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Edmond Beaujon (Autre)
ISBN : 2253030716
Éditeur : Le Livre de Poche (01/11/1982)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 58 notes)
Résumé :
Magie blanche ou magie des mots ? Hermann Hesse s'est toujours rêvé magicien. Jusque dans ce pays d'enfance dont il cherche ici à réemprunter les chemins, comme ce jeune homme qui rentre chez lui après un long voyage à l'étranger. Mais les vacances se terminent et il faut reprendre la route. Les belles années s'achèvent, l'été prend fin : « Mon père et ma mère sont morts, le pays de l'enfance n'est plus qu'un souvenir plein de nostalgie ; aucun chemin n'y conduit pl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
colimasson
  09 mars 2015
Hermann Hesse se livre mystérieusement. Il efface les repères habituels en proposant un titre qui suggère l'autobiographie alors qu'il ne propose en fait qu'un ensemble de nouvelles apparemment indépendantes. Quel est alors le lien qui les réunit dans la structure du recueil ? Hermann Hesse écrit :

« Depuis longtemps, je voyais que ma mission, ou plutôt le chemin que j'avais à suivre pour mon salut, ne conduisait plus au pays du lyrisme, de la philosophie ou de toute autre spécialité du même genre : il s'agissait uniquement de conserver en moi le peu qui s'y trouvait de réellement fort et vivant et de faire preuve d'une fidélité absolue envers ce que je sentais vivre encore en moi. Cela, c'était vivre, c'était sentir la présence de Dieu. »

Et si chaque nouvelle de ce recueil symbolisait une étape de ce parcours visant à exalter le sentiment de vie intérieure ? Il s'agit alors de retrouver la spontanéité, l'enthousiasme et le grand génie naturel de cet enfant qui voulait devenir un magicien, avant que la réalité du monde adulte ne vienne doucement ensevelir ses réjouissances discrètes.

« Très lentement, imperceptiblement, la corolle se fanait, j'allais à la rencontre de quelque chose de limité, qui jadis ne l'était pas, à savoir le monde réel, le monde des grandes personnes. A la longue, mon désir de devenir magicien, bien qu'il n'eût pas perdu toute ardeur, me parut à moi-même moins important, presque un enfantillage. Déjà, il s'était passé quelque chose en moi qui faisait que je n'étais plus un enfant. »

La grande sensibilité d'Hermann Hesse lui donnera toutefois maintes occasions de renouer avec le petit enfant magicien qu'il avait été dans sa plénitude. Par l'amour ou par l'étude, par la musique ou par la poursuite des idéaux marginaux, entre culture et barbarie, Hermann Hesse reconnaît à l'être humain son incohérence qui se manifeste par la poursuite de voies parallèles. Il observe l'individu qui se disperse mais ne le condamne pas au jugement rapide de l'éparpillement car il perçoit au contraire l'authenticité d'une démarche qui peut être angoissée lorsqu'elle ne se reconnaît plus, mais qui n'est finalement rien d'autre que le besoin de se retrouver aux racines de son être –c'est ce qu'on appelle l'enfance ou la magie.
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Epictete
  12 février 2014
De la véritable littérature, pleine de poésie, d'enchantement, ... de magie.
A travers ces cinq nouvelles merveilleusement bien écrites, Hermann Hesse nous explique quelques éléments de sa biographie. Les limites entre la biographie, la fiction et la poésie sont d'ailleurs assez floues, et il nous entraîne vite dans des mondes fantastiques, entre onirisme et cruauté.
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Mailysdance
  10 septembre 2016
Merveilleux
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Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
AuroraeLibriAuroraeLibri   18 juillet 2016
Quand ce maître aux traits émaciés et sereins, dont le regard disait la bonté, se présentait de bonne heure devant ses élèves pour la prière du matin et la première leçon de la journée, il n'avait pas seulement consacré quelques heures nocturnes à sa critique des textes sacrés et à sa vaste correspondance qui était à la fois celle d'un savant et d'un conseiller spirituel, il avait aussi commencé sa journée dans sa chambre à coucher par un examen de conscience et une prière où il demandait à Dieu la force de persévérer, de prendre patience et d'accéder à la sagesse. Il donnait ainsi une impression de lucidité, de maîtrise de soi, et seul un petit nombre d'élèves demeuraient fermés au subtil rayonnement de sa personne, qui était celui d'un saint ou d'un être consacré. Dans son église provinciale qui, à l'exemple de toutes les églises luthériennes, s'était figée en une orthodoxie quelque peu pharisaique et en un esprit de caste sacerdotale non dépourvu de suffisance, il représentait ce renouveau de la chrétienté qu'on appelait piétisme, et il en fut l'un des premiers prosélytes et modèles. Comme tout autre mouvement du même genre, le piétisme, malgré la puissance de son essor, perdit de sa vitalité au cours des générations suivantes et se corrompit. Mais à cette époque, il était dans sa fleur et quelque chose de sa fraîcheur et de sa tendresse vibrait autour de cet homme rayonnant, dont la nature inclinait bien davantage à la clarté intellectuelle, à la réflexion et à l'ordre qu'à la sensibilité et à l'enthousiasme.
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colimassoncolimasson   05 novembre 2015
Il règne actuellement par le monde un esprit bien différent et je crois qu’autrefois, il y a soixante ans ou davantage, la musique était mieux et plus scrupuleusement cultivée qu’elle ne l’est à présent, car il est devenu rare d’entendre dans la rue ou à la campagne des chansons à plusieurs voix, et dans bien des contrées, les mélodies à deux voix sont déjà l’exception.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   24 juillet 2016
Il est curieux de voir à quel point les choses vécues peuvent nous devenir étrangères et échapper à notre mémoire. On peut oublier des années entières, qui pourtant furent remplies de milliers d'événements. (...)
Jusqu'à ce qu'une fois ou l'autre pendant une promenade, un voyage en chemin de fer ou au cours d'une nuit d'insomnie un pan totalement oublié de mon existence surgisse devant moi, vivement éclairé comme un décor de théâtre, avec tous les détails, les noms, les lieux, les bruits et les odeurs. C'est ce qui m'est arrivé la nuit dernière. Il me revint en mémoire une aventure qu'en son temps j'avais été certain de ne jamais pouvoir oublier et que j'avais bel et bien oubliée pendant des années, qui avait disparu de ma mémoire sans laisser de traces. C'est exactement ce qui se produit lorsqu'on perd un livre ou un couteau de poche, d'abord il vous manque puis on l'oublie jusqu'au jour où il reparaît dans un tiroir, au milieu d'un fatras de vieilleries et retombe ainsi en votre possession.
Première aventure
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colimassoncolimasson   21 mars 2015
Être en liberté, la nuit, au bord de calmes eaux courantes, voilà qui m’a toujours semblé plein de mystère et propre à émouvoir l’âme en profondeur. Nous sommes alors plus proches de nos origines, nous ressentons notre parenté avec les animaux et avec les plantes ; nous éprouvons de vagues réminiscences de la vie primitive, du temps où n’existaient ni villes ni maisons et où les hommes errants, sans patrie, considéraient la forêt, les fleuves et les montagnes, le loup et l’autour comme leurs semblables, pouvaient les aimer comme des amis ou les haïr comme des ennemis mortels.
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HarmonideHarmonide   20 novembre 2017
Pour qu'un enfant découvre la profession qu'il ne soit pas seulement en mesure d'exercer, mais celle qui puisse éveiller dans sa conscience les images encore indistinctes de son rêve et de leur donner une forme valable pour sa vie, profession qui non seulement le nourrira et lui fera honneur, mais encore lui procurera enrichissement et satisfaction, tout un concours de circonstances est nécessaire à une telle réussite. On incline généralement à tirer de l'existence de ceux qu'on appelle des génies cette conclusion rassurante qu'en fin de compte l'être réellement fort et doué trouve toujours sa voie et ne manque pas de créer l'œuvre qu'il avait à produire. Ce n'est là rien d'autre qu'une lâche consolation et un mensonge. La vérité est que nombre d'hommes célèbres, en dépit de hautes réalisations, n'ont jamais atteint le niveau où les eût portés l'élan de leur nature, la vocation qu'ils avaient en eux. De tout temps, de nombreux talents n'ont pas trouvé non plus la voie qui leur était appropriée, et beaucoup d'existences brisées ont fini dans la misère. Certes, il est incontestable que même une vie manquée peut n'être pas simplement subie, mais assumée et ennoblie par bien des hommes amoureux de leur destin.
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Vidéo de Hermann Hesse
"le Jeu des Perles de Verre", de Hermann Hesse (Alchimie d'un roman n°51)
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Romans, contes, nouvelles (879)
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