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EAN : 9782070132904
128 pages
Éditeur : Gallimard (19/01/2012)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 6 notes)
Résumé :
Dans une ville du nord du Mexique, la vie quotidienne de Lobo (le loup), un baron de la drogue. Chanteur de corridos, Lobo incarne la plus ancienne tradition de la poésie populaire de cette région. Il est chargé de chanter les louanges de son seigneur et de faire la propagande pour le cartel. Fidèle à son chef, il joue également pour lui le rôle d'espion et de confident. Premier roman.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
de
  18 février 2012
Si vous faites mon portrait je deviens inutile
Une véritable cour des miracles avec des personnages hauts en couleur : le Roi, le Joaillier, le Gérant, la Fillette, le Chicano, l'Héritier, le Gringo, La Sorcière, Quelconque « Il regarda son visage : un visage alerte ; il y a des visages qui ressemblent à des accidents, mais pas ce visage dont les différentes parties riment entre elles, pas cette peau de sable chaud qui façonne les pommettes rondes, la petite bouche, les dents qui mordillent une lèvre, pas ce visage qui à présent se déploie pour lui-même. », le Journaliste, le Docteur, etc.
Un héros troubadour « Elles existent. Toutes ces paroles. de sa composition. Déposées là, sans autre finalité que celle de féconder l'esprit. Elles existent. Elles broient la feuille de papier entre des rouleaux d'insomnie, elles mettent en garde, elles taquinent la blancheur aride du papier et du regard. » : l'Artiste de son vrai nom Lobo « Ils lui laissèrent l'accordéon pour qu'il aille dans les tavernes, c'est là qu'il apprit que pour les boleros on peut garder un visage doux mais que les corridos demandent que l'on s'investisse et que l'on joue l'histoire que l'on chante. »
Une sorte de conte subtil et poétique.
« Dire quelque chose, rêve, cruche, terre, percussion.
Dire n'importe quoi.
Écouter l'addition de tous les silences.
Nommer la largesse prometteuse.
Puis se taire. »
Une espérance d'amour, et en arrière plan, lancinante, omniprésente la violence entre hommes et femmes, « Bien qu'il butât presque contre lui, c'est à peine s'il remarqua, avant de quitter les lieux, le cadavre du paon qui avait été égorgé » sociale et, sans qu'elle nommément citée, celle de la drogue et des narcotrafiquants.
L'alliance réussie de la magie des contes et du noir « Regarder et regarder et regarder encore, puis ne pas regarder : il n'y a pas moyen, il n'y a rien qu'un amoncellement de dégoût de soi. Une grimace superbe, un monde paresseux. »
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traversay
  27 août 2012
Original, prenant, frustrant. le premier roman du mexicain Yuri Herrera, enfin traduit en français (il date de 2003), est un conte médiéval chargé d'allégories pour décrire la réalité du Mexique d'aujourd'hui, celle des narcotrafiquants, barons de la drogue, dont certains sont devenus des héros populaires avec des aventures complaisamment déclinées dans des romans policiers tout à leur gloire. Dans Les travaux du Royaume, nous trouvons donc L'Artiste (le trouvère), le Roi (le chef du cartel), L'Héritier, La Fillette (la prostituée), le Joaillier, le Traître, le Journaliste, La Sorcière, le Gringo ... bref, toute une cour des miracles qui chante les louanges du seigneur, quand elle n'intrigue pas contre lui, lequel, entre deux bacchanales, offre des cadeaux à son peuple, renforçant son image de protecteur des pauvres. En moins de 120 pages, Yuri Herrera pastiche avec verve et ironie les us et coutumes de ce microcosme mélangeant tradition narrative du Moyen-âge et événements on ne peut plus modernes et violents. La fable est transparente, soit, mais la greffe prend dans ce court récit (moins de 120 pages), témoignage accablant d'une société dominée par des règles sanglantes, par les relations équivoques entre artistes, journalistes, politiques, etc, et mafieux tout puissants. Bel exercice de style qui laisse un peu sur sa faim à cause de sa brièveté et donne envie de lire le deuxième roman de Herrera, qui évoque l'immigration clandestine vers les Etats-Unis, publié en 2009 au Mexique. Vite, une traduction !
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Lili45000
  22 mars 2015
Les travaux du royaume de Yuri Herrera est le premier livre de narco-littérature que je lis. J'ai été agréablement surprise par ce récit. L'auteur mexicain chercher à ne pas aborder ce thème courant au Mexique comme tout le monde. Il met en place tout au long du récit la métaphore filée du monde de la drogue comme un royaume dirigé par le roi c'est à dire le chef du cartel de drogue. le roi vit dans un palais avec autour de lui des courtisans et un héritier.
le récit présente la vie d'un cartel de drogue à travers les yeux de l'Artiste qui tout d'abord découvre ce monde, s'y adapte et fini par se rendre compte de la réalité du monde des cartels. Cela nous permet de découvrir comme lui ce qui se passe et suivre sa réflexion, au fil des pages, sur le cartel de drogue.
Chaque chapitre pourrait être indépendant, chacun présentant un moment de la vie du cartel ou une réflexion sur celui-ci : les grandes fêtes, les contrats avec les barons, la guerre des gangs, les traîtres, etc. C'est la réflexion de l'Artiste sur le cartel qui est le fil conducteur de l'histoire.
L'auteur ne donne jamais de nom ou de prénom à ses personnages, ils sont définis par leur métier (l'Artiste, le Joaillier, le Journaliste, le Docteur, …), un trait du personnage (la sorcière, le Chicano, le Gringo, …), ou à leur position dans le cartel de drogue (le Roi, l'Héritier, le Gérant, …). Et aucun lieu ou aucune date précis ne sont donnés ; même si quelques indices nous permettent de nous positionner au Mexique proche de la frontière des États-Unis. Cela donne une universalité au récit : il peut se passe n'importe, n'importe quand et avec n'importe quel cartel de drogue. On retrouve également cette idée d'universalité dans certaines parties de l'histoire : le roi demande à l'Artiste d'aller chanter dans le cartel ennemi pour les espionner, l'Artiste se rend alors compte que tout est comme dans le royaume de son roi, les cartels sont tous les mêmes.
le récit pose également la réflexion du pouvoir et de l'art. L'artiste ne perd-t-il pas sa liberté d'expression lorsqu'il se met à la disposition d'un mécène ? L'auteur se questionne.
J'ai vraiment apprécié ce récit qui est bien construit et qui a une réflexion intéressante.
Lien : http://passionlecture-biblio..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
dede   18 février 2012
Ils lui laissèrent l’accordéon pour qu’il aille dans les tavernes, c’est là qu’il apprit que pour les boleros on peut garder un visage doux mais que les corridos demandent que l’on s’investisse et que l’on joue l’histoire que l’on chante.
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dede   18 février 2012
Il regarda son visage : un visage alerte ; il y a des visages qui ressemblent à des accidents, mais pas ce visage dont les différentes parties riment entre elles, pas cette peau de sable chaud qui façonne les pommettes rondes, la petite bouche, les dents qui mordillent une lèvre, pas ce visage qui à présent se déploie pour lui-même.
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dede   18 février 2012
Dire quelque chose, rêve, cruche, terre, percussion.
Dire n’importe quoi.
Écouter l’addition de tous les silences.
Nommer la largesse prometteuse.
Puis se taire.
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dede   18 février 2012
Elles existent. Toutes ces paroles. De sa composition. Déposées là, sans autre finalité que celle de féconder l’esprit. Elles existent. Elles broient la feuille de papier entre des rouleaux d’insomnie, elles mettent en garde, elles taquinent la blancheur aride du papier et du regard.
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dede   18 février 2012
Regarder et regarder et regarder encore, puis ne pas regarder : il n’y a pas moyen, il n’y a rien qu’un amoncellement de dégoût de soi. Une grimace superbe, un monde paresseux.
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