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Claire Dodane (Traducteur)
EAN : 9782251722030
186 pages
Éditeur : Les Belles Lettres (05/11/2008)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 11 notes)
Résumé :

"Il partit, le pousse-pousse vide derrière lui. Après avoir parcouru quelques mètres, il se retourna vers elle. Il allait vers l'est. Elle allait vers le sud. Sous le clair de lune, elle marchait abattue, seule dans la rue principale avec le frémissement des saules et le bruit sans force de ses socques de bois". Les cinq nouvelles de ce recueil ont toutes l'éclat de la lune, symbole par excellence de la mélancolie au Japon. I... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
kuroineko
  20 mai 2019
Higuchi Ichiyô (Natsu, de son vrai prénom) est la première femme de lettres dont la renommée fut pérenne, du Japon moderne (à compter de 1868, ère Meiji). Ce fait déjà remarquable en soi l'est encore plus lorsqu'on sait que la jeune femme mourut à seulement 24 ans de tuberculose en 1896. Soit un an seulement après la parution de la treizième nuit. Après lecture de ce recueil de cinq nouvelles, quand je vois la qualité et la maturité narrative de ses textes, je ne peux que déplorer une si précoce disparition car il est certain qu'elle avait encore de grandes choses à écrire.
De l'ensemble des récits émane une profonde mélancolie, caractérisée selon une tradition littéraire symbolique par la présence de la lune, étincelante et impartiale, qui observe les faits et gestes d'une humanité impermanente et éphémère, en lutte contre des destins et des conditions de vie difficiles. Les personnages principaux de Higuchi Ichiyô, majoritairement féminins, sont tous en proie au désarroi ou à l'amertume, qu'il s'agisse d'une belle jeune fille de bonne famille mue par une folle et excessive passion de jeunesse qu'elle regrettera amèrement, d'une jeune femme de basse extraction mariée à un homme riche et influent qui la dénigre ou encore une courtisane à succès masquant sa peine sous une façade ou dans une tasse de saké.
Chez l'auteure, mélancolie ne rime pas avec "natsukashii", bel adjectif japonais qui renvoie à une mélancolie heureuse et douce, mais avec "kanashimi" (tristesse). Elle dépeint ses personnages avec profondeur et bienveillance, nous les rendant attachants. On en ressort d'autant plus le coeur étreint d'émotions et presque coupable de ne pouvoir changer la destinée de ces êtres soumis aux aléas et au tourment.
Autour de ces femmes et de ces hommes, la nature déploie ses saisons. On retrouve comme déjà citée plus haut la lune, mais également pruniers et cerisiers en fleurs, la neige, ..., autant d'éléments chantés de tout temps dans la poésie et la littérature traditionnelle japonaise. Higuchi Ichiyô maîtrise bien ces codes, ayant abondamment étudié et lu les recueils poétiques et romans des périodes Heian et Tokugawa. Elle utilise ces symboles dans ses nouvelles, mêlant intimement la tradition à une narration plus moderne. D'ailleurs j'adresse un grand merci à Claire Dodane pour sa merveilleuse traduction, ses notes infrapaginales très éclairantes quant aux références littéraires qui émaillent les cinq récits et sa postface instructive et mettant l'oeuvre de Higuchi Ichiyô en perspective. Chers/chères traducteurs et traductrices, que n'aurais-je pu découvrir sans vous!
Lire une nouvelle de cette incroyable jeune femme implique une lecture ralentie. Ce, afin de goûter avec délectation au style de l'auteure. Je le compare à la plus fine des porcelaines, d'une délicatesse de tons infinis qu'un soupir trop prononcé semble pouvoir briser. Mais qui possède pourtant les forces et beautés évocatrices qui résistent au passage des décennies. N'était la présence fugace d'un costume de type occidental, La treizième nuit et ses consoeurs flottent dans un espace intemporel.
C'est très beau, poignant, fort et émouvant quoique tout dans la retenue. Je sais d'avance que je relirai ce magnifique recueil. Et essaierai de découvrir les autres nouvelles rédigées par Higuchi Ichiyô, dont le beau portait orne les billets de 5.000¥ en reconnaissance de la gloire littéraire (aurait-elle apprécié est une autre question...).
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lessortilegesdesmots
  29 avril 2019
L'histoire que j'ai tissé avec ce livre est assez dingue. Je l'avais emprunté en médiathèque il y a pas mal d'années maintenant. Chaque fois que je prenais le temps de me balader dans la médiathèque à la recherche d'un livre, je le reprenais et le redécouvrais. J'étais à chaque fois émerveillée. J'ai donc fini par l'acheter.

Ce livre comporte cinq nouvelles de la première autrice japonaise. J'ai lu ce livre il y a plus d'un mois. J'ai encore du mal à écrire un ressenti sur ce livre. Toutes ces nouvelles ont en commun un personnage centrale féminin face à sa vie. Souvent le personnage secondaire est un homme qu'elle aime ou pense aimer. L'atmosphère japonais est très présent surtout le Japon du 19ème siècle. Il y a cette douceur mélangée à une dureté en parfaite harmonie.

J'ai beaucoup aimé toutes ces nouvelles. Les thèmes abordés sont la séparation, l'importance des choix, les apparences, la pudeur et les traditions parmi d'autres. Les fins sont rarement positives. L'autrice nous montre que quoique l'on fasse, la femme n'a qu'une valeur d'objet. Elle le fait avec beaucoup de poésie mais après réflexion, c'est ce que l'on se dit. Heureusement que ces femmes ont des personnes qui les écoutent

En bref, ce recueil de nouvelles est un petit bijou pour moi. À force de le lire, je manque profondément d'objectivité. J'espère avoir réussi tout de même à vous parler correctement de ce livre.
Lien : https://lessortilegesdesmots..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
kuroinekokuroineko   19 mai 2019
Aux premières gelées du dixième mois, une lune éclatante brillait sur les feuillages de l'automne. Son éclat vif, comme aiguisé, était aussi glacial que le visage maquillé d'une vieille femme. La lune illuminait tout en dessous d'elle (...). Rien n'échappait au rayonnement de la lune. Elle enveloppait tout. Sous elle, le pur étincelait dans sa pureté, tandis que le souillé demeurait dans le trouble. Scintillante comme un joyau, et désintéressée, elle suivait les choses du monde dans toutes les directions.

"Le son du koto" (1893)
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kuroinekokuroineko   20 mai 2019
Tandis que les flocons dansent dans le ciel comme les ailes de papillons silencieux et qu'ils couvrent à perte de vue la terre d'un manteau d'argent, voilà que sur les arbres dénudés de l'hiver les cristaux rivalisent de leurs pétales avec les fleurs du printemps...
Combien j'envie ceux qui célèbrent dans leurs poésies et leurs chants la beauté de la neige, à côté de celle de la lune et des fleurs!

"Jour de neige" (1893)
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Bellisa55Bellisa55   30 avril 2015
Tandis que les flocons dansent dans le ciel comme les ailes de papillons silencieux et qu'ils couvrent à perte de vue la terre d'un manteau d'argent, voilà que sur les arbres dénudés de l'hiver les cristaux rivalisent de leurs pétales avec les fleurs de printemps...
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Bellisa55Bellisa55   27 avril 2015
Le jeune homme venait d'entrer dans un monde où cent fleurs différentes étaient en même temps écloses.
Commenter  J’apprécie          90

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