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Nicolas Waquet (Traducteur)
ISBN : 2743620854
Éditeur : Payot et Rivages (14/04/2010)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 53 notes)
Résumé :

Hermann Hesse (1877-1962) n’est pas seulement le célèbre auteur de Demian, Siddharta, du Loup des Steppes et d’autres chefs-d’œuvre encore de la littérature allemande. C’était aussi un immense lecteur, un bibliophile extraordinaire, qui vécut dans le commerce intime d’ouvrages rares ou bon marché issus de toutes les cultures, de toutes les époques. Et c’est bien un amoureux... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
AmandineMM
  25 octobre 2012
Une bibliothèque idéale est un recueil d'articles d'Hermann Hesse, écrivain mais aussi grand lecteur comme le rappelle Nicolas Waquet dans sa préface. C'est donc principalement cette pratique de la lecture qui est discutée, ainsi que celle du travail d'auteur.
Dans Une bibliothèque de littérature universelle, Hermann Hesse fait débuter son propos par une introduction tout à fait passionnante et intéressante sur la culture : selon lui, « elle possède sa propre rétribution en elle-même : elle accroît la joie de vivre et la confiance en soi ; elle nous rend plus gais, plus heureux » [p. 17]. L'une des facettes de cette culture, celle dont il est question dans cet essai, est la littérature universelle : pour qu'elle remplisse cette fonction de la culture, il n'est pas tant que question de lire beaucoup que de lire bien. Tout en insistant sur le fait que la bibliothèque idéale différera en fonction de chaque lecteur (c'est la raison pour laquelle il ne faut selon lui forcer personne à lire tel ou tel chef-d'oeuvre qui ne lui correspondrait pas : « La violence ou la patience ne nous seront d'aucun secours pour venir à bout d'une oeuvre que l'on nous a vantée, qui nous déplaît, nous résiste et nous reste impénétrable. » [p. 21]), Hermann Hesse propose une série de titres et d'auteurs incontournables d'après lui. J'ai été assez contente de retrouver quelques noms qui m'étaient connus – par la lecture ou l'histoire de la littérature – et en ai repéré quelques autres. Ma mention de l'histoire de la littérature n'est pas anodine ici : Hesse dit lui-même à l'issue de cet exposé que cette bibliothèque est davantage celle des manuels que d'un véritable lecteur avec sa personnalité et ses préférences. Il répare alors cette froide objectivité en faisant part de sa propre expérience et de ses propres choix, en assumant tout à fait sa subjectivité. J'ai de loin préféré ce classement-ci, qui ne correspond pas forcément au mien, mais qui m'a semblé beaucoup plus vivant et passionné que le précédent. C'est donc avec plaisir que j'ai retrouvé cette subjectivité et surtout cette envie de partager sa passion dans le dernier article du recueil, Mes lectures préférées.
Le second article, beaucoup plus court, est intitulé de la fréquentation des livres et a ravi la bibliophile en moi, de même que de la lecture et de la possession des livres : ces deux textes très courts sont une véritable célébration de l'amour des livres et de ces objets si particuliers. Lisez donc vous-mêmes :
Les livres ne sont pas là pour être lus par n'importe qui n'importe quand, pour servir de sujets de conversation et tomber rapidement dans l'oubli comme le dernier bulletin sportif ou le dernier meurtre à la une. Non, il faut les savourer et les aimer sérieusement, sereinement. C'est alors seulement qu'ils dévoileront les forces et les beautés qu'ils recèlent. [p. 68]
Dans de la lecture, Hesse se montre plus critique vis-à-vis de la lecture et surtout des lecteurs, comme le montre la première phrase : « La majorité des gens ne comprennent rien à la lecture et ne savent pas au juste pourquoi ils lisent. » [p. 91] Ces lecteurs qu'il fustige ainsi sont ceux qui, selon lui, lisent trop (et surtout, lisent mal) : cet excès n'est pas bénéfique à la littérature, car elle est alors détournée de son but (cf. ci-dessus). On retrouve une idée semblable dans La Magie du livre (qui insiste davantage sur le livre que le lecteur néanmoins) et dans de la lecture des livres : les lecteurs y sont classés dans différentes catégories ; celles-ci ne concernent pas telle ou telle personne exclusivement. Selon Hesse, chaque lecteur peut passer par ces différentes catégories en fonction du moment et de son humeur. Même si toute vérité n'est pas toujours plaisante à entendre/lire, j'ai trouvé ces articles très justes et très intéressants : le regard lucide d'Hermann Hesse s'applique aussi bien à son époque qu'à la nôtre encore.
Enfin, comme je l'annonçais ci-dessus, certains articles concernent également le travail de l'écrivain : il s'agit de de l'écrivain, de la profession de foi de l'écrivain et de le Jeune poète. Lettre à maints destinataires (dont je parlerai plus particulièrement dans mon prochain article). Là encore, Hermann Hesse fait preuve d'une grande lucidité et d'un ton parfois acerbe pour évoquer le comportement de certains de ses confrères indignes d'être nommés « écrivains ». Il souligne également la difficulté de cet état à son époque (et à la nôtre, peu différente de ce point de vue, m'a-t-il semblé) de plus en plus industrialisée.
Bref, je ne peux que vous recommander ces articles d'un lecteur passionné et passionnant, intelligent, lucide et assumant tout à fait sa subjectivité. Une véritable merveille !
Lien : http://www.lacauselitteraire..
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ay_guadalquivir
  29 janvier 2013
Entrez dans la bibliothèque idéale de Hermann Hesse ! Voici la promesse implicite du livre, collecte d'articles rassemblés pour l'occasion. Où l'on découvre d'abord, dans une sorte d'étrange rigidité, la liste très réduite des livres que chacun devrait posséder dans sa bibliothèque : des sagesses antiques et orientales, des histoires fondatrices, de nombreux livres de langue allemande, et quelques autres. Mais finalement, pour Hesse, les livres indispensables sont peu nombreux. Et puis, il ajoute ce qui donne sa respiration au livre, l'idée maîtresse selon laquelle c'est simplement l'envie qui doit guider l'envie de s'entourer de livres. Et que si ces livres qu'il invoque sont sans doute le fondement de l'ouverture au monde, chacun doit déterminer son chemin parmi les livres... Ce livre a le mérite de ne pas traiter de l'actualité littéraire, mais uniquement bdes livres qui ont subi l'épreuve du temps. Et puis, il donne envie de reconstituer son "nécessaire de survie" (Lao-Tseu, Platon, Les mille et une nuits, Goethe, ...), et donne envie aussi de retrouver les grands auteurs allemands.
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Henri-l-oiseleur
  06 janvier 2019
Un petit recueil de brefs essais sur la lecture, le livre et la bibliothèque, écrits entre 1907 et 1945. Les idées de Hermann Hesse sur la question se trouvent déjà exprimées un peu partout chez ses contemporains humanistes, bons bourgeois cultivés à l'ancienne, un peu paternes mais non sans quelque humour. C'est donc un peu vieillot, plein de bonnes intentions et sans réelle profondeur de réflexion. On y trouve ainsi de vieilles lunes comme "être soi-même", ou mieux "rester soi-même", "perfectionnement spirituel et moral", "littérature universelle" etc ... Valéry dans ses discours officiels en disait autant, avec plus de finesse, et à la même époque, Proust concevait et rédigeait des observations autrement plus pénétrantes sur la lecture, les livres et l'écriture. Ce livre est donc à conseiller à des apprentis lecteurs très ignorants, pour commencer.
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emmyne
  27 mai 2013
Cet ouvrage n'est pas un essai au sens strict. Il s'agit d'un recueil d'articles du célèbre auteur allemand parus entre 1907 et 1945.
Dans ces textes, Hermann Hesse nous livre ses réflexions sur la lecture, s'attachant à en définir la pratique. le propos est érudit et passionnant. le titre de cet ouvrage laisse à penser que l'écrivain propose un catalogue « trop neutre, trop correct » de titres considérés comme « incontournables ». Certes, c'est le sujet du premier article mais cette sélection s'appuie sur une philosophie de lecture. Et ce fut avec surprise et un immense bonheur que j'y ai retrouvé ma propre définition, ma propre pratique.
Hermann Hesse nous parle d'amour. Pas seulement d'amour des livres et de la littérature mais de toute la dimension affective de la lecture, de cette dimension personnelle et sacrée.
La bibliothèque idéale n'est pas une bibliothèque universelle. Elle y ressemble par le choix des classiques mais elle ne répond pas à « ce qui se lit, de passé, de récent ». Une bibliothèque, c'est une intimité. Et une sincérité. Hermann Hesse nous raconte ce rapport vivant à la lecture. Ni distraction sans lendemain ni accumulation de savoirs factices puisque sans valeurs humaines mais bien du développement d'une conscience et d'une personnalité. Ce qu'offre la littérature, ce que nous lui donnons. Un plaisir grandissant, un plaisir qui grandit. Une bibliothèque, c'est le lieu où s'exprime le lecteur, où se raconte le lecteur.
J'ai retrouvé dans ses mots exactement ce que j'attends de la lecture, cet au-delà d'elle-même, ces « affinités électives » pour reprendre le titre de Goethe en hommage à la littérature allemande, à l'un des auteurs essentiels à Hermann Hesse, à l'un des premiers qui m'a emmenée en littérature. Ce mot » collection » avec ce qu'il dit de précieux, de passion. La qualité des lectures, celles qui correspondent à un temps, à un sens. Ne pas lire pour lire. Lire moins, lire mieux. Des lectures qui s'inscrivent. Ne pas posséder des livres pour les posséder. Les accueillir. Il a été troublant de lire mon chemin de lecture sur ces pages, cette dimension émotionnelle et non intellectuelle. Ma propre bibliothèque est modeste. Ne s'y installent que les livres avec lesquels j'ai partagé un moment. Comme des rencontres. Il y a pas que des sourires, il y a des souvenirs. Il y a les silences qui se sont écrits et des absents, aussi. Les petits cailloux des sentiers de lecture. Cela ne veut pas dire que la lecture prend un caractère sentimental ou simplement d'empathie, pas du tout. Cela signifie que la lecture touche au-delà de l'intellect, qu'il s'agit de complétude, d'accomplissement, qu'elle permet justement à l'intellect de ne pas être vain. Une littérature avec laquelle on entretient une véritable relation, pas juste des histoires ou » une histoire littéraire à la place du coeur [... ni ] un programme culturel « .
Hermann Hesse relate son parcours de lecteur. Et bien qu'il dresse un panorama de la littérature européenne, conseillant des oeuvres antiques et de grands classiques, des ouvrages fondateurs, le ton n'est pas à la leçon. Il revient évidemment sur son patrimoine littéraire, notamment le XVIIIème allemand ainsi que sur les textes de la spiritualité indienne et chinoise qui l'ont accompagné. le propos est également celui du lecteur averti et du collectionneur. Il nous parle de réédition, de traduction, de relecture, autant de l'objet livre que de l'oeuvre littéraire.
Les articles suivants, le premier constituant la moitié de l'ouvrage, sont aussi intéressants qu'agréables à lire. Sous différents aspects, Hermann Hesse témoigne de son expérience d'homme de lettres.
Lien : http://www.lire-et-merveille..
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Pirouette0001
  11 décembre 2014
J'ai été relativement déçue par ce livre. J'adore Hesse et donc je mets la barre haut, il est vrai.
Nous sont offerts ici différents écrits de Hesse sur la lecture et ceux-ci contiennent de magnifiques phrases sur la lecture, déjà toutes reprises en citations.
Mais Hesse m'a semblé soutenir une chose et son contraire : peu importe les livres que l'on aime et ne lisez pas des chefs-d'oeuvre parce que d'autres ont dit qu'ils l'étaient, mais uniquement ce que vous aimez, il n'y a pas cent ou mille livres à avoir lus absolument, et puis il nous donne le catalogue des livres qu'une bibliothèque devrait contenir avec ce que l'on comprend généralement comme les meilleurs chefs-d'oeuvre.
Pour lui, un vrai bon lecteur ne se reconnaît pas à la quantité de livres lus, espèce de lecteurs dont il se moque quelque peu, mais à la qualité des livres lus, et donc à la petite quantité de livres triés sur le volet que contient sa bibliothèque et, en même temps, nous dit avoir lu plus de dix-mille livres. Moi qui n'en suis qu'à un peu plus de mille, je devrais avoir encore plus de vies que les chats.
Donc globalement, une impression qui reste mitigée.
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   16 mars 2015
Je me souviens d'ailleurs y avoir [bibliothèque de son grand-père] lu pour la première fois le nom de Balzac. C'était sur de petits volumes in-seize, bleus et cartonnés, issus d'une édition allemande parue de son vivant. Je me rappelle encore comment cet auteur m'est tombé pour la première fois entre les mains et du mal que j'ai eu à le comprendre. Je m'étais attaqué à un tome où il exposait en détail la situation financière du héros, les revenus mensuels qu'il tirait de ses biens, le montant de son héritage maternel, les perspectives que lui ouvraient d'autres successions, l'état de ses dettes, etc. J'étais profondément déçu. Je m'étais attendu à trouver des passions compliquées, des voyages dans des contrées sauvages, des amours suaves et interdites, et je devais au lieu de ça m'intéresser à la bourse d'un jeune homme dont je ne savais absolument rien ! Ecoeuré, j'ai remis le petit livre bleu à sa place et il m'a fallu des années pour rouvrir un roman de Balzac. Je l'ai redécouvert beaucoup plus tard; je l'ai lu alors sérieusement et ne l'ai plus quitté. (p.50-51)
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PiatkaPiatka   08 décembre 2014
Il est primordial, pour le lecteur entretenant un rapport vivant avec la littérature universelle, d'apprendre avant tout à se connaître pour savoir quels textes le toucheront : il n'a pas à suivre un schéma ou un programme culturel ! Il doit emprunter le chemin de l'amour, non celui du devoir.

Une bibliothèque de littérature universelle
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PiatkaPiatka   11 décembre 2014
La vie est courte et personne dans l'au-delà ne viendra s'enquérir du nombre de livres dont on est venu à bout. C'est pourquoi il est stupide et préjudiciable de passer son temps à lire inutilement. Je ne pense pas ici aux mauvais livres, mais plutôt à la qualité de la lecture elle-même. Dans la vie, chaque pas, chaque respiration est essentielle. Aussi la lecture doit-elle également nous apporter quelque chose ; il faut fournir un effort qui nous rendra plus fort encore ; il faut se perdre pour se retrouver avec une conscience accrue. [..]
Lire d'un œil distrait, sans réfléchir, revient à se promener les yeux bandés dans un beau paysage.

De la lecture
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fanfanouche24fanfanouche24   17 mars 2015
Lire d'un oeil distrait, sans réfléchir, revient à se promener les yeux bandés dans un beau paysage. Il ne faut pas lire non plus pour s'oublier et oublier la vie de tous les jours. Non, la lecture doit nous permettre de reprendre solidement en mains notre propre destin avec davantage de conscience et de maturité. (p.88)
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PiatkaPiatka   09 décembre 2014
En ce qui concerne les grands auteurs ( comme Shakespeare, Goethe ou Schiller ), il ne faut rien lire à leur sujet tant qu'on ne les connaît pas vraiment par la fréquentation de leurs oeuvres. La lecture des monographies et des biographies finit par nous priver d'un merveilleux plaisir : celui de découvrir par soi-même la personnalité d'un homme à travers ses écrits et de reconstruire son image.

De la fréquentation des livres
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Vidéo de Hermann Hesse
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