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ISBN : 2203166789
Éditeur : Casterman (05/09/2018)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Comme pour la plupart des jeunes filles dans les années 1960, l'avenir de Catherine est tout tracé : se marier, avoir des enfants, puis... s'en occuper le plus clair de son temps. Un jour, elle est contrainte de rentrer du collège en courant. C'est une révélation : quel sentiment de force, de liberté ! Mais courir, surtout pour une femme, est une chose alors impensable. Pourtant Catherine s'interroge, rêve d'une vie différente, s'entête... Jusqu'où sa détermination ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
bebi
  14 septembre 2018
Catherine a 15 ans. Elle a la chance d'avoir obtenu une bourse qui lui permet de continuer des études. Sans cela, elle travaillerait déjà.
Un jour qu'elle doit une situation compromettante, elle se met à courir pour être chez elle à l'heure. Et c'est une véritable révélation : elle adore ça ! Hors, il n'est pas question pour elle de l'exprimer. Dans les années 60, il était très mal vu pour une fille d'être surprise en train de courir. Pourquoi ? C'est comme ça. On dit même que si une fille court trop, elle risque de voir pousser des poils sur tout son corps, voire même de perdre son utérus !
Pour Catherine, c'est l'éveil à toutes sortes d'interrogations : Pourquoi les filles ne peuvent pas courir ? Pourquoi les garçons ont-ils systématiquement plus de droit, simplement parce que ce sont des garçons ? Pourquoi doit-on cacher les changements de la nature féminine, même entre mère et fille ?
Vivant dans un petit village, où installer une salle de douche est du plus grand luxe, il est bien difficile de trouver les réponses à ses questions. Mais Catherine est une jeune fille réfléchie et pour le moins en avance sur son temps. A elle de trouver ce qu'elle cherche.
Annelise Heurtier est capable d'aborder toutes sortes de sujets. le livre présent en est un parfait exemple !Vous ne serez pas surpris si je vous dis que j'ai adoré ce nouveau roman !
Au travers du regard de Catherine, nous faisons un bond dans le temps pour retrouver l'époque où nos grands-mères découvraient seulement le monde, du haut de leurs 15 ou 16 années. Et la vie pour les filles étaient loin d'y être simple. La mentalité de l'époque apposait des restrictions sur beaucoup de choses, dont on a plus conscience de nos jours.
Le sujet principal du roman est la course à pied, qui n'était pas autorisée à l'époque pour les femmes. Annelise Heurtier explique dans sa note en fin de livre s'être inspirée d'une histoire vraie, celle de Kathrine Switzer, qui a été la première femme à tenter de courir le marathon de Boston en 1967. Les organisateurs, lorsqu'ils ont compris qu'il s'agissait d'une femme, en tenté de l'empêcher de continuer la course. Les photos de l'époque sont explicites sur les réactions que cela avait provoqué.
Ce sujet en amène d'autres, qui à l'époque choquaient. Il était, par exemple, avérés dans les moeurs que les filles étaient d'office moins intelligentes que les garçons, qu'elles n'étaient pas capable de courir plus de 10 minutes, qu'elles existaient uniquement dans le but de s'occuper d'un ménage et de porter des enfants. Aucune épouse n'aurait osé aller contre la volonté de son mari. Et jusque-là, elle n'était pas autorisé à ouvrir un compte en banque ou de travailler sans l'accord de son époux.
Catherine parle aussi de ce poids qui régentait toute la société. Une jeune fille était envoyé dans une blanchisserie, loin de sa famille, lorsqu'elle était enceinte. Ces filles-mères vivaient durant plusieurs mois dans une atmosphère rude et douloureuse. Je pense en vous parlant de cela au film Philomena, également inspiré d'une histoire vraie, à propos de cas vraiment horribles d'enfants arrachés à leur jeune mère, sous couverts d'explications disant que celles-ci ne sauraient pas les élever.
Pour ma génération, toutes ces situations sont choquantes. Mais pour l'époque, on n'y trouvait rien à redire. Et les rares jeunes filles qui osaient s'opposer étaient mises au ban de la société, jugées infréquentables. Il était certain qu'aucun jeune homme n'en voudrait pour épouse.
Le regarde de Catherine est doux, calme et appelle à l'écoute. La jeune fille est réfléchie, et bien qu'obéissante à ses parents, elle veut voir le monde évoluer dans le bon sens. Pour elle, pour ses soeurs et pour sa mère. Chacune est enfermée ou le sera plus tard dans une condition difficile. La contraception est mal vue et même interdite, les jupes découvrant le genou peut imposer un blâme, parler à la place de ses parents ne se fait pas. On ne parle pas de sexualité, et les règles est quelque chose que l'on doit absolument taire ! Il existait un petit manuel d'explications que les mères donnaient à leur fille, mais au grand jamais elles n'auraient discuté avec leurs filles de ce sujet. C'est une génération qui a vu beaucoup de changements, mais au prix d'efforts énormes.
Ce roman trace un portrait tout à fait réaliste de cette décennie. Et j'ai adoré ma lecture. Je crois qu'elle mérite beaucoup de lumières et de bruit pour qu'il se propage au maximum.
Lien : http://au-fil-des-pages.be
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hashtagceline
  07 septembre 2018
Nous sommes dans les années 60, en France.
Catherine est une jeune adolescente intelligente. Elle vit avec ses parents, son grand frère et sa petite soeur.
Dans la classe plutôt moyenne, elle a pu bénéficier d'une bourse lui permettant d'aller étudier au collège dans un établissement religieux réservé aux classes plus aisées. Néanmoins, là-bas, elle s'y est plutôt bien intégrée. Elle a trouvé des amies.
Au sein de son foyer, elle doit aider sa mère dans les tâches ménagères et son planning est bien chargé. Elle sait qu'elle ne pourra pas forcément poursuivre ses études… Elle devra elle aussi se marier et devenir mère de famille. C'est ainsi que vont les choses. C'est ainsi qu'on les lui a présentées…
Mais Catherine se découvre une passion : courir. Est-ce bien correcte pour une jeune fille de courir ainsi ? Apparemment non. Mais Catherine se sent si bien quand elle accélère le rythme et foule le sol d'un pas rapide. Alors tant pis. Dès qu'elle le peut, elle court. Et si c'était ça le début de la liberté ?

Annelise Heurtier réussit à nous ramener quelques années en arrière. Je suis trop jeune (je peux encore le dire) et je n'ai bien évidemment pas connu les années 60. Mais j'ai entendu mes parents en parler, j'ai vu des films, lu des livres…
Alors oui, j'ai eu l'impression d'effectuer un voyage dans le temps, dans une époque pas si lointaine mais différente de celle d'aujourd'hui.
Musique, famille mode, façon de vivre, tout ce qui faisait la vie de ces années-là est parfaitement décrit. On se représente rapidement et facilement l'univers dans lequel évolue Catherine, notre héroïne.
Annelise Heurtier n'écrit jamais un roman sans vouloir défendre quelque chose, faire passer un message ou développer des sujets dont il faut parler. Elle s'est encore une fois inspirée de faits réels et de l'histoire de Kathrine Switzer, qui en 1967, s'est inscrite au marathon de Boston alors que cela était interdit aux femmes... (des détails très intéressants par ICI, sur le blog de l'autrice)
Dans La fille d'avril, il est question de la condition de la femme dans ces années-là.
En France, les femmes n'avaient évidemment pas les mêmes libertés qu'aujourd'hui. Leur rôle et leur place étaient déjà bien définis. Il leur était plus difficile de suivre leur propre chemin.
La couverture du roman est extrêmement bien choisie en ce sens. Elle représente tout à fait les choix de vie qui s'offrent à son héroïne.
Catherine, qui a trouvé son mode d'expression et une passion qui la rend heureuse, va devoir se décider : renoncer et rentrer dans le moule ou y aller malgré tout et vivre sa vie selon ses réelles envies.
Si certains en ont conscience, il est toujours bon de rappeler aux adolescents qu'à une certaine époque, pas si lointaine, les femmes n'avaient pas les mêmes droits qu'aujourd'hui. Leur montrer aussi comment vivaient leurs grands-parents ou leurs parents et que la vie a bien changé en quelques dizaines d'années, c'est important.
Par ailleurs, j'ai trouvé Catherine très touchante. Elle est intelligente, volontaire et courageuse. D'un autre côté, elle est aussi très naïve. Mais c'est aussi l'époque qui voulait ça. Les adolescents n'avaient pas accès aux mêmes flots d'informations qu'aujourd'hui. Il est assez amusant de voir les questions qu'elle se pose autour de la course à pied. A-t-elle le droit de courir ainsi ? Est-ce mal ? Elle va même le confesser au curé de sa paroisse qui finalement ne sait pas quoi lui répondre… Grand moment de solitude pour l'un et l'autre.
La vie de famille est aussi bien retranscrite à travers les relations que Catherine entretient avec la sienne : avec son frère qui la jalouse sans doute un peu, avec sa petite soeur à qui elle donne des conseils, auprès de sa mère prise par les tâches ménagères et son père par le travail. Cela sonne juste.
Encore une fois, Annelise Heurtier a su me surprendre et me séduire grâce à ce roman qui parle de tout un tas de sujets différents : l'émancipation de la femme, la vie dans les années 60 mais aussi les premières amours, les premières découvertes ou le premier boulot. Car en plus, oui, Catherine, contrairement à ses camarades, veut aussi être indépendante financièrement. Elle est vraiment en avance sur son temps !
Et elle a tout compris.
J'ai trouvé ce texte plus léger que les autres. Il faut bien avouer que le sujet, même s'il est essentiel , est beaucoup moins lourd que dans Refuges par exemple.
Il y a beaucoup d'anecdotes, de références, et on sent que l'autrice a pris plaisir à les y glisser.
Bref, c'est un roman engagé qui l'air de rien nous fait passer un message fort qu'il est fondamental de défendre encore aujourd'hui.
Lien : https://www.hashtagceline.co..
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LillyMaya
  11 octobre 2018
Un roman touchant, sur l'histoire d'une jeune fille dans les années 60. J'ai beau connaitre certaines choses de cette époque, mes parents étant nés dans ces années là, j'ai parfois du mal à réaliser tout le poids que les enfants avaient à porter sur les épaules.
L'écriture est agréable et on s'attache à Catherine et à sa famille. J'aurais presque apprécié qu'il ne s'arrête pas, que l'histoire soit un peu plus développée. Mais pour nos ados d'aujourd'hui, cela donne un aperçu de ce que leur grands-parents ont pu vivre. Une lecture à partager avec ses parents ou ses grands-parents ?
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JennBruna
  05 novembre 2018
La fille d'avril nous plonge en France, au coeur des années 60. L'atmosphère du livre est agréable et bien rendue : entre Johnny et Brigitte Bardot, les premières télévisions et les jupes plissées, la lecture a le goût nostalgique d'une époque qu'on n'a pas connue.
Plusieurs mois avant mai 68 donc, Catherine a seize ans, et se sent enfermée dans cette époque qui n'a pas encore connu la libération de la femme. A l'instar de ses copines du pensionnat non-mixte qu'elle fréquente, elle veut pouvoir avoir un petit job, faire des études au lieu de filer directement à l'usine. Elle n'a qu'une envie : s'échapper d'un schéma familial qui a déjà tout prévu pour elle.
Et surtout, elle veut COURIR. Courir, à une époque où l'on menace la femme de perdre son utérus (!) si elle s'adonne à un quelconque sport, et où le simple fait de porter un pantalon relèverait de la folie.
En découvrant cette passion pour la course, elle va découvrir sa soif de vivre et de se battre.
Voilà un roman qui a donc toute sa place en la littérature jeunesse, et qui, je trouve, apporte une belle perspective face à l'évolution de notre société, et remet les idées en place sur les combats des femmes d'hier pour notre statut d'aujourd'hui.
Toutefois, j'ai trouvé que la narration, surtout dans la seconde moitié du roman, se hâtait un peu, et que l'histoire de Catherine aurait pu être davantage étoffée.
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InMyBookWorld
  26 octobre 2018
Catherine est une jeune fille qui aide à la maison, pas le choix, chaque jour ses corvées, mais qui va aussi à l'école pour filles, grâce à une bourse (sinon, elle serait déjà au boulot en attendant d'être mariée). Nous suivons ainsi son quotidien, ce que c'est que d'être une jeune fille à cette époque, et je dois dire que j'ai été choquée/en colère/sidérée (rien à rayer, tout ça à la fois) plus d'une fois. J'avais l'impression d'étouffer ! Je ne suis pas naïve, je sais très bien comment ça se passait pour les femmes avant, mais je crois qu'on a parfois tendance à l'oublier. Et je trouve que ce roman est parfait pour nous rappeler qu'on doit rester vigilant.
Combien de fois j'ai entendu le fameux "mais ça sert à rien l'école" de la part de mes filles, comme tous les parents. Nous avons les réponses à travers les pages de ce récit.
Quand Catherine veut courir et qu'on lui rétorque qu'elle aura des poils sur tout le corps, pire, que son utérus tombera, elle n'a aucun moyen de se renseigner pour savoir si c'est vrai. Heureusement, elle fait confiance à son corps, à son instinct et à son intelligence pour courir malgré les dires.
Ainsi Catherine va se poser des tas de questions comme : pourquoi les garçons ont-ils plus de droit que les filles ?
Tout simplement car à l'époque, on disait que les filles étaient moins intelligentes que les garçons, qu'elles ne pouvaient pas courir plus de 10 min, il ne faudrait surtout pas abîmer ce corps qui n'est là que pour une chose : enfanter. Elle n'a personne vers qui se tourner, pas de communication avec ses parents, elle ne peut déjà même pas parler de règles avec sa mère. D'ailleurs, Catherine va jouer un rôle important auprès de sa petite soeur car elle ne veut pas la laisser dans l'ignorance et la détresse dans laquelle sa mère l'avait laissée lors de ses premières règles.
C'est vraiment une autre époque, mais pas si lointaine que ça. Les femmes n'avaient le droit de travailler et d'avoir un compte en banque qu'avec l'autorisation du mari. Et je ne parle même pas de quelle manière on les traitait.
La fille d'avril est un roman fort, qui se lit avec passion. J'ai été embarqué avec Catherine, je voulais tant savoir ce qui allait lui arriver ! J'ai adoré aussi les passages avec Catherine et sa petite fille, découvrir la vie de cette époque au travers les yeux d'une ado d'aujourd'hui apportait beaucoup.

En bref, un roman qui mérite d'être lu, il faut le lire, le faire lire à nos enfants, pour ne pas oublier, pour rester vigilant, pour qu'on leur rappelle qu'avant, les jeunes filles n'avaient pas le choix.
Lien : https://www.inmybookworld.co..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
SbllySblly   14 septembre 2018
Izia s’essuya les mains sur son jean, les yeux
brillants.
— C’est la robe? Tu l’as trouvée? Faisvoirfaisvoirfaisvoir.
Elle était terriblement impatiente de la découvrir.
Comment sa grand-mère faisait-elle pour rester
si calme alors qu’elle-même devait se contrôler
pour ne pas fondre sur la boîte comme un Attrapeur
de Quidditch sur le Vif d’or ? L’enthousiasme de
Catherine ressemblait plutôt à l’étonnement. Un
étonnement doux, presque maternel, en tout cas
rien d’avide ou d’impérieux. Sans dire un mot,
celle-ci secoua la tête et passa lentement les doigts
sur le couvercle, imprimant dans la poussière
quatre sillons légèrement plus clairs.
À l’envers, Izia déchiffra l’inscription qui flottait
en travers de la boîte :
— «La fille d’avril»…
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SbllySblly   14 septembre 2018
Catherine pivota sur elle-même, heurtant la
lampe de son épaule. Les ombres projetées se
mirent à danser contre les poutres de la charpente
et sur les lames irrégulières du plancher. Après
l’avoir stabilisée, elle commenta :
— C’est un peu comme dans Les Goonies, ici. J’y
verrais bien un début de film. Tu sais, les deux
gamins qui découvrent une espèce de boîte de
Pandore, ou une carte au trésor qui les mène dans
une dimension parallèle.
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SbllySblly   14 septembre 2018
- Mon père dit que les filles ne sont pas faites pour ce genre de sport. Si tu cours trop longtemps, des poils vont te pousser partout sur le corps. De la barbe aussi.
- Ah bon ? C’est atroce !
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