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Critique de Pois0n


Pois0n
  04 décembre 2018
A première vue, les deux histoires de ce recueil Black Rose n'ont rien en commun. le quotidien de leurs héroïnes ne pourrait être plus différent, la première tenant une paisible maison d'hôtes au fin-fond du Texas, la seconde étant une ex-marine membre d'une unité d'élite à Washington. Pourtant, toutes deux ont en commun le fait d'avoir dans le passé été trahies par les hommes qu'elles aimaient et de n'être plus capables d'accorder leur confiance à la gent masculine depuis.

Autant le dire tout de suite, si c'est « de la romance » que vous recherchez, ce n'est pas la première histoire qui vous en donnera. On pourrait même carrément remettre en question l'appartenance au genre romantic suspense, tant c'est le côté thriller qui domine !
S'il y a bien une certaine attirance entre Sage et Dugan, d'un bout à l'autre de l'histoire ces deux-là n'auront la tête qu'à une seule chose : éclaircir les mystères liés au meurtre de Ron Lewis, l'ex de Sage, et découvrir ce qu'il est arrivé à son fils Benji. Et c'est un très bon thriller qui nous attend, avec quelques rebondissements, même s'il faut avouer que le déroulement des investigations se veut très linéaire, un indice conduisant à un autre, puis lui-même à troisième, et ainsi de suite. Pas de multiples embranchements, pas de possibilités multiples. Ce qui ne veut pas dire que l'intrigue est mal ficelée : difficile de deviner le fin mot de l'histoire avant que les personnages n'en aient une idée précise eux-mêmes. En revanche, on regrettera que le suspense soit maintenu de façon artificielle concernant l'un des côtés de l'enquête, une piste pourtant prometteuse étant écartée de façon incompréhensible jusqu'à la toute fin. de même, le traitement de la maternité laissera plus dubitatif et l'obstination de Sage à s'interdire de penser à quoi que ce soit d'autre que son fils ne manquera pas d'agacer : certes, que sa disparition l'ait détruite et qu'obtenir des réponses lui tienne à coeur sont des choses normales, mais qu'elle en vienne à se priver de tout parce qu'elle se considère comme une mère et une femme indigne, c'est un peu forcé.
Néanmoins, on suit avec un plaisir indéniable Sage et Dugan de ville en ville, de ferme en ferme, posant leurs questions à tous les suspects ou témoins potentiels. Pour une fois, la campagne texane ne fait pas rêver : de nombreux exploitants du coin traversent en effet de grandes difficultés financières. Sale temps pour les cow-boys ! le thème du racisme est également évoqué, Dugan étant métis et pas forcément très bien intégré au sein d'une communauté blanche à laquelle il rend pourtant de nombreux services. Un autre thème qui revient de façon récurrente est celui de l'absence de famille, un certain nombre des protagonistes n'ayant pas eu une enfance très heureuse.
Bref, avec son double mystère à élucider et son rythme maîtrisé, La rivière des disparus est un très bon moment de lecture malgré ses petits défauts. (7/10)

La seconde histoire voit Rachel, ex-procureure militaire, de nouveau confrontée au tueur qui a bien failli avoir sa peau trois ans plus tôt. le problème, c'est que le dénommé Jack n'a plus l'intention de la tuer : au contraire, fou d'elle au sens propre du terme, il est résolu à la faire sienne qu'elle le veuille ou non. Et pour ça, il va devoir éliminer l'homme qui colle Rachel comme son ombre : Dylan, son équipier, celui qui l'avait déjà sauvée à l'époque...
Cette fois, l'aspect romance est bien présent, Rachel et Dylan en pinçant l'un pour l'autre depuis le début mais ayant jusque là scrupuleusement respecté le règlement de leur organisation : pas de relation entre collègues. Un règlement qui arrange bien Rachel, encore traumatisée par la trahison de Jack. Mais la menace planant sur eux réveillant leur instinct de protection mutuel, leurs sentiments ne tardent pas à être révélés... sauf que pour ces mercenaires surentraînés habitués à faire fi du danger, avoir soudain une conscience exacerbée de celui-ci est plus un handicap qu'autre chose ! Voilà, en gros, la recette d'Une proie consentante. Un thriller haletant d'un bout à l'autre, un tueur à gages redoutable, une héroïne indépendante et un love interest surprotecteur. Si cet aspect de Dylan agace voire inquiète au départ, l'auteure a très bien su l'exploiter en retournant cette caractéristique du personnage contre lui. En revanche, les états d'âme des tourtereaux finissent par avoir un côté redondant, ceux-ci n'évoluant pas vraiment pendant les bons trois quarts des deux-cent quatre pages du récit... et, malheureusement, le rythme soutenu de l'intrigue et les péripéties pourtant aussi nombreuses que régulières ne parviennent pas à le faire oublier. En outre, l'intrigue se veut, là encore, totalement linéaire. Reste que globalement, on passe un bon moment de lecture en compagnie de ces mercenaires au coeur guimauve. En revanche, carton rouge pour les très nombreuses coquilles qui parsèment le roman ! (6/10)
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