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Jörg Stickan (Traducteur)Sacha Zilberfarb (Traducteur)
ISBN : 2917084170
Éditeur : Attila (18/03/2010)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 303 notes)
Résumé :
1933. Max, le fils bâtard de la pute Minna Schulz, s'enrôle dans les SS à l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Affecté dans un camp d'extermination, où disparaissent son meilleur ami (juif) et toute sa famille, il décide à la fin de la guerre de se faire passer pour juif... et endosse l'identité de son ami assassiné. Max Schulz, devenu Itzig Finkelstein, épouse la cause juive, traverse l'Europe et rejoint la Palestine, où il devient barbier et sioniste fanatique. Le Nazi ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
christianebrody
04 juin 2012
J'ai commencé à lire le Nazi et le Barbier, un peu de biais – avec une méfiance de principe pour les livres autour de la seconde guerre mondiale et de la Shoah, dont la fascination et les polémiques m'apparaissent le plus souvent, au mieux, morbide. C'est, selon moi, un sujet délicat qui nécessite une approche prudente et humaniste, par respect pour ses victimes – comme en physique moderne, j'énoncerais une théorie de la relativité historique qui stipule que tout génocide (et ça ne manque pas dans la tragique histoire humaine) distord le continuum moral et interdit la référencialité directe, d'évènement à évènement – les modalités d'un génocide se déplacent plus vite que la lumière morale de notre esprit, ergo, nous ne pouvons pas l'atteindre. Je précise que la relativité, en physique, ne stipule pas que tous les évènements sont bêtement relatifs les uns aux autres, elle stipule que chaque évènement dispose de son propre référentiel.
Et puis, les quelques premières pages m'ont d'abord un peu rebutées – une écriture hâtive (ou, après réflexion, qui semble l'être), des phrases à l'emporte-pièce, un usage modérée mais régulier des majuscules que je tiens généralement pour embarrassant, ont failli me dissuader, l'espace de quelques poignées de seconde, peut-être une minute, ou deux…
Et puis je ne l'ai plus lâché.
Je ne saurais dire comment ce livre m'a touché. Hilsenrath ne joue d'aucune corde primaire. Pas de pamphlet, de sentimentalisme, d'héroisme, de haine, ni même de violence ; pas d'atmosphère oppressante, de critique sociale ou politique, d'explications ou de rationalisation : juste une autobiographie, écrite très simplement, crûment, directe mais sans obscénité, avec un humour rageur, décalé, sombre et joyeux. L'histoire d'un jeune Allemand, un peu misérable, pas vraiment fêlé mais un peu abîmé, dont le meilleur ami est un voisin, lequel est Juif. Hitler passe par là. Enthousiasmé par la rhétorique et la propagande nazi qui cristallise ses frustations, cet Allemand va devenir SA, puis SS, affecté dans un camp de concentration. Pendant la débâcle allemande, son armée vaincue, recherché car génocidaire et parfaitement conscient de l'être (coupant ainsi court aux atermoiements : je ne savais pas, j'étais loin d'imaginer que …) , Max Schulz conçoit son salut en se faisant passer pour Juif – et l'incarne si bien qu'il devient, avec passion et obstination, un modèle pour ses pairs migrants.
Est-ce l'expression d'un talent pour le mimétisme, aiguillonné par les impératifs de sa survie, ou une véritable conversion ? L'auteur, comme pour beaucoup de questions qui peuvent surgir dans l'esprit du lecteur, ne donne pas de réponse. Il raconte son histoire. D'ailleurs, il est probable que chacun y puisera ses propres interrogations : comment pourrait-il, à l'avance, de son écriture agile et factuelle, répondre à toutes ?
Ce roman n'est pas un polar, qui utiliserait ce ressort pour créer une atmosphère d'espionnage tenant tenir le lecteur en haleine avec cette question : parviendra-t-on à démasquer le monstre ? Ce n'est pas tout à fait un roman historique non plus, même si l'auteur a bien connu cette période, pour avoir été lui-même prisonnier du ghetto roumain de Mogilev-Podolsk de 1941 à 1944, libéré par les troupe Russes, avant de gagner la Palestine. Ce n'est pas un roman d'édification, censé donner au lecteur des clés, des points de compréhension, afin de l'éduquer et éviter que l'Histoire ne se répète. C'est l'itinéraire complexe d'un homme simple pendant une période endommagée, qui s'étire des préludes de la seconde guerre mondiale à la naissance d'Israël. C'est une histoire de frustrations et d'opportunisme, aux accents surréalistes, relatée avec une distance et une forme d'humour, parfois grinçant, parfois décalé, souvent poétique, qui rend possible l'identification, a priori pourtant impossible, avec le personnage principal. C'est un véritable tour de force, dont je ne saurais tirer aucune morale, puisqu'il me semble qu'elle n'en comporte aucune. Pas de condamnation, pas d'appel ou de conclusion éclairante. Juste une histoire, plausible, dans l'Histoire, qui raconte que ce genre de choses, ça arrive. C'est comme ça.
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Witchblade
31 mai 2017
Livre pioché dans la bibliothèque de la mère à mon ex à cause de son titre et de sa couverture très colorée... Je ne savais pas trop à quoi m'attendre mais je ne pensais certainement pas à ça. le style burlesque et satirique m'a plutôt déstabilisé ainsi que les majuscules quasi omniprésentes.
J'ai donc abandonné ma lecture assez rapidement même si j'ai essayé d'en lire un peu plus car dès le départ, l'écriture de l'auteur l'a plutôt déplu. J'ai lu le livre premier en un jour mais vu ma PAL et le peu d'intérêt que je portais à cette histoire, j'ai préféré l'abandonner. Cela aurait pu être un livre intéressant bien que dérangeant vu le sujet traité sur le nazisme et les dégâts que cela a fait en Allemagne et dans les pays limitrophes. J'ai eu aussi un peu de mal avec le personnage et sa façon de nous raconter son histoire. Je ne saurais dire exactement mais quelque chose m'a dérangé dans l'ensemble du livre : le personnage, le style d'écriture, le style burlesque, le sujet traité... Dans le livre premier, on découvre la jeunesse de Max Schultz, de sa naissance à l'arrivée au pouvoir d'Hitler et le début de la Seconde Guerre mondiale en passant par sa scolarité et les sévices subis par le biais de son beau-père.
Comme vous l'aurez compris, ce roman n'a pas été la bonne lecture que j'espérais, principalement à cause du style burlesque pour lequel j'ai un peu de mal... Je vous conseille néanmoins de le découvrir car tous les goûts sont dans la nature et il a l'avantage de se lire vite. Pour ma part, je vais continuer à épurer ma PAL.
Sur ce, bonnes lectures à vous :-)
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GODINHO
26 octobre 2014
J'ai lu ce livre, qui m'a été conseillé par une amie qui avait été captivé, par ce.
Le Nazi et le Barbier, un roman provocateur, sulfureux, d'une belle irrévérence... La Shoah, un sujet délicat, que Edgar Hilsenrath, a traité sur un ton outrancier, et grotesque.
Edgar Hilsenrath commence cette facétie qui met en scène Max Schulz personnage antipathique et attachant à la fois, « aryen pur souche » qui choisit, par conviction, de suivre Hitler, d'adhérer au nazisme. Il s'engage avec ferveur dans les SS. le juif est l'ennemi. le juif doit mourir. Max Schulz, méthodique, doué d'un savoir-faire diabolique, fait des prouesses.
Il tue, élimine tout ce qui est juif, même Itzig, son ami d'enfance. La guerre prend fin.
Le voilà devenu criminel nazi. Il usurpe l'identité de son ami, devient plus juif que juif, militant sioniste, un fanatique.
Il s'installe en Palestine dans un kibboutz, apprend l'hébreu, se fait religieux jusqu'à enseigner les textes sacrés, à jouer au bon petit soldat de l'armée d'Israël dans une guerre contre les Arabes. Il devient un Israélien respecté.
Jusqu'à la fin de sa vie, il portera le fardeau de sa culpabilité et de sa trahison, il emporte avec lui son secret jusque dans sa tombe.
On n'en ressort pas indemne après la lecture de ce livre qui captive, secoue et fait rire (mais jaune). J'ai vraiment été très touchée, et vous le recommande.
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Alcapone
07 février 2016
A votre avis, qui de Max Schultz ou d'Itzig Finkelstein est le nazi ou le barbier ? L'un est juif, l'autre allemand. L'un est blond aux yeux bleus et au nez droit, l'autre a le nez crochu et des yeux de grenouille. Tous deux sont amis et apprentis-coiffeurs au salon de L'Homme moderne jusqu'en 1933, date de l'accession au pouvoir de Hitler. Des deux compères alors complices comme deux frères, un seul survivra à l'holocauste... Ce sinopsis évoque un scénario somme toute assez classique. D'ailleurs, certains se surprendraient même à penser : "Encore une horrible histoire de nazis !" Et pourtant, aussi fictif qu'il soit, ce roman écrit par Edgar Hilsenrath, survivant des ghettos juifs d'Ukraine, a suscité bien de polémiques à sa sortie en 1968-1969. Qualifiée de pornographique, cette violente satire du nazisme a été boudée par les éditeurs allemands jusqu'en 1977 ! Ce sont les éditeurs américains qui les premiers, ont révélé au monde la verve sans pareille d'Edgar Hilsenrath. Bien leur en a pris, pourrons-nous affirmer : nous serions sans quoi passés à côté d'une plume aussi truculente qu'imaginative...
Le nazi et le barbier ou l'histoire invraisemblable d'un bourreau qui tuait en ricanant...
Tout, dans ce roman satirique tend aux extrêmes : entre blasphème et ironie, peu d'auteurs (juifs en l'occurrence) avaient osé le registre de l'humour noir pour évoquer la Shoah. Avec ce titre, au diable le politically correct et à bas le pathos ! Edgar Hilsenrath dans une langue crue et sans tabous offre une lecture parfaitement grinçante. le récit est déjanté, cocasse et a le mérite d'aborder différemment le thème de l'antisémisme. Point de rancoeurs ou d'amertume, le nazi et le barbier distrait le lecteur des témoignages larmoyants comme le poignant Si c'est un homme de Primo Levi. Il se distingue également d'autres récits de bourreaux de l'Holocauste comme le terrible La mort est mon métier de Robert Merle. Ainsi que le souligne Jörg Stickan en postface : "Brisant un tabou, Edgar Hilsenrath s'est permis d'écrire l'histoire d'un bourreau qui tuait en ricanant. A sa manière, avec un humour féroce et une langue ébouriffante, Sûr, le nazi et le barbier, ce n'est pas de la littérature pour couilles molles". (p. 478). En effet, le nazi et le barbier ne relève pas d'une littérature pour couilles molles. Au contraire, il y est question d'assumer des choix, aussi extrêmes, absurdes ou invraisemblables qu'ils puissent être. Alors oui, ça dérange, ça met mal à l'aise, mais ça rappelle qu'il est parfois bon d'être brusqués... Lisons-donc Edgar Hilsenrath et laissons-nous emporter par cette voix joyeusement subversive... ...
Lien : http://embuscades-alcapone.b..
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Luniver
12 mai 2012
Max Schultz est le fils de Minna et de père inconnu : cinq prétendants peuvent prétendre à ce titre (qu'ils semblent d'ailleurs peu pressés d'assumer), mais ce qui est sûr, c'est que même avec un arbre généalogique complexe à représenter, Max est aryen pur souche. Battu et violé par son beau-père, Max passe la plupart de son temps avec Itzig Finkelstein, juif pur souche. C'est avec l'aide de celui-ci qu'il réussit ces études, et qu'il devient apprenti garçon-coiffeur dans le salon du père d'Itzig. Pourtant, quand arrive Hitler avec ses idées antisémites, Max endosse sans trop se poser de questions l'uniforme SS. Il sera affecté plus tard dans un camp de concentration, et tuera son ancien ami et ses parents.
À la fin de la guerre, il parvient à échapper aux partisans et retourne en Allemagne. Avec sa "tête de juif" et des dents en or récupérées des camps dans les poches, Max change d'identité et prend celle d'Itzig. Petit à petit, la transformation se fait dans sa tête aussi : il s'indigne de l'antisémitisme qu'il rencontre, se passionne pour l'histoire du peuple juif. Au vu de son enthousiasme, on le convainc de rejoindre la Palestine pour participer à la création de l'état d'Israël. Il s'y distinguera par ses discours patriotiques et par des actes terroristes commis contre les Anglais.
Ce livre m'a donné des sentiments assez partagés : je ne comprends pas très bien le message que l'auteur a voulu faire passer. le ton est outrancier et grotesque, l'auteur voulait se distancier de la littérature larmoyante d'après-guerre sur le sujet (qu'il qualifie de "littérature couilles molles"), et en cela, il a parfaitement réussi ! D'un autre côté, on a un peu l'impression d'abord droit à une leçon d'histoire, mais sans donner de morale ni de jugement. Au final, je suis un peu partagé entre des passages que j'ai trouvés particulièrement croustillants et d'autres qui étaient vraiment de mauvais goût.
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Citations & extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
art-bsurdeart-bsurde04 avril 2013
Là-bas il y avait une salle de tribunal. Où se tenait un procès. Le procès de Max Schulz.

Debout devant mon juge. Debout devant Lui, l'Unique et L’Éternel.
Et l'Unique et L’Éternel demande : "Es-tu le génocidaire Max Schulz ?"
Et je dis : "Oui je suis le génocidaire Max Schulz."
- Es-tu circoncis ?
- Non je ne suis pas circoncis. Le petit bout de peau a repoussé. En chemin. En venant ici.
- As-tu le cœur d'un rabbin ?
- Non. Il est tombé. En chemin. En venant ici. J'ai retrouvé mon propre cœur.
- Où est ton faux tatouage d'Auschwitz ?
- Disparu.
- Ton tatouage SS ?
- Revenu. Là ou il y avait la cicatrice.
- Es-tu réellement le génocidaire Max Schulz ?
- Je suis réellement le génocidaire Max Schulz.

Et l'Unique et L’Éternel demande : "Coupable ? "
Et je dis : "J'ai suivi le courant. J'ai juste suivi le courant. Comme d'autres. A l'époque c'était légal.
- C'est là ta seule excuse ?
- Ma seule excuse.
- Et ton plafond fêlé ?
- Pas de plafond fêlé.
- Coupable ?
- Coupable.
- Veux-tu que justice soit faite ?
- Oui. Que justice soit faite. Moi, Max Schulz, j’attends la juste sentence d'un juste."
Et l'Unique et L’Éternel proclame d'une voix de stentor : " Ainsi je te condamne !"
Mais moi, je dis : "Minute! Faut d'abord que je te demande un truc.
Et l'Unique et Éternel dit : "Demande. Mais fais vite."

- T'étais où ? A l'époque ?
- Comment ça .. à l'époque ?
- A l'époque .. pendant la mise à mort.
- De quoi parles-tu ?
- La mise à mort des sans-défense.
- Quand ça ?
- A l'époque ! "
Je demande : "Tu dormais ? "
Et l'Unique et L’Éternel dit : " Je ne dors jamais !

- T'étais où ?
- Quand ça ?
- A l'époque.
- A l'époque ?
- Si tu ne dormais pas, t'étais où alors ?
- Ici !
- Ici ?
- Ici !


- Et tu faisais quoi si tu ne dormais pas ?
- A l'époque ?
- Oui. A l'époque."


Et l'Unique et L’Éternel dit : " J'ai été spectateur."
- Spectateur ? C'est tout ?
- Oui, spectateur, c'est tout.

- Alors ta faute est plus grande que la mienne, je dis.Et si il en est ainsi, tu ne peux pas être mon juge.
- Très juste, dit l'Unique et L’Éternel. Je ne peux pas être ton juge.
- Très juste ! "
L'Unique et L’Éternel dit : "Très juste.".
Je demande : " On fait quoi maintenant ?
- On fait quoi ?
- On a un problème ! "
L'Unique et L’Éternel dit : "Oui. On a un problème."

Et L'Unique et L’Éternel descendit de sa chaise de juge et se plaça à mes côtés.

Nous attendons. Tout les deux. La juste sentence. Mais qui pourrait la prononcer ?
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TacimTacim09 octobre 2015
- Nous aussi, nous sommes ressuscités. Il y a deux formes de résurrection.
- Comment ça, Itzig Finkelstein ?
- Il y a la résurrection des vrais morts, et celle des faux vivants.
- Nous étions des faux vivants ?
- Oui, Hanna. Tous les Juifs en exil sont des faux vivants. Vivre sans pouvoir prendre racine, ce n'est pas une vie.
- Comment ça, Itzig Finkelstein ?
- Les faux vivants viennent ici, Hanna, pour prendre racine.
- Comme les arbres ?
- Oui, Hanna, à peu de choses près.
+ Lire la suite
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strummerstrummer08 janvier 2017
Je sais ce que vous allez dire :

MAX SCHULZ A UN GRAIN ! UN CAUCHEMAR ! VOILÀ TOUT !

Mais pourquoi dites-vous ça ? Le bon Dieu n'a-t-il pas inventé l'innocence pour qu'elle se fasse piétiner, écraser ici-bas... sur cette terre ? Les faibles et désarmés ne se font-ils pas bousculer par les forts ? Matraquer, violer, humilier, enculer ? Voire à certaines époques exterminer ? Vrai ou faux ? Et si c'est vrai... pourquoi dites-vous que c'est Max Schulz qui a un grain ?
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annieannie07 octobre 2010
"quand j'ai vu le Führer pour la première fois, ça m'a fait un choc, parce que je croyais voir Slavitzki, mais je me suis tout de suite dit : Non ! ça ne peut pas être Slavitzki. Slavitzki, il a une grosse bite et il est carnivore, tandis que ce type-là, il a une petite bite et il est végétarien. Et Slavitzki, il a des yeux d'ivrogne et un regard vide, tandis que ce type-là, il a les yeux d'un prophète."
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amartiaamartia15 mai 2013
(Dans le salon de coiffure, les fauteuils sont numérotés)
"- Oui, Monsieur Finkelstein. Voyez : le fauteuil NUMERO UN, près de la fenêtre, c'est le meilleur fauteuil du salon. La place à la fenêtre, vous comprenez, est réservée aux Juifs allemands.
- Tiens ! Et le fauteuil NUMERO DEUX ?
- Pour les Juifs d'Europe de l'Ouest.
- Et le TROIS ?
- Pour l'élite des Juifs de l'Est.
- Qui sont, Monsieur Spiegel ?
- Les Russes et les Lituaniens.
- Et le QUATRE ?
- Pour tous les autres Juifs d'Europe de l'Est. Sauf les Roumains
- Et où vont les Juifs roumains ?
- Sur le fauteuil NUMERO CINQ, le dernier des Juifs de l'Est."
(...)
- Yitzhak Spiegel m'expliqua ensuite que le NUMERO SIX était réservé à l'élite des Juifs orientaux, les Yéménites. Puis venaient les autres. Le dernier fauteuil destiné aux Juifs orientaux était pour les Marocains.
Yitzhak Spiegel haussa les épaules, navré, puis m'expliqua la suite de l'enfilade qui continuait jusqu'aux vestiaires.
Je demandais encore : "Et qu'en est-il des deux fauteuils sans numéro près de la fenêtre ?
- L'un est réservé aux Sabras, dit Yitzhak Spiegel. Pour votre information, ce sont les Juifs nés dans ce pays, Monsieur Finkelstein. Nous ne savons pas où les classer.
- Et l'autre, Monsieur Spiegel ?
- Destiné aux non-Juifs. Aux nouveaux citoyens qui ne sont pas d'origine juive et aux étrangers. Nous les plaçons près de la fenêtre. Par courtoisie."
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Videos de Edgar Hilsenrath (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Edgar Hilsenrath
Edgar Hilsenrath - le conte de la dernière pensée .A l'occasion de l'exposition Edgar Hilsenrath au Point Ephémère, Anthony Folliard, Eléonore Hérissé, Lilian Porchon, artistes-sérigraphes, nous présentent leur travail autour de l'ouvrage "Le conte de la dernière pensée" d'Edgar Hilsenrath aux éditions le Tripode. Traduit de l'allemand par Bernard Kreiss. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/hilsenrath-edgar-conte-pensee-derniere-9782370550484.html Notes de Musique : ?Analog Pulse? (by Hemisphere). Free Music Archive. Visitez le site de la librairie : http://www.mollat.com Retrouvez la librairie Mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat You Tube : https://www.youtube.com/user/LibrairieMollat Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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