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ISBN : 2707154075
Éditeur : La Découverte (13/02/2008)
Résumé :

Jusqu'à Herzl, le peuple juif n'était qu'un objet, un jouet, aux mains de forces politiques étrangères qui l'utilisaient en bien ou en mal. Herzl a changé une poussière humaine portée sur les vagues de l'histoire par tous les vents étrangers, favorables ou non, en un peuple qui réalise sa volonté nationale et s'érige en facteur autonome sur la scène internationale. Herzl fut le fondateur de la politique juive restaurée.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
kielosa
  11 décembre 2017
Je sais que je m'aventure sur du terrain glissant en faisant la chronique d'un livre écrit par celui qui passe comme le père du sionisme.
Ce qui est un peu dommage, car sur à peine 92 pages, le journaliste autrichien, Theodor Herzl, fait un bilan de la situation des Juifs en Autriche - et par extension dans un nombre d'autres pays - à la fin du XIXe siècle extrêmement lucide. Ce serait une erreur de le rejeter purement et simplement comme sioniste et la cause lointaine du sort des Palestiniens et des conflits au Moyen-Orient. Comparé à ce petit essai, "Réflexions sur la question juive" de Jean-Paul Sartre par exemple ne pèse pas bien lourd, et je mesure mes mots !
Que j'ai hésité avant d'entreprendre cette critique, je l'admets volontiers, mais je me suis dit qu'après tout lire ce manifeste d'Herzl permet de mieux comprendre des écrivains comme Stefan Zweig et Joseph Roth par exemple, quand bien même s'ils n'ont jamais été sionistes. Je ne vais pas refaire l'histoire du sionisme, de la déclaration Balfour sur la création d'un "foyer juif" de 1917 à la création de l'État d'Israël en 1948, mais me limiter à situer l'analyse d'Herzl, telle qu'il l'a publiée en 1896. Je ne vais pas non plus approfondir l'essai de Claude Klein "de l'État des Juifs à l'État d'Israël ", qui accompagne l'essai initial de Herzl dans l'édition de "La Découverte" de 2003.
Je dois reconnaître que j'avais terminé ma chronique depuis belle lurette, mais que je continuais à hésiter à l'envoyer à Babelio. C'est finalement un commentaire récent de Bookycooky, que nous apprécions tous sur notre site préféré ét pour le choix de ses lectures ét la qualité de ses billets, qui m'a sorti de ma torpeur. En réaction à ma critique du livre "Dans la fosse des tigres", elle m'a encouragé à écrire des billets "sur ce qui se passe vraiment dans le monde...ce monde (qui n'est) pas Mars". À propos de la dernière bêtise du Grand Trump de transférer l'ambassade US de Tel Aviv à Jérusalem, ce qui est contraire aux intérêts légitimes des Palestiniens, hypothèque gravement les relations avec le monde arabe et l'Iran, provoque une relance du terrorisme et bute contre l'incompréhension du reste du monde. Même le pape s'est inquiété de cette décision peu réfléchie du Super Donald, indiquant que Jérusalem est un endroit saint pour 3 religions monothéistes : le judaïsme, l'islam et la chrétienté. Cette rupture avec une tradition de presque 70 ans n'est pas bonne pour les Juifs non plus et il n'y a que des politicards comme Benyamin Netanyahou - un des pires premiers d'Israël depuis 1948 - à s'en réjouir et s'étonner des réactions dans le monde ! Que cette initiative "trumpiste" fera la joie des antisémites ne fait pas l'ombre d'un doute, mais ce qui est pire c'est qu'elle nourrira les sentiments contre L'État d'Israël, les Juifs et la solution de Theodor Herzl.
Theodor Herzl est né à Budapest en 1860 dans une famille de riches Juifs assimilés. Il fit des études de droit à l'université de Vienne, mais abandonna assez vite une carrière de juriste pour devenir journaliste. Son journal l'envoya à Paris, où il fut témoin de la dégradation d'Alfred Dreyfus en 1895. Bien que différentes thèses s'opposent sur l'impact de l'affaire Dreyfus sur Herzl, il est incontestable qu'elle a rendu Herzl conscient de la question juive. Voir à ce propos "Le monde d'hier" de Stefan Zweig. Son mariage avec Julie Naschauer fut malheureux et ses 3 enfants meurent jeunes : sa fille Pauline d'une overdose et à son enterrement son fils Hans se suicide, "Trude" (Margarethe), sa plus jeune fille, au camp nazi de Theresienstadt (Terezín, en Tchéquie), son grand fils Norman, se suicida à Washington à l'âge de 28 ans.
Theodor Herzl meurt lui-même à l'âge de 44 ans d'une sclérose cardiaque.
L'auteur part d'un constat d'échec pour les Juifs en Europe. En Europe de l'est (Russie, Pologne, Ukraine, etc.), il y a les pogroms, tandis qu'en Europe centrale et l'Europe de l'ouest, il y a des campagnes antisémites plus ou moins violentes. de soi-disant bouquins "scientifiques" ne font qu'encourager cette regrettable tendance. Ceci est notamment le cas de Houston Stewart Chamberlain (1855-1927), qualifié de théoricien "racialiste" et le comte Arthur de Gobineau (1816-1882) avec son "Essai sur l'inégalité des races humaines", une vaste fumisterie de 1853. Et puis tant d'autres scribouillards, tels certains journalistes en mal d'inspiration, mais jaloux de la fortune des Rothschild par exemple, qui en concluent allègrement à un complot mondial et monstrueux des financiers juifs. Ils oublient bien sûr la misère des pauvres Juifs de l'est ("Ostjuden"), en dépit d'une littérature pourtant abondante, entre autres des frères Singer, Isaac Bashevis et Israël Joshua, et plus tard de Joseph Roth et Stefan Zweig.
Comme des mesures de la part d'un nombre croissant des Juifs en Allemagne, à Vienne, Budapest etc., comme la conversion au christianisme et le changement de nom de famille ne servent pas à grand-chose, puisqu'ils restent soumis à une interdiction d'accès à certains endroits et demeurent victimes de lois raciales, tel le "numerus clausus" aux universités, Theodor Herzl prône la création d'un État Juif, le "Eretz Israel" dans les terres leur ayant appartenu avant.
J'ai lu cet ouvrage comme si j'eusse été un intellectuel juif au moment où est paru son essai, en faisant abstraction des réalités politiques intervenues bien plus tard, et je dois admettre que beaucoup de ses arguments sont très convaincants. C'est dans cet esprit que je vous invite à lire ce document remarquable de Theodor Herzl.
Pour une étude approfondie du sionisme, je conseille l'excellent ouvrage de Walter Laqueur "Histoire du sionisme", en Français en 2 tomes.
+ Lire la suite
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KVlar
  24 octobre 2016
Un livre d'une importance capitale de mon point de vue ! C'est un livre extrêmement éclairant sur le sionisme pour qui veut comprendre la génèse et l'essence d'Israel ! Qui aurait pû croire que Herzl était en fait antisémite ? Qui aurait pû croire que le sionisme mélange fascime et communisme dans une doctrine déroutante ! On se rends compte que le fameux "Etat moral" est en fait un Etat ethnique qui vise à s'affranchir du judaïsme et faire du juif, d'abord un sioniste puis un israélien ! le rêve des sionistes étaient de créer un juif nouveau, supérieur au juif d'exilé que Hertzl, Jabinski et Ben Gurion considéraient comme des "sous hommes" ! En lisant ce livre -et plus encore le Journal d'Herzl plus d'un serait dérouté ! Un livre à lire pour comprendre l'Etat Profond d'Israel !
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
KVlarKVlar   26 octobre 2016
Les citoyens
israélites ne le peuvent pas, bien qu’ils
soient affectés beaucoup plus durement,
car ils ont à supporter la concurrence
d’individus qui se trouvent dans des
conditions économiques analogues,
mais qui de plus contribuent à introduire
l’antisémitisme ou à développer celui
qui existe déjà. C’est là une
douleur secrète des assimilés qui se
soigne par des œuvres de « bienfaisance
». Ils créent des associations
d’émigration pour les Juifs qui
immigrent. Ce phénomène renferme une
contradiction que l’on pourrait
trouver comique, s’il ne s’agissait pas de gens qui souffrent. Certaines de ces
associations d’entraide n’existent
pas pour les Juifs persécutés, mais
contre eux. Les plus pauvres doivent
s’en aller au plus vite et au plus loin.
C’est ainsi qu’en examinant les choses
attentivement, on se rend compte que
plus d’un de ces soi-disant amis
des Juifs n’est en réalité qu’un
antisémite d’origine juive, qui aurait
pris l’apparence d’un philanthrope.
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KVlarKVlar   26 octobre 2016
. Il n’est pas question de
quitter l’ancienne maison avant que
la nouvelle ne soit prête. Ne partent que
ceux qui sont certains d’améliorer leur
situation. D’abord les désespérés, puis
les pauvres, puis les personnes aisées,
les riches enfin. Les premiers arrivés
passent aux couches supérieures, jusqu’à
ce que ceux-ci fassent venir leurs
proches. L’émigration représente donc
aussi un mouvement d’ascension des classes.
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Video de Theodor Herzl (2) Voir plusAjouter une vidéo

Retour des cendres de Theodor Herzl, fondateur du sionisme, à Jérusalem
Cérémonie religieuse à l'occasion du retour des cendres de Theodor HERZL, fondateur du sionisme, à Jérusalem.
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