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Alain Delahaye (Traducteur)
ISBN : 2253061549
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 73 notes)
Résumé :
Durant plus de vingt ans, Edith, femme américaine "moyenne", tient son journal. À vingt-cinq ans, mariée, mère d'un garçon sans grande personnalité, elle essaie de ne pas s'ennuyer. À près de cinquante ans, elle ne voit plus dans son existence qu'un lent naufrage dans la médiocrité absolue. Et ce journal, auquel elle confie rêves et fantasmes à la fois émouvants et dérisoires, est devenu le miroir de deux existences, l'une réelle, l'autre imaginée, inconciliables - ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
nameless
  18 mai 2019
Lorsqu'elle épouse Brett au début des années 50, Edith est une jeune femme séduisante, intelligente et curieuse. Elle écrit et vend des articles et des nouvelles aux journaux qui partagent ses idées progressistes ; elle aime la poésie et la sculpture ; elle consigne les événements importants de sa vie dans son journal intime. Bientôt, le couple et son fils Cliffie quittent New York pour Brunswick en Pennsylvanie, où les espérances, les projets, la vie rêvée d'Edith se confrontent au principe de réalité. L'éducation de Cliffie s'avère difficile. Il est un enfant instable que rien n'intéresse, sa scolarité est un fiasco. Brett est absorbé par sa carrière new-yorkaise et tombe amoureux de Carol sa secrétaire. Edith passe ses journées à accomplir les tâches ménagères, à jardiner, et à s'occuper de Georges, le vieil oncle de Brett, venu s'installer chez eux depuis qu'il est impotent.

« J'ai parfois l'impression qu'il y a quelque chose qui est en train de craquer en dedans de moi ». Edith prend peu à peu conscience que la vie n'a aucun sens, que les trois hommes qui partagent la sienne en ont aussi pris le contrôle. Ses journées ne sont qu'une succession de gestes gratuits, sans but. Mais quel but pourrait-on trouver à la vie, qui n'est qu'une plaisanterie ?

Les batailles d'Edith sont perdues d'avance. Elle s'intéresse à la politique qui n'intéresse pas les américains, attitude que le pouvoir fait tout pour favoriser. Se battre contre une majorité indifférente à ses propositions, qui ne l'entend ni ne l'écoute est inutile. Lutter contre la décision de Brett de la quitter, ne sert à rien, et elle dit « oui » à la séparation comme elle a dit « oui » à la célébration de son mariage. Vouloir persuader Georges de s'installer dans une maison de retraite est voué à l'échec puisqu'il a à sa disposition une infirmière gratuite, qui vide les bassins, entretient son linge, et lui prépare repas et collations. Cliffie n'en parlons pas. Il végète, entre petits boulots et alcoolisme. Il se fout de tout. Seuls ses chats, Mildiou puis Nelson offrent de l'affection à Edith.

Dans son journal, Edith s'invente une vie plus agréable, est happée par un monde imaginaire. Ce qu'elle écrit, ce sont des mensonges, mais après tout, qui les lira, et si les rédiger la rend moins mélancolique, plus joyeuse, si elle se sent moins déprimée, où est le mal ? Le journal d'Edith raconte l'histoire d'une femme ordinaire qui sombre lentement dans la folie, explore la frontière poreuse entre raison et déraison, sur fond de critique virulente de l'american way of life. Comment expliquer que ce roman dans lequel il ne se passe rien en dehors de la description clinique et froide des journées d'Edith est un chef-d'oeuvre ?
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Pietro38
  06 mai 2015
Une désespérante noirceur que ne vient éclairer aucune lueur d'espoir
En apparence, rien d'extraordinaire que ce journal d'Edith, le journal banal d'une femme au foyer américaine, mais quelle noirceur, quelle progression diabolique, quelle histoire tragique magnifiquement orchestrée par Patricia Highsmith, jusqu'au dénouement triste, affreux. Peut-être le pire dénouement dans l'histoire du roman noir.
Durant plus de vingt ans, Edith tient son journal. A vingt-cinq ans, mariée, mère d'un garçon sans grande personnalité, elle essaie de ne pas s'ennuyer. A près de cinquante ans, elle ne voit plus dans son existence qu'un lent naufrage dans la médiocrité absolue.
Je demande toujours à un roman de me procurer des émotions, peu importe lesquelles, et au fur et à mesure de la lecture, c'est l'effarement et la révolte qui prédominent, devant le destin cruel qui s'acharne sur cette pauvre Edith.
Pauvre femme qui n'a rien fait pour mériter ça, et qui s'enfonce inexorablement dans un enfer quotidien bouleversant, terrible. Une descente aux enfers physique et surtout psychique, sans solution, sans répit, qui fait froid dans le dos.
Il faut avoir les nerfs bien accrochés pour lire ce roman très dur, extrêmement bien écrit par celle qui fut la reine du crime à son époque. le chef d'oeuvre de Patricia Highsmith!

Lien : http://www.conseilspolarsdep..
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carnet-de-voyage
  21 avril 2019
Si je vous dit d'emblée qu'Edith est une ménagère de 50 ans (au faible mot) et qu'elle tient son journal intime depuis 25 ans, vous risqueriez d'arrêter de lire cette critique à cette simple phrase...
Ce qui serait un tort...
Mais si j'ajoute cette citation de Tristan Bernard : "Le mensonge et le silence arrangent bien des drames de famille.", votre curiosité se trouverait peut être en alerte...
Oui, Edith lorsqu'elle se marie, à 25 ans, n'est peut-être pas une reine de beauté et n'a pas le sex appeal d'une Cheerleader mais n'en est pas moins intéressante...
Sa vie est terne et son journal, ami intime, est son confident...
Elle y relate ses journées, et puis un soir, elle ment à son "ami"....
Au lieu de corriger, elle trouve que son mensonge est beau...et si réel...
Si réel à ses rêves..... A sa vie rêvée...
"Mentir à sa façon à soi, c'est presque mieux que de dire la vérité à la façon des autres. " disait Fiodor Dostoïevski et ce qu'Edith pratique dorénavant au quotidien....
Quelle tristesse dans ce naufrage..
Un sublime livre où on assiste sans pouvoir faire quoi que ce soit au naufrage d'une belle âme...
Et c'est ce qui est le pire...
Ce sentiment d'assister à la mort lente d'une personne...
En conclusion, et sans vouloir remettre une citation, j'aimerais attirer votre attention sur une pensée de Sacha Guitry qui disait que le mensonge le plus facile est de faire croire à une personne qui vous ment que vous la croyez....
Ne passez pas à côté de "Le journal d'Edith" de "Patricia Highsmith"
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marc_tlse
  13 novembre 2018
J'avais adoré l'inconnu du Nord Express. J'avais trouvé M.Ripley un peu moins haletant mais cela m'avait tout de même poussé à continuer l'exploration de l'oeuvre de P.Highsmith. Je ne peux pas cacher une forte déception sur ce roman. Seule l'envie d'arriver au moment où tout va se transformer m'a poussé à avancer dans ma lecture qui ,je reconnais a été assez lente … et le moment attendu n'est jamais arrivé. L'indifférence voire un certain mépris que tout le monde oppose à cette femme pourtant si altruiste est si désagréable que l'on attend sa révolte qui ne viendra pas plus que la chance qu'on lui souhaite. Désespérant.
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morea
  03 décembre 2017
Remarquable analyse de la condition féminine, surtout dans le monde anglo-saxon où l'on préfère le silence à l'affrontement. Cette femme au foyer, même si elle n'est pas pauvre, travaille toujours pour les autres...Elle n'a pas assez de force pour imposer quoi que ce soit à qui que ce soit (mari, fils, oncle). garde tout pour elle et croit se sortir de là en écrivant un journal merveilleux.Évidemment le trait est forcé mais si on lit parfois des témoignages on voit que son cas est loin d'être unique.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
namelessnameless   17 mai 2019
"A l'aube, après ma mort quelques heures avant,
La lumière s'étendra comme toujours à sept heures
Sur ces arbres que je connais.
Les ombres céderont, face au vert éclatant,
Face à la cruauté bénigne, indifférente du soleil
Indifférents se dresseront les arbres dans mon jardin,
Et sans larmes pour moi au matin de ma mort.
Semblables à eux-mêmes, les racines assoiffées,
Les arbres se reposeront dans le calme plat de l'aube,
Aveugles et insouciants,
Les arbres que je connaissais,
Dont je prenais soin."
p. 238 (poésie rédigée par Edith dans son journal)
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FRANGAFRANGA   01 février 2012
Dans les secondes de silence qui suivirent, Edith sentit pour la première fois un abîme sous elle, autour d'elle, un abîme noir et dangereux. Elle eut l'impression d'un temps vide, d'un temps énorme, des années, des mois, des jours, des soirs. Elle se rappelait plus que jamais -elle le sentait plus fort que lorsqu'elle avait écrit la phrase peut-être vingt ans plus tôt- que la vie n'avait vraiment aucun sens, pour personne et pas seulement pour elle-même. Mais si elle-même était seule, et devait continuer seule, alors cette absence de sens deviendrait d'autant plus terrifiante. Et voilà tout. Durant quelques secondes elle éprouva une panique totale, comme si elle venait de distinguer clairement le destin, la fatalité, l'essence de la vie et même de la mort.
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FRANGAFRANGA   01 février 2012
Et la manière dont le visage de sa mère avait changé depuis la mort de Mildiou deux jours avant, sa bouche aux commissures constamment tombantes, son air si préoccupé, au point qu'il fallait lui répéter deux fois la même phrase pour qu'elle l'entende... Tout ça pour un chat ! Etait-ce normal ? Cliffie avait suffisamment entendu dire qu'il n'était pas normal. Il pouvait aussi leur renvoyer la balle.
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namelessnameless   14 mai 2019
N'est-il pas plus sûr, et même plus sage, de croire que la vie n'a absolument aucun sens ?
p. 15
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namelessnameless   13 mai 2019
La différence entre le rêve et la réalité constitue l'enfer véritable.
p. 399
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Videos de Patricia Highsmith (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patricia Highsmith
Patricia Highsmith (1921-1995) writer Patricia Highsmith (19th January 1921 - 4th February 1995) was an American novelist and short story writer best known for her psychological thrillers, including her series of five novels based on the character of Tom Ripley. She wrote 22 novels and numerous short stories throughout her career, and her work has led to more than two dozen film adaptations. Her writing derived influence from existentialist literature, and interrogated notions of identity and popular morality. She was dubbed "the poet of apprehension" by novelist Graham Greene.
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