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Anne Dutter (Traducteur)
EAN : 9782228889919
113 pages
Éditeur : Payot et Rivages (17/01/1996)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 22 notes)
Résumé :
A l'automne 1974, le cinéaste allemand Werner Herzog apprend que son amie Lotte Eisner, critique et historienne du cinéma, est très malade.
Depuis Munich, il décide de se rendre auprès d'elle à Paris, avec la certitude qu'elle survivra s'il voyage à pied. Tenu du 23 novembre au 14 décembre, ce journal de marche est le témoignage d'un homme qui nous fait partager tour à tour ses moments d'exaltation, d'épuisement, de plénitude.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
nadiouchka
  08 novembre 2017
Lorsqu'il apprend que son amie Lotte Eisner, est gravement malade, le cinéaste allemand Werner Herzog se lance un défi fou, celui de se rendre à pied depuis Munich, jusqu'à Paris où elle réside. Il est certain, il espère qu'ainsi elle survivra.
Cette très longue marche va durer du 23 novembre au 14 décembre 1974 et représentera plus de huit cents kilomètres. Il faut dire qu'il est coutumier du fait car à l'âge de dix-huit ans, il avait accompli un périple en Afrique, ce qui lui avait permis de comprendre l'évolution des peuples, des gouvernements et des cultures.
Avec l'auteur, on va donc se rendre « Sur le chemin des glaces » et très difficile sera l'épreuve.
Il va, cette fois, tenir un petit carnet de route (un journal de marche) qu'il ne pensait pas, à priori, publier.
D'ailleurs, dans l'avant-propos, il écrit : « Mon journal de marche n'était pas destiné à être lu. Aujourd'hui, quatre ans après, quand j'ai repris ce petit carnet de notes, il m'a ému d'étrange manière, et le désir de le faire lire à d'autres m'a aidé à surmonter la gêne de cette mise à nu devant des regards étrangers.
Seuls quelques passages très intimes ont été supprimés ».
Dans cette expédition, il va dormir dans des granges, des abris bus, des maisons inoccupées, des granges… Parfois, tout de même on lui offrira le gîte et le couvert. Ce qui le hante surtout c'est la soif et une forte envie de boire du lait, du lait à tout prix… une chose qu'il réclame quand il rencontre quelqu'un.
Cette marche n'est pas sans lui causer des douleurs physiques (ses pieds sont terriblement meurtris). de plus, son apparence dépenaillée fait souvent peur à certains et on lui refuse souvent la moindre pitance ou hospitalité, même dans des auberges alors qu'il a de quoi régler l'addition.
Il affronte donc le froid, des pluies diluviennes, des orages violents, refuse qu'on le prenne en stop et têtu, il marche et il marche, c'est son credo.
Mais il arrive aussi que le corps lâche et il accepte de monter dans une voiture ou un camion pour gagner quelques kilomètres.
Cette marche est donc autant physique que psychique. Herzog l'explique ainsi : « Sur le chemin des glaces » n'est pas autre chose que cela : des paysages intérieurs ». En effet, ses pensées sont multiples : malgré le froid et la saleté (il ne peut pas se laver tous les jours), il lui arrive d'avoir des visions, ce qui fait que le réel et l'imaginaire se mêlent.
Pour lui, celui qui marche longtemps arrive à un stade particulier où tout semble plus clair et mystérieux.
Dans ce petit carnet de route, l'écriture est poétique et comporte un peu d'humour. C'est un beau récit, rempli de réflexions inspirées à l'écrivain par les paysages traversés.
Lorsqu'il connaît de grands moments de déprime, il dialogue avec lui-même et les personnages imaginaires de son cinéma.
C'est une belle leçon de courage, de ténacité que nous donne Werner Herzog qui, lorsqu'il arrive enfin à son but, écrit cette dernière phrase du livre : «  Pendant un bref instant tout de finesse, quelque chose de doux traversa mon corps exténué. Je lui dis : ouvrez la fenêtre, depuis quelques jours je sais voler. « (P.111)
Par la suite on apprendra que cette amie,Lotte Eisner survivra miraculeusement à son cancer. Elle s'éteindra dix ans plus tard…
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Danieljean
  12 mai 2016
Werner Herzog en 75 m'a démoli avec ce livre de toute beauté; voyage avec soi-même pour aller sauver ou du moins empêcher provisoirement la mort d'une actrice allemande.
Accompagné par le froid, la solitude, la pluie, l'exaltation, la rage, Herzog marche avec, chevillée au corps, la pensée que s'il accomplit cet acte de foi pure jusqu'au bout Lotte Eisner ne mourra pas. le cinéaste nous raconte les nuits à pénétrer par effraction dans des chalets isolés de la Forêt-Noire, afin de prendre un peu de repos et s'abriter pour un temps du froid mordant ; et les jours gris et maussades à piétiner dans une boue jaune, à l'affût de quelque soleil évanoui ou noyé. Ce qui anime Werner Herzog au cours de ce long et dangereux périple peut s'apparenter à de la pensée magique, laquelle a souvent été mise à mal par le christianisme et, plus récemment par la psychanalyse qui n'y a vu qu'une sorte de résidu primitif, la scorie d'une époque lointaine où l'homme vivait dans des grottes et n'avait ni chauffage ni eau courante : une ère très ancienne où l'homme ne croyait pas encore au dieu “Progrès”, vénérait les dieux de la nature, faisait corps avec la terre et n'avait que faire des joyeusetés de notre technologie moderne… bref, un monde de cinglés ni plus ni moins ! Dès qu'une chose nous dépasse, notre société étriquée et froidement rationaliste, ne peut s'empêcher de vouloir à toute force l'enclore dans un symptôme, une pathologie. de même que l'historien romain Tacite déclarait : « Plus une société est corrompue, plus elle multiplie le nombre de ses lois », je dirais que plus une société est malade, plus elle invente de symptômes pour créer davantage de confusion.
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MrDimitriG
  15 décembre 2019
Récit un peu illuminé. le cinéaste #WernerHerzog décide de faire Munich-Paris à pied en plein hiver. Il traverse une splendide tempête de neige et montre qu'avec des bonnes chaussures, tout est possible.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   08 novembre 2017
Devant moi, Klosterlechfeld. Même sans pont, le Lech n’aurait posé aucun problème, je m’en rends compte maintenant. L’aspect du terrain me rappelle le Canada. Des casernes, des soldats dans des baraquements de tôle ondulée, d’anciens bunkers de la Seconde Guerre mondiale. P.24
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GeraldineBGeraldineB   07 novembre 2017
Par la fenêtre, j'ai vu un corbeau se poser sur le toit d'en face. La tête dans les épaules, il ne bougeait pas, sous la pluie. Longtemps après, il était encore là, inerte, grelottant, solitaire et calme, plongé dans ses pensées de corbeau. Alors, un sentiment de fraternité est monté en moi et la solitude a envahi mon coeur.
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nadiouchkanadiouchka   09 novembre 2017
Je marchais vers un feu, devant moi, il y avait toujours ce feu, comme un mur incandescent. C’était un feu de froid, un de ceux qu’apporte le froid, pas la chaleur. Un ce ceux qui transforment instantanément l’eau en glace. La pensée du feu qui devient glace fait naître la glace à la vitesse de la pensée. Ainsi est née la Sibérie, et les aurores boréales sont les dernières lueurs de ce phénomène.
P.62
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aimeryjoesselaimeryjoessel   21 août 2018
Je vais me laisser porter par la tempête tout autour de la station jusqu'à ce que des ailes me poussent. Cette nuit, lorsque je m'introduirai à nouveau dans une maison, je serai un roi dans son château fort. Un gros réveil, une fois remonté, carillonne la fin des fins. Dehors, le vent ébouriffe la forêt. Ce matin, noyée, la nuit a été rejetée par des vagues froides et grises.
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nadiouchkanadiouchka   10 novembre 2017
Je me traînais d’abri en abri. A quoi bon être venu de si loin à pied, pour finir en voiture ? Plutôt aller jusqu’au bout de l’insensé si toutefois c’était insensé.
P.100
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Videos de Werner Herzog (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Werner Herzog
Werner Herzog : Nosferatu
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Mélanges littéraires (189)
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