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Citations sur Une femme à Berlin : journal, 20 avril-22 juin 1945 (57)

patrick75
patrick75   09 mars 2014
Nous sommes restées assises l'une en face de l'autre à sa table en cuivre et nous avons bavardé. Ou plutôt , nous avons parlé à tue-tête pour couvrir le vacarme croissant des tirs d'artillerie. Mme Golz, d'une voix cassée :" Quelles belles fleurs, quelles fleurs magnifiques...", et les larmes coulaient sur son visage. Moi aussi je me sentais horriblement mal. Maintenant la beauté fait mal. Tellement la mort nous emplit.
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babycomeback44
babycomeback44   20 mars 2014
il s'est remis à chanter, tout bas, des airs mélodieux, j'aime l'écouter. C'est un homme intègre, un être propre, ouvert. Mais lointain, étranger, et encore si immature. Nous, les Occidentaux, nous sommes vieux et savants - et pourtant, maintenant, nous ne sommes que de la boue sous leurs bottes.
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Aela
Aela   23 janvier 2011
Personne ne répond. La fille reste étendue, comme pétrifiée. Le Russe vocifère derechef, sur un ton à la fois bourru et furibard: "Quel âge?"
Je m'empresse de répondre en russe: "C'est une étudiante, elle a dix-huit ans." Je voudrais ajouter qu'elle est blessée à la tête; ne trouve pas les mots et m'en sors finalement en recouvrant au terme internationalement connu kaputt: "tête kaputt, les bombes"
Suit alors un aparté entre l'homme et moi, un échange de paroles précipitées, de questions et de réponses qu'il serait inutile de transcrire, parce qu'elles n'avaient pas de sens. Cela tournait autour de l'amour, l'amour vrai, de l'amour passionnel, et qu'il m'aimait, et si moi je l'aimais, et si on allait s'aimer lui et moi.
Le petit peuple de la cave, toujours terrorisé, ne comprend pas une once de ce qui est en train de se passer.
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doublepage
doublepage   30 décembre 2016
A l'époque, je me faisais constamment la remarque suivante : mon sentiment, le sentiment de toutes les femmes à l'égard des hommes, était en train de changer. Ils nous font pitié, nous apparaissent affaiblis, misérables. Le sexe faible. Chez les femmes, une espèce de déception collective couve sous la surface. Le monde nazi dominé par les hommes, glorifiant l'homme fort vacille - et avec lui le mythe de l'"Homme". Dans les guerres d'antan, les hommes pouvaient se prévaloir du privilège de donner la mort et de la recevoir au nom de la patrie. Aujourd'hui, nous, les femmes, nous partageons ce privilège. Et cela nous transforme, nous confère plus d'aplomb. A la fin de cette guerre-ci, à côté des nombreuses défaites, il y aura aussi la défaite des hommes en tant que sexe.
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akhesa
akhesa   03 mars 2015
Drole de periode,on vit l'histoire en direct des choses que plus tard on racontera et on chantera.Mais,quand on est dedans,tout n'est que fardeau et angoisse.L'histoire est lourde a porter
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patrick75
patrick75   12 mars 2014
- Homo homini lupus.

- NB : "L'Homme est un loup pour l'homme".
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de
de   04 mars 2013
Et moi, je suis restée frigide durant tous ces accouplements. Il ne peut en être autrement, il ne doit pas en être autrement, car je veux demeurer morte et insensible, aussi longtemps que je suis traitée comme une proie
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songtsen
songtsen   01 juillet 2012
(Dernières lignes)
Je n'ai pas encore atteint le point limite auquel ma vie serait menacée, j'ignore quelle distance m'en sépare encore. Je sais seulement que je veux survivre- à l'encontre de toute raison, absurdement, comme une bête...
(vendredi 22 juin 1945)
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nanashi
nanashi   17 janvier 2019
"Vous êtes devenues aussi impudiques que des chiennes, toutes autant que vous êtes dans cette maison. Vous ne vous en rendez donc pas compte?" Et il affichait un air de dégout: "C'est épouvantable d'avoir à vous fréquenter. Vous avez perdu tout sens des normes et des convenances."
Que répondre à cela?
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jmquentin
jmquentin   14 février 2015
On y voit des enfants d’une jeunesse effarante, des visages blancs comme le lait sous des casques d’acier dix fois trop grands, on perçoit avec horreur le timbre de leurs voix claires. Ils ont tout au plus quinze ans, ont l’air si minces et si frêles dans leur uniforme qui flotte autour de leurs membres.
Pourquoi se hérisse-t-on de la sorte contre ce type d’infanticide? Il suffit que les enfants soient de trois ou quatre ans plus vieux et cela ne choque plus de les voir fusiller ou déchiqueter. Où se situe la frontière? Là où la voix mue? Car dans mon souvenir, ce qui me fait le plus souffrir, c’est le timbre haut et clair des voix de ces pauvres gosses. Jusqu’ici soldat signifiait homme. Et un homme est un géniteur. Que ces gamins soient fauchés avant même d’être mûrs doit bien enfreindre une quelconque loi de la nature, c’est une atteinte à l’instinct, oui, cela va à l’encontre de tout instinct de conservation de l’espèce. Comme ces poissons ou ces insectes qui dévorent leur progéniture. Ça ne devrait pas exister chez l’homme. Mais que cela existe tout de même est bel et bien un symptôme de démence.
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