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Critique de Stockard


Stockard
  13 juillet 2018
Devinette : Quel est le point commun entre Hollywood et Stock's Settlement, bled paumé de l'Arkansas ?
Réponse : Billie Dixon.
Partie vers StarStruck Town en l'an de grâce 1947 avec quelques scénars sous le bras à destination des Samuel Goldwyn et autres David O. Selznick qui, sans surprise, les refusent et ne voulant pas finir comme Elizabeth Short quelques mois plus tôt, Billie accepte le poste mirifique de distributrice de nanars dans les coins les plus reculés de l'Amérique profonde, là où les cinémas ne peuvent pas se permettre d'acheter les blockbusters à l'affiche, comme c'est le cas à Stock's Settlement. Enfin quand ce comté reculé passait encore des films, ce qui n'est plus trop d'actualité depuis qu'un fervent pasteur, fraîchement installé dans le coin et voyant dans le cinéma l'oeuvre du Diable, a réussi à faire interdire ce sacrilège sur pellicule. Dommage pour Billie qui comptait bien larguer ses bobines de séries Z mais qu'importe, pas question de lâcher l'affaire trop rapidement, après tout, suffit de convaincre ce traîneur de goupillon que les films qu'elle apporte ne sont pas autre chose que des divertissements familiaux de bonne tenue.
Mission pas si compliquée sur le papier mais qui va perdre beaucoup de son importance avec l'entrée en scène de la femme du pasteur, joli petit lot dont Billie s'entiche immédiatement. A partir de là, le béguin va prendre les commandes et semer les graines de folie qui feront allégrement franchir la ligne jaune à notre amoureuse transie.

Jake Hinkson nous offre avec Billie Dixon un éclatant premier rôle féminin à une époque où la domination masculine était la norme et où la pensée même de la remettre en cause vous aurait valu un aller simple pour le service à fondus le plus proche. Anti-héroïne typique, un peu torturée, pas mal insoumise et que les mauvais choix et la malchance vont mener au point de non-retour, Billie traine à sa suite une belle brochette de personnages n'ayant pas grand chose à lui envier : un shérif aussi baraqué qu'il est attardé affublé de son assistante de soeur qui présente exactement le profil inverse, un pasteur bataillard qui trouve la foi le jour où il perd la vue, une femme de pasteur qui a fait de la manipulation sa première langue vivante etc., tous à leur manière nous offrent un Gallmeister noir, efficace et savoureux et, si le postulat de départ paraît plutôt tiré par les cheveux, la suite nous embarque dans un polar rythmé, sans temps morts et qui n'est pas sans rappeler avec une certaine jubilation les classiques du film noir, du Facteur sonne toujours deux fois à Pushover, en passant par le fabuleux Assurance sur la Mort... un vrai bon moment de lecture.
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