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Citations sur L'art et la manière (42)

collectifpolar
collectifpolar   02 octobre 2021
Mon père, y rentrait comme ça chez nous. C’était un drôle. Le jour que la paye tombait, ça se passait très bien. Y touchait son fric, y bossait toute la journée et rentrait le soir, y donnait l’argent à ma mère et y sortaient tous les deux, ils allaient faire des courses. Après, y rentraient, y regardaient la télé et peut-être qu’y buvait deux bières. Deux bières maximum. Plein de fois, tu descendais le matin, et le verre était là, sur la table près de son fauteuil, rempli de bière éventée. J’me souviens, j’y ai goûté, la première fois que j’y ai goûté, j’me suis dit : bon Dieu, comment quelqu’un peut boire un truc qu’a un goût pareil ? Et il allait au boulot. Mais des fois, y avait pas d’embauche sur les quais. Plein de fois. Et la plupart de ces fois-là, y rentrait et y lisait, ou y faisait autre chose. Y parlait jamais beaucoup. Mais des fois, y avait rien, tu vois, tu le savais pas, y rentrait pas, pas toutes les fois mais des fois. Et lui, toujours, y savait, y savait quand il allait le faire. Parce que quand y rentrait pas, quand il était en retard, ma mère commençait à s’inquiéter, et elle arrêtait pas de marcher de long en large, et quand il était pas là, elle disait des Ave Maria et tout, quand il était pas là à sept heures et demie, elle allait au placard. C’était là qu’y rangeaient l’argent qu’y dépensaient pas en courses. Dans un pot de beurre de cacahuètes. Et si mon père était pas là, le pot était toujours vide. Toujours. Et y restait au moins trois jours sans rentrer, et quand y rentrait, il était toujours comme ça. Y se cassait toujours la figure.
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collectifpolar
collectifpolar   02 octobre 2021
«; J’me souviens la dernière fois qu’y s’est fait désherber. C’est moi qu’ai dû l’emmener, et il était, oh, c’était surtout ma mère. Elle m’a dit : “T’as vingt ans, maintenant. Occupe-toi de lui. Je le ferais, mais j’en ai marre. Emmène-le, toi.” Alors je l’ai emmené à Désintox. La clinique du docteur P.K. Murphy. Je l’ai emmené, et il était blindé à mort. Et y venait d’avoir un dentier neuf. Alors y me dit, bon, je le savais, c’qu’il essayait de me dire, y voulait que j’embarque son dentier. Il l’avait payé deux cent soixante dollars, ce dentier. Mais bordel, qu’est-ce que tu voulais qu’j’en fasse, moi, des dents à mon vieux ? J’allais sûrement les perdre, en plus. Alors j’y ai dit, au type, écoutez, j’y ai dit, y va probablement s’en sortir, d’une manière ou d’une autre, autant qu’ils les gardent, ses dents. Et ils les ont mises dans une boîte. Je les ai vus faire.
«; J’y retourne à peu près une semaine plus tard, j’veux dire, je l’aimais bien, mon vieux. Y tapait jamais sur personne. Ça l’rendait dingue, que Sandy, elle soit tout le temps à courir comme elle faisait, et que lui, y pouvait rien faire contre. Mais c’était pas un mauvais gars. Alors j’y suis retourné, j’y suis retourné le voir.
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collectifpolar   02 octobre 2021
– Ils ont dû s’en mettre une belle ! J’aimerais voir l’autre gars...
– Y s’est cassé la figure.
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collectifpolar   02 octobre 2021
Une rame bleue et blanche arriva de Cambridge. Les portes s’ouvrirent. Un ivrogne d’un certain âge se leva en chancelant, ne s’intéressa pas aux portes qui étaient dans son dos et s’avança en titubant vers celle qui s’était ouverte devant Russell et Frankie. Il portait une veste à carreaux verdâtre, une chemise blanche de soirée et un pantalon de costume noir. Ça faisait plusieurs jours qu’il ne s’était pas rasé. Une grande écorchure rouge courait sur sa joue gauche. Il y avait du sang sur son oreille gauche. Ses chaussures noires béaient à la trépointe d’où dépassaient des oignons. Il arriva presque de l’autre côté du wagon avant que les portes se referment, se pencha en tendant le bras gauche pour agripper le bord incurvé du siège orange. Sa main était ensanglantée au niveau des phalanges. Il s’écroula en arrière sur le siège. Les portes se fermèrent et la rame partit en direction de Dorchester.
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collectifpolar   02 octobre 2021
– Merde, dit Russell, écoute-le. J’suis prêt à bien l’écouter, moi aussi. C’est juste qu’y voulait rien dire devant moi que j’aurais pu entendre. Ce putain de connard, y peut pas m’blairer. D’accord. Mais ça risque pas que j’vais aller faire irruption et me coller dans un truc que j’sais même pas dans quoi c’est que j’me colle. Ça m’est arrivé avant. Je recommence pas. Ce truc que j’fais maintenant, j’peux continuer. Ça va sûrement me prendre plus longtemps pour en tirer c’qu’y me faut, mais j’peux y arriver. À partir de maintenant, c’est moi qui choisis mes propres cibles. J’ai pas besoin de rester là à attendre en encaissant les conneries de l’Écureuil.
– OK, dit Frankie, c’est exactement c’que je dis. Tu peux marcher dans le coup ou tu peux laisser tomber, tout va bien. J’aimerais bien être à ta place. Mais moi, ça se monte au moins à dix mille chacun, c’qu’y nous parle. Si t’en veux pas, de ces dix mille dollars, pas de problème. Mais moi, j’en veux. Et j’ai nulle part où j’peux les trouver, à part là. Toi, oui.
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collectifpolar   02 octobre 2021
- (...) Mais toi, t’as sûrement envie de tirer ta crampe, et y a une nana que je connais, elle bosse, son mari pense qu’elle finit à minuit, j’crois. Elle finit à peu près à dix heures.” Alors moi, j’y dis, ben, j’y dis pas qu’j’aurais besoin d’un nom comme ça, là, tout de suite, ça serait à Sandy que j’demanderais, c’est pas le genre de truc qu’il a vraiment envie d’entendre. Alors j’y dis juste merci, qu’c’est sympa de sa part. Mais j’ai nulle part où aller, où j’pourrais emmener une fille, tu sais ? J’ai pas de voiture. J’ai moins de trente dollars. J’veux dire, qu’est-ce que j’peux faire ?
«; Et lui y me dit, y m’dit que lui et Sandy y vont sortir, et que moi, j’peux utiliser leur appart’. Ouais, et sûrement qu’un de leurs gosses va pas se lever au milieu de la nuit pour venir voir comment ça se fait que j’fais autant de bruit en baisant sur le canapé. Ça va pas marcher, point final, ça peut pas marcher, c’est tout. Faut que j’me trouve du fric, et j’peux pas, ce coup que John prépare, c’est le seul truc que j’ai dans le viseur à l’instant présent. J’suis bien obligé de l’écouter.
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collectifpolar   02 octobre 2021
Dean, mon beau-frère, c’est pas un mauvais gars, au fond, y dit rien. Tu sais c’qu’y fait ? Y bouquine des catalogues. Tous ces catalogues qu’arrivent par le courrier. Ce con-là, y bosse, y part bosser à midi, de midi à vingt heures trente, à la station-service d’en bas. Quand y sort du boulot, y lit des catalogues. Des putains de catalogues d’électronique ! Et elle, pendant qu’il est là-bas, à se casser le cul avec du cambouis et tout qu’il en a jusqu’au cou, pendant ce temps-là, elle va se taper un mec ! Alors moi, je dors sur son canapé et je bois sa bière, et lui, y me connaît pas. Il est de Malden. D’où c’est qu’y me connaîtrait ? Quand y se sont mariés, j’étais en taule. Mais lui, quand même, y me dit : “Écoute, tu l’dis pas à Sandy, d’accord ? Parce que si tu l’dis, elle va sûrement commencer à se demander comment qu’ça se fait que j’sais ça.
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collectifpolar   02 octobre 2021
– Écoute, dit Russell, tu devrais savoir. J’ai dû faire ceinture pendant presque quatre ans. J’aurais trouvé quelqu’un, y me l’aurait tenu, j’aurais baisé un serpent. Ces gonzesses-là, d’accord, tu les verrais, t’aurais pas envie de les violer, tu sais ? Mais putain, elles ont le tout à l’égout !
Un type corpulent, aux gestes mal coordonnés, fit son apparition sur le quai d’en face, direction sud. Il portait une combinaison de travail blanche et avait un seau en plastique bleu à la main. Il tourna le dos et s’abîma dans la contemplation du carrelage mural. Posa le seau par terre. Mit les mains sur ses hanches. Sur le mur, tracée à l’aide d’une bombe de peinture rouge, s’étalait l’inscription : T’ES DU SUD, SUCE-LA MOI. Il se baissa et prit dans le seau une bouteille de solvant et une brosse.
– Je voudrais bien pouvoir voir les choses comme ça, dit Frankie. J’arrive pas à fixer mon esprit sur rien. J’me disais, tout le temps j’me disais, putain, si jamais je sors de cette taule de merde, ce jour-là, toutes les femmes, ils ont intérêt à leur faire quitter la ville, tu sais ? Mais tu sais c’que j’fais ? Je dors tout le temps !
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collectifpolar   02 octobre 2021
– J’te jure. Elle a jamais eu sa chance, n’empêche. Elle s’est toujours plutôt bien démerdée, c’est pas c’que j’veux dire. Mais elle a jamais eu une vraie chance.
– Personne en a jamais eu. Je vois pas c’qu’y a de neuf. Je parlais à une fille, elle voulait que j’aille la voir c’t’aprèm’. J’y ai répondu : “Écoute, j’ai un truc de prévu. Pourquoi ça va pas, ce soir ?” Elle va au boulot. Elle sort tard. J’m’en fous, moi ! C’est pas la première fois que je reste debout tard. Elle est aide-soignante. Elle me dit : “Écoute, j’vais laver les culs de vieillards et le reste, toute la journée. Et en plus, j’vais être debout tout le temps. Tu crois que j’vais avoir envie de baiser, après ça ? C’est ça, que tu crois ? Ben non.”
– Ça va pas être triste, dit Frankie. J’vois bien le genre de gonzesse qu’ça va être, le genre que tu peux te la faire d’après l’annonce qu’est parue dans le journal. Sûrement qu’elle y aura planqué deux poignées de bouts de verre, à l’intérieur.
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collectifpolar   02 octobre 2021
Russell s’arrêta deux pas derrière Frankie sur le quai numéro deux de la station de métro MBTA, à Park Street.
– OK, dit-il, j’suis là. On y va ou quoi ?
Frankie s’appuya contre un des piliers rouges et blancs.
– Ça dépend.
– Ça dépend pas de moi, répondit Russel. J’suis debout depuis cinq heures moins le quart. J’suis complètement lessivé. Et en plus, j’ai l’occasion de baiser si j’y vais pas.
– Plus personne baise la nuit ou quoi ? Ma sœur, quand on était ados, tu pouvais pas l’obliger à rester à la maison le soir, Sandy, même en l’attachant. Maintenant, le mardi et le mercredi après-midi, elle sort. Ça fait cinq semaines que j’suis là et elle est jamais à la maison ces jours-là.
– C’est sûrement un pompier, dit Russell, un gars qu’est de service de nuit dans une caserne de pompiers. Jeune, en plus, à cause qu’elle sort pas le week-end.
– Ou un enfoiré de flic. Ça serait pareil avec un flic. J’y ai dit : “C’est pas mes affaires, Sandy, j’espère seulement que tu roules pas dans le foin avec un flic, c’est tout.” Elle me regarde. “Pourquoi ? qu’elle me dit. Qu’est-ce que vous avez, vous autres, que les flics ont pas ?” Cette môme, je la plains.
– C’est toi que tu devrais plaindre.
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