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ISBN : 2811210105
Éditeur : Milady (21/06/2013)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Au milieu de la foule de prétendants, le véritable gentleman n'est jamais celui qu'on croit.

La jeune Catherine Charing est dans une situation embarrassante : pour hériter de la fortune de son grand oncle fourbe et acariâtre, elle doit épouser l'un de ses cousins. Malheureusement, celui qu'elle aime ne veut pas d'elle. Jack est un débauché invétéré, peu disposé au mariage. Pour le séduire, elle tente néanmoins de le rendre jaloux en faisant croire qu'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
afleurdemots
  04 août 2013
Le terme « cotillon » a de multiples sens et peut notamment désigner une danse crée au XVIIIème siècle par Louis Pécour et s'inspirant des figures anglaises. A l'origine, cette chorégraphie était exécutée par deux couples (plus tard, certaines variantes se danseront à 3 voire 4 couples). Les quatre danseurs, disposés en vis-à-vis enchaînent différentes figures en changeant de partenaire. le choix d'un tel titre par l'auteure laisse ainsi présager une intrigue sentimentale toute en légèreté et se révèle par ailleurs source de maintes interprétations une fois la lecture achevée. Quoi qu'il en soit, la définition précédemment donnée du terme « Cotillon » et tout ce qu'elle peut évoquer en conséquence, incarne parfaitement l'esprit du livre.
Dès les premières pages, Georgette Heyer donne le ton et déploie une farandole de personnages sous nos yeux. Un certain effort d'attention est alors nécessaire pour intégrer tous ces protagonistes ainsi que les liens de parenté qui les relient les uns aux autres. Mais passée cette étape d'assimilation, la représentation peut commencer. Car comme au théâtre, « Cotillon » m'a donné l'impression de me retrouver spectatrice d'une véritable comédie, mettant en scène des personnages aussi excentriques qu'atypiques, au service d'une farce où s'entremêlent différentes intrigues amoureuses. Et je pense que c'est d'ailleurs avec un peu de recul et de dérision qu'il convient d'appréhender le récit pour l'apprécier à sa juste valeur.
Portée par des personnages burlesques et débridés, l'intrigue de « Cotillon », de prime abord assez convenue, se révèle être en effet un vrai bijou d'ironie. Elle est en outre, remarquablement mise en valeur par la plume de Georgette Heyer qui parvient à concilier élégance du style et humour, n'hésitant pas à user de tous les codes du genre comique. Quant aux dialogues, où chaque réplique est minutieusement travaillée, ils sont aussi drôles que savoureux. J'ai ainsi ri à de multiples reprises, amusée tant par le génie des réparties que par le caractère des protagonistes qui constituent l'essence même de ce récit. En effet, il serait réducteur de se contenter d'évoquer l'aspect léger et distrayant de l'intrigue. Car derrière les tribulations sentimentales (et vestimentaires) des différents personnages, Georgette Heyer se moque des codes de la romance et des archétypes du genre. L'auteure est ainsi parvenue à peindre des personnages en exagérant suffisamment le trait pour les rendre irrésistibles tout en faisant preuve d'assez de subtilité pour ne pas les rendre antipathiques.
Dans « Cotillon », Freddy Standen, personnages masculin principal de cette intrigue, est ainsi aux antipodes du héros romantique que l'on connaît. Loin du coureur de jupon ou du héros cultivant le mystère, Freddy se révèle davantage préoccupé par son apparence et les fautes de goût vestimentaire de sa soeur que par sa vie sentimentale. Véritable dandy, un brin efféminé, et multipliant traits d'humour et taquineries à longueur de journée, il tient incontestablement plus du parfait « meilleur ami » que du prétendant idéal. D'ailleurs, sa loyauté infaillible le conduit immanquablement à se mettre dans des situations pour le moins inconfortables. Ce qui fait finalement le charme de Freddy, ce sont ses répliques hilarantes et surtout, son infinie bienveillance envers sa très chère cousine, Kitty, pour laquelle il est prêt à de nombreux sacrifices. Au fil du récit, mon attachement à ce personnage n'a ainsi cessé de croître. J'ai été séduite par ses excentricités, ses réparties exquises et caustiques à souhait.
A l'inverse de Freddy, il y a son cousin, Jack, pourvu de tous les attributs du héros de ce genre de récit. En dépit de ses rares apparitions, il est au centre de toutes les conversations. Charmeur, mystérieux, sûr de lui, il fait battre le coeur de nombreuses demoiselles, et fait figure de favori dans la liste des prétendants de Kitty (il est d'ailleurs le neveu préféré de oncle Matthew). Une situation d'élu qui ne lui convient pas. Car Jack ne veut pas être désigné, il veut choisir ! Et afin de rappeler à tout le monde qui tire les ficelles du jeu, il décide de ne pas se présenter le jour où Kitty doit faire part de son choix. Tout au long du récit, Jack se fait ainsi attendre et désirer. Une absence récurrente qui titille notre curiosité et entretient encore davantage le mystère autour de sa personnalité.
Pour clore ce tour d'horizon des protagonistes masculins, impossible de ne pas évoquer l'unique et ô combien hilarant Dolphinton. Un peu « lent » intellectuellement et sous la croupe d'une mère tyrannique qui le terrorise, chacune de ses apparitions donne lieu à des situations exquises et des dialogues d'anthologie ! Si je peux aisément concevoir que le caractère poltron et pleurnichard de Dolphinton puisse en agacer plus d'un (à juste titre), il a, pour ma part, réussi à attiser toute ma sympathie. Voilà un personnage que je n'oublierai pas !
Dernier personnage incontournable (et non des moindres!), la jeune Kitty, personnage central du récit. Incapable de contrôler ses sentiments, impatiente et égoïste, son comportement m'a souvent agacée. En effet, dans l'unique dessein de conquérir Jack, elle n'hésite pas à se servir des gens qui l'entourent pour parvenir à ses fins et ce, sans se préoccuper des conséquences. Elle ne peut pas non plus s'empêcher de mettre son nez dans les histoires sentimentales des autres. Et même si ça part toujours de bonnes intentions, cela aboutit souvent (involontairement, reconnaissons-le) à des situations inextricables. Mais en dépit de ses nombreux défauts, Kitty n'en reste pas moins une jeune fille pétrie de bonnes intentions et dont les maladresses répétées suscitent la compassion du lecteur. Qui plus est, sa personnalité va beaucoup évoluer au cours du récit.
Car dans l'esprit de « La passe dangereuse » de Maugham, « Cotillon » décrit finalement la prise de conscience progressive d'une jeune héroïne aux idéaux préconçus quant à ses sentiments. Si sur le fond, le message est on ne peut plus limpide, sur la forme, l'analyse de l'évolution des sentiments de Kitty aurait gagné à être davantage développée. En effet, l'écriture très théâtrale adoptée par l'auteure ne permet malheureusement pas de saisir les états d'âme des personnages. A défaut de monologues, je regrette ainsi que l'auteure n'ait pas intégré dans ses passages narratifs davantage de détails relatifs aux sentiments des protagonistes permettant ainsi d'en saisir l'évolution. Ce manque de nuance dans l'appréhension de la psychologie des personnages aboutit en effet à une fin trop précipitée sans qu'on n'ait réellement pu percevoir l'évolution des sentiments de l'héroïne. Je reconnais néanmoins que cette absence de détails ajouté au caractère imprévisible de Kitty, ont permis à l'auteure de me faire douter jusqu'aux toutes dernières pages quant au choix final de l'élu de son coeur…

Porté par des personnages aussi peu conventionnels qu'hilarants, « Cotillon » se révèle être une romance originale aux airs de comédie théâtrale. Si certaines regretteront peut-être la légèreté de l'intrigue et les personnages qui tombent parfois dans la caricature, j'ai, pour ma part, totalement sucombée à la plume acérée de l'auteure et à la galerie de personnages tous plus irrésistibles les uns que les autres. Derrière une intrigue apparemment lisse et prévisible, Georgette Heyer parvient néanmoins à jouer avec les codes de la romance et nous offre des dialogues d'anthologie.
Malgré tous ces points positifs, « Cotillon » n'est cependant pas dénué de quelques défauts. En effet, outre la difficulté d'assimiler le nombre conséquent de personnages et les liens qui les unissent, j'ai également quelques regrets sur l'intrigue qui pâtit parfois d'un manque de rythme. J'aurais ainsi apprécié que Georgette Heyer intègre à son récit davantage de rebondissements et ménage une fin moins abrupte, insistant davantage sur l'évolution des sentiments de Kitty.
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everalice
  22 février 2014
Ce roman, deuxième découverte de l'auteur, après l'excellent Adorable Sophy, me conforte dans ma première impression : Georgette Heyer est faite pour moi. J'ai l'impression que c'est la digne descendante, en ligne directe, de Miss Austen. En moins fouillé, toutefois, côté psychologique.
Mais que ses dialogues sont drôles ! Emplis de contre-sens, d'absurdités légères et désinvoltes, vifs, savoureux !
Que les mines de ses personnages sont imagées : je voyais leurs mimiques, effarées, dédaigneuses, sarcastiques, faussement absentes, bécasses, hautaines, tendres... comme si j'y étais !
Que ses personnages sont impayables ! Freddy, incomparable anti-héros identifié comme tel en faux benêt, est un dandy affairé de bon goût, en véritable arbitre des élégances de ces dames et de ces messieurs, meilleur danseur des salons. Adorable personnage masculin complètement incongru pour l'univers romantique, l'insolence et le brillant avec lesquels Georgette Heyer le met en scène m'a même fait penser à du Lorette Chase, qui sait faire passer ses héros pour des crétins finis tout en les rendant infiniment charmants.
Face à lui, Kit, sorte de princesse au bois dormant qui s'éveille à la vie de château, s'emmêle bien souvent les pinceaux, avec sa spontanéité gracieuse et sa bonne volonté. Les seconds rôles sont juste fabuleux, et les dialogues entre les cousins, très caustiques, où les coups volent bas, se savourent avec le sourire aux lèvres : si bien que cette merveille restera dans ma mémoire un fabuleux moment de lecture. Dolphington, le bénet attendrissant, n'en finira plus de se cacher dans les placards. Jack sera toujours aussi intense et ténébreux, les parents de Freddy resteront d'éternels amoureux , caustiques et racés. Sans parler de tous les autres, car le roman est parsemé de personnages tous plus vivants les uns que les autres.
Une romance, oui, dans le sens où les héros finissent par tomber amoureux, mais un roman surtout à lire pour celle qui aiment ces jeux de langue et d'esprit très anglais, cet humour pince-sans-rire joliment enrobé d'absurde et de décalages. Et les intrigues originales, car l'imprévisible règne en maître ici. On est bien loin des schémas attendus, bien loin des figures traditionnelles des histoires d'amour.
Quel élan de fraicheur et de nouveauté !
Je veux aussi tirer mon chapeau à la traductrice qui a fait un véritable travail d'orfèvre. Et j'espère vraiment que Milady poursuivra dans sa lancée avec cette redécouverte, de qualité, d'une auteur qui dénote. En attendant, je vais lire Georgette Heyer en VO. Je me réjouis déjà de la délectation de la lire en anglais. Et youpi, elle a écrit des dizaines de titres !
Lu. Et a-do-ré !
"Vieillot"? Pourquoi vieillot? A cause de la date d'écriture? Mais beaucoup plus récent pourtant que Jane Austen ! Dit-on du style de Jane Austen qu'il est vieillot? Qui a tout de même écrit ses romans au début du 19ème siècle...
Lien : http://leslecturesdeveralice..
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Souri7
  24 septembre 2016
Ce livre est une vrai merveille d'humour dans un cadre historique à la Jane Austen : la régence
J'ai lu avec avidité les aventures de Miss Charing et des personnages secondaires dans un Londres où le paraître, le milieu social, les gens que vous fréquentez font (ou défont) une réputation
Un vrai coup de coeur pour le personnage de Dolph qui m'a fait mourir de rire du début à la fin Dolph, est un cousin de Miss Charing légèrement attardé et qui dit ce qu'il pense sans penser aux conséquences... cela donne des situations à mourir de rire. Par exemple, quand il fait sa demande en mariage à Miss Charing, il précise bien qu'il le fait car SA maman lui a dit de le faire et insiste pour que Miss Charing dise bien à sa mère qu'il a bien fait sa demande
Un vrai moment lecture même si ce livre pèche par son intrigue amoureuse entre Freddy et Miss Charing : en effet, l'on voit se développer les relations amoureuses des personnages secondaires mais très peu (pour ne pas dire pas du tout ) celle des héros du livre.
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Chione
  15 janvier 2014
Cotillon est un roman historique aux multiples intrigues dont certaines se résolvent un peu trop simplement à mon goût.
Il n'en reste pas moins que sa lecture est un moment agréable où l'on se prend d'affection pour les personnages et particulièrement pour Freddy, dandy dans tout sa splendeur, que Georgette Heyer prend plaisir à caricaturer à notre plus grand plaisir. Je me suis un peu moins attachée à Kitty et la naïveté pour ne pas dire la bêtise de Lord Dolphinton peut agacer autant que faire rire.
J'ai tout de même apprécié la description des toilettes, des bals et des relations typiques de l'époque.
En conclusion, si vous cherchez quelque chose à lire sans prise de tête et que vous aimez les romans historiques, ce livre est pour vous.
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AliceFee
  02 juillet 2013
Mlle Alice, pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec Cotillon?
"Depuis que j'ai découvert Georgette Heyer avec Adorable Sophy, et grâce à Milady, j'avais hâte d'avoir l'occasion de la lire de nouveau."
Dites-nous en un peu plus sur son histoire...

"Catherine Charing a été élevé par un tuteur riche mais pingre et ne possède rien qui lui appartienne. Et celui qu'elle appelle son grand-oncle va alors décider que pour hériter, elle doit impérativement choisir un mari parmi ses neveux. Même si le procédé est odieux, amoureuse de Jack depuis toujours, cela ne la gêne pas vraiment. Sauf que Jack est le seul à ne pas faire sa demande..."
Mais que s'est-il exactement passé entre vous?

"Je suis vraiment très friande de cet auteur. Tout est réuni pour que l'on passe un excellent moment: une époque que j'adore, des bals, des intrigues, des secrets, une plume fluide et de l'humour! le livre parfait pour emmener sur la plage cet été pour une lecture divertissante. Cela n'atteint certes pas le niveau de Jane Austen mais je dirais que c'est un genre de chick-lit d'époque, un compromis intéressant lorsque l'on recherche une lecture légère."
Et comment cela s'est-il fini?

"Pas de surprise à la fin, on se doute bien vite du dénouement mais il n'en est pas moins agréable. Si ce n'est que je l'ai trouvé un peu abrupte, j'aurais adoré connaître la réaction de bons nombres de protagonistes! Je garde une préférence tout de même pour "Adorable Sophy", que je ne peux que vous recommander une fois de plus."

Lien : http://booksaremywonderland...
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
afleurdemotsafleurdemots   04 août 2013
« Kitty frissonna.
- C’était la pire soirée de ma vie ! Je n’ai jamais été aussi soulagée que quand Freddy est arrivé !
- Etait-il très en colère ? s’enquit Meg. Il est parfois tellement coincé !
- Non, non, il s’est montré si gentil que j’ai failli fondre en larmes ! Et pourtant, il avait de quoi me faire des reproches ! Je pense, ajouta-t-elle avec ferveur, que Freddy est la personne la plus chevaleresque qu’on puisse imaginer !
Meg en demeura bouché bée.
- Vous êtes sérieuse ? demanda-t-elle enfin d’une voix mourante.
- Bien sûr ! Et il sait se montrer beaucoup plus utile que tous ces gens qu’on apprend à admirer, comme sir Lancelot, sir Galad, le jeune Lochinvar, ou… tous ces hommes-là ! Je doute que Freddy soit très doué pour occire des dragons, mais je parie qu’aucun de ces chevaliers errants ne serait en mesure de voler à mon secours pour m’arracher à un péril social. D’ailleurs, vous conviendrez que de nos jours, personne n’a besoin d’un homme qui sache tuer des dragons ! »

« Cotillon » de Georgette Heyer – p.356 (Editions Milady)
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ChioneChione   22 février 2014
-Je suis obligé de vous ramener en fiacre, Kit! dit-il en refermant la porte derrière eux. Je n'ai pas eu le choix !
-J'aurais été heureuse si vous m'aviez raccompagnée dans une brouette! l'assura t-elle.
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