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ISBN : 2072704464
Éditeur : Gallimard (23/02/2017)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Quand Stefan Hertmans entreprend la lecture des centaines de pages de notes laissées par son grand-père, il comprend que cette vie-là vaut la peine d’être racontée. Une enfance très pauvre à Gand, le rêve de devenir peintre, puis l’horreur de la Grande Guerre dans les tranchées de Flandre sont les étapes d’une existence emblématique de tout un siècle. Mais l’histoire de cet homme nommé Urbain Martien ne se réduit pas à ce traumatisme et, grâce à son talent de conteu... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Lolokili
  21 octobre 2016
Des années que Stefan Hertmans détenait ces cahiers. Six-cent pages de souvenirs consignés sur le tard par Urbain Martien, son grand-père maternel.
Romancier, poète et essayiste flamand, Stefan Hertmans s'est décidé, tardivement lui aussi, à relater le parcours de son grand-père dans une oeuvre entrelaçant les témoignages écrits dont il disposait et ses propres réminiscences quant à cet aïeul discret qu'il aura côtoyé pendant près de trente ans.

Ce portrait tout en mélancolie gracile dévoile un personnage humble et digne, artiste peintre dans l'âme, aussi réservé en paroles que prolixe à l'écrit ou en peinture. Il aura traversé la presque totalité du vingtième siècle, marqué par une enfance démunie, une mère adorée, un unique amour irrémédiablement perdu et deux guerres dont il évoquera essentiellement la première, la Grande, meurtrissure fondamentale de son existence comme de toute une époque.
Ce récit à multiples sources se lit ainsi à différents niveaux, journal intime, fresque familiale et chronique historique, interpellant chaque lecteur selon sa sensibilité.
Pour ma part j'ai été touchée par le destin et la douleur silencieuse de ce personnage d'un autre temps, et captivée par ses déchirants mémoires de guerre. J'avoue en revanche m'être ennuyée parfois dans la longueur de souvenirs très personnels, comme si appréhender l'intimité de cette famille impliquait également de subir certains détails qui n'ont finalement d'intérêt que pour elle seule.
Guerre et Térébenthine (Guerre parce que 14-18, Térébenthine rapport à la peinture… ça c'est pour ceux qui auraient sauté directement à la fin de ce commentaire pour savoir de quoi ça cause en gros), Guerre et Térébenthine donc n'en reste pas moins un témoignage très émouvant et superbement écrit, couronné à sa sortie aux Pays-Bas par le prix du meilleur livre de l'année 2014 et traduit dans dix-sept langues à ce jour, c'est quand même pas rien.

Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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mariech
  22 septembre 2016
Guerre et térébenthine c'est un roman de l'écrivain belge néerlandophone Stefan Hertmans qui rend hommage à son grand -père né en 1891 et mort en 1981 , pas trop mal comme dates non ?
Le grand - père Urbain Martien , prononcer Martine comme l'équivalent de Martin en français répète à plusieurs reprises l'aïeul , va léguer trois cahiers à son unique petit fils , cahiers qui évoquent surtout La grande guerre à laquelle le soldat Urbain Martien a survécu .
Térébenthine , le deuxiéme mot du titre du roman évoque la passion pour la peinture de ce grand - père issu d'un monde disparu , désuet à nos yeux . Grand - père dont le père était peintre , une grande partie du récit raconte la vie de ce père décédé bien trop jeune .
Stefan Hertmans a laissé traîner les trois cahiers , ne se décidant pas à les ouvrir et a finalement publié ce roman lors de la célébration du centenaire de la guerre 14 - 18 , celle qui devait être la dernière .
Bien entendu de tels récits il y a en beaucoup mais celui - ci a une flagrance spéciale , ce sont les souvenirs d'un ancien combattant qui écrit ses souvenirs pour son petit fils .
Je retiens spécialement de ce récit de première main , les ordres de combat qui étaient adressés aux soldats belges uniquement en français , ce qui a conduit à des situations dramatiques , à un sentiment d'humiliation qui a fait devenir un grand nombre de flamands révoltés flamingants , c'est à dire pour les lecteurs français qu'ils ont commencé à défendre leur langue , leur singularité flamande , ce qui a provoqué beaucoup de méfiance , d'incompréhension entre ces deux parties du pays si proches et si différentes à la fois .
Il y a des anecdotes touchantes comme celle où le jeune Stefan reçoit la montre ayant appartenu au père de son grand - père pour son douzième anniversaire et qui l'a fait tomber , il ne pourra jamais se pardonner ce geste maladroit .
L'évocation d'un monde définitivement disparu avec la première guerre , le sort de ses soldats confrontés pour la première fois de l'histoire à une guerre , une boucherie qui les dépasse , où les valeurs sont bafouées , où est le sens de l'honneur lors d'une attaque au gaz moutarde , aux représailles sur les civils , que peut faire l'amour de la patrie lorsque un obus éclate et fait de nombreux morts , des cadavres atrocement mutilés ?
Martien Urbain reste fidèle à son époque , toute sa vie , il porte un costume avec une grande lavallière , même quand il va à Ostende avec son petit fils , homme droit , le pur produit d'une époque révolue .
Un beau témoignage émouvant , une très belle écriture
Je vous recommande chaleureusement cette lecture , encore un bel exemple de litterature belge du nord du pays .
Un grand merci aux editions Gallimard pour ce gracieux envoi .
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frconstant
  25 octobre 2016
Une amie m'a conseillé ce livre... Qu'elle a bien fait! J'ai vraiment aimer ce roman de Stefan HERTMANS, auteur belge, flamand qui a une jolie plume si j'en juge par la traduction française qui ne pourrait être aussi bonne sans un matériau de départ d'une grande qualité d'écriture.
Rédigé en flamand, mais depuis traduit dans de nombreuses langues, "Guerre et térébenthine" est l'histoire d'un Grand-Père, racontée par son petit-fils sur base de récits, de notes, de documents divers retrouvés par cet homme qui réalise, en 2014, combien la vie de son Grand-Père vaut la peine d'être contée.
Sans jamais le rendre compliqué et impossible à suivre, il y a de multiples portes d'entrée, dans ce livre. On peut l'aborder sous l'angle de la filiation et des transmissions de savoir et savoir-être qui passent de générations en générations. L'auteur (le petit-fils) nous parle d'un Grand-Père qui, en 1914 n'était qu'un enfant de quelques 17-19 ans, devenu brusquement adulte par sa confrontation à l'engagement au front de la Grande Guerre. Pas du tout inintéressant de réaliser qu'à l'époque, l'adolescence n'avait pas encore été inventée. Prenant et dérangeant de réaliser combien fut brutal l'entrée en âge adulte pour ces mômes envoyés à la boucherie, au nom d'un patriotisme continuellement rappelé par les officiers qui donnaient des ordres... parfois de très loin et sans grands risques pour eux.
Une autre entrée est ce regard sur le mépris avec lequel les officiers francophones donnaient des ordres aux fantassins flamands, les moquant, les humiliants et donnant, par là, une raison valable au flamandisme qui allait se développer jusqu'au radicalisme actuel de certains de nos chantres politiques belges. Nos querelles, bien belges, entre certains 'Flamands et Wallons' ont des racines trempées dans cet humus humain qui a été enseveli dans les tranchées des plaines flamandes et des eaux croupissantes de l'Yser.
Un troisième porte d'entrée, royale celle-là, est l'évolution des techniques et modes de vie des peintres, restaurateurs de fresques ou copistes, ou encore, artistes créateurs picturaux. Les descriptions des métiers du pinceau et de la capacité des peintres à appréhender le monde, dans ses joies comme dans ses peines, occupe une belle place dans ce récit.
Encore plus grande est la place réservée à la description détaillée des conditions de vie dans les tranchées, de l'âpreté des combats, la désuétude des soins et les convalescences qui n'étaient que des intermèdes entre deux retours au front, deux retours en enfer!
Bref, un livre comme je les aime. On y apprend autre chose que la face policée des combats qu'on m'a inculquée au début de ma scolarité. On y perçoit la pénibilité de la vie en ces temps-là, l'art difficile des artisans (je ne regarderai jamais plus une fresque peinte au plafond d'une église sans m'imaginer l'inconfort dans lequel l'artiste, le plus souvent méconnu, a donné tant et tant de son temps juste pour (presque) pouvoir en vivre). Un beau et bon livre d'histoires sur lesquelles s'est fondée L Histoire moins juste, moins vraie et moins dense que celles de ces récits du vécu des petites gens! Un livre qui ouvre à une réflexion et, cependant, offre un moment de détente, de bonheur au lecteur.
Stefan HERTMANS, un auteur belge à suivre!
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de
  03 juin 2016
En se servant des apparences… la vérité
Souvenirs des hommes, souvenirs du petit-fils sur son grand-père et sa femme, « une extrême frivolité chez ces deux personnes éternellement vêtues de noir, de gris ou de bleu marine », souvenirs des récits de la première guerre mondiale…
Le grand père peintre-copiste, sa chambre à l'entresol qui lui servait d'atelier, le grand père et son père Franciscus.
« Pendant plus de trente ans, j'ai conservé sans les ouvrir les cahiers où soigneusement, de son écriture incomparable d'avant-guerre, il a consigné ses souvenirs ; il me les a donnés quelques mois avant sa mort en 1981. »
Une remontée dans le temps, les souvenirs, un journal pour dire entre autres « mon épouvante », des détails, l'histoire sur plusieurs générations, des réflexions sur la peinture, comme cette toile où « la peinture hurle un silence de glace »…
Franciscus, Céline, Gabrielle, les lieux, « Les lieux ne sont pas qu'un espace, ils sont aussi associés à une époque »…
Le « mystère » d'une fresque, transmission de mémoire. Avant.
La guerre 1914-1918, « Martien ! », des actes et des situations, coté belge, belge flamand méprisé, des actes et des médailles, le quotidien, des images sanglantes, les blessures et les soins en Grande-Bretagne, ceux qui sont morts « au champ d'honneur », la fuite des animaux à travers le fleuve, le gaz moutarde, l'écriture… « le temps devient une durée monotone, la durée perd se direction, la direction fait place à l'immobilisme et à l'ennui, l'ennui rend indifférent et las, les jours filent à travers les doigts ».
La libération, les histoires, les cauchemars, « Nous nous taisons, luttons contre nos cauchemars, éclatons parfois en sanglots sentant l'odeur du linge fraîchement repassé ou d'une tasse de lait chaud »…
Une autre histoire, une autre amour, Maria Emelia, « j'ai compris qu'en réalité je comprenais très peu », une copie et la « clé de la vie affective secrète de mon grand-père »… La mémoire, la peinture, la création, l'écriture et cette guerre qui transforma le monde occidental (mais pas seulement) et les vies d'hommes et de femmes, ceux qui survécurent, celles et ceux qui survécurent à la grippe dite espagnole. Derrière le fracas de la guerre, l'odeur de térébenthine et une copie…
La tendresse et l'amour…

Lien : https://entreleslignesentrel..
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topocl
  04 juillet 2017
A partir des mémoires que celui-ci lui a léguées, Stefan Hertmans raconte la vie de son grand-père, un homme pieux au point d'en être puritain, d'une grande sensibilité artistique, mélomane, et qui a appris à peindre en autodidacte alors qu'il travaillait tout jeune dans une fonderie. Après la mort de son père, la guerre de 14, où il défendait consciencieusement l'honneur de la patrie, tout en en voyant l'absurdité, où il fut blessé 3 fois, fut la deuxième grande épreuve de sa vie, vite suivie par le décès de son amour de toute une vie par la grippe espagnole.
Cet homme, quoique fondamentalement conformiste, reste néanmoins très attachant. Ou bien est-ce l'amour de son petit-fils qui le rend attachant ? Toujours est-il que l'essentiel du livre a beaucoup de charme, même si les années de guerre, où l'auteur fait raconter son grand-père à la première personne, sont, curieusement, plutôt ennuyeuses.
Lecture qui n'a pas déclenché mon enthousiasme mais cependant plutôt agréable.
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Les critiques presse (2)
LaLibreBelgique   27 février 2017
C’est un des grands romans de la littérature flamande contemporaine qui est enfin traduit en français.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Telerama   18 novembre 2015
Hertmans ne se livre pas à un simple exercice de piété familiale. Il exhausse le genre, en inscrivant cette vie minuscule dans le temps et en en faisant le socle d'une méditation sur la fausse atonie des existences ordinaires.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   19 mai 2017
[Mon grand-père] avait consigné ses souvenirs ; il me les a donnés quelques mois avant sa mort en 1981. Il avait alors quatre-vingt-dix ans. Il était né en 1891, sa vie semblait se résumer à l'inversion de ces deux chiffres dans une date. Entre ces deux dates étaient survenues deux guerres, de lamentables massacres à grande échelle, le siècle le plus impitoyable de toute l'histoire de l'humanité, la naissance et le déclin de l'art moderne, l'expansion mondiale de l'industrie automobile, la guerre froide, l'apparition et la chute des grandes idéologies, la découverte de la bakélite, du téléphone et du saxophone, l'industrialisation, l'industrie cinématographique, le plastique, le jazz, l'industrie aéronautique, l'atterrissage sur la Lune, l'extinction d'innombrables espèces animales, les premières grandes catastrophes écologiques, le développement de la pénicilline et des antibiotiques, Mai 68, le premier rapport du Club de Rome, la musique pop, la découverte de la pilule, l'émancipation des femmes, l'avènement de la télévision, des premiers ordinateurs - et s'était écoulée sa longue vie de héros oublié de la guerre. C'est sa vie qu'il me demandait de décrire en me confiant ces cahiers. Une vie se déroulant sur près d'un siècle et commençant dans un autre monde.
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SachenkaSachenka   18 mai 2017
Les lieux ne sont pas qu'un espace, ils sont aussi associés à une époque. Je regarde la ville différemment depuis que je porte en moi ses souvenirs. Mes pensées ne cessent de vagabonder autour de la place d'Armes, que je connais moi aussi depuis mon enfance comme un lieu festif, un lieu lié aux dimanches matin, à l'odeur des fleurs coupées qu'achetaient mes parents, à la fanfare désuète dans le kiosque à musique parfaitement restauré. Mais à présent, je cherche dans le langage fermé des façades l'endroit où a dû se dresser l'immeuble dans lequel mon grand-père a passé quelques mois à travailler comme apprenti [...].
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LolokiliLolokili   21 octobre 2016
Il y a dans l’ethos disparu du soldat à l’ancienne quelque chose qui, pour nous, contemporains d’attentats terroristes de de jeux vidéo violents, est encore à peine concevable. Dans l’éthique de la violence est intervenue une rupture de style. La génération de soldats belges qui fut conduite dans la gueule monstrueuse des mitrailleuses allemandes au cours de la première année de guerre avait encore grandi selon l’éthique exaltée du dix-neuvième siècle, avec un sentiment de fierté, un sens de l’honneur et des idéaux naïfs. Leur morale de guerre tenait pour vertus essentielles : le courage, la maîtrise de soi, l’amour des longues marches, le respect de la nature et de son prochain, l’honnêteté, le sens du devoir, la volonté de se battre, si nécessaire, d’homme à homme. […]
Toutes ces vertus d’une autre époque furent réduites en cendres dans l’enfer des tranchées de la Première Guerre mondiale.
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SachenkaSachenka   02 mai 2017
[...] il m'arrive plus d'une fois de me demander quelle est la nature de ce lien ambivalent qui nous lie à nos grands-parents. Est-ce l'absence de ce conflit générationnel que nous avons avec nos parents? Dans le fossé béant entre eux et nous réside la lutte pour affirmer ce que nous imaginons être notre individualité, et la distance qui nous sépare dans le temps nous donne l'illusion qu'il se cache là une vérité plus profonde que dans ce que nous savons de nos propres parents. C'est une grande, une extraordinaire naïveté qui nous incite à vouloir savoir.
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SachenkaSachenka   13 mai 2017
[...] c'est fou, avant, j'étais persuadé que le tunnel sous la Manche était en verre et qu'on pouvait voir des hippocampes nager au-dessus de sa tête, alors qu'en ce moment, je n'ai même pas l'impression de traverser la mer.
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Vidéo de Stefan Hertmans
Extraits de la conférence donnée par Stefan Hertmans à l'école de la Cambre (ENSAV), à l'occasion de la rentrée académique 2011-2012.
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