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Jean-Luc Allouche (Traducteur)
EAN : 9782020297097
408 pages
Éditeur : Seuil (07/01/2010)
3.56/5   9 notes
Résumé :
Palestine ottomane. En 1895, le domaine de la puissante famille Rajani s'étend au milieu des vergers sur lesquels s'élèvera un jour la ville de Tel-Aviv. Le père délaisse ses terres, sa jeune femme Afifa et son fils Salah, chétif et dépressif.

Deux voix alternent dans ce récit envoûtant. Celle d'Isaac Luminsky s'exprimant à travers son journal intime, et celle de Salah, qui couche dans ses cahiers des récits enfiévrés. Débarqué à Jaffa, Luminsky, sio... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
tilly
  23 février 2010
Dans une courte postface, Alon Hilu - qui est aussi avocat - exige de son lecteur qu'il lise ce roman comme une oeuvre littéraire de pure fiction, et en aucun cas comme un document historique qu'il n'est pas. Cette ultime précaution (qui m'étonne un peu) vaut surtout parce que ce roman original évoque de façon lyrique des événements qui conduisirent inéluctablement à la destruction de la Jaffa arabe, puis à l'édification de Tel-Aviv, jusqu'à la terrible situation politique actuelle des colonies en terre Palestinienne.
Jaffa, 1895 - le mouvement Les Amants de Sion est très actif et accélère le rachat de terres arabes au profit de colons juifs exilés, venus nombreux de Russie.
La maison Rajani - le domaine agricole est prestigieux, mais mal exploité par son propriétaire issu d'une illustre famille arabe ; la propriété est négligée et menacée de déshérence.
Isaac (Jacques) Luminsky - le jeune ingénieur agronome tout juste arrivé d'Europe Centrale avec sa jeune épouse, est plein d'illusions qu'il déguise inconsciemment en espoirs ; il est hâbleur, peu psychologue, et misogyne ; se croyant malheureux en ménage, il jette son dévolu sur la femme du propriétaire de la maison Rajani, pensant faire ainsi d'une pierre deux coups en remettant sur pied le domaine pour le compte des colons juifs de Jaffa ; il sera peu à peu pris au piège de ses convoitises et de la folie grandissante des derniers habitants du domaine.
Salah Rajani - l'héritier du domaine est un adolescent déséquilibré, un mal-aimé solitaire en quête d'affection, et qui se réfugie dans l'écriture pour évacuer ses tourments ; l'évasion dans la fiction ne lui suffira bientôt plus, les hallucinations prendront la place des légendes et des personnages qu'il inventait, il retournera sa violence contre lui même jusqu'à l'automutilation ; ses superstitions deviendront visions et prophéties...
“Je lui dis, en manière de plaisanterie :
Que nous a révélé d'autre Salah le prophète ?
Elle me répondit sur un ton angoissé :
Il a vu un homme bizarre se tenant sur la tête. Et une femme avec des lunettes à la monture épaisse, des bras puissants et une voix de basse comme celle d'un homme. Et encore un homme avec un bandeau noir sur un oeil. Tous ces gens sont des ennemis inexpiables de notre peuple, des fauteurs de guerre qui pataugent dans notre sang.”
Les événements vont s'enchaîner tragiquement à partir de la mort du père de Salah et de la prise de pouvoir d'Isaac sur le domaine. A-t-il profité en manipulateur de la confiance et de l'affection que le jeune Salah lui portait au début de leur histoire commune ? Ou bien est-ce seulement l'esprit troublé de Salah qui lui fait imaginer le meurtre du père, la trahison de l'ami, et la folie de la mère ?
Je me suis ennuyée à la lecture de ce roman jusqu'à sa moitié environ. L'alternance de séquences (courtes) de pages des journaux intimes des deux personnages principaux est trop régulière. La situation dramatique s'installe progressivement, mais ce n'est que lorsqu'elle atteint un paroxysme, qu'elle devient poignante et folle, que je me suis laissée embarquer par l'histoire.
J'ai trouvé très réussies (bien que systématiques) les ruptures de concordance entre les deux récits parallèles de Luminsky et de Salah. Chacun rapporte de son côté et à sa manière des faits identiques et souvent partagés, et pourtant leurs versions sont extrêmement divergentes. le lecteur reste libre d'interpréter ces différences en les mettant sur le compte du fanatisme héroïque de Salah, de la duplicité naïve d'Isaac, ou d'un mélange des deux à la fois.
Difficile de parler de la qualité de l'écriture puisqu'il s'agit du parti pris plutôt réussi mais artificiel, de restituer le style épistolaire ou diariste au XIXème siècle. Les phrases de Salah sont interminables, imbriquées pour signifier son lyrisme pathologique. Celles d'Isaac, plus courtes, signent son pragmatisme de gestionnaire.
Je n'ai pas aimé ni compris l'idée qu'a eue l'auteur de venir plaquer à plusieurs reprises sur cette histoire orientale, les thèmes shakespeariens de la folie engendrée par la culpabilité. C'est superflu et peu en harmonie avec les sortilèges des djinns, bien suffisants et plus couleur locale, qui servent à évoquer poétiquement les troubles psychiques du jeune arabe, et les meurtres réels ou imaginaires à la maison Rajani.
Il y a Hamlet-Salah, les fossoyeurs et le crâne. Une Ophélie aux boucles brunes. Mais aussi Lady Macbeth-Maman qui ne cesse de se laver les mains, et les sorcières. Sans doute d'autres aussi que je n'ai pas reconnus.
Je ne suis pas une lectrice politisée. Il me semble qu'en faisant scrupuleusement attention à maintenir un équilibre constant entre les descriptions de comportements racistes et antisémites prêtés tour à tour à ses héros et personnages secondaires, l'auteur à mis une bride consciente à son inspiration orientaliste. Je me demande si ce n'est pas la cause de l'ennui que j'ai parfois ressenti en lisant cette (finalement) belle histoire.
“Notre espoir n'est pas encore tari...”
A la fin du roman, Luminsky le sioniste reçoit ce ver en héritage de Salah le palestinien, et le transmet à son tour à un poète juif de ses amis, sorte de hippie avant l'heure, pour qu'il figure dans son oeuvre, et qu'il soit ainsi répété partout à travers le monde.
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noryane
  07 avril 2010
L'histoire : Isaac Luminsky, jeune ingénieur agronome vogue avec sa jeune épouse vers la Terre promise où il compte acquérir des terres et les mettre en valeur. Il confie à un journal intime les péripéties de son voyage, ses nombreux déboires conjugaux avec une femme qui se refuse à lui sans cesse et lui mène une vie à l'opposé de ce qu'il avait espéré.
Son arrivée sur place n'est guère plus réjouissante puisqu'il n'arrive pas à trouver les terres qu'il convoite, et sa relation avec sa femme ne s'arrange pas. Il déplore qui plus est de nombreuses coutumes locales et n'apprécie pas franchement son nouveau pays. Jusqu'au jour où il découvre le domaine Rajani.
Salah est un jeune garçon solitaire, enfermé dans son domaine par l'amour trop protecteur d'une mère et de sa servante, et effrayé par un père violent mais absent la plupart du temps. Lui aussi confie à son journal ses espoirs, ses rêves mais surtout son désespoir, son envie de mourir, ses plus terribles cauchemards.
Le jour où il croise Isaac il croit voir son ange-gardien; sa mère a tôt fait de créer une rencontre et c'est enfin l'occasion pour le jeune homme de s'épanouir. Jusqu'au moment où il découvre que cet ange entretient une liaison avec sa mère adorée et qu'il convoite les terres de son père qu'il administre déjà tel un propriétaire. C'est le début d'une guerre larvée entre le Salah et Isaak qui va conduire à un tragique dénouement.
Verdict : il faut de suite préciser que l'auteur donne un avertissement au lecteur: son récit est une oeuvre de fiction qui ne doit pas être vue d'un point de vue politique bien que les évènements qui y sont narrés pourraient y faire penser.
Ce récit polyphonique m'a posé problème. Parce que si l'alternance des deux points de vue est intéressante pour narrer une histoire, on pourrait se demander si Salah et Isaac raconte la même quand on lit leurs points de vue qui sont plus que diamétralement opposés puisqu'on a l'impression de vivre deux scènes différentes. Alors ce concept peut permettre au lecteur de se faire sa propre idée, de tempérer les accès lyriques de Salah avec le récit d'Isaac, au fond de ne pas choisir mais de piocher dans les deux.Cela montre aussi à quel point un même moment de vie peut être ressenti différemment par deux personnes et ne jamais donner la même description.
Seulement moi j'aime bien savoir ce qui est. Donc c'est purement personnel comme remarque mais j'aurais finalement apprécié qu'une troisième voie me permette de connaître la vérité et pas seulement la perception des deux personnages.
Le côté lyrique de Salah est très présent; tellement que lorsque les cauchemards envahissent totalement sa vie, on en vient à se demander si Salah n'est pas un esprit prophétique éloigné du monde réel bien avant l'arrivée d'Isaac; c'est d'ailleurs sur ses visions que peut se baser une conception politique puisqu'il prédit les futurs évènements que nous connaissons. Ce qui est d'ailleurs troublant lorsqu'on essaie de rester dans le côté fiction de l'oeuvre.
Isaac, quant à lui, est un homme mysogine mais l'époque joue sans doute en cela; il cherche des terres et ne comprend pas qu'il ne puisse se les approprier; il dénonce la non mise en valeur par les occupants du domaine Rajani, cherche dès la mort du père de Salah à prendre le contrôle total du domaine, chasse ses paysans avec dans l'idée d'installer d'autres colons juifs sans se soucier de la présence de la mère de Salah, sa maîtresse. Il est difficile de s'attacher à lui et de ne pas lui préférer le jeune Salah qui malgré son esprit troublé tente de défendre comme il le peut le domaine légué par ses ancêtres.
Si je n'ai pas écrit tout de suite, c'est parce que j'ai eu bien du mal à terminer ce livre; ou plutôt à l'entamer. Et cela aurait été pire si je n'avais pas eu 4 heures de train et mis un seul livre dans mon sac (à main s'entend, j'en avais d'autres dans la valise). J'ai eu du mal à regarder le temps passé dans la vie d'Isaac ou celle de Salah. La mort du père déclenche la prise de possession du domaine par Isaac et Salah sombre à nouveau dans ses démons jusqu'au dénouement tragique. Qui au fond ne m'a pas tellement attristé et je me suis même sentie un peu sans coeur. Parce qu'au fond, je crois que j'ai eu du mal à ne pas prendre pour des faits historiques, la véritable invasion que mène Isaac sur cette terre qui ne lui appartient pas malgré tous ses efforts. Peut etre que je m'attendais à une description des faits plus réelles. J'aurais sans doute plus aimé une vision plus "terrienne" moins poétique, quitte à ce que cela soit plus politique. Mais cela n'était pas le but de l'auteur bien au contraire. Pourtant je reste marquée au final par les visions prophétiques de Salah et par les faits actuels en Palestine.
Ce livre n'est pas donc pas un coup de coeur pour moi, l'histoire est belle mais ne m'a pas touchée.
Je précise que l'auteur a cependant été salué par la critique pour ce second roman.
Je remercie Masse critique et Babelio pour ce livre et m'excuse pour le retard dans la publication de mon billet mais je crois que j'avais besoin de temps pour "digérer". Il fait partie de ma liste de livres à échanger consultable sur Babelio.
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Bigmammy
  22 novembre 2011
Un très beau livre, formellement, un livre important et grave sur le conflit israëlo-palestinien.
Son auteur, Alon Hilu, est un Israëlien de 37 ans, dont c'est le deuxième roman. C'est un texte à deux voix aussi différentes que possible, celle d'Isaac Luminsky, jeune agronome diplômé de l'Ecole de Montpellier, qui écrit un compte rendu d'ingénieur ou d'intendant, précis, descriptif, factuel, dans lequel s'intercale la longue plainte de Salah, chétif héritier de la dynastie des Rajani, un poème épique plein de visions de terreur, d'espoirs, d'amour-haine.
Nous sommes en 1895 : Isaac et sa jeune épouse polonaise Esterike ont entendu l'appel à l'Aliah, au retour vers la Terre d'Israël, lancé par Theodor Herzl après la dégradation du Capitaine Dreyfus. Ils arrivent à Jaffa, et découvrent, tout surpris, des Arabes. Pour son activité professionnelle, il va visiter ce qui a été l'un des plus beaux domaines fruitiers de Jaffa, plus ou moins abandonné par son propriétaire absentéiste, qui y a aussi délaissé sa femme et son fils.
Isaac va devenir le maître des uns et des autres, par des moyens qui mêlent le crime à la diplomatie. Salah, qui a la vision prophétique de la Naqbah, c'est-à-dire de l'expulsion des Arabes, tente de s'opposer, en vain, à cette intrusion : c'est évidemment une allégorie de l'histoire de la colonisation israëlienne, où rien ne manque : dynamisme bousculant et peu regardant des jeunes colons juifs, fatalisme du peuple arabe – à l'époque du moins - , et indifférence de ses dirigeants traditionnels.
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Papillon
  08 avril 2010
A l'automne 1895, Isaac quitte sa Pologne rajani.jpgnatale et s'embarque avec sa jeune épouse Esther pour la Palestine. C'est l'Alya : l'exil vers la Terre promise. Mais l'arrivée en Palestine va se révéler très décevante. D'abord Esther est une femme froide et prétentieuse, distante et frigide. Ensuite, la Palestine est une terre aride, inhospitalière bien peu propre à la culture. Isaac cherche en vain une propriété à acquérir pour y exercer ses talents d'ingénieur agronome. Jusqu'au jour où il découvre le domaine Rajani, luxuriante propriété couverte d'orangers. En l'absence du maître, toujours en voyage pour ses affaires, c'est Madame Rajani qui gère le domaine et élève un fils que d'aucuns trouvent un peu demeuré. Salah est un enfant solitaire et rêveur, à la fois chétif et créatif. Isaac comprend vite que pour mettre un pied dans le domaine, il faut passer par la mère, et que pour amadouer la mère, il faut séduire le fils. Il s'y emploie et il y réussit à merveille : Salah adore son nouvel ami, baptisé Ange Bienfaisant qui le comprend, l'amuse et le sort de lui-même. Devenu un familier de la maison, Isaac ne tarde pas à devenir l'amant de la mère. Mais le retour du père remet tout en question…

Le récit se tisse à deux voix : d'un côté le journal intime d'Isaac, de l'autre les carnets de Salah, qui mêlent fantasmes, rêveries et réalité. Quand le père meurt, d'une maladie aussi soudaine que brutale, les deux récits commencent à diverger. Isaac se présente comme le protecteur de la veuve et de l'orphelin, offrant son aide pour la gestion du domaine et son embellissement. Mais pour Salah, il devient l'Ennemi, complice de la mort du père, voleur à la fois de la mère et de la terre. Salah est habité par des visions qui annoncent l'invasion de la Palestine par les Juifs et la fuite des Arabes.

Ce roman évoque un thème à la fois passionnant et sensible, puisqu'il remonte à l'origine des liens complexes que nouent depuis plus d'un siècle les Arabes et les Juifs sur la terre de Palestine, et ce, bien avant la création de l'état de l'Israël. A ce titre, le récit à deux voix est une idée de génie puisqu'il met en évidence les deux versions irréconciliables d'une même histoire. Malheureusement, je n'ai pas du tout adhéré au style, aux deux styles en fait, puisque chaque narrateur a sa propre voix : style un peu suranné de la part d'Isaac, et très onirique de la part de Salah. J'ai très vite trouvé Isaac très déplaisant, avec sa façon de ne jamais nommer la mère de Salah (qui est pourtant sa maîtresse) autrement que "la femme arabe", de considérer l'ensemble des travailleurs arabes du domaine comme des paresseux pétris de superstitions (il s'empresse d'ailleurs de les remplacer par des ouvriers juifs) et surtout de traiter le jeune Salah avec la plus grande hypocrisie. Et j'ai tout autant été agacée par le côté shakespearien du roman où Salah, tel Hamlet, est visité par le spectre de son père qui lui désigne ses assassins et réclame la vengeance ! Mais ce que j'ai trouvé particulièrement insupportable, c'est la traduction. Dans les carnets de Salah, Isaac (dont je rappelle qu'il est juif polonais) est rebaptisé Jacques, parle français et paie en francs ! Pour moi, c'est un contresens absolu, qui ôte toute crédibilité au roman.
Lien : http://journal-d-une-lectric..
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traversay
  29 août 2012
En revenant aux sources du conflit, la Palestine de 1895, alors ottomane, Alon Hilu a écrit dans La maison Rajani une métaphore subtile de la situation inextricable dans laquelle Israël est aujourd'hui engluée. Il était une fois un juif en Palestine, un sioniste de la première heure, dont la mission était de racheter des terres aux propriétaires arabes et qui jeta son dévolu sur un domaine aux mains d'une jeune veuve qu'il séduisit. le roman alterne deux journaux intimes, celui du colon, sûr de son fait, mais troublé par les traditions d'un peuple qu'il ne comprend pas ; celui du fils de la propriétaire, un temps ébloui par cet arrivant aux cheveux blonds, puis haineux à son égard quand il comprend que son but est de s'approprier le corps de sa mère et la maison Rajani. C'est une sorte de duel à mort qui s'engage alors, d'autant plus fascinant que les sentiments les plus confus se mélangent dans ces deux âmes qui dérivent vers la folie. L'intérêt du récit est autant dans sa dimension géopolitique évidente que dans sa verve romanesque avec des personnages admirablement dessinés jusque dans leur vision du désir (l'épouse juive frigide, les deux comparses homosexuels ...). Une lecture à plusieurs niveaux, avec ses passages ensorcelés et magiques (les djinns sont très présents), qui prend parfois des allures de conte oriental. Poétiquement et politiquement correct.
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