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ISBN : 2918799874
Éditeur : Anacaona (01/10/2016)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Pendant la 2ème guerre mondiale au Brésil, la communauté japonaise est surveillée de près : le Japon est du côté des Allemands, alors que les Brésiliens se rangent du côté des Américains Rapidement, le gouvernement interdit à tous les Japonais du Brésil de parler, d'écrire, ou de lire japonais. Loin de tout cela, la petite Sayuri, qui habite dans un village de la campagne, rêve dapprendre à lire et à écrire. Mais un jour, à son grand désespoir, ses parents immigrés ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
cannelle124
  05 décembre 2017
Petit livre Jeunesse reçu dans le cadre d'une opération Masse Critique sur Babelio et lu dans la journée ....
Le résumé du livre avait éveillé ma curiosité ... d'abord pour ce thème de l'interdiction de lire et ce livre caché (qui bizarrement m'a fait penser à la Voleuse de Livres et sa soif de lire, mais l'histoire est totalement différente évidemment) ... et dans un second temps, le cadre historique de la Seconde Guerre Mondiale et des émigrés sur lesquels la suspicion tombe dans leur pays d'accueil. J'avais déjà lu un autre roman jeunesse (plus dur et plus violent) sur les émigrés des pays de l'Est au Canada, enfermés dans des camps pour les mêmes raisons (Spirit Lake de Sylvie Brien), j'avais alors découvert cette autre page d'histoire méconnue .... et en lisant le résumé des "Livres de Sayuri", j'ai eu la surprise de retrouver ce contexte des émigrés pensant trouver un nouvel avenir et soudain traités comme des espions potentiels, des dangers pour leur pays d'accueil ..... d'où l'éveil de mon intérêt d'adulte.
Les Livres de Sayuri est destiné à un public jeune, 8-12 ans, loin de ces considérations historiques .... L'écriture est à la fois simple, avec des mots d'enfant, de la poésie dans sa manière de décrire son univers familiale et sa communauté, les gestes simples de la vie quotidienne et aussi la nature qui l'environne. C'est en effet la petite fille qui conte son histoire ... Mais à travers ses mots, l'auteur arrive à faire passer des messages : la peur d'être découvert par les autorités, l'incompréhension de ce traitement, de ces interdits .... et la soif d'apprendre, de découvrir la lecture et ce qu'elle pourrait apporter ... et aussi la difficulté de couper toute personne de son passé culturel ... interdire de parler ou de lire sa propre langue, c'est couper le lien avec ses origines, son histoire ... impossible pour ses émigrés japonais au Brésil, pays où la majorité d'entre eux n'ont même pas appris la langue à cette époque et dans lequel ils vivent entre eux en petites communautés ...
J'ai beaucoup aimé ce petit livre ... un ouvrage qui peut amener l'enfant à réfléchir sur beaucoup de faits encore actuels : les minorités, les conséquences indirectes des guerres pour des émigrés même éloignés des zones de conflits, et qui se retrouvent dans des pays dont ils ne possèdent pas la langue, l'importance et le poids des cultures d'origine pour l'intégration .... de grands concepts je l'avoue ... mais qui malheureusement sont toujours présents.
Mais par ce livre aussi une belle découverte du pays, de sa faune et de sa nature et que certains brésiliens peuvent avoir des racines asiatiques (on n'y pense jamais ...)
Merci aux Editions Anacaona de nous faire ainsi découvrir leur pays, le Brésil.
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Artelode
  23 février 2018
Encore une petite merveille !
Les publications des éditions Anacaona ne cesseront jamais de m'étonner et de m'émouvoir. Ce roman destiné à la jeunesse (mais pas que) nous plonge au coeur d'une sombre période, à la fois proche et lointaine. L'histoire se déroule au début de la Seconde Guerre mondiale. le Brésil – immense pays à la faible densité de population – avait à cette époque besoin de travailleurs, notamment pour ses plantations de café. Des Japonais s'y installèrent, dans l'espoir de cultiver leurs propres terres et de posséder leur propre ferme. Nombre d'entre eux ne pourront jamais retourner dans leur pays, en grande partie détruit par les bombes.
Les livres de Sayuri commence par un enterrement. Étrange car, comme l'affirme Sayuri – personnage et narratrice du récit – personne n'est mort. C'est un enterrement de livres. Tous les livres japonais doivent disparaître, le Brésil et le Japon étant ennemis. Sayuri décide alors de cacher un livre, celui que sa maman lui a promis, le premier qu'elle devait lire. Personne n'est au courant.
Des écoles ferment leurs portes, l'effroi s'installe, doucement mais sûrement. Malgré cela, la vie suit son cours. Il y a tant à faire. Sayuri, comme ses frère et soeur, sa mère et son père, ses voisins et amis, maintient un semblant de vie quotidienne. Entre les vers à soie dont il faut prendre soin, les repas à préparer, la lessive, les offrandes pour les dieux, chacun s'affaire, tentant d'oublier – peut-être – le danger qui rôde, partout. Les paroles des adultes, leurs silences, ne rassurent pas les plus jeunes.
C'est alors que la petite communauté japonaise s'organise pour que les enfants suivent des cours. La nuit. Les enfants, éclairés par leurs seules lanternes, bravent leur peur et se rendent, coûte que coûte, à l'école de fortune. le rêve de Sayuri – lire et écrire – prend forme, si fragile soit-il dans un tel contexte historique. Lettres éphémères tracées sur le sol, cahiers enfouis au fond d'un panier…. Les scènes sont empreintes d'une très grande douceur.
L'auteure s'est inspirée de l'histoire de sa propre mère, similaire à celle de Sayuri. Elle puise dans ses racines japonaises pour nous offrir un texte de très belle qualité et des illustrations magnifiques réalisées à la mine de crayon.
Viennent des larmes d'émotion, à la fin. Je décide d'offrir une lecture à mes élèves. Lorsqu'ils apprennent que le livre a été publié par les éditions Anacaona et traduit par Paula, ils sont joyeux. Ils se rappellent leur travail autour de Tonton Couture. Pas un bruit dans la classe. Ils ne veulent surtout pas que j'entame un chapitre que je ne pourrais pas terminer, à cause de cette fichue sonnerie qui rythme nos journées et nous rappelle à l'ordre. Alors on fait durer le plaisir, on discute, on en apprend un peu plus sur la vie des japonais installés au Brésil, sur le déracinement, sur l'éducation et l'amour, sur la résistance. Trois mots – "C'est fini ?" – ponctuent la lecture mais leurs yeux disent autre chose, je commence à bien les connaître. Ils sont conquis, tout comme moi, par cet hommage de Lucia Hiratsuka à ces femmes, ces enfants et ces hommes résistants qui ont osé faire tourner le monde différemment.
Lien : http://lecalepindunelectrice..
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__Troubles__
  09 décembre 2017
J'ai eu la chance de recevoir ce roman illustré jeunesse dans le cadre de l'opération Masse Critique organisée par Babelio et différentes maisons d'édition.
Ce sont le résumé ainsi que la couverture qui ont retenus mon attention et j'ai été plus que ravie de recevoir mon exemplaire que j'ai dévoré. La couverture est sublime et les illustrations ont été réalisées par l'auteure elle-même ce qui n'est pas négligeable.
L'histoire m'a beaucoup plu car elle a un côté un peu "nostalgique", un charme désuet mais elle traite d'un sujet délicat, l'identité culturelle et l'individualisme pour les étrangers qui vivent dans un pays ennemi au sien durant le guerre. L'auteure a réussi à rendre justement l'angoisse que peuvent ressentir les enfants dans un univers d'adultes qu'ils ne comprennent pas. Que peut-on faire contre l'envie d'apprendre d'une enfant ?
Grâce à cet ouvrage, j'ai appris des choses que j'ignorais sur le conflit mondial de 39-45 et notamment sur le Brésil qui s'était engagé auprès des Etats-Unis contre le Japon, et l'Allemagne par extension. J'ai découvert également comment pouvaient vivre les japonais en exil à cette époque, fidèles à leur mode culturel très autarcique.
J'ai appris à connaître un peu le Brésil, avec ses paysages décrits comme à couper le souffle, je vais très certainement me plonger sur la question très prochainement.
Cette lecture a vraiment été très agréable et je la recommande aux jeunes comme aux moins jeunes.
Je tiens tout particulièrement à remercier Paula qui s'est occupée de la traduction du roman et des quelques pages encyclopédiques à la fin du livre qui permettent au lecteur d'aller un peu plus loin et de mieux comprendre les tenants et aboutissants historiques.
N'hésitez pas à visiter le site de l'éditeur, Anacaona, qui est plutôt bien fait !
Lien : http://taste.for.troubles.ov..
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bbtiz
  29 novembre 2017
Un très bon roman enfant, avec un langage et des mots adaptés à l'âge visé mais tout de même soutenus, une histoire pleine de douceur et d'enseignements (sur la chance d'aller à l'école et la valeur des livres notamment).
Je serai ravie de le relire dans quelques années avec mon bout de choux!!
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
ArtelodeArtelode   23 février 2018
Monter dans un autobus, connaître la grande ville, prendre le train. J’ai soudain eu envie de connaître d’autres mondes : étudier à l’école de la ferme São Pedro, habiter dans des lieux différents, en ville, où il doit y avoir tellement d’écoles, tellement de choses que je ne connais pas encore… Mais en même temps, je veux habiter toujours au même endroit, près du goyavier, de la balançoire, du nid de fourrier roux, de tout ce que je connais. C’est bien ce que je disais ! Pourquoi les envies opposées viennent-elles toujours ensemble ?
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ArtelodeArtelode   23 février 2018
Papa a mis la caisse dans le trou, s’est emparé de la pelle et a commencé à la recouvrir de terre. Comme on enterre un mort. Ou bien comme on enterre un trésor ? Les morts ne reviennent pas. Et les trésors ? Reviennent-ils un jour ? Comme dans les histoires de trésors cachés ?
– Nous les déterrerons bientôt, a murmuré mon père.
– J’espère, j’espère… Bientôt, a répondu ma mère d’une voix faible.
– Quand la guerre sera finie… a commencé papa, avant de s’interrompre.
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