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ISBN : 2203166789
Éditeur : Casterman (05/09/2018)

Note moyenne : 4.04/5 (sur 26 notes)
Résumé :
Comme pour la plupart des jeunes filles dans les années 1960, l'avenir de Catherine est tout tracé : se marier, avoir des enfants, puis... s'en occuper le plus clair de son temps. Un jour, elle est contrainte de rentrer du collège en courant. C'est une révélation : quel sentiment de force, de liberté ! Mais courir, surtout pour une femme, est une chose alors impensable. Pourtant Catherine s'interroge, rêve d'une vie différente, s'entête... Jusqu'où sa détermination ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
hashtagceline
  07 septembre 2018
Nous sommes dans les années 60, en France.
Catherine est une jeune adolescente intelligente. Elle vit avec ses parents, son grand frère et sa petite soeur.
Dans la classe plutôt moyenne, elle a pu bénéficier d'une bourse lui permettant d'aller étudier au collège dans un établissement religieux réservé aux classes plus aisées. Néanmoins, là-bas, elle s'y est plutôt bien intégrée. Elle a trouvé des amies.
Au sein de son foyer, elle doit aider sa mère dans les tâches ménagères et son planning est bien chargé. Elle sait qu'elle ne pourra pas forcément poursuivre ses études… Elle devra elle aussi se marier et devenir mère de famille. C'est ainsi que vont les choses. C'est ainsi qu'on les lui a présentées…
Mais Catherine se découvre une passion : courir. Est-ce bien correcte pour une jeune fille de courir ainsi ? Apparemment non. Mais Catherine se sent si bien quand elle accélère le rythme et foule le sol d'un pas rapide. Alors tant pis. Dès qu'elle le peut, elle court. Et si c'était ça le début de la liberté ?

Annelise Heurtier réussit à nous ramener quelques années en arrière. Je suis trop jeune (je peux encore le dire) et je n'ai bien évidemment pas connu les années 60. Mais j'ai entendu mes parents en parler, j'ai vu des films, lu des livres…
Alors oui, j'ai eu l'impression d'effectuer un voyage dans le temps, dans une époque pas si lointaine mais différente de celle d'aujourd'hui.
Musique, famille mode, façon de vivre, tout ce qui faisait la vie de ces années-là est parfaitement décrit. On se représente rapidement et facilement l'univers dans lequel évolue Catherine, notre héroïne.
Annelise Heurtier n'écrit jamais un roman sans vouloir défendre quelque chose, faire passer un message ou développer des sujets dont il faut parler. Elle s'est encore une fois inspirée de faits réels et de l'histoire de Kathrine Switzer, qui en 1967, s'est inscrite au marathon de Boston alors que cela était interdit aux femmes... (des détails très intéressants par ICI, sur le blog de l'autrice)
Dans La fille d'avril, il est question de la condition de la femme dans ces années-là.
En France, les femmes n'avaient évidemment pas les mêmes libertés qu'aujourd'hui. Leur rôle et leur place étaient déjà bien définis. Il leur était plus difficile de suivre leur propre chemin.
La couverture du roman est extrêmement bien choisie en ce sens. Elle représente tout à fait les choix de vie qui s'offrent à son héroïne.
Catherine, qui a trouvé son mode d'expression et une passion qui la rend heureuse, va devoir se décider : renoncer et rentrer dans le moule ou y aller malgré tout et vivre sa vie selon ses réelles envies.
Si certains en ont conscience, il est toujours bon de rappeler aux adolescents qu'à une certaine époque, pas si lointaine, les femmes n'avaient pas les mêmes droits qu'aujourd'hui. Leur montrer aussi comment vivaient leurs grands-parents ou leurs parents et que la vie a bien changé en quelques dizaines d'années, c'est important.
Par ailleurs, j'ai trouvé Catherine très touchante. Elle est intelligente, volontaire et courageuse. D'un autre côté, elle est aussi très naïve. Mais c'est aussi l'époque qui voulait ça. Les adolescents n'avaient pas accès aux mêmes flots d'informations qu'aujourd'hui. Il est assez amusant de voir les questions qu'elle se pose autour de la course à pied. A-t-elle le droit de courir ainsi ? Est-ce mal ? Elle va même le confesser au curé de sa paroisse qui finalement ne sait pas quoi lui répondre… Grand moment de solitude pour l'un et l'autre.
La vie de famille est aussi bien retranscrite à travers les relations que Catherine entretient avec la sienne : avec son frère qui la jalouse sans doute un peu, avec sa petite soeur à qui elle donne des conseils, auprès de sa mère prise par les tâches ménagères et son père par le travail. Cela sonne juste.
Encore une fois, Annelise Heurtier a su me surprendre et me séduire grâce à ce roman qui parle de tout un tas de sujets différents : l'émancipation de la femme, la vie dans les années 60 mais aussi les premières amours, les premières découvertes ou le premier boulot. Car en plus, oui, Catherine, contrairement à ses camarades, veut aussi être indépendante financièrement. Elle est vraiment en avance sur son temps !
Et elle a tout compris.
J'ai trouvé ce texte plus léger que les autres. Il faut bien avouer que le sujet, même s'il est essentiel , est beaucoup moins lourd que dans Refuges par exemple.
Il y a beaucoup d'anecdotes, de références, et on sent que l'autrice a pris plaisir à les y glisser.
Bref, c'est un roman engagé qui l'air de rien nous fait passer un message fort qu'il est fondamental de défendre encore aujourd'hui.
Lien : https://www.hashtagceline.co..
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Amindara
  04 décembre 2018
Tout d'abord, je tiens à remercier Babelio ainsi que Casterman pour l'envoi de ce livre dans le cadre d'une édition Masse Critique.
La fille d'avril, je l'avais repéré à sa sortie, quand Babelio nous en avait parlé dans sa newsletter du moment. A la lecture de la 4ème de couverture, je me suis dit « oui, pourquoi pas » et je l'ai ajouté à ma liste des livres à acheter pour la médiathèque. Je m'imaginais l'histoire d'une fille qui brave la société pour vivre sa passion pour la course à pieds, ça me semblait intéressant. Peut-être pas transcendant mais je ne doutais pas que certains mes lecteurs apprécieraient beaucoup. Et puis le livre est apparu dansa la sélection Masse Critique et je me suis dit qu'après tout, c'était l'occasion de le lire, pour pouvoir mieux le conseiller à mes lecteurs.
Et je l'ai donc lu… et il s'est révélé être une bonne surprise, pas un coup de coeur mais pas loin !
En fait, ce que dévoile la 4ème de couverture n'est finalement qu'une toute petite partie du roman, comme un prétexte pour aborder un sujet plus vaste et nettement plus intéressant. Et c'est presque dommage que l'éditeur ait choisi de présenter ce livre sous cet angle. A cause de cela, j'ai failli passer totalement à côté.
Annelise Heurtier nous plonge directement dans la France de 1966. Nous découvrons donc une société qu'on a du mal à imaginer aujourd'hui. Nous voilà dans une France, à une époque où se pose la question de la mixité dans les écoles et où on nous dit que c'est impossible : les filles étant moins intelligentes que les garçons, comment pourraient-elles suivre le même enseignement ? ( !?) Une société dans laquelle les filles n'ont pas le droit de courir (ou alors pas plus de 10 minutes d'affilées) parce qu'elles pourraient se voir pousser une barbe ou même perdre leurs organes reproducteurs (bah oui, avec les secousses de la course, l'utérus pourrait tomber !) (………………) Un monde dans lequel une jeune fille, au premier jour de ses premières règles, se dit qu'elle va mourir parce qu'elle ne comprend pas ce qui lui arrive et dont la mère se contente de lui donner un livret pour expliquer tout ça parce qu'on ne parle pas de ces choses-là (de toute façon, les règles, c'est mal, impur, c'est la punition transmise par Eve suite au péché originel, tout le monde le sait) (non mais… sérieusement ?). Un monde dans lequel, de toute façon, une femme ne peut pas exister en tant que femme, seulement en temps que fille de son père, soeur de son frère, femme de son époux. Vous voyez le topo ?
Et nous voilà donc avec Catherine, 15 ans, qui évolue dans ce monde et qui s'y conforme, même si elle trouve cela injuste. Et pour autant, elle brave tout de même certaines règles, en cachette (elle aime tellement la course à pieds qu'elle s'autorise à courir sans que personne ne la voie, mais pas plus de 10 minutes à la fois et tout en surveillant l'apparition de poils qui ne devraient pas être là). Mais nous sommes à l'aube de mai 68, et la contestation commence à se faire entendre, même si la place des femmes dans la société n'est pas forcément au coeur des débats. Catherine se pose donc énormément de questions, se demande si elle doit oser et casser les convenances, tout en se sentant mal à l'aise vis-à-vis de sa famille et de l'éducation qu'elle a reçue.
Et c'est ça, à mon sens, qui fait tout l'intérêt de ce roman (même si je doute d'avoir réussi à le restituer correctement avec ces quelques mots). J'ai aimé cette photographie de la société française à cet instant T.
Alors oui, au début, je me suis demandé si tout cela n'était pas exagéré, si Annelise Heurtier n'avait pas un peu grossi le trait. Et puis je me suis rappelé certaines anecdotes que ma mère m'avait raconté sur sa jeunesse (elle avait 20 ans en 1966) et certaines faisaient écho à ce que je lisais.
Une pépite donc que ce roman que je suis ravie d'avoir eu l'occasion de lire.
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bebi
  14 septembre 2018
Catherine a 15 ans. Elle a la chance d'avoir obtenu une bourse qui lui permet de continuer des études. Sans cela, elle travaillerait déjà.
Un jour qu'elle doit une situation compromettante, elle se met à courir pour être chez elle à l'heure. Et c'est une véritable révélation : elle adore ça ! Hors, il n'est pas question pour elle de l'exprimer. Dans les années 60, il était très mal vu pour une fille d'être surprise en train de courir. Pourquoi ? C'est comme ça. On dit même que si une fille court trop, elle risque de voir pousser des poils sur tout son corps, voire même de perdre son utérus !
Pour Catherine, c'est l'éveil à toutes sortes d'interrogations : Pourquoi les filles ne peuvent pas courir ? Pourquoi les garçons ont-ils systématiquement plus de droit, simplement parce que ce sont des garçons ? Pourquoi doit-on cacher les changements de la nature féminine, même entre mère et fille ?
Vivant dans un petit village, où installer une salle de douche est du plus grand luxe, il est bien difficile de trouver les réponses à ses questions. Mais Catherine est une jeune fille réfléchie et pour le moins en avance sur son temps. A elle de trouver ce qu'elle cherche.
Annelise Heurtier est capable d'aborder toutes sortes de sujets. le livre présent en est un parfait exemple !Vous ne serez pas surpris si je vous dis que j'ai adoré ce nouveau roman !
Au travers du regard de Catherine, nous faisons un bond dans le temps pour retrouver l'époque où nos grands-mères découvraient seulement le monde, du haut de leurs 15 ou 16 années. Et la vie pour les filles étaient loin d'y être simple. La mentalité de l'époque apposait des restrictions sur beaucoup de choses, dont on a plus conscience de nos jours.
Le sujet principal du roman est la course à pied, qui n'était pas autorisée à l'époque pour les femmes. Annelise Heurtier explique dans sa note en fin de livre s'être inspirée d'une histoire vraie, celle de Kathrine Switzer, qui a été la première femme à tenter de courir le marathon de Boston en 1967. Les organisateurs, lorsqu'ils ont compris qu'il s'agissait d'une femme, en tenté de l'empêcher de continuer la course. Les photos de l'époque sont explicites sur les réactions que cela avait provoqué.
Ce sujet en amène d'autres, qui à l'époque choquaient. Il était, par exemple, avérés dans les moeurs que les filles étaient d'office moins intelligentes que les garçons, qu'elles n'étaient pas capable de courir plus de 10 minutes, qu'elles existaient uniquement dans le but de s'occuper d'un ménage et de porter des enfants. Aucune épouse n'aurait osé aller contre la volonté de son mari. Et jusque-là, elle n'était pas autorisé à ouvrir un compte en banque ou de travailler sans l'accord de son époux.
Catherine parle aussi de ce poids qui régentait toute la société. Une jeune fille était envoyé dans une blanchisserie, loin de sa famille, lorsqu'elle était enceinte. Ces filles-mères vivaient durant plusieurs mois dans une atmosphère rude et douloureuse. Je pense en vous parlant de cela au film Philomena, également inspiré d'une histoire vraie, à propos de cas vraiment horribles d'enfants arrachés à leur jeune mère, sous couverts d'explications disant que celles-ci ne sauraient pas les élever.
Pour ma génération, toutes ces situations sont choquantes. Mais pour l'époque, on n'y trouvait rien à redire. Et les rares jeunes filles qui osaient s'opposer étaient mises au ban de la société, jugées infréquentables. Il était certain qu'aucun jeune homme n'en voudrait pour épouse.
Le regarde de Catherine est doux, calme et appelle à l'écoute. La jeune fille est réfléchie, et bien qu'obéissante à ses parents, elle veut voir le monde évoluer dans le bon sens. Pour elle, pour ses soeurs et pour sa mère. Chacune est enfermée ou le sera plus tard dans une condition difficile. La contraception est mal vue et même interdite, les jupes découvrant le genou peut imposer un blâme, parler à la place de ses parents ne se fait pas. On ne parle pas de sexualité, et les règles est quelque chose que l'on doit absolument taire ! Il existait un petit manuel d'explications que les mères donnaient à leur fille, mais au grand jamais elles n'auraient discuté avec leurs filles de ce sujet. C'est une génération qui a vu beaucoup de changements, mais au prix d'efforts énormes.
Ce roman trace un portrait tout à fait réaliste de cette décennie. Et j'ai adoré ma lecture. Je crois qu'elle mérite beaucoup de lumières et de bruit pour qu'il se propage au maximum.
Lien : http://au-fil-des-pages.be
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Nadael
  19 novembre 2018
À la recherche d'une robe argentée d'un certain Paco Rabanne, Catherine et sa petite-fille Izia fouillent et explorent le grenier familial. Il aura suffi d'un vieux polaroïd dévoilant la jeune Catherine portant robe courte et grand sourire pourqu'Izia, fille d'aujourd'hui, découvre une époque insoupçonnée. Une époque pas si lointaine où la vie des femmes était balisée et réglée, leur avenir connu d'avance, leur voie toute tracée, aucune route secondaire à l'horizon : après avoir assistées leur mère dans les tâches ménagères, elles devenaient épouse, mère, et s'occupaient du foyer. Qu'elles le veuillent ou non, c'était ainsi.
Catherine profite de ce moment complice avec sa petite fille pour lui raconter ses quinze ans, ses joies ses peines ses interrogations ses colères, son impression de manquer d'air de liberté, son sentiment d'être emprisonnée de faire semblant, son désir d'être écoutée comprise, et son besoin irrésistible de courir.
En raison de ses bons résultats scolaires et d'un comportement irréprochable, Catherine bénéficie d'une bourse qui lui permet d'accéder au collège, un établissement religieux. Ainsi, elle a la chance d'étudier et de cotoyer des jeunes filles de conditions sociales plus élevées. Les midis, en échange du déjeuner, elle fait du ménage chez un couple de quincailler. Bientôt, elle aura seize ans et l'âge de travailler…
Un jour, en voulant rendre service à une amie, Catherine se met en retard. Elle appréhende tellement la réaction de ses parents qu'elle se met à courir pour rattraper le temps perdu… Et là, elle découvre des sensations nouvelles. Pour la première fois de sa vie, elle se sent libre et légère, sans contrainte, contrôlant son corps et sa respiration. Cet air qu'elle fend en courant lui donne une énergie incroyable, une force insoupçonnable, du plaisir.
Désormais, plus rien ne sera pareil. Courir est sa liberté, sa volonté, son choix. Pourtant, en 1966, les femmes ne courent pas…. leur utérus pourrait se décrocher, des poils disgracieux dissimuleraient leur féminité… elles ne sont pas aussi fortes aussi intelligentes aussi ingénieuses aussi résistantes que les hommes!! Un discours terrifiant et difficilement croyable, malheureusement il n'est pas inventé.
Inspirée par l'histoire de Kathrine Switzer, qui eu l'audace de courir le marathon de Boston en 1967, Annelise Heurtier dépeint les balbutiements de l'émancipation féminine. Avec pertinence et réalisme, elle décrit cette époque pré-1968 et la prise de conscience de Catherine – générée par la course à pied – des inégalités entre les hommes et les femmes.
Un roman à glisser dans les mains des filles et des garçons de 12 ans et plus. Pourqu'ils voient le chemin parcouru en cinquante ans, qu'ils continuent à faire évoluer les choses et qu'ils soient convaincus qu'homme ou femme, nous avons les mêmes droits, les mêmes possibilités de choix. Et tous, nous pouvons faire entendre notre voix.
Lien : https://lesmotsdelafin.wordp..
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LillyMaya
  11 octobre 2018
Un roman touchant, sur l'histoire d'une jeune fille dans les années 60. J'ai beau connaitre certaines choses de cette époque, mes parents étant nés dans ces années là, j'ai parfois du mal à réaliser tout le poids que les enfants avaient à porter sur les épaules.
L'écriture est agréable et on s'attache à Catherine et à sa famille. J'aurais presque apprécié qu'il ne s'arrête pas, que l'histoire soit un peu plus développée. Mais pour nos ados d'aujourd'hui, cela donne un aperçu de ce que leur grands-parents ont pu vivre. Une lecture à partager avec ses parents ou ses grands-parents ?
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
NadaelNadael   19 novembre 2018
« On n’aimait pas que les filles osent. On n’aimait pas que les filles explorent. On n’aimait pas que les filles aient un avis. On n’aimait pas que les filles soient drôles. Et c’était exactement ce que l’on encourageait (voire exigeait) chez les garçons. Pourquoi? Qui l’avait décidé? Où était-ce écrit? Que Dieu nous ait façonnées à partir de la côte d’Adam n’impliquait pas pour autant qu’on nous empêche d’investir notre corps, non? Ni que ce soient les hommes qui décident de ce que nous pouvions en faire ou non! J’avais envie de bouger. De sentir mon corps appartenir au monde, sans me soucier de mon apparence, de ce qu’il disait de ma grâce ou de ma féminité. J’étais une fille, et je ne voulais plus que cela m’enferme. Que ce soit une contrainte, un rôle. »
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SbllySblly   14 septembre 2018
Izia s’essuya les mains sur son jean, les yeux
brillants.
— C’est la robe? Tu l’as trouvée? Faisvoirfaisvoirfaisvoir.
Elle était terriblement impatiente de la découvrir.
Comment sa grand-mère faisait-elle pour rester
si calme alors qu’elle-même devait se contrôler
pour ne pas fondre sur la boîte comme un Attrapeur
de Quidditch sur le Vif d’or ? L’enthousiasme de
Catherine ressemblait plutôt à l’étonnement. Un
étonnement doux, presque maternel, en tout cas
rien d’avide ou d’impérieux. Sans dire un mot,
celle-ci secoua la tête et passa lentement les doigts
sur le couvercle, imprimant dans la poussière
quatre sillons légèrement plus clairs.
À l’envers, Izia déchiffra l’inscription qui flottait
en travers de la boîte :
— «La fille d’avril»…
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SbllySblly   14 septembre 2018
Catherine pivota sur elle-même, heurtant la
lampe de son épaule. Les ombres projetées se
mirent à danser contre les poutres de la charpente
et sur les lames irrégulières du plancher. Après
l’avoir stabilisée, elle commenta :
— C’est un peu comme dans Les Goonies, ici. J’y
verrais bien un début de film. Tu sais, les deux
gamins qui découvrent une espèce de boîte de
Pandore, ou une carte au trésor qui les mène dans
une dimension parallèle.
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CarolineDBruihierCarolineDBruihier   11 décembre 2018
Bien sûr, nous avions l'habitude d'être considérées comme inférieures. Tout nous rappelait que nous étions moins intelligentes, plus faibles et somme toute moins importantes. A l'église, les cloches sonnaient moins longtemps lorsque c'était les filles que l'on baptisait.
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SbllySblly   14 septembre 2018
- Mon père dit que les filles ne sont pas faites pour ce genre de sport. Si tu cours trop longtemps, des poils vont te pousser partout sur le corps. De la barbe aussi.
- Ah bon ? C’est atroce !
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