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Lily Jumel (Traducteur)
ISBN : 2253933279
Éditeur : Le Livre de Poche (01/12/1999)

Note moyenne : 3.87/5 (sur 91 notes)
Résumé :
Pourquoi lui avait-on " inoculé l'idéal vulgaire et creux d'une ambition sordide et épuisante " ? Ainsi s'interroge le héros de Hermann Hesse, Hans Giebenrath, un adolescent aux dons et à l'intelligence exceptionnels mais que le protetantisme et des méthodes d'enseignement impitoyables et orgueilleuses vont broyer sans remords. Hans ressemble comme deux gouttes d'eau à l'écrivain. Comme lui, il éprouve une attirance pour la nature, l'évasion et le rêve, et la nostal... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  18 juillet 2016
Hermann Hesse vécut une expérience difficile dans sa jeunesse : peu à l'aise avec les règles strictes et les traditions vieillotes, il décida de s'enfuir du séminaire évangélique où ses parents l'avaient inscrit. C'est en quelque sorte cette expérience qui nous livre ici, dans L'ornière. Avec certaines libertés artistiques, bien entendu. Ce roman est une des toutes premières oeuvres du grand auteur nobelisé, mais déjà on peu y reconnaître les caractéristiques qui feront sa renommée.
À la fin du XIXe siècle, en plein pays souabe, le jeune Hans Giebenrath vit sous l'autorité sévère de son père. C'est une âme sensible mais doué aussi d'intelligence. Et cette intelligence enthousiasme son maitre à l'école secondaire, tellement qu'il désire lui faire passer l'examen d'État, qui peut lui assurer une éducation gratuite dans un séminaire renommé, Maulbronn. le jeune Hans le réussira haut la main, obtenant la deuxième place. Ce qui devait être une grande joie devient vite un fardeau. Pendant ses vacances, son professeur, le recteur de son école et même le pasteur le coercent à suivre des cours particuliers afin de briller et de faire honneur à son village. Au revoir les promenades en forêt, la pêche, le bonheur. Bonjour les longues et éreintantes heures d'études. L'automne arrivé, Hans Giebenrath fait son entrée à Maulbronn. Et il épate effectivement ses nouveaux professeurs. Mais sa nature sensible commence à prendre le dessus : il aime bien rêvasser, s'extasier devant la nature. La mort prématurée d'un de ses camarades (noyé dans un étang) et l'influence néfaste d'un autre (fugueur, qui fut éventuellement renvoyé) auront un impact marquée sur lui, tellement que son caractère devenu instable le mènera à une névrose et il devra récupérer chez lui. Mais ce n'est pas la fin de ses soucisL l'adolescence et un amour trouble viendront l'achever.
En tant que lecteur, on ne peut que s'apitoyer sur le sort du pauvre Hans Giebenrath. Et la magnifique plume de Hesse y est pour beaucoup. Il sait s'y prendre pour faire comprendre l'enfance et ses tourments sans tomber dans le mélodramatique. Des émotions, oui, mais avec sobriété. de plus, il sait y enjoindre une touche de romantisme tout à fait appropriée : l'évocation de la nature (tant à Maulbronn que dans son village natal de Souabe), la sensibilité du garçon, l'exaltation de ses sentiments pour Emma… Les rares fois où Hans a fait preuve de caractère, c'était d'avantage dû à une mauvaise influence qu'à un réel fond de rébellion, contrairement à l'auteur.
À cet égard, L'ornière, s'il n'est pas vraiment autobiographique, elle est partiellement inspirée par la vie de l'auteur. N'empêche, avec ce roman qu'on pourrait qualifier de roman d'apprentissage s'il se terminait surune note plus positive, on dirait que l'auteur règle ses comptes. Dans tous les cas, il semble dénoncer les revers d'un système d'éducation qui l'a déçu. Bref, L'ornière, c'est la vie manquée d'un garçon, écrasé par les attentes de son père et par celles de maitres aux méthodes rigides et conformistes, plus intéressés par le savoir froid qu'ils tentaient d'inculquer que par le développement des enfants placés sous leur tutelle. Pour Hesse, le séminaire devient une sorte d'usine, où on apprend aux enfants à ânnoner, à répéter par coeur les leçons apprises mais pas à penser par eux-mêmes, où il n'y a pas de place pour l'initiative ni pour la créativité. En d'autres mots, tout le contraire des institutions pédagogiques modernes.
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ivredelivres
  09 avril 2016
Le roman se déroule à la fin du XIX ème ou début du XXème dans une petite ville de Souabe.
Hans Giebenrath orphelin de mère vit dans « un petit trou de la forêt noire » et prépare le concours d'entrée au séminaire de Maulbronn, seule façon pour lui d'accéder à des études, son père n'étant pas prêt à lâcher son argent pour cela.
Il est doué Hans et ingurgite sagement tout ce que lui propose le Recteur et le Pasteur de la petite ville. Délaissant ses escapades favorites dans la nature, la pêche un passe-temps qu'il adore, il reste plonger des heures durant sur la traduction latine, leçons particulières de grec. Et il réussit !
Il a d'abord droit à un peu de repos, il retrouve la rivière, il « sauta dans la rivière d'un seul coup. En nageant contre le faible courant, il se sentit peu à peu lavé des sueurs et des angoisses des derniers jours » Mais bien vite ses mentors proposent qu'il prenne de l'avance sur les cours, histoire de briller, et Hans qui a de l'ambition et ne veut décevoir personne accepte, et la ronde infernale des heures d'étude reprend.
L'entrée à Maulbronn est une épreuve dont il se sort plutôt bien jusqu'à ce que son amitié pour Hermann Heilner vienne mettre en péril cette belle réussite.
On est ici à l'opposé du roman d'apprentissage car ici l'épanouissement de l'adolescent est le dernier souci des ses maîtres, seule compte la réussite, porter haut le flambeau de l'école, répondre aux voeux de son père.
C'est un roman qui met un système éducatif oppressant à l'index.
Tout l'amour de la nature est étouffé chez Hans et il finit par oublier ses beautés
Hermann Hesse a mis assurément beaucoup de lui-même dans ce roman où la jeunesse est brimée par la rigidité de l'enseignement et même une certaine brutalité, les premiers émois amoureux sont étouffés. Hans est écrasé comme le fut Hermann Hesse en son temps
J'ai beaucoup aimé ce roman empreint des derniers feux du romantisme allemand.
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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rabanne
  14 octobre 2015
Cultiver le génie naturel chez l'enfant, ou l'adolescent...
C'est tout à fait louable, tant que le sujet est réceptif et surtout demandeur (d'être constamment nourri)
Ici, Hans devient une "bête à rabâcher", une véritable machine à succès, mais aux dépends de ceux qui lui promettent un si brillant avenir.
Ce sera sans compter sur sa volonté propre de penser, d'agir par lui-même, son caractère instable, qui lui feront finalement prendre des chemins opposés à la voie tracée devant lui...
Un livre marquant de ma jeunesse, et que je conseillerai vivement de mettre entre les mains de ces parents qui "poussent" à outrance leurs enfants sur la voie de la réussite, afin de réaliser la leur par procuration !
(niveau 1ere-terminale)
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lecassin
  02 février 2012
« L'ornière ». C'est l'histoire de Hans Geibebrath, un enfant puis un adolescent que ses dons et son intelligence exceptionnels font qu'il sera poussé par son entourage, qui par vanité - son père - qui par conscience professionnelle -ses professeurs – et qui finira aux confins de la folie…
Publié en 1906, « L'ornière » deuxième roman de Hermann Hesse reste une oeuvre de jeunesse d'inspiration autographique habitée d'un sourd ressentiment, d'une révolte contenue, envers le système d'éducation alors en vigueur en Allemagne en général et en Souabe en particulier ; ainsi qu'envers ses maîtres.
Néanmoins, la plume élégante de Hermann Hesse n'a (déjà) pas d égal dans la description de l'atmosphère toute particulière de cette région du sud de l'Allemagne, autour de Tübingen. Magnifique.
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Musikant
  27 septembre 2009
"Un maître d'école préfère avoir dans sa classe plusieurs ânes qu'un seul génie. Et, à tout prendre, il a raison, car sa tâche n'est pas de développer des esprits extravagants, mais de former de bons latinistes, des mathématiciens convenables et de braves gens". Et oui, Hans le surdoué est aussi un doux rêveur que la nature inspire plus que la voie toute tracée qu'on veut lui imposer. Hermann Hesse nous plonge dans l'univers de l'adolescence agitée, tourmentée et rebelle. Une sorte de "Chant des adolescents dans la fournaise" littéraire. Mais si l'insoumission de Hans le rapproche d' Ananias, Azarias et Misael, Hesse n'est pas Stockhausen et une Bible les sépare.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   17 juillet 2016
Le professeur de latin avait l'air particulièrement mélancolique, et le recteur lui dit à mi-voix :
- Oui, hélas! monsieur le Professeur, il aurait pu devenir quelqu'un! N'est-ce pas navrant que ce soit précisément avec les meilleurs que l'on a si souvent des mécomptes?
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zoharzohar   15 février 2011
Quand un arbre est écimé, il pousse volontiers de nouveaux surgeons près de ses racines ; c'est ainsi qu'une âme atteinte par la maladie et mutilée au moment de son épanouissement, souvent retourne à l'époque printanière des commencements, à ses tendes années innocentes, comme si elle pouvait découvrir là une nouvelle source d'espérance et renouer le fil brisé de l'existence. Les surgeons prospèrent rapidement, pleins de sève, mais d'une vie trompeuse : il n'en sortira jamais un arbre véritable.

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CielvariableCielvariable   12 janvier 2019
De toute façon, Heilner leur semblait déjà inquiétant depuis longtemps à cause d'un certain côté génial - entre les génies et le corps professoral, il a de toute éternité existé une faille profonde : et ceux d'entre eux qui se révèlent à l'école sont, pour les professeurs, un objet d'horreur. Pour eux, ces génies sont des mauvais garçons ignorant le respect, commençant à fumer à l'âge de quatorze ans, tombant amoureux à quinze ans, allant au café à seize ans, lisant des livres défendus, écrivant des essais impertinents, regardant à l'occasion le professeur d'un œil moqueur et qui sont notés dans les registres comme de mauvais esprits et des candidats aux arrêts. Un maître d'école préfère avoir dans sa classe plusieurs ânes qu'un seul génie. Et, à tout prendre, il a raison, car sa tâche n'est pas de développer des esprits extravagants, mais de former de bons latinistes, des mathématiciens convenables et de braves gens. [...] plus tard, losqu'ils sont morts, auréolés des nimbes flatteurs par les maîtres d'école aux générations nouvelles comme des exceptions et de nobles exemples. C'est ainsi que se répète d'école en école la comédie de la lutte entre la lettre et l'esprit. Nous voyons constamment l'État et l'école s'efforcer, suant et soufflant, d'écraser dans l'œuf les quelques intelligences plus profondes
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CielvariableCielvariable   12 janvier 2019
Dans cette détresse et cette solitude, un autre spectre vint s'emparer du garçon malade, tel un consolateur fallacieux, avec lequel il se familiarisa par degrés jusqu'à ne plus pouvoir s'en passer : c'était l'idée de la mort. Il serait si facile se procurer, par exemple, une arme à feu ou d'accrocher quelque part dans la forêt une corde avec un nœud coulant ! Ces idées l'accompagnaient presque chaque jour dans ses marches ; il rechercha des lieux isolés, écartés, et finit par découvrir un endroit où il ferait bon mourir, qu'il destina définitivement à être le lieu de sa mort. Il y retournait constamment et trouvait un plaisir étrange à se dire qu'un jour tout proche on le retrouverait là, mort. [...]

Ces préparatifs et l'espèce de sentiment de sécurité qui en découlait exercèrent sur son humeur une action bienfaisante. Assis sous la branche fatidique, il avait eu des heures où le poids de la vie l'avait quitté et où une sensation presque heureuse de bien-être l'avait envahi.
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CielvariableCielvariable   12 janvier 2019
Ce qui le séduisait dans les mathématiques, c'est que l'on n'y trouvait ni errements ni supercherie, aucune possibilité de s'écarter du thème, de s'engager dans des domaines voisins et trompeurs. C'était pour la même raison qu'il aimait tant le latin : cette langue est claire, sûre, d'une interprétation précise et ne connaît presque pas d'hésitation. Mais, alors que dans les calculs tous les résultats pouvaient être justes, il n'en sortait pas forcément quelque chose de bon. Les devoirs de mathématique et les leçons lui apparaissaient comme une promenade sur une grande route plane : on progresse régulièrement, chaque jour, l'on comprend quelque chose que l'on avait pas encore saisi la veille, mais l'on n'arrive jamais au sommet d'une montagne d'où l'on découvre soudain de vastes perspectives.
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"le Jeu des Perles de Verre", de Hermann Hesse (Alchimie d'un roman n°51)
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Romans, contes, nouvelles (879)
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