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Henri Theureau (Traducteur)
EAN : 9782264079237
408 pages
Éditeur : 10-18 (20/05/2021)
3.99/5   78 notes
Résumé :
Vivez le quotidien d'une famille tahitienne drôle, attachante et haute en couleurs.
Chronique d'une famille polynésienne des quartiers populaires de Tahiti, L'Arbre à pain nous plonge dans le quotidien de Materena, mère de trois enfants et femme de ménage professionnelle, au franc-parler " local " et aux rêves simples. Dans ce premier volet de la trilogie, la succession des récits, authentiques et tendrement drôles, est cousue de fil blanc... celui de la robe... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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iris29
  16 septembre 2021
Délicieux roman..
Premier tome d'une trilogie consacrée au quotidien d'une famille tahitienne, habitant un quartier populaire, portée par la voix de Materena, mère de trois enfants, trente ans environ, vivant en concubinage avec Pito. Et c'est qu'elle l'aime son Pito ! Il y a peu , il l'a demandée en mariage. Mais est-ce que ça compte, car il venait de regarder un match de foot à la télé, il était sérieusement imbibé d'Hinano ( la bière locale) et il ne s'en souvenait pas au réveil ... Mais Materena, elle elle y pense nuit et jour, ayant dans la foulée, pris un crédit pour son cadeau de mariage, avec de l'argent qu'elle n'a pas...
Résistant à le dire à ses proches (à cause de "radio cocotier") elle fulmine, elle cogite. C'est ce qui sert de colonne vertébrale au roman, cette demande en mariage, ce qu'elle se retient d'annoncer à chaque fois qu'elle sort de chez elle et qu'elle croise un cousin ou une tante. C'est que Materena connaît beaucoup de monde à Papeete ( prononcez: papé-été) . Chaque rencontre fournit à l'auteur, une anecdote triste ou gaie, toujours racontée sur le même ton. le vocabulaire est simple, les tournures de phrases, locales, mais quelle efficacité dans cette simplicité apparente ! Combien de sujets elle aborde avec humour et l'air de ne pas y toucher, de ne pas rentrer en profondeur ! Poignante cette histoire d'adoption à l'insu du plein gré ...Poignante, cette gamine, livrée à elle-même en plein Papeete, parce que sa mère est morte, ou cette fille enceinte , avec le futur père reparti en France sans rien savoir. D'ailleurs quand on lit ces petites tranches de vie, c'est fou le malheur apporté l'air de rien par les farani ( les français ...).
Et tout cet argent qui manque, car Materena est loin d être aisée, elle est ,comme elle aime à le souligner : femme de ménage " professionnelle" et son mari ouvrier. Mais pourtant, ils donnent. A Tahiti, on n'a pas le choix, ce qui est à toi, est à la famille, et ils peuvent venir se servir quand ils veulent...
Et quand on n'a pas d'argent, quoi de mieux , qu'un jardin, où cueillir le "uru", le fruit à pain, (base de l'alimentation , un peu comme la pomme de terre chez nous), d'où le titre " L'arbre à pain". D'ailleurs, à Tahiti, il est courant de tout avoir dans son jardin, avocatier, manguier, citronnier, bananier etc... Y'a qu'à tendre la main !
Haute en couleur, cette fresque n'a pas sa pareille pour décrire une vie locale, ultra dépaysante pour nous, français de la métropole. Usant de mots tahitiens pour mieux nous imprégner de sa culture ( un glossaire est à disposition à la fin du livre..), l'auteur nous immerge , et l'on comprend nos différences, et on comprend nos ressemblances . On se délecte de tous ces mots, tous ces "R" qu'il nous faut rouler dans notre bouche un peu comme des "L" .
On se délecte de l'humour, ah cette leçon sur l'indépendance donnée par la mère de Materena
Quand à moi, je vais petit à petit , en douceur me détacher de Materena, repartir en France, 22h me sépare encore de chez moi, 12 heures de décalage horaire, ça douille...
On s'attache à Materena, vous verrez ! Comment ça , elle n'existe pas ? J'aurai juré que ... Elle est si bien décrite, si réelle.
Cette nuit, j'ai rêvé que je retournais à Tahiti. Et en attendant, le tome 2 est sorti " Frangipanier" qu'il s'appelle... Rien qu'avec ce titre, je suis déjà ailleurs !;-)



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bidule62
  10 août 2021
Savoureux.... Ah ! la magie des livres qui vous permet de vous installer un moment dans la banlieue (déshéritée certes) de Papeete ! Tahiti.... Vue de métropole, rien que le nom fait rêver.... Tahiti.......
.
On suit l'héroïne, Materena, sa famille présente, chaleureuse peut-être envahissante. On découvre ses envies, ses projets, sa vie au quotidien. Une trame centrale autour d'elle et chaque chapitre qui s'intéresse à des pans de vie locaux.
Rien de trépident, juste la vie qui s'écoule avec ses petites joies, ses désappointements, ses soucis, ses bonheurs.... Et puis ce français de l'à-bas, ces mots, ces tournures de phrase, j'aime, j'aime beaucoup !
.
En fait j'ai tellement aimé ce livre que je suis repassée par la librairie et j'ai acheté le tome 2, déçue d'apprendre qu'il me faudra patienter un peu pour le tome 3.
Un doux plaisir, un beau voyage !
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Meps
  04 novembre 2020
Il est bon de sortir de ses sentiers battus et d'aller respirer l'air du grand large. Et quoi de plus proche et d'en même temps plus dépaysant que la Polynésie Française !
Celestine Hitiura Vaite nous offre une totale immersion dans la vie quotidienne des Polynésiens. On se sent comme invité chez l'habitant, on nous offre un pe'ue pour dormir, un peu de ma'a pour nous restaurer et on nous raconte les histoires du coin.
Car ce livre est avant tout un recueil de petites histoires, celles de la cousine qui change de copain toutes les semaines, celle de ce cousin qui a rejoint la capitale Papeete en pensant faire fortune et retourner sur sa petite île avec l'argent pour acheter un bateau, celle de cette autre cousine (la famille ne semble pas avoir de limites) qui n'a pas pu vraiment choisir le prénom de son fils... Chaque chapitre est un nouveau conte, qui semble parfois invraisemblable mais nous révèle une nouvelle facette du patchwork global de ce territoire, comme un joli tifaifai à poser sur son lit.
On pourrait se lasser de cet enchaînement mais il y a quand même un fil conducteur, la petite famille de Materena. Elle est au centre de tout avec son mari Pito et ses trois enfants. Enfin, pas vraiment son mari et c'est là tout le souci, même s'il vient de lui demander de l'épouser quand il est rentré ivre hier. Cette préoccupation du mariage occupe tout le livre et reste en même temps en toile de fond. Materena n'est pas la plus expansive, ni la plus importante, ni la plus exceptionnelle des cousines... mais c'est chez elle que nous habitons... Alors on finit par mieux la connaître que les autres, par nous attacher à sa simplicité, à son honnêteté, à sa patience, à son courage. Les femmes n'ont pas la vie facile à Tahiti...et les hommes non plus. Beaucoup de chômage, des rêves modestes, un nouveau lit, une armoire, autre chose à manger que toujours les fruits de l'arbre à pain...
Le style de l'auteure est tout en langueur, dans le rythme de cette société qui n'a que le temps de prendre son temps, un de ses seuls luxes. On passe d'un chapitre à l'autre comme le long d'un long fil tendu, avec la fin de chaque chapitre qui influence le début de l'autre. Quasiment tous les sujets sont abordés et toujours avec plein d'humour, les relations familiales, la religion, le rapport à l'homme blanc colonisateur venu bouleverser la société en apportant des rêves qui n'avaient pas effleuré les locaux auparavant, ces hommes et ces femmes blanches qui sont aussi pour beaucoup l'objectif à séduire pour s'enfuir loin et revenir plein de fierté après avoir réussi, tout ça pour que les autres nous traitent de fa'a'oru. On parle aussi religion, traditions, éducation, politique mais sans jamais réellement se disputer trop longtemps, sauf peut-être quand le mouvement indépendantiste parvient à enflammer les esprits.
Bref, un très joli voyage où nous emmène ce livre, un voyage où on a envie de se laisser porter par la première, la deuxième, la troisième vague, à l'heure où ce mot si doux prend de nos jours des accents si terribles !
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Cricri08
  30 juin 2021
Un très joli roman que j'ai lu le sourire aux lèvres!
Faisons escale à Tahiti pour rencontrer Materena et sa famille : Pito son conjoint, qu'elle rêve de voir la demander en mariage, ses trois enfants, sa mère, sa belle-mère et ses nombreuses cousines.
De petits chapitres nous narrent différentes anecdotes de la vie quotidienne, entre rêve d'avenir, contes et légendes polynésiens, disputes conjugales ou détournement d'objet! avec un fil conducteur : la demande en mariage.
Un roman très frais, léger, plein de bonne humeur et des personnages auxquels on s'attache immanquablement.
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Rhineyya
  17 juillet 2021
C'est le mois de juillet alors quoi de mieux qu'un livre qui sent l'été et qui nous transporte sur les îles ? Surtout avec cette période de covid, où il n'est pas facile de voyager... Avec sa couverture colorée, L'arbre à pain est le premier tome d'une trilogie sur une famille tahitienne.
Materena, en couple depuis 12 ans avec Pito, a des envies de mariage.  Elle aime les chansons d'amour, les films d'amour, les histoires d'amour, bref elle aime l'amour. Avec Pito, elle a 3 enfants, une maison et pourtant, toujours pas de bague au doigt. La question fatidique arrive un soir où Pito a trop bu. Tout de suite, Materena s'emballe, elle accepte et commence les préparatifs en secret, bien que Pito ne semble même pas se souvenir de sa demande.
Les chapitres sont une succession de courtes scènes de vie et d'anecdotes sur les proches de Materena (sa mère, sa grand-mère, ses cousins/cousines, sa marraine...) et sur elle-même. Chaque fois que Materena croise quelqu'un, on apprend un petit quelque chose sur cette personne. Histoire toute fraîche ou souvenir plus ancien, ces récits permettent de bien caractériser le personnage et de ne pas se perdre au milieu de la (grande) famille de Materena. Ce sont souvent des histoires drôles, qui nous transportent dans le quotidien des habitants du coin.
C'est un livre qui détend, sans rebondissements palpitants ou grandes révélations, il raconte simplement l'histoire du quotidien d'une femme et de sa famille à Tahiti. On y découvre des légendes et des croyances locales comme celle du taura, un animal protecteur transmis par la mère à ses enfants et qui peut être appelé en cas de besoin. de nombreux mots tahitiens sont disséminés dans le livre et un lexique est disponible à la fin pour en comprendre la signification. Au début, on s'y perd un peu mais on finit par s'habituer et par retenir les mots qui reviennent souvent. J'ai beaucoup aimé ce petit ajout qui participe à l'immersion.
Ce n'est pas un livre que j'ai adoré mais j'ai bien apprécié de le lire et de découvrir la vie de Materena. J'achèterai peut-être la suite l'été prochain pour me replonger dans l'ambiance dépaysante de la saga !
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
missmolko1missmolko1   13 août 2018
Materena likes movie about love.
When there’s a love movie on the television, Materena sits on the sofa, her hands crossed, and her eyes focused on the TV screen. She doesn’t broom or cut her toenails, she doesn’t iron, or fold clothes. She doesn’t do anything except concentrate on the movie.
Movies about love move Materena and sometimes it happens that she imagines she’s the heroine.
The love movie tonight is about a woman who loves a man with a passion but, unfortunately, she has to marry another man – it’s the plan of her parents. Her future husband is not bad looking or mean. It’s just that she feels nothing for that man. When she looks at him, it’s like she’s looking at tree – whereas when she looks at the man she loves, her heart goes boom, boom, she wants to kiss him, and she wants to hold him tight.
The woman in the movie meets the man she loves one last time – it is a day before her grandiose wedding, and he’s leaving for a far awy country, never to return, because it’s too much for him to bear to stay in the neighbourhood. It’s easier for him to just disappear.
The lovers meet behind a thick hedge. They kiss, they embrace, then he falls to his knees, and declares: “I will love you till I die, till I die I swear to God, you are the centre of my universe, my guiding light, the only one.”
The heroine hides her face in her gloved hands and bursts into tears. There’s violin music, and a tear escapes from the corner of Materena’s eye. She’s sad for the woman. She can feel the pain.
“Poor her,” Materena sight.
“Zero movie! What a load of crap!” This is Pito’s comment.
In his opinion, there is too much crying in that movie, too much carrying on, no action. And the man, what a bébé la la – wake up to yourself.
“Well go read your Akim comic in the kitchen.” Materena wipes her eyes with her pareu.
But Pito is too comfortable on the sofa, and he wants to watch the end of that silly movie. Materena wishes she could transport Pito somewhere else. He’s been annoying her ever since the movie started with his comments and sighs.
Pito doesn’t like movie about love. He prefers cowboy movies, movies with action and as little talking as possible.
The movie is near the end and Materena hopes Pito is not going to spoil it with a stupid remark. Materena needs complete silence. The end of a love movie is very crucial. There’s a lot of tension. In Materena’s mind, the heroine will be reunited with the man she loves but love movies don’t always end the way Materena would like them to end.
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iris29iris29   20 septembre 2021
Mama Roti préfère aussi que les gosses jouent dehors parce que, de son point de vue, les gosses ne devraient pas être à l'intérieur quand le soleil brille.
Autrefois, elle ne permettait jamais à ses enfants de traîner dans la maison quand le soleil brillait dehors, ce qui explique peut-être pourquoi, aujourd'hui, Pito peut passer une journée entière vautré sur le canapé quand le soleil brille dehors.
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iris29iris29   18 septembre 2021
Loana dit que maintenant elle est fiu (fatiguée) des hommes et bien contente comme ça. Elle va où elle veut aller, pas besoin d'autorisation, de permis de sortie, personne l'embête, personne lui demande où tu vas, quand tu reviens, avec qui tu sors, et patati et patata.
D'ailleurs elle ne sort pas. Elle aime bien rester dans sa maison.
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missmolko1missmolko1   14 août 2018
Keeping a wedding a secret is like keeping any kind of secret. It’s not complicated. Basically, when you bump into a relative, you bite your tongue for a few seconds and hurry to make small conversation. So far, in the space of half a day, Materena has bumped into six relatives and told them nothing of her secret plan. When they asked her, ‘So, what’s the news?’ She replied – with her normal voice – ‘There’s no news Cousin. It’s still the same, and how’s everything with you?’
Now, however, with her mother visiting, Materena is very tempted to exclaim, ‘Eh Mamie! You’re never going to guess! Pito asked for my hand!’ But Materena bites her tongue instead.
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iris29iris29   17 septembre 2021
" Mama Roti, je suis heureuse avec ton fils. "
" C'est un brave garçon, mon fils", dit Mama Roti.
" Ah oui."
" Il travaille, lui."
" Ah oui alors, et ça c'est bien", dit Materena.
" Il boit un peu de bière de temps en temps, continue Mama Roti. Mais au moins il ne frappe pas quand il boit. Il raconte juste plein de conneries."
Materena opine.
" Je l'ai très bien élevé."
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