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EAN : 9782707153289
216 pages
Éditeur : La Découverte (25/10/2007)
4.05/5   38 notes
Résumé :
Crise des rôles masculins et féminins, précarisation des liens intimes, durcissement des relations entre les uns et les autres, reflet de celles du monde du travail. Un vaste panaorama des nouvelles solitudes de notre temps, à partir d'expériences vécues, par l'auteur du Harcèlement moral.


Dans toutes les sociétés développées, la montée de la solitude est devenue un phénomène social majeur. Alors que les interactions entre individus sont perm... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
croquemiette
  03 mai 2021
La psychiatre Marie-France Irigoyen se propose de décortiquer la montée de la solitude dans notre société.
Paradoxalement, grâce aux nouvelles technologies et notamment aux appli de rencontres, nous avons la possibilité d'être en contact permanent.
Cependant, les individus sont ou se sentent de plus en plus seuls.
Plusieurs raisons à cela. Tout d'abord, et c'est une bonne chose, les femmes ont gagné en autonomie et l'institution du mariage est en déclin. Il en va de même pour le culte religieux et le monde syndical, qui contribuaient à créer du lien.
Le monde du travail et le marché de l'amour sont devenus extrêmement compétitifs et basés sur la performance, ce qui peut être décourageant et usant.
Dans ce contexte individualiste, la solitude est devenue banale.
Souvent subie, elle est toujours mal perçue et peut amener une grande détresse à celles et ceux qui la vivent. de même, on peut se sentir «seul.e» en couple.
L'auteure propose de se réapproprier ce nouvel espace vacant qui permet de se recentrer sur soi, de stimuler sa créativité et d'accéder à son intériorité. Apprenons à nous retrouver dans une chambre, seul.e.s, à ne rien faire. Les gens vivant seuls ne sont pas forcément les plus solitaires. Ils ont plus de temps et ont souvent une vie sociale plus riche que les gens mariés.
La solitude n'est pas synonyme de tristesse et peut devenir une véritable source d'inspiration.
Pour lire, pour écrire, pour créer ou simplement ne rien faire !
Riche en témoignages, c'est un essai fort intéressant mais qui nécessiterait une réédition. Il date de 2007 et beaucoup de choses ont changé depuis. Et une analyse post-confinement s'impose.
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Tom_Otium
  16 septembre 2016
C'est presque un éloge de la solitude qu'écrit ici Marie-France Hirigoyen. La capacité d'être seul, apprise dans l'enfance, serait la clé pour être bien avec soi même. On pourrait ainsi ensuite développer un rapport plus sain avec les autres... ou pas. En effet beaucoup de personnes font aujourd'hui le choix d'une « solitude heureuse ». La solitude serait même une tendance lourde, ou plutôt légère, d'une humanité qui voudrait se libérer de liens pouvant être oppressants. L'auteure de « Le harcèlement moral » en sait quelque chose, les relations humaines sont faites de luttes de pouvoir et d'intérêts (financiers, affectifs, sexuels, reproductifs...). Nombre de nos contemporains seraient fatigués par ces négaciations et autres manipulations au quotidien. Aujourd'hui, avec notre niveau de vie et à l'époque du « sans engagement » on peut très bien vivre une « vie à la carte » et se trouver des amis pour un soir ou un amant pour une nuit. Cela se fait très facilement d'un point de vue pratique sur internet, on n'a que l'embarras du choix. Mais quel embarras ! le monde du travail et la société de consommation sont à juste titre très critiqués : ils nous encouragent a être performant, exigeant ; critiquer, évaluer, consommer, jeter, zapper autrui, ainsi qu'à nous mettre en scène et en photos sur les réseaux sociaux et autres sites de rencontre où l'apparence et le narcissisme règnent en maître. Las de cette extension du domaine de la lutte, certains font alors le choix de l'ultra-solution radicale : être dans le non-choix, l'asexualité, le désengagement.
Dommage que ce fait social total du mode de vie en solo ne soit pas plus développé dans le livre. Il est beaucoup question du couple ou plutôt des couples. Ce qui m'a parût paradoxal car le couple c'est pour moi l'inverse de la solitude mais qui s'explique par le fait que beaucoup de gens, des femmes notamment, se sentent seuls dans leur couple ou leur famille. Les témoignages sont absolumment passionnants. Ils émanent souvent de patients ayant un certain âge et un vécu parfois difficile (divorce, cohabitation, tensions, infidélités etc...) qui les a justement amené à consulter. Toute une génération de jeunes gens ont vu leurs parents divorcer et parfois se déchirer et ne veulent plus vivre ces galères. J'aurais préféré que Marie-France Hirigoyen parle un peu plus de cette jeune génération et de ces nouvelles solitudes à venir.
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Commenter  J’apprécie          80
morigny
  13 février 2021
Les essais de Marie-France Hirigoyen devraient être déclarés d'utilité publique, tant cette psychiatre et psychanalyste - à l'origine de la première loi sur le harcèlement au travail en 2002 – possède le talent d'exprimer simplement des idées complexes, et de synthétiser les mutations profondes de la société pour les rendre compréhensibles au plus grand nombre. Ses travaux concernent tout le monde, hommes ou femmes, jeunes ou vieux, de toutes origines sociales et chaque lecteur peut reconnaître des bribes ou des pans entiers de sa propre expérience dans ses mots exempts de tout jugement, et y puiser force, énergie, volonté, optimisme, car l'auteure sait mettre au jour ce que beaucoup ressentent intuitivement sans savoir le formuler. Dans Les nouvelles solitudes, elle explore les conséquences de l'émancipation des femmes, d'abord infimement grignotée au fil des générations puis conquise de haute lutte sur l'archaïque patriarcat par les féministes à l'aube des années 70, en s'attardant spécifiquement sur les solitudes induites par des modes de vie inédits qu'elle distingue de l'isolement.

Tout est passionnant dans cet essai limpide que l'on ne peut lâcher une fois entamé, qu'il soit question pour les femmes de la revendication d'autonomie, du piège de la disponibilité, du désir d'enfant, et pour les hommes de leur désarroi, de leur insécurité, de la difficulté à être père, et enfin pour les couples, des nouveaux chemins testés comme les couples non cohabitants ou à autonomie limitée : expérimentations parfois ratées et pourvoyeuses de solitudes. Marie-France Hirigoyen évoque d'autres domaines qui, alors qu'ils sont censés créer de la communication, des interactions sociales, ne sont que des fabriques à solitude et isolement : le travail, monde de performances propice à l'élimination des maillons faibles ; le virtuel et ses sites de rencontres aux prétendants jetables et interchangeables, et ses mondes ludiques qui entretiennent l'illusion de ne pas être seul alors qu'ils ne sont que des chimères créatrices d'addictions destinées à masquer les frustrations  ; la consommation, l'injonction du bonheur, les fausses recettes de « l'estime de soi »....

Face à de tels constats, l'auteure développe, études scientifiques et brefs mais saisissants témoignages de patients à l'appui, une théorie émergente, qui m'a personnellement beaucoup séduite : la solitude volontaire, ou nouvelle solitude, choisie par conviction personnelle ou après quelques désillusions sentimentales, une séparation, un divorce ou un deuil, qui permet d'accéder à l'intériorité, éviter la souffrance de l'échec, être enfin soi-même et surtout, élément essentiel : être disponible aux autres... et non pas replié sur soi-même et aigri. Dans ce choix de vie qui rencontre un succès grandissant, l'asexualité peut être revendiquée et le désengagement d'un monde angoissant vécu comme un soulagement.

Une fois encore, Marie-France Hirigoyen offre au lecteur une facette de son travail original et progressiste, combat les préjugés, tord le cou aux stéréotypes, au premier rang desquels se trouve l'image négative véhiculée par les « solitaires » vus comme des ratés, restés seuls parce que personne n'a voulu d'eux. La solitude est souvent illustrée par des vieux croupissant dans des ehpad ou des vieilles filles arriérées coiffant Sainte-Catherine. Pour Marie-France Hirigoyen les solitaires volontaires tracent la voie d'un nouveau mode de vie et sont des précurseurs.
Je suis d'accord.
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Kenehan
  03 novembre 2019
Dans cet ouvrage, Marie-France Hirigoyen fait un tour d'horizon des solitudes. Solitudes au pluriel car il y a plusieurs façon d'être seul. Aussi bien dans la sphère privée que professionnelle ou sociale, l'auteure explore ce qu'est la solitude et notre rapport plus ou moins adapté à celle-ci à travers le genre, la consommation, la sexualité, la communication, etc.
Que ce soit par choix, par dépit, par force ou autre, la solitude peut vite être un poids supplémentaire dans nos existences et même une source de souffrance. D'ailleurs, on a communément tendance à concevoir la solitude comme quelque chose de négatif, qu'il faudrait éviter, quitte à se connecter à tout prix aux autres, sur des réseaux sociaux notamment.
Si l'analyse progressive de la solitude dans ses diverses formes et origines, illustrée fréquemment par des vignettes de patients, tend à soulever les problématiques liées à la solitude ; Marie-France Hirigoyen rééquilibre la balance en montrant et démontrant à quel point la solitude peut aussi bien être salvatrice que destructrice. Certes, la solitude peut être une source de souffrance, - encore que l'auteure tend à mettre en évidence l'existence d'autres problématiques à l'origine de la souffrance, masquées derrière la solitude - mais comme la nourriture ou l'activité physique, la solitude est nécessaire à une vie saine et épanouie.

Un ouvrage intéressant et accessible qui va plus loin que l'aspect négatif souvent accolé à la notion de solitude. Marie-France Hirigoyen s'appuie sur sa pratique clinique pour étayer son propos, un point à la fois positif et négatif dans le sens où les témoignages se concentrent majoritairement autour d'une tranche d'âge restreinte. En effet, il s'agit pour les deux tiers d'hommes et de femmes à l'histoire de vie conséquente et donc dotés d'une expérience pleine des divorces, des carrières, etc. Il en ressort que les constats sur la solitude sont plutôt issus de bilans d'existences, pas forcément heureuses.
Challenge MULTI-DÉFIS 2019 : Un essai
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pyrouette
  28 décembre 2010
J'apprécie ses études et je lis tous ses bouquins. constat de l'individualisme dans notre société d'où ces nouvelles solitudes. Instructif
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Citations et extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
pyrouettepyrouette   31 octobre 2013
Accepter sa solitude, c'est cesser de dépendre du regard de l'autre et assumer la responsabilité de ce que l'on est, savoir ce que l'on vaut par soi-même, compter sur soi et non sur les autres.
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pyrouettepyrouette   22 octobre 2013
On est face à un paradoxe : un même terme renvoie à la fois à la souffrance et à une aspiration de paix et de liberté. D'un côté, on nous dit que la solitude est un des maux de notre siècle, et qu'il faut à tout prix créer du lien et de la communication ; et, de l'autre, on nous prône l'autonomie.
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AthelisAthelis   21 février 2016
Le sentiment de solitude est une notion subjective, un ressenti, c'est l'interprétation d'une situation, parfois vécue comme un rejet ou une exclusion. On peut se sentir seul dans une foule, dans une famille, dans un couple. (...) Il s'agit s'un sentiment de vide intérieur et d'isolement qui ne correspond pas nécessairement à un besoin de compagnie ou au manque de quelqu'un en particulier, mais plutôt au sentiment d'être à part, déconnecté du monde, incompris. Au fond, c'est la conscience aiguë de sa situation d'humain qui est et restera seul face à lui-même et à la mort.
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Zora-la-RousseZora-la-Rousse   28 août 2015
Au japon, des centaines de milliers de jeunes vivent enfermés chez eux. On les appelle des "hikikomori", ou "enfants socialement exclus". Ils représenteraient actuellement 1% de la population japonaise. Par peur de se confronter à la réalité, ces jeunes, âgés le plus souvent de 20 à 30 ans, se réfugient dans un univers enfantin, virtuel, alimenté par Internet, les jeux vidéos, les mangas...Ils essaient de tout faire sans sortir de chez eux, ce qui est possible grâce à Internet..
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KenehanKenehan   28 novembre 2018
Dans les pays développés, les années 1990 et 2000 marquent donc un tournant historique du modèle traditionnel de la relation de couple. L'espérance de vie est de 77 ans pour les hommes et de 84 ans pour les femmes, ce qui permet en principe quelque cinquante ans de vie commune. Il est toutefois illusoire de croire que nous pourrions vivre dans le même couple pendant un demi-siècle. Nos sociétés changent, nous changeons aussi avec l'âge ; et il est improbable que nous puissions vivre ces changements avec la même personne, d'autant que nous sommes de plus en plus exigeants. Car nos contemporains veulent tout, le bonheur sous toutes ses formes : une vie sexuelle épanouie, une vie personnelle intense, une vie sociale excitante et une vie professionnelle satisfaisante.
Un couple n'est pas une construction figée, il évolue avec le temps, et bien peu seront capables de suivre cette évolution en restant ensemble. Certains feront tout pour faire durer leur couple et sont prêts à des aménagements, à inventer d'autres façons d'être ensemble. D'autres choisiront de ne pas sauver une relation à tout prix quand "ça ne fonctionne plus". Ils passeront à quelqu'un d'autre. Dès lors, se dessinent différents modèles de couples.

p. 76 & 77
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Videos de Marie-France Hirigoyen (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie-France Hirigoyen
https://www.librairiedialogues.fr Numéro 106 de l'émission Dialogues littéraires de septembre 2019, filmée au sein de l'exposition "Liberté, égalité, diversité" à l'abbaye de Daoulas. L'émission est produite par la librairie Dialogues et réalisée par Ronan Loup. ? Émission spéciale consacrée au programme d'été les Éclaireurs. Invités : Bertrand Périer pour "La parole est un sport de combat" (JC Lattès), Marie-France Hirigoyen pour "Les Narcisse, ils ont pris le pouvoir" (La Découverte), Maurice Olender pour "Un fantôme dans la bibliothèque" et plus généralement la collection "La librairie du XXIe siècle" (Seuil) et une balade "Lampes de poche" dans l'Histoire de Brest avec Yan le Gat, auteur de "Brest une histoire illustrée" avec David Cren (éditions Dialogues) ainsi que la chronique de Julien au rayon Poches. Présentation : Laure-Anne Cappellesso. Interviews par Laure-Anne Cappellesso, Carole Marc et Jean-Philippe Rossignol.
Retrouvez-nous aussi sur : Facebook : https://www.facebook.com/librairie.dialogues Twitter : https://twitter.com/dialogues Instagram : https://www.instagram.com/librairiedialogues
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>Psychologie différentielle et génétique>Psychologie et environnement>Environnement social (famille, amis, relations, solitude...) (21)
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