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ISBN : 2203166789
Éditeur : Casterman (05/09/2018)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 76 notes)
Résumé :
Comme pour la plupart des jeunes filles dans les années 1960, l'avenir de Catherine est tout tracé : se marier, avoir des enfants, puis... s'en occuper le plus clair de son temps. Un jour, elle est contrainte de rentrer du collège en courant. C'est une révélation : quel sentiment de force, de liberté ! Mais courir, surtout pour une femme, est une chose alors impensable. Pourtant Catherine s'interroge, rêve d'une vie différente, s'entête... Jusqu'où sa détermination ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
Gaoulette
  27 février 2019
Une très jolie découverte qui me pousse à dépoussiérer les anciens romans d'Annelise Heurtier. Un roman jeunesse simple et efficace qui interpellera la jeune lectrice. Elle se posera des questions et auprès de son entourage sur les conditions de la femme dans les années 60, avant le grand évènement historique de Mai 68.
Annelise Heurtier utilise un fait réel, l'histoire d'une jeune marathonienne Katrine Switzer qui a bravé les interdits pour réaliser sa passion.
Ici, nous avons Izia petite fille de Catherine qui recherche une vielle robe dans le grenier. Elle va tomber sur une boite mystérieuse. Catherine va se plonger dans ses souvenirs et retourner en Septembre 1966 quand sa vie a commencé à changer. Catherine issue d'une famille ouvrière, aura la chance d'intégrer une école privée à 15 ans au lieu de partir dans un établissement professionnel.
On pourrait penser que c'est cette entrée dans une nouveau monde qui va chambouler le jeune fille. Elle va se mettre à réfléchir à sa condition, à sa place dans la société, à ses rêves et à sa passion..la course à pied. Un avenir qui se profile t où elle restera toujours le "de", la fille de, la femme de , la mère de….. Un avenir où la femme doit rester belle et n'a pas le droit de s'exprimer. Un avenir où la femme n'a pas le droit à la pilule, aux serviettes hygiéniques, au pantalon, au permis de conduire… Et pour Catherine, le comble, les baskets. Catherine une jeune fille de 15 ans qui va rêver de liberté et va tout faire pour s'épanouir.
Ce n'est pas un roman féministe C'est un roman qui décrit des faits et où l'on se rend compte qu'il y a encore du travail à accomplir.
Un coup de coeur. Une très belle découverte.
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sylviedoc
  09 septembre 2019
Le roman débute dans le grenier de Catherine, en 2018. Avec Izia, sa petite-fille elle fouille dans l'espoir de retrouver une robe Courrèges des années 60, qu'elle portait sur une vieille photo. Mais cette quête va déboucher sur une autre trouvaille : une boîte, marquée :" La fille d'avril", qui va faire déferler une avalanche de souvenirs...
Bond en arrière dans le temps, nous voici en 1966, à Marolles-en Hurepoix. Catherine a 15 ans, et la chance de fréquenter un collège privé grâce à une bourse financée par l'employeur de son père. La plupart des filles de son âge travaillent, et pensent à se trouver bientôt un mari, fonder une famille et s'occuper de la maison, comme c'est la norme dans le milieu rural. Mais Catherine souhaite poursuivre ses études, même contre l'avis de ses parents qui ne comprennent pas ses aspirations. Une fille, c'est pas fait pour étudier, en plus c'est prouvé, elles sont moins intelligentes que les garçons ! Et ce n'est pas fait pour courir non plus, il pourrait leur arriver des transformations physiques terrifiantes, cela pourrait les rendre stériles, pensez donc ! Problème : Catherine qui décidément ne fait rien comme les jeunes filles convenables, même si elle est par ailleurs obéissante et bien élevée, s'aperçoit qu'elle aime ça, courir. Dans un monde où il est encore exceptionnel qu'une femme passe le permis, où les serviettes hygiéniques jetables sont un luxe et où la pilule contraceptive n'est pas encore autorisée, ce genre de comportement de sauvage n'est pas du tout bien vu...et Catherine va vite faire l'objet de remarques acerbes, à commencer par celles de son frère aîné. Heureusement, elle côtoie aussi des esprits un peu plus ouverts, comme Mme Pichenaud, la commerçante chez qui elle mange tous les midis, ou Daniel de Varax, étudiant parisien (fils de la famille fortunée dont elle garde les enfants) qui lui fait découvrir des horizons insoupçonnés. Et petit à petit, soutenue par les uns, vilipendée par les autres, elle va conquérir sa liberté, par le biais de cette lubie : courir.
Ce n'est pas le premier roman d'Annelise Heurtier que je lis et apprécie. J'ai d'ailleurs eu l'occasion de la rencontrer à l'occasion de la sortie de "Sweet Sixteen", lors d'une présentation à mes élèves. Et j'ai bien senti combien elle a à coeur de se documenter pour que ses livres soient le plus possible proches de la réalité. D'ailleurs, jeunes lecteur(trice)s si vous avez des proches qui ont vécu cette époque, surtout à la campagne, je vous invite à les interroger, vous serez sans doute bien étonnés de la différence entre votre vie quotidienne et la leur, surtout les filles. On a du mal à croire que les années soixante, c'était il n'y a pas si longtemps, c'est une native de 1963 qui vous le dit ! J'ai vraiment beaucoup aimé cette évocation, cela m'a fait rire par moment, mais aussi mesurer le chemin parcouru, et ce qu'il reste à faire pour les générations de filles à venir.
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hashtagceline
  07 septembre 2018
Nous sommes dans les années 60, en France.
Catherine est une jeune adolescente intelligente. Elle vit avec ses parents, son grand frère et sa petite soeur.
Dans la classe plutôt moyenne, elle a pu bénéficier d'une bourse lui permettant d'aller étudier au collège dans un établissement religieux réservé aux classes plus aisées. Néanmoins, là-bas, elle s'y est plutôt bien intégrée. Elle a trouvé des amies.
Au sein de son foyer, elle doit aider sa mère dans les tâches ménagères et son planning est bien chargé. Elle sait qu'elle ne pourra pas forcément poursuivre ses études… Elle devra elle aussi se marier et devenir mère de famille. C'est ainsi que vont les choses. C'est ainsi qu'on les lui a présentées…
Mais Catherine se découvre une passion : courir. Est-ce bien correcte pour une jeune fille de courir ainsi ? Apparemment non. Mais Catherine se sent si bien quand elle accélère le rythme et foule le sol d'un pas rapide. Alors tant pis. Dès qu'elle le peut, elle court. Et si c'était ça le début de la liberté ?

Annelise Heurtier réussit à nous ramener quelques années en arrière. Je suis trop jeune (je peux encore le dire) et je n'ai bien évidemment pas connu les années 60. Mais j'ai entendu mes parents en parler, j'ai vu des films, lu des livres…
Alors oui, j'ai eu l'impression d'effectuer un voyage dans le temps, dans une époque pas si lointaine mais différente de celle d'aujourd'hui.
Musique, famille mode, façon de vivre, tout ce qui faisait la vie de ces années-là est parfaitement décrit. On se représente rapidement et facilement l'univers dans lequel évolue Catherine, notre héroïne.
Annelise Heurtier n'écrit jamais un roman sans vouloir défendre quelque chose, faire passer un message ou développer des sujets dont il faut parler. Elle s'est encore une fois inspirée de faits réels et de l'histoire de Kathrine Switzer, qui en 1967, s'est inscrite au marathon de Boston alors que cela était interdit aux femmes... (des détails très intéressants par ICI, sur le blog de l'autrice)
Dans La fille d'avril, il est question de la condition de la femme dans ces années-là.
En France, les femmes n'avaient évidemment pas les mêmes libertés qu'aujourd'hui. Leur rôle et leur place étaient déjà bien définis. Il leur était plus difficile de suivre leur propre chemin.
La couverture du roman est extrêmement bien choisie en ce sens. Elle représente tout à fait les choix de vie qui s'offrent à son héroïne.
Catherine, qui a trouvé son mode d'expression et une passion qui la rend heureuse, va devoir se décider : renoncer et rentrer dans le moule ou y aller malgré tout et vivre sa vie selon ses réelles envies.
Si certains en ont conscience, il est toujours bon de rappeler aux adolescents qu'à une certaine époque, pas si lointaine, les femmes n'avaient pas les mêmes droits qu'aujourd'hui. Leur montrer aussi comment vivaient leurs grands-parents ou leurs parents et que la vie a bien changé en quelques dizaines d'années, c'est important.
Par ailleurs, j'ai trouvé Catherine très touchante. Elle est intelligente, volontaire et courageuse. D'un autre côté, elle est aussi très naïve. Mais c'est aussi l'époque qui voulait ça. Les adolescents n'avaient pas accès aux mêmes flots d'informations qu'aujourd'hui. Il est assez amusant de voir les questions qu'elle se pose autour de la course à pied. A-t-elle le droit de courir ainsi ? Est-ce mal ? Elle va même le confesser au curé de sa paroisse qui finalement ne sait pas quoi lui répondre… Grand moment de solitude pour l'un et l'autre.
La vie de famille est aussi bien retranscrite à travers les relations que Catherine entretient avec la sienne : avec son frère qui la jalouse sans doute un peu, avec sa petite soeur à qui elle donne des conseils, auprès de sa mère prise par les tâches ménagères et son père par le travail. Cela sonne juste.
Encore une fois, Annelise Heurtier a su me surprendre et me séduire grâce à ce roman qui parle de tout un tas de sujets différents : l'émancipation de la femme, la vie dans les années 60 mais aussi les premières amours, les premières découvertes ou le premier boulot. Car en plus, oui, Catherine, contrairement à ses camarades, veut aussi être indépendante financièrement. Elle est vraiment en avance sur son temps !
Et elle a tout compris.
J'ai trouvé ce texte plus léger que les autres. Il faut bien avouer que le sujet, même s'il est essentiel , est beaucoup moins lourd que dans Refuges par exemple.
Il y a beaucoup d'anecdotes, de références, et on sent que l'autrice a pris plaisir à les y glisser.
Bref, c'est un roman engagé qui l'air de rien nous fait passer un message fort qu'il est fondamental de défendre encore aujourd'hui.
Lien : https://www.hashtagceline.co..
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Amindara
  04 décembre 2018
Tout d'abord, je tiens à remercier Babelio ainsi que Casterman pour l'envoi de ce livre dans le cadre d'une édition Masse Critique.
La fille d'avril, je l'avais repéré à sa sortie, quand Babelio nous en avait parlé dans sa newsletter du moment. A la lecture de la 4ème de couverture, je me suis dit « oui, pourquoi pas » et je l'ai ajouté à ma liste des livres à acheter pour la médiathèque. Je m'imaginais l'histoire d'une fille qui brave la société pour vivre sa passion pour la course à pieds, ça me semblait intéressant. Peut-être pas transcendant mais je ne doutais pas que certains mes lecteurs apprécieraient beaucoup. Et puis le livre est apparu dansa la sélection Masse Critique et je me suis dit qu'après tout, c'était l'occasion de le lire, pour pouvoir mieux le conseiller à mes lecteurs.
Et je l'ai donc lu… et il s'est révélé être une bonne surprise, pas un coup de coeur mais pas loin !
En fait, ce que dévoile la 4ème de couverture n'est finalement qu'une toute petite partie du roman, comme un prétexte pour aborder un sujet plus vaste et nettement plus intéressant. Et c'est presque dommage que l'éditeur ait choisi de présenter ce livre sous cet angle. A cause de cela, j'ai failli passer totalement à côté.
Annelise Heurtier nous plonge directement dans la France de 1966. Nous découvrons donc une société qu'on a du mal à imaginer aujourd'hui. Nous voilà dans une France, à une époque où se pose la question de la mixité dans les écoles et où on nous dit que c'est impossible : les filles étant moins intelligentes que les garçons, comment pourraient-elles suivre le même enseignement ? ( !?) Une société dans laquelle les filles n'ont pas le droit de courir (ou alors pas plus de 10 minutes d'affilées) parce qu'elles pourraient se voir pousser une barbe ou même perdre leurs organes reproducteurs (bah oui, avec les secousses de la course, l'utérus pourrait tomber !) (………………) Un monde dans lequel une jeune fille, au premier jour de ses premières règles, se dit qu'elle va mourir parce qu'elle ne comprend pas ce qui lui arrive et dont la mère se contente de lui donner un livret pour expliquer tout ça parce qu'on ne parle pas de ces choses-là (de toute façon, les règles, c'est mal, impur, c'est la punition transmise par Eve suite au péché originel, tout le monde le sait) (non mais… sérieusement ?). Un monde dans lequel, de toute façon, une femme ne peut pas exister en tant que femme, seulement en temps que fille de son père, soeur de son frère, femme de son époux. Vous voyez le topo ?
Et nous voilà donc avec Catherine, 15 ans, qui évolue dans ce monde et qui s'y conforme, même si elle trouve cela injuste. Et pour autant, elle brave tout de même certaines règles, en cachette (elle aime tellement la course à pieds qu'elle s'autorise à courir sans que personne ne la voie, mais pas plus de 10 minutes à la fois et tout en surveillant l'apparition de poils qui ne devraient pas être là). Mais nous sommes à l'aube de mai 68, et la contestation commence à se faire entendre, même si la place des femmes dans la société n'est pas forcément au coeur des débats. Catherine se pose donc énormément de questions, se demande si elle doit oser et casser les convenances, tout en se sentant mal à l'aise vis-à-vis de sa famille et de l'éducation qu'elle a reçue.
Et c'est ça, à mon sens, qui fait tout l'intérêt de ce roman (même si je doute d'avoir réussi à le restituer correctement avec ces quelques mots). J'ai aimé cette photographie de la société française à cet instant T.
Alors oui, au début, je me suis demandé si tout cela n'était pas exagéré, si Annelise Heurtier n'avait pas un peu grossi le trait. Et puis je me suis rappelé certaines anecdotes que ma mère m'avait raconté sur sa jeunesse (elle avait 20 ans en 1966) et certaines faisaient écho à ce que je lisais.
Une pépite donc que ce roman que je suis ravie d'avoir eu l'occasion de lire.
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bebi
  14 septembre 2018
Catherine a 15 ans. Elle a la chance d'avoir obtenu une bourse qui lui permet de continuer des études. Sans cela, elle travaillerait déjà.
Un jour qu'elle doit une situation compromettante, elle se met à courir pour être chez elle à l'heure. Et c'est une véritable révélation : elle adore ça ! Hors, il n'est pas question pour elle de l'exprimer. Dans les années 60, il était très mal vu pour une fille d'être surprise en train de courir. Pourquoi ? C'est comme ça. On dit même que si une fille court trop, elle risque de voir pousser des poils sur tout son corps, voire même de perdre son utérus !
Pour Catherine, c'est l'éveil à toutes sortes d'interrogations : Pourquoi les filles ne peuvent pas courir ? Pourquoi les garçons ont-ils systématiquement plus de droit, simplement parce que ce sont des garçons ? Pourquoi doit-on cacher les changements de la nature féminine, même entre mère et fille ?
Vivant dans un petit village, où installer une salle de douche est du plus grand luxe, il est bien difficile de trouver les réponses à ses questions. Mais Catherine est une jeune fille réfléchie et pour le moins en avance sur son temps. A elle de trouver ce qu'elle cherche.
Annelise Heurtier est capable d'aborder toutes sortes de sujets. le livre présent en est un parfait exemple !Vous ne serez pas surpris si je vous dis que j'ai adoré ce nouveau roman !
Au travers du regard de Catherine, nous faisons un bond dans le temps pour retrouver l'époque où nos grands-mères découvraient seulement le monde, du haut de leurs 15 ou 16 années. Et la vie pour les filles étaient loin d'y être simple. La mentalité de l'époque apposait des restrictions sur beaucoup de choses, dont on a plus conscience de nos jours.
Le sujet principal du roman est la course à pied, qui n'était pas autorisée à l'époque pour les femmes. Annelise Heurtier explique dans sa note en fin de livre s'être inspirée d'une histoire vraie, celle de Kathrine Switzer, qui a été la première femme à tenter de courir le marathon de Boston en 1967. Les organisateurs, lorsqu'ils ont compris qu'il s'agissait d'une femme, en tenté de l'empêcher de continuer la course. Les photos de l'époque sont explicites sur les réactions que cela avait provoqué.
Ce sujet en amène d'autres, qui à l'époque choquaient. Il était, par exemple, avérés dans les moeurs que les filles étaient d'office moins intelligentes que les garçons, qu'elles n'étaient pas capable de courir plus de 10 minutes, qu'elles existaient uniquement dans le but de s'occuper d'un ménage et de porter des enfants. Aucune épouse n'aurait osé aller contre la volonté de son mari. Et jusque-là, elle n'était pas autorisé à ouvrir un compte en banque ou de travailler sans l'accord de son époux.
Catherine parle aussi de ce poids qui régentait toute la société. Une jeune fille était envoyé dans une blanchisserie, loin de sa famille, lorsqu'elle était enceinte. Ces filles-mères vivaient durant plusieurs mois dans une atmosphère rude et douloureuse. Je pense en vous parlant de cela au film Philomena, également inspiré d'une histoire vraie, à propos de cas vraiment horribles d'enfants arrachés à leur jeune mère, sous couverts d'explications disant que celles-ci ne sauraient pas les élever.
Pour ma génération, toutes ces situations sont choquantes. Mais pour l'époque, on n'y trouvait rien à redire. Et les rares jeunes filles qui osaient s'opposer étaient mises au ban de la société, jugées infréquentables. Il était certain qu'aucun jeune homme n'en voudrait pour épouse.
Le regarde de Catherine est doux, calme et appelle à l'écoute. La jeune fille est réfléchie, et bien qu'obéissante à ses parents, elle veut voir le monde évoluer dans le bon sens. Pour elle, pour ses soeurs et pour sa mère. Chacune est enfermée ou le sera plus tard dans une condition difficile. La contraception est mal vue et même interdite, les jupes découvrant le genou peut imposer un blâme, parler à la place de ses parents ne se fait pas. On ne parle pas de sexualité, et les règles est quelque chose que l'on doit absolument taire ! Il existait un petit manuel d'explications que les mères donnaient à leur fille, mais au grand jamais elles n'auraient discuté avec leurs filles de ce sujet. C'est une génération qui a vu beaucoup de changements, mais au prix d'efforts énormes.
Ce roman trace un portrait tout à fait réaliste de cette décennie. Et j'ai adoré ma lecture. Je crois qu'elle mérite beaucoup de lumières et de bruit pour qu'il se propage au maximum.
Lien : http://au-fil-des-pages.be
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Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
NadaelNadael   19 novembre 2018
« On n’aimait pas que les filles osent. On n’aimait pas que les filles explorent. On n’aimait pas que les filles aient un avis. On n’aimait pas que les filles soient drôles. Et c’était exactement ce que l’on encourageait (voire exigeait) chez les garçons. Pourquoi? Qui l’avait décidé? Où était-ce écrit? Que Dieu nous ait façonnées à partir de la côte d’Adam n’impliquait pas pour autant qu’on nous empêche d’investir notre corps, non? Ni que ce soient les hommes qui décident de ce que nous pouvions en faire ou non! J’avais envie de bouger. De sentir mon corps appartenir au monde, sans me soucier de mon apparence, de ce qu’il disait de ma grâce ou de ma féminité. J’étais une fille, et je ne voulais plus que cela m’enferme. Que ce soit une contrainte, un rôle. »
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LivresdAvrilLivresdAvril   25 juillet 2019
- Quand j'étais plus jeune, un médecin m'a expliqué que les sports violents pouvaient endommager l'utérus. Le faire se décrocher.
- L'utérus ? répétai-je benoîtement, toujours à mi-voix, pressentant qu'il s'agissait d'une partie du corps des femmes que la bienséance interdisait d'évoquer devant un homme, une sorte de gros mot corporel comme il en existait tant d'autres.
Madame Pichenaud comprit que je ne devais pas avoir la moindre idée de ce qu'était cet étrange instrument, aussi se permit-elle de m'expliquer :
- Il s'agit de la partie du corps de la femme dans laquelle grandissent les bébés. Mais j'imagine que l'on n'étudie pas ce genre de choses en classe de sciences naturelles.
Je secouai la tête :
- Euh, non, on fait les mouches.
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MMChretienMMChretien   01 août 2019
Une idée me traversa l'esprit. Ce désintérêt pour le sport, pour l'activité physique en général, est-ce que nous, filles, le portions vraiment en nous? N'était-ce pas notre éducation qui contribuait à nous en détourner sans même que nous en soyons consciences? Et cette fragilité, cette faiblesse dont on nous affublait n'était-elle pas la conséquence, plutôt que la cause, de toutes les interdictions dans lesquelles on nous baignait?
On n'aimait pas que les filles osent.
On n'aimait pas que les filles explorent.
On n'aimait pas que les filles aient un avis.
On n'aimait pas que les filles soient drôles.
Et c'était exactement ce que l'on encourageait (voire exigeait) chez les garçons.
Pourquoi?
Qui l'avait décidé? Où était-ce écrit? Que Dieu nous ait façonnées à partir de la côte d'Adam n'impliquait pas pour autant qu'on nous empêche d'investir notre corps, non? Ni que ce soit les hommes qui décident de ce que nous pouvions en faire ou non!
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LivresdAvrilLivresdAvril   25 juillet 2019
- Ah, Saint-Charles, très bonne institution. Je compte bien y mettre mes filles, quand elles seront plus grandes. Avec un peu de chance, ce ne sera pas mixte. [...]
- Cette société part à vau-l'eau. Il n'est pas bon que les garçons côtoient les filles. Ce n'est pas sain. Cela risquait de les féminiser. Et personne ne veut d'un garçon efféminé, n'est-ce pas ? Tenez, comme Michel Polnareff, justement ! Une honte !
- À vrai dire, cher ami, ce n'est pas ce qui me fait le plus peur ! soupira madame Malmaison. Moi, je crains que la moitié des filles ne se retrouvent enceintes, voilà tout ! Une telle promiscuité, comme ça, brutalement ! C'est une folie !
- Sans compter que les filles n'ont tout de même pas les mêmes aptitudes intellectuelles que les garçons, ajouta monsieur Pichenaud en se réservant un verre de vin. Comment pourrait-on prétendre enseigner aux deux à la fois ?
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SbllySblly   14 septembre 2018
Izia s’essuya les mains sur son jean, les yeux
brillants.
— C’est la robe? Tu l’as trouvée? Faisvoirfaisvoirfaisvoir.
Elle était terriblement impatiente de la découvrir.
Comment sa grand-mère faisait-elle pour rester
si calme alors qu’elle-même devait se contrôler
pour ne pas fondre sur la boîte comme un Attrapeur
de Quidditch sur le Vif d’or ? L’enthousiasme de
Catherine ressemblait plutôt à l’étonnement. Un
étonnement doux, presque maternel, en tout cas
rien d’avide ou d’impérieux. Sans dire un mot,
celle-ci secoua la tête et passa lentement les doigts
sur le couvercle, imprimant dans la poussière
quatre sillons légèrement plus clairs.
À l’envers, Izia déchiffra l’inscription qui flottait
en travers de la boîte :
— «La fille d’avril»…
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