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ISBN : 2081290545
Éditeur : Flammarion (15/10/2014)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Je n'ai jamais vu une femme aussi belle , écrit à son propos le jeune Marcel Proust. Véritable légende vivante dans le Paris incandescent de la Belle Epoque, la comtesse Greffulhe, née Elisabeth de Caraman-Chimay (1860-1952), ensorcela pendant plus d'un demi-siècle le Tout-Paris et le gotha européen avant de s'effacer des mémoires, dévorée par l'ombre des Guermantes qu'elle avait inspirés. Laure Hillerin la ressuscite ici dans sa véritable dimension à travers l'étin... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
Bigmammy
01 décembre 2015
Lire la biographie d’Elisabeth Greffulhe, c’est parcourir une importante portion de siècle (elle est morte en 1952 à 92 ans !), et, lorsqu’il s’agit de la Belle Epoque, plonger dans les délices d’un temps extraordinairement riche en événements, bouleversements technologiques et politiques, finalement pas si étrangers à notre vie actuelle et pourtant dans un tout autre monde. Le Grand Monde ...
J’avais découvert son extraordinaire destin à travers sa somptueuse garde-robe, actuellement exposée au musée Galliera. J’ai révisé à travers cet ouvrage toute l’histoire mouvementée de la fin du Second Empire, des troisième et quatrième Républiques, de trois guerres contre la Prusse et l’Allemagne. Une expansion industrielle et scientifique sans précédent, le développement de l’art contemporain sous les formes les plus diverses : la peinture, la musique, la danse, le roman … Elisabeth de Riquet de Caraman-Chimay devenue par mariage comtesse Greffulhe a participé à l’éclosion de toutes ces formes de modernité, directement et avec un génie inné de la mise en relation qui font d’elle la première entrepreneuse de spectacles et attachée de relations publiques du monde.
Elisabeth Greffulhe a tout pour elle à première vue : élancée, un port de reine, des yeux de braise, une chevelure auburn splendide, une taille de guêpe, un pédigrée de la plus haute noblesse franco-belge, des talents de musicienne et de pastelliste comme il sied à une jeune fille de la plus haute société. Mais pas de fortune personnelle. Après une cour de quelques mois, elle est mariée à l’une des plus importantes fortunes de France : le vicomte Greffulhe, un géant à la barbe blonde – ou plutôt Bleue ! - et au poitrail avantageux de chasseur compulsif (gibiers et femmes). Sa lune de miel durera moins d’un mois. La belle jeune femme, quasiment cloîtrée au sein d’une belle-famille étriquée et hostile, subira pendant plus de 50 ans les colères terribles de ce mari jaloux, violent, manipulateur et pervers narcissique, notoirement infidèle mais auprès duquel elle restera chaste, ne dérogeant jamais ni à sa condition de femme du monde, ni à sa promesse de femme mariée.
Elisabeth sait avec talent mettre les artistes et les fortunes (Dale Carnegie, Rothschild, Daniel Iffla-Osiris …) en relation et en contact. Elle sait mobiliser les énergies pour produire les artistes les plus avant-gardistes : son nom s’effacera des mémoires mais ses protégés occuperont à jamais le devant de la scène. Parmi ses réussites les plus fameuses : le financement de chercheurs scientifiques comme Edouard Branly et Marie Curie. Novatrice dans ses engouements artistiques, elle se montre non-conformiste dans ses attachements politiques : elle est résolument dreyfusarde dans son milieu très majoritairement antisémite, favorable à la reconnaissance de l’égalité des femmes sans être féministe, proche de Léon Blum, Georges Clémenceau, Joseph Caillaux, Gustave Le Bon. Elle donnera aussi sa confiance à Pétain et Laval, mais se morfondra pour en avoir été « poire, dupe, victime trop confiante »…
Son salon, grâce à la fortune de son mari qui oscille entre la fierté d’arborer son épouse et la crainte des regards masculins, accueille les têtes couronnées et tout ce que l’Europe compte de célébrités. Ses toilettes font la une de tous les journaux mondains, elle semble d’une beauté inaltérable.
En dehors de son activité débordante d’agitatrice culturelle – un dérivatif qui lui tient lieu de survie face à un mari odieux jusqu’à la caricature – elle va, très malgré elle, rester inscrite dans l’histoire de la littérature en inspirant, très directement, et dans plusieurs des 200 personnages de son œuvre, Marcel Proust qui entretint avec elle une correspondance et une relation complexe de dédain-admiration. En fait, cette femme hypersensible à maintes formes d’art, est passée à côté du génie de l’auteur et ne lut jamais La Recherche … Le travail de dépouillement des énormes archives de la comtesse procède à un décodage des correspondances entre les figures crées par Marcel Proust et les familiers d’Elisabeth Greffulhe, fournissant ainsi un trousseau de clefs qui donne vraiment envie de commencer la lecture de ce chef-d’œuvre.
Un seul rayon de soleil dans cette vie aussi fastueuse que dénuée de tendresse : la profonde amitié amoureuse qui lie la comtesse au compositeur Roffredo Caetani, rencontré en 1902 à Bayreuth, qu’elle s’emploie à lancer mais dont la neurasthénie la désole et qu’elle chérira jusqu’à sa mort. L’auteur définit cette relation amoureuse comme très probablement platonique … mais laisse le doute planer !

Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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som
27 avril 2015
modèle de la duchesse de Guermantes dans l'oeuvre de Proust.
Tout en resituant le contexte historique et en nous plongeant dans les fastes des salons parisiens de la Belle Epoque, Laure Hillerin dresse également le portrait d'une femme qui tente d'échapper à son destin trop bien tracé. Malheureuse en ménage, étouffant dans une belle famille à l'esprit étroit, la comtesse se lance à corps perdu dans des causes multiples : diffusion de mouvements artistiques modernes, protectrice de la recherche scientifique, fine analyste de la condition féminine tout en sachant porter des idées politiques novatrices.
En s'appuyant sur de sérieuses archives, l'auteur retrace rapidement la chronologie de cette vie exemplaire pour en analyser les lignes fortes entre mythe et réalité. On finit la lecture de biographie extrêmement bien écrit sur un double sentiment : combien la réalité qui se cache derrière une image est toujours plus subtile, trouble et combien cette femme a incarné malgré elle, et presque sans le savoir vraiment, le coeur de la Recherche de Proust.
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Mizette
10 décembre 2014
L'avis des lecteurs
Lien : http://www.comtessegreffulhe..
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Les critiques presse (2)
Telerama10 décembre 2014
Elle fut pour Proust un inoubliable modèle. Portrait d'une femme libre, qui régna sans partage sur la politique et les arts de la Belle Epoque.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress29 octobre 2014
Dans une passionnante biographie, riche de documents inédits, Laure Hillerin réhabilite l'une des figures les plus fascinantes de la Belle Epoque: la très belle et très charismatique Elisabeth Greffulhe (1860-1952), qui inspira à l'auteur d'A la recherche du temps perdu le personnage d'Oriane, duchesse de Guermantes.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (3) Ajouter une citation
PLUMAGILEPLUMAGILE23 décembre 2014
L'argent n'est que la petite monnaie de l'amour : sous les fausses querelles, il y a toujours des sentiments que l'on n'a pas exprimés, des rancunes que l'on a enfouies, des silences qu'on a laissés s'installer.
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PLUMAGILEPLUMAGILE23 décembre 2014
On ne devient vieux, dit-on, que lorsque les rêves ont fait place aux regrets.

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somsom27 avril 2015
Servir, c’est la devise de tous ceux qui aiment commander…..
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