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Nick Dragotta (Illustrateur)
ISBN : 1607068559
Éditeur : Image Comics (22/04/2014)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
This is the world. It is not the one we wanted, but it is the one we deserved. The Four Horsemen of the Apocalypse roam the Earth, signaling the End Times for humanity, and our best hope for life, lies in DEATH!

The second volume of the Eisner Award nominated series is finally here! "We Are All One" follows our cast around the fractured future-scape of America as we learn more about a world that's rapidly coming to an end.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Presence
  20 juin 2016
Ce tome fait suite à The promise (épisodes 1 à 5) qu'il faut impérativement avoir lu avant. Il contient les épisodes 6 à 10, initialement parus en 2013/2014, écrits par Jonathan Hickman, dessinées et encrés par Nick Dragotta, mis en couleurs par Frank Martin.
Dans la place forte d'Armistice (dans les badlands du Dakota du Sud), les présidents de 6 grandes nations (sur 7) sont rassemblés : Antonia LeVay, Ezra Orion, Cheveyo, Andrew Archibald Chamberlain, John Freeman et Bel Solomon (Hu Mao, le septième ayant eu des différends dans le tome précédent). Ezra Orion préside la séance : il est formel. le Message indique clairement qu'il y a un traître parmi les présents. L'un d'entre eux n'hésite pas un seul instant à dénoncer le traître qui s'était confié à lui.
Quelques scènes dans le passé expliquent les liens qui unissent Phillip Hollingsworth à Bel Solomon, comment Armistice a été bâtie sur un lieu de pèlerinage, quels liens Ezra Orion entretient avec les cavaliers de l'apocalypse.
Dans le présent, Death (toujours accompagné de Crow et Wolf) fait s'ouvrir les eaux d'un lac, pour descendre un escalier en spirale semblant sans fin, afin de rencontrer la Dame (une oracle emprisonnée).
Le premier tome avait bien fait comprendre au lecteur que Jonathan Hickman est seul maître à bord et qu'il a conçu un récit solidement structuré qu'il va narrer à sa façon, et à son rythme. Avec ce second tome, ce principe est confirmé : le lecteur n'a qu'à s'installer confortablement dans son siège et à apprécier le voyage.
Bien sûr, il y a des retours dans le passé qui permettent d'en apprendre un peu plus sur les personnages, et sur l'histoire alternative de cet environnement. Néanmoins, il s'agit à peine d'un quart du récit et la narration reste focalisée sur le présent.
Jonathan Hickman a créé des personnages avec une très forte identité, que ce soit par leur position de pouvoir, ou par leur histoire (même si le lecteur n'en connaît qu'une petite fraction). Il n'y a donc aucune difficulté pour mémoriser qui est qui, et qui a fait quoi. Il déroule un récit d'aventure grand spectacle, avec une demi-douzaine de sites différents, des voyages, des affrontements et des meurtres de sang froid. le niveau de divertissement est élevé, assuré par des aventures grand spectacle.
Au fil des péripéties, Hickman développe plusieurs thèmes. Il crée une résonnance discrète mais bien présente entre certaines composantes de son récit et des mythes & légendes. L'image du partage des eaux devant Death évoque un passage biblique. Sa simple demande de voir la Dame (Lady) évoque la Dame du Lac de la geste arthurienne. Il s'agit de simples effets d'écho, pas d'incorporation de ces mythes, encore moins de transposition malhabile.
Il développe également en filigrane des questions relatives à la gouvernance, qu'il s'agisse de la dictature impitoyable d'Antonia LeVay guidant un peuple de moutons sans intelligence, ou des relations internationales retorses de la nation de John Freeman (les noirs d'Amérique ayant obtenu des terres contre le gré des autres nations, et détenant une partie significative des richesses mondiales). Hickman insère également un renversement de pouvoir par les Rangers (une force armée) qui se dissout après le coup d'état pour éviter de succomber à la tentation de prendre le pouvoir, au risque de ne plus le lâcher.
À plusieurs reprises, le lecteur observe également qu'Hickman poursuit le thème de la filiation, du péché du père dont le fils supporte les conséquences, et de l'obligation de la génération suivante de réussir à sortir de l'ombre de ses géniteurs.
Un thème ressort comme principal : celui de la prophétie et de son inéluctabilité toute relative. Les cavaliers de l'Apocalypse semblent prisonniers des prophéties contenues dans le Message. En même temps l'un d'entre eux explique que ces prophéties ne prennent leur sens qu'au fur et à mesure que leur contexte apparaît dans le temps présent. Hickman s'amuse à tordre le concept de prophétie dans tous les sens, faisant ainsi tourner en bourrique les personnages, et incitant le lecteur à remettre en cause ses convictions sur cette notion, que ce soit en ce qui concerne le texte sacré du Message, ou les déclarations de l'oracle.
Avec tout ça, il est facile d'oublier le travail de Nick Dragotta, qui est totalement dans l'ombre du scénario éblouissant et magistral d'Hickman. Ses dessins participent à niveau égal de celui du scénario pour rendre chaque personnage immédiatement reconnaissable, avec des caractéristiques physiques très spécifiques (magnifiques moustache et barbe d'Andrew Archibald Chamberlain, très belle silhouette d'Antonia LeVay, etc). Il réussit même à donner une apparence originale et cohérente à un monstre de type lovecraftien, ce qui n'est pas donné à tous les dessinateurs.
Il est possible de relever une petite propension à se laisser aller pour les décors, en évitant de les dessiner toute une page durant, et en laissant Frank Martin remplier la case avec un discret camaïeu, ou un joli dégradé. Toutefois quand le scénario exige un décor plus fouillé (soit en début de séquence, soit pour contextualiser les mouvements des personnages), Dragotta ne rechigne pas à l'effort. le lecteur appréciera l'architecture simple et élancé du bâtiment d'Armistice. Il n'est pas près d'oublier l'escalier menant à l'oracle, ou la cité où LeVay effectue son discours, ou la structure où le fils de Death est emprisonné, ou même le désert dans lequel se trouve le père de Wolf.
Dragotta incorpore les éléments de science-fiction avec la même facilité et le même naturel que dans le premier tome. Sa mise en page à base de cases sagement rectangulaires est efficace et adaptée à chaque séquence. Il gère le découpage en fonction de la nature de la scène, passant d'un dessin pleine page, à 10 cases sur une même page.
Dans les séquences correspondantes, le lecteur observe que Dragotta maîtrise bien l'emploi du vocabulaire graphique de l'horreur, dosant avec soin ses effets. Il complète la narration en faisant ressortir les motifs visuels récurrents comme la blessure à l'oeil, déjà présente dans le tome 1 (le barman).
Pris à part, la lecture de ce deuxième tome peut être ressentie comme légèrement insatisfaisante. Il se passe beaucoup de choses, les composantes sont variées et divertissantes, la toile de fond est vaste et riche, les thèmes développés sont substantiels et intelligents. Il se produit toutefois comme un effet de papillonnage. Il faut donc que le lecteur garde à l'esprit qu'il ne s'agit que d'un chapitre dans une narration de plus grande envergure, pour pouvoir apprécier pleinement la saveur de la narration.
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