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ISBN : 2360140604
Éditeur : Snorgleux Comics (18/01/2019)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Seul survivant d'un naufrage aussi singulier que secret, le Dr Charpentier ne sait pas où il se trouve. Vraisemblablement piégé sur une route sans fin, à la poursuite d'un saboteur qui détient la clé de son salut - ou de sa perte...
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Presence
  20 janvier 2019
Ce tome contient une histoire complète indépendante de toute autre. Il comprend les 6 épisodes de la minisérie, initialement parus de 2016 à 2018, écrits par Warren Ellis, dessinés par Phil Hester et encrés par Eric Gapstur, avec une mise en couleurs de Mark Englert. Il comprend également une introduction d'une page rédigée par Jeff Lemire, ainsi que les couvertures alternatives réalisées par Phil Hester, John McCrea, Declan Shalvey, Elizabeth Torque, et 2 pages de crayonnés.
Un individu est en train de boire la tasse. Il voit par alternance l'eau se refermer au-dessus lui et des corbeaux venir picorer des cadavres, l'un d'eux repartant avec un oeil. le professeur Jonathan Shipwright finit par reprendre complètement connaissance. Il est allongé tout habillé sur une route, portant encore un long pardessus tout chiffonné et un bandage autour de la main gauche. Il constate qu'une nuée d'oiseaux noirs est bel et bien en train de tourbillonner au-dessus de sa tête. Il se relève et reprend sa marche sur le ruban d'asphalte dépourvu de circulation, dans une zone désertique. Il arrive dans une ville et pénètre dans le premier diner venu, à l'enseigne délabrée. Il y trouve un décor sous forme de peinture murale dans des teintes claires vert et jaune il se fait interpeller par l'unique client, un individu attablé qui se présente comme étant l'Inspecteur. Ce dernier présente une photographie de Shipwright à son interlocuteur. Il lui dit qu'il sait qu'il est un voyageur venu d'une autre planète, le seul survivant de la mission Janus, mise en oeuvre par l'US Air Force.
L'inspecteur explique ensuite la différence entre le terme d'aviation anglais Auger et un augure. Il répète à Shipwright qu'il est le seul survivant du sabotage de son vaisseau et lui demande de lui répondre. Shipwright s'exécute, évoque sa vocation, son parcours scolaire, son parcours professionnel, le fait qu'il ait intégré un programme appelé Forward Escape. Pendant tout le temps, l'inspecteur prend des notes, et des araignées sorties de nulle part se promènent sur le pardessus de Shipwright. Il l'interrompt pour savoir s'il est armé, se désolant de la réponse négative. Ils évoquent le fait que Shipwright est à la poursuite du saboteur du vaisseau Janus, un dénommé Isham, et que c'est la raison pour laquelle il continue de marcher. Shipwright décide qu'il en a assez et essaye de sortir par la porte permettant d'accéder à la cuisine. Elle est solidement fermée. Il passe à travers.
Pour un lecteur régulier de comics, impossible de résister à l'attrait d'une telle équipe de créateurs : un scénariste hors norme et un dessinateur avec une forte personnalité. Pour le coup, il n'est pas déçu en commençant sa lecture. Warren Ellis a concocté une scène d'ouverture dont il a le secret, sur la base de 5 pages muettes. Depuis des années, il a pris l'habitude de ménager des séquences dépourvues de mot dans chaque épisode, pour laisser le dessinateur maître de la narration. Dès la première page, Phil Hester emporte le morceau, avec ces 4 cases de la largeur de la page, alternant la noyade, avec le vol des oiseaux de mauvais augure. le lecteur voit les éléments impitoyables envers l'être humain, l'eau de l'océan comme l'air habité par des volatiles hostiles. le lecteur a encore le droit à une deuxième séquence muette d'anthologie dans ce même épisode, avec un affrontement physique dans la cuisine. Phil Hester détoure ses personnages et les décors comme s'il les sculptait au burin, produisant un aspect brut de décoffrage, très cru et honnête, une vision de la réalité sans fard, ni apprêt. Totalement emballé, le lecteur guette les séquences muettes suivantes et il n'est pas déçu. le deuxième épisode s'ouvre avec une préparation de cadavre pour un rite funéraire, écoeurant dans son étrangeté et son exécution pragmatique. Pour l'épisode 3, les auteurs varient le plaisir, en conservant une demi-douzaine de pages muettes, mais réparties dans différentes séquences. Phil Hester épate encore le lecteur avec la séquence d'explosion du vaisseau de l'expédition Janus. le lecteur prend pleinement conscience qu'il se délecte de ces pages muettes si bien exécutées qu'elles donnent l'impression d'avoir été réalisées par un unique créateur.
Le récit commence donc avec un individu qui reprend péniblement conscience et qui marche vers une destination inconnue, à la recherche d'on ne sait quoi. La discussion avec l'inspecteur déroute totalement le lecteur. D'un côté, l'inspecteur explique calmement la situation de Jonathan Shipwright en exposant clairement les faits. le lecteur est tenté de prendre ces informations pour argent comptant, ce qui constitue la base d'une intrigue facilement compréhensible. Phil Hester montre l'inspecteur comme un individu posé, maître de soi. En face, Shipwright apparaît plus désorienté que désemparé, recollant les morceaux avec difficulté, certainement du fait des épreuves qu'il a traversées et de la douleur que doit lui causer sa main gauche. Dans le même temps, le lecteur s'interroge sur la nature de l'environnement dans lequel ils se trouvent. La ville a l'air totalement désaffectée, avec des constructions montrant des signes d'abandon. L'aménagement de la salle du diner et de sa cuisine ressemble à un aménagement réaliste. Dans le même temps, Mark Englert utilise des couleurs un peu décalées, entre couleur claire et vive et couleur boueuse. L'interrogatoire évoque un vaisseau venant d'une autre planète, aiguillant le lecteur vers un récit de science-fiction avec les conventions qui sont propres à ce genre. L'affrontement physique dans la cuisine relève plus d'une scène de type horreur. La prolifération des araignées ne semble pas être à prendre au pied de la lettre. À nouveau, le lecteur s'attache à ce que montrent les dessins pour y trouver des indices qui viendraient le conforter dans la science-fiction, l'horreur, ou peut-être le fantastique, ou même encore autre chose.
Les dessins de Phil Hester montrent des êtres humains à la morphologie normale. L'encrage d'Eric Gapstur accentue un peu l'irrégularité des contours, avec des angles ou des pics, en lieu et place d'arrondis bien sages. Néanmoins, les visages restent parlants sans donner l'impression de caricature, ou d'émotions surjouées. le langage corporel ne donne pas beaucoup d'indications sur l'état d'esprit des personnages, l'artiste s'attachant plus à ce que le jeu d'acteur montre ce que fait le personnage. le dessinateur donne des vêtements de type naturaliste à ses protagonistes. Il joue un peu sur les exagérations pour introduire une touche expressionniste, en particulier les mouvements du pardessus de Shipwright qui semble voler au vent par sa propre volonté. Il adopte également un parti pris personnel pour la représentation des différents décors. Il en garde les lignes les plus structurantes, sans chercher à obtenir une description de nature photographique. Dans le bar, le lecteur peut voir les tabourets, le comptoir, les étagères de rangement derrière le comptoir, les banquettes et les tables, avec des formes aisément reconnaissables, mais sans pouvoir en distinguer la texture. Cela permet à l'artiste de représenter les quelques éléments de science-fiction (à commencer par le vaisseau) dans le même registre, s'attachant plus à leur forme et leur fonction, qu'à la conception technologique. Cela permet aussi à tous ces éléments de coexister sans solution de continuité graphique. Tout du long de l'histoire, l'attention du lecteur reste en éveil pour ne pas rater un indice visuel, sans qu'il ne ressente jamais l'impression de devoir fournir un effort. En effet les dessins se lisent très facilement, et les séquences sont souvent surprenantes, avec parfois des éléments totalement inattendus, comme un alignement de moaïs.
Intrigué dès la première scène, le lecteur suit bien volontiers Jonathan Shipwright pour comprendre comment il en est arrivé là. Warren Ellis donne des éléments de réponse par le truchement de l'inspecteur, ce qui évite au lecteur de s'impatienter. Il surprend le lecteur en continu par ce que Shipwright trouve sur son chemin, d'un rite funéraire très particulier, à un cairn en plein milieu de la route, en passant par le forçage d'un distributeur de boisson et de barres chocolatées. Lors de la séquence dans le diner avec l'inspecteur, certaines réponses et la présence des araignées mettent la puce à l'oreille du lecteur. Il se rend compte qu'il ne peut pas prendre tout ce qui est dit et tout ce qui est montré de manière littérale. Il se passe d'autres choses. Il peut en particulier se demander pour quelle raison cette ville paraît si désolée, pourquoi il n'y a que 2 êtres humains en plus de Shipwright, etc. Soit il s'agit d'une dimension alternative, soit plusieurs de ces éléments se trouvent dans la tête de Shipwright, soit encore ça a un rapport direct avec l'appareil qu'il porte sur lui. La lecture prend alors une dimension ludique, incitant le lecteur à se prêter au jeu de découvrir ce qui se trame, d'assembler les pièces du puzzle avant que tout ne soit (peut-être) révélé. Warren Ellis se montre particulièrement adroit en tirant parti de la bizarrerie de la situation initiale pour faire gamberger le lecteur, pour provoquer sa divagation, ses rêveries, pour qu'il génère lui-même d'autres histoires sur la base de celle qui lui est racontée, en échafaudant des hypothèses. Non seulement il réussit à maintenir ce jeu avec son lecteur pendant les 6 épisodes, mais en plus il lui donne une réponse satisfaisante. D'ailleurs si le lecteur reprend le récit au début après l'avoir terminé, il se rend à quel point le scénariste a joué carte sur table depuis le début.
Warren Ellis s'éloigne de ses personnages préférés, des enquêteurs de la science ou du paranormal, pour une histoire complète, suivant les pas d'un naufragé reconstituant peu à peu ce qui lui est arrivé et quel est son but. Il bénéficie d'une mise en images fluide et remarquable, empreinte de la personnalité de l'artiste. Leur complémentarité est telle que le lecteur a la conviction à plusieurs reprises de ne lire le récit que pour la qualité de la narration graphique, et que les dessins en disent beaucoup plus que les dialogues, Ellis faisant porter plus de 50% de l'histoire par les dessins, et Phil Hester relevant le défi avec élégance. Il apparaît dès les premières que cette histoire constitue une forme d'enquête dont la narration provoque la participation active du lecteur sans même qu'il s'en rende compte.
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Yradon4774
  17 février 2019
"Shipwreck" de @warrenellis et Phil Ester chez @SnorgleuxComics
Synopsis : 
"Seul survivant d'un naufrage aussi singulier que secret, le Dr Charpentier ne sait pas où il se trouve. Vraisemblablement piégé sur une route sans fin, à la poursuite d'un saboteur qui détient la clé de son salut - ou de sa perte..."
Scénario : Warren Ellis ;
Dessins : Phil Ester ;
Editeur : @SnorgleuxComics ;
Prix : 17.50 €
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Ce tome pourrait se résumer comme la quête initiatique d'un homme, poursuivant le responsable du crash, qui a décimé la mission d'exploration et l'équipage dont il avait la charge, à travers un monde inhospitalier et désertique, où il rencontrera les autochtones du coin tout au long de ses errements. Voilà ce qui va arriver au Dr Charpentier, ancien responsable de la mission JANUS, qui part un mauvais concours de circonstances a "atterri" de façon brutale dans le monde désertique que nous allons découvrir tout au long de cet opus. Etre en quête de vérité, être en quête de vengeance, être en quête du pourquoi ?, est-ce vraiment une bonne chose à chercher lorsque tout, au tour de vous, se ligue contre vous et contre votre santé mentale ? Voilà une question à laquelle notre héros devra répondre à ses risques et périls.
Qu'est-ce que j'en pense de ce tome ? : 
Un pitch qui a tout pour être séduisant et des dessins qui sont magnifiques et illustrent bien l'angoisse que le héros peut ressentir tout au long de l'histoire. Voilà deux ingrédients qui, sur le papier, auraient pu faire de cet opus, un succès. Mais après lecture, je ne peux pas dire si j'ai aimé ou si je n'ai pas aimé. En effet, je suis très dubitatif, j'ai cette impression de n'avoir rien pigé et en même d'avoir compris la trame dans son ensemble. Je reste sur ma faim quant à l'intérêt de l'histoire, tout en ayant aimé la pérégrination du Dr Charpentier. Comme qui dirait, je suis mi-figue, mi-raisin. J'ai trouvé l'histoire un peu brouillon, j'ai eu du mal à rentrer dedans. Les différentes parties de l'histoire s'enchaînent plutôt bien, bien qu'ils y aient certains passages où on ne sait plus où l'on se trouve. L'explication du pourquoi, du comment de l'histoire arrive un peu tard dans le comics, j'ai trouvé. Découvrir qui est le Dr Charpentier et ce qui l'a amené dans ce monde désertique aurait dû, à mon avis, être mis en exergue dès le début pour faciliter la compréhension de l'histoire. Par contre, la colorisation et les dessins, comme je l'ai déjà dit, sont de toute beauté. L'association des deux est juste parfaite, tant elle arrive à nous faire ressentir la palette de sentiments et de sensations qui défile sur le visage du héros et qui suinte du décor entourant le Dr Charpentier, tout au long de sa quête. C'est un opus qu'il faut découvrir et que je recommande quand même, car la plume de M Ellis et le talent de M Ester doivent être découvert par tout le monde, si ce n'est pas déjà fait.
Note : 13/20.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
laulauttelaulautte   13 février 2019
- Si la Terre expulse une grosse bulle de méthane, on y passe tous. On est tous morts. Je ne parle même pas d'un astéroïde qui nous frapperait, d'une guerre nucléaire ou autre chose. Il suffit qu'une bulle de méthane assez grosse explose pour que la vie sur Terre soit révolue. […] Il faut que des gens s'installent ailleurs qu'ici. Sinon quand on s'éteint, on s'éteint tous et il ne restera personne pour se souvenir de nous et tout ce qu'on aura accompli sera vain.
- […] Quelle proportion de tout ce qu'il y a dehors vaut vraiment la peine qu'on s'en souvienne selon vous ?
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