frotte à la rigueur des uns, aux rêves des autres. C'est subtilement beau et c'est formidablement réussi pour un premier roman.
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nadiouchka
  21 février 2021
# Rentrée littéraire 2021
« Un roman historique génial. L'histoire est tour à tour fascinante, touchante, drôle, mélancolique et réconfortante. Vous passerez du rire aux larmes. Et sa formidable galerie de personnages vous fera tourner les pages jusqu'à la fin, elle aussi des plus satisfaisantes. » (The Times).
« Accourrez ; accourrez, une véritable merveille est en vitrine : grâce à la magie des mots, une sirène. Par l'énergie de sa plume, l'auteure de ce premier roman qui se déroule dans le Londres de l'époque géorgienne, m'a complètement bluffée. A tel point que j'oubliais parfois, le temps d'une seconde qu'il s'agissait d'une oeuvre de fiction. » (Hermione Eyre. The Guardian).
Voici déjà deux éloges pour « La sirène, le marchand et la courtisane » («The Mermaid and Mrs. Hancock") - (Editions BELFOND) de Imogen Hermes Gowar, écrivaine anglaise, dont c'est le premier roman et qui, déjà, connaît un grand succès. Publié en 2018 en Angleterre mais prochaine parution en France pour le 4 mars 2021, c'est un livre bien épais en trois volumes.
L'histoire débute à Londres vers la fin du XVIIIe siècle (septembre 1785).
Quant aux personnages principaux, je vais citer, évidemment :
* La Sirène, donc, une sorte de chimère trouvée par le Capitaine Jones qui a vendu le bateau de Mr Hancock (la Calliope), contre cet « objet », qui devrait rapporter beaucoup d'argent.
* le Marchand : Mr Hancock, dépité par la perte de son bateau et indécis quant au bénéfice obtenu par cette sirène.
* La Courtisane, Angelica Neal, qui va avoir une bonne place dans l'histoire.
D'autres personnages se greffent à l'histoire, dont certains ont de l'importance aussi.
Le problème qui se pose à Mr Hancock est de comment récupérer un peu de mise après la perte de sa Calliope ? Et cette sirène, qu'elle est vilaine ! le capitaine Jones tente de le convaincre du bien fondé de son achat : « Mr Hancock. Je vous jure… La sirène, ce n'est pas un sac de haricots magiques, vous comprenez ? Elle a de la valeur si vous êtes prêt à tenter votre chance. » Oui, mais comment ? En l'exposant comme un phénomène de foire ? Elle fait peur jusqu'à ce que certains soient éblouis par cette découverte et le succès démarre. Alors, une certaine Bet Chappell, qui dirige un club « exclusif », assez spécial, vient pour tenter d'acquérir cette sirène afin de la faire voir aux « Grands de ce monde », lors de fêtes qu'elle organise, avec « ses filles », très jolies, très accueillantes. Bet Chappell essaie de convaincre Angelica de revenir un peu chez elle car elle est très admirée.
Mr Hancock et Angelica se rencontrent mais après être allé dans ce club que Hancock qualifie comme « lieu de débauche », il se désiste et veut récupérer sa sirène, sa "Créature." Puis, il la vend.
Si vous pensez que tout est bien qui finit bien, on en est loin car je n'ai raconté qu'une infime partie, juste pour donner le fil conducteur et l'histoire continue de volume en volume.
Pensez à ce que va devenir Angelica – au capitaine Jones qui est toujours là, tout comme la sirène – et il est important de lire cet ouvrage jusqu'à la fin car de nombreuses surprises nous y attendent avec divers événements. Ne pas craindre de lire ces 525 pages de « La sirène, l e marchand et la courtisane » de Imogen Hermes Gowar.
Pour ma part, le sujet m'a séduite ainsi que l'écriture, malgré, parfois, quelques lenteurs mais ce n'est pas du tout gênant (ça l'est surtout quand on est habitué à un rythme rapide) – c'est peut-être l'époque qui veut cela ?
J'ai admiré également la belle couverture de ce livre qui devient un bel objet.
J'ai eu la grande chance de découvrir ce livre avec l'envoi des Editions BELFOND par l'intermédiaire de « Lire et Sortir ». Un grand merci pour votre confiance.
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kateginger63
  23 mars 2021
Une touche de fantastique dans le Londres victorien
*
J ai eu une véritable fascination pour le pitch de cette étrange histoire. Bien sûr, nous sommes dans un Londres fictionnel - nous savons tous que les sirènes font partie du bestiaire imaginaire de nos contes. Mais nous nous espérons à croire à l existence de ces créatures mystérieuses et envoûtantes.
Ce roman est nimbé d une atmosphère inquiétante, d un brouillard chargé de folie et d extravagance qui m a happé dès les premières pages. Un dépaysement total qui m a amené dans le Londres de luxure mais aussi dans cette société aristocratique faite de faux-semblants et de « paraître ».
J ai d ailleurs fait le parallèle avec la série historique anglaise « Harlots » , qui dépeint avec justesse et moult détails cette prostitution « haut de gamme » du 18eme siècle avec ses maisons closes, les courtisanes croulant sous les dettes de la tenancière, des rues sordides dans les bas-fonds.
Malgré une intrigue un peu simple, je me suis laissée séduire par les dialogues savoureux avec cet humour typiquement british un peu piquant.
L auteure, dont c est un primo-roman, a réussi à créer un monde merveilleux, ténébreux et envoutant . Notamment dans la description enlevée de ses personnages. Une pensée particulière pour ce riche marchand bien terne et angoissé et qui se dévoile tout doucement. Et que dire de la courtisane fantasque et séductrice. Des destins flamboyants qui se croisent malgré eux dans cet univers délicieusement effrayant et sulfureux.
Un voyage exotique qui interroge aussi sur le sort pas très enviable des femmes. Un faire-valoir pour les hommes, sans aucun libre-arbitre.
Une lecture immersive et originale.
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critiques presse (2)
LeSoir   08 mars 2021
La sirène, le marchand et la courtisane» est un bonheur de lecture au long cours.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Elbakin.net   03 avril 2018
Il faut accepter qu’il s’agit là d’un roman qui prend son temps, et qui brille plus par ses seconds rôles par exemple que par son intrigue principale, souvent insaisissable. A l’image du réalisme magique du tout, car il ne faut pas en “espérer” davantage sur ce point.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   22 février 2021
Le spectacle est bien pensé. Mrs Chappell a imaginé de disposer d’immenses aquariums dorés remplis d’une eau verte et de poissons opalescents. Toutes les bougies ont des teintes bleues ou vertes, de sorte que la lumière diffuse créée une curieuse et froide ambiance sous-marine et les murs sont ornés de tentures en soie et de colliers de perles. La créature elle-même est dressée sur un socle entourée de branches de corail rouge et blanc, et la lumière mouvante donne une impression de mouvement, comme si le corail flottait et que la sirène nageait.
P.142
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nadiouchkanadiouchka   21 février 2021
Tous les voyages débutent de la même façon : des hommes se réunissent dans des tavernes et se grattant le menton en soupesant risques et obligations :
- J’en suis, dit l’un.
- Moi aussi.
- Et moi aussi.
Car en ce monde personne n’accomplit rien tout seul. (…)
Ce voyage-ci est spécial, dit le murmure, provoquant une étrange palpitation de son cœur.
Il changera tout.
P.15
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CannetilleCannetille   26 février 2021
Une perte, si tragique qu’elle soit, n’est pas le néant. Une perte est une présence en soi : une perte occupe l’espace ; une perte naît comme toute autre chose vivante.
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Shan_ZeShan_Ze   05 mars 2021
Car la classe sociale est une sorte de bulle, une membrane qui nous entoure, et bien qu'on puisse grandir à l'intérieur de cette membrane, et même la faire grandir à notre dimension, il est impossible de s'en libérer. Un homme né nobre le reste toujours au fond de son âme, même quand il chute ; et un homme né modeste le reste toujours au fond de son âme, même quand il s'élève.
Commenter  J’apprécie          80
Shan_ZeShan_Ze   04 mars 2021
- J'ai vécu ma vie sans examen, dit-il. Et des choses extraordinaires viennent de m'être révélées. Je serais idiot ne pas en vouloir plus. (Mr Hancock)
[...]
- L'idiotie serait de ne pas vouloir vous contenter de votre place, dit-elle (Hester Lippard, soeur de Mr Hancock) L'ambition est une chose dangereuse.
- Il faut bien mourir un jour. Je n'ai pas envie de quitter ce monde exactement tel que je l'ai trouvé.
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