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EAN : 9782246819837
200 pages
Éditeur : Grasset (18/03/2020)
3.41/5   29 notes
Résumé :
Île est un voyage poétique où s’entrecroisent les générations. Nous découvrons l’histoire d’une jeune femme, danoise par son père et féroïenne par sa mère, qui rend visite à sa famille maternelle sur la trace de ses ancêtres. Elle fait partie de la troisième génération d’immigrés, celle qui est « à moitié chez elle dans son pays, à moitié chez elle dans son langage », une narratrice partagée entre le Danemark où elle vit et les Îles Féroé où se trouvent ses racine... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Bookycooky
  02 mai 2020
Entre passé et présent l'histoire sur trois générations d'une famille des Îles Féroé, une province autonome du royaume du Danemark depuis 1948 . Un pays aux deux langues, le féroïen et le danois. La narratrice, sa maman féroïenne et son père danois, la Tarentule, vivent au Danemark. L'omma , la grand-mère maternelle y a émigré dans les années 40, alors que les îles étaient envahies par les troupes britanniques afin de contrôler l'Atlantique Nord, l'Allemagne nazie ayant envahie le Danemark.
À la mort d'Omma, sa petite fille revient à ses origines insulaires et nous conte l'histoire de sa famille maternelle avec une nostalgie poignante, "Nous héritons de notre caractère étranger, voilà ce que je voulais dire, on le met dans les valises de la prochaine génération."
Un livre qui questionne l'importance de nos origines et de son héritage dont la langue maternelle non apprise ou perdue au profit de la langue du pays immigré. "Si ce n'était pour ma omma, j'aurais été entièrement féroïenne, et non à demi danoise, sans asthme, ma mère se serait mariée à un pêcheur, un gérant de coopérative, un ornithologue, et non à une tarentule. J'aurais grandi avec de plus beaux paysages, plus de verdure, plus de Jésus, moins de lesbiennes, beaucoup de moutons, sans mal du pays pathologique. Cette dernière partie comptait....".
La beauté de ce récit qui insère la petite histoire dans la grande, tient aux détails. La sensation de l'herbe mouillée sous les pieds, un cerisier du Japon qui se tient comme un délicat travailleur immigré au milieu des arbres fruitiers anciens et noueux, le blé qui avait pour habitude de courir dans le vent, tout autour de la maison dans laquelle habitait omma et le papé , les fleurs et les petites pierres qui étaient comme du botox pour l'âme, le brouillard qui avait posé un couvercle sur le village....autant d'images qui embaument une histoire qui nous emmène à travers un voyage plein de poésie, où le pouls de la vie bat son plein avec ses peines et ses joies.
Magnifique premier roman, d'une prose sublime et bravo à la traduction.
"Une joie sucrée comme la chair d'une pomme,...."
Un grand merci aux éditions Grasset et NetGalleyFrance pour l'envoie de ce très beau livre.
#Île#NetGalleyFrance
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Annette55
  21 mai 2020
Voici une pépite nordique, un beau roman doux et poétique qui nous emmène ailleurs : l'histoire à la fois intime et universelle de trois générations d'une famille des Îles Féroé, province autonome du Danemark .
La narratrice , bercée par les récits familiaux et les mythes ancestraux nous conte avec grâce l'histoire de ses aînés : ses grands- parents qui ont quitté les îles Féroé pour le Danemark, leurs sourires , le ressenti de la migration en fonction du rapport à la langue et à la culture d'origine, ses souvenirs réels ou inventés : « Les migrations durent trois générations , la 1ère ressent la détresse et porte la Volonté , la dureté, une lourde pierre , on ramasse ses racines et on part »
...«  Les racines frémissent et cherchent . Elles transportent les particules mortes d'une autre terre... »
Ces images éthérées , floues , sorties de l'enfance ces phrases courtes, Instantanées , brutes : arêtes de la roche et des falaises, crêtes d'écume , nappes de brouillard , nuages flottant dans l'air autour des mots, herbe mouillée , petites pierres de brouillard , qui frémissent lorsqu'on les caresse, blé courant dans le vent , légèreté et envol vers les îles ...entre pierre , ciel et roche sculptent la quête identitaire et originale de l'auteure....
Ces détails sensibles et imagés donnent une tonalité gracieuse et bouleversante à ce texte dépaysant ....
C'est un roman où l'inoubliable circule entre ces mots magiques .
Il questionne à l'infini sur l'importance de notre héritage , la langue que l'on apprend ou que l'on perd selon notre voyage de migrant à travers les générations ....
«  Marita éclate de rire, il faut qu'elle court, elle court, et les pies de mer s'élancent , ses bras s'envolent dans l'air étincelant —-Ile —- Où étais - tu ?
Elle s'arrête , l'eau embrasse ses chevilles —— et elle rit ——jusqu'à manquer de souffle ... » .
Grand merci à Idil qui m'a fait acheter ce livre ! Lu d'une traite !
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mariech
  24 mars 2020
Belle découverte des îles Féroé avec ce roman très poétique , une très belle évocation des liens inextricables qui lient la troisième génération d'immigrés , dans ce cas l'auteur est moitié feroïenne par son père et danoise par sa mère .
Elle nous raconte l'histoire de ses grands -parents qui ont quitté les îles Féroé pour le Danemark ,la nostalgie de son grand - père qui regrettera durant toute sa vie son île .
Le grand père c'est papé qui transmet les légendes des Îles Féroé à sa petite fille , qui lui raconte l'histoire d'Ulysse qui revient à Ithaque , comme lui revenu sur sa chère terre natale .
Ce sont des choses qui ne s'oublient pas , comme ces mailles de tricot différentes sur l'île et au Danemark , Marita , la chère omma a le don de passer de l'une à l'autre , comme dans son enfance ou lorsqu'elle est près de sa petite fille .
Un roman atypique , poétique qui m'a donné envie de découvrir les îles Féroé , ces beaux paysages sauvages .
Une très belle lecture .
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Meps
  12 mai 2020
Merci tout d'abord à Net Galley et aux éditions Grasset pour cette belle découverte.
J'aime souvent souligner l'importance de la chronologie de nos lectures dans le ressenti qu'elles nous laissent. Savoir après quel livre nous en avons lu un autre est capital dans l'impression qu'il peut nous faire. Passer après Faulkner n'est pas tâche facile. Il faut de la légèreté histoire de ne pas plomber mon quotidien, mais une légèreté stylée, histoire de ne pas trop souffrir de la comparaison.
Et bien, de la légèreté stylée, cela résume bien l'impression que m'a laissée le premier roman de cette auteure danoise. Légèreté parce que le livre s'envole avec le vent et l'écume des côtes des Iles Féroé. On embarque pour un récit très personnel où la première personne est bien celle de l'auteur qui revisite l'histoire de sa famille en nous emmenant dans ses valises du retour au pays originel. La chronologie est brumeuse, comme le climat, on saute d'une époque à l'autre au détour d'un paragraphe, au gré de la mémoire des anciens comme de celle de la narratrice qui n'est jamais sûre d'où elle nous emmène.
Légèreté aussi parce que les images qu'elle nous tend sont très souvent sorties de l'enfance, instantanés flous comme des Polaroid qu'on n'aurait pas forcément laissé finir de se développer. le style est très poétique, le mélange de tous les sens est assumé dans des phrases dont on ne sait jamais comment elles vont finir mais qui touchent au but et sonnent parfois étonnamment justes. Les thèmes abordés sont essentiels dans le monde d'aujourd'hui : transmissions inter générationnelle, ressenti de la migration en fonction du rapport à la culture, à la langue du pays d'origine.
Légèreté enfin parce qu'on garde l'envie de s'envoler pour les lointains avec elle, que ce soit pour atterrir dans ce pays si peu connu des Iles Féroé auquel elle rend un magnifique hommage ; ou pour visiter une de ces îles flottantes, qui décident un jour de se fixer à un endroit, sans qu'on sache toujours pourquoi, sans que même les légendes n'aient d'explications à nous fournir. Ces îles sont là parce qu'elles attendent quelque chose. Quoi ? Là vous en demandez déjà trop...
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Zazaboum
  15 juin 2020
Je remercie NetGalley et les Editions Grasset pour m'avoir permis de découvrir cette jolie histoire.
A la lecture j'ai eu l'impression de faire une veillée au coin du feu où la narratrice nous contait d'une voix douce et feutrée l'histoire de ses grands-parents qui avaient quitté les iles Féroé pour s'installer au Danemark, avant le seconde guerre mondiale.
Puis sa mère qui avait épousé un danois et elle, fruit de ce métissage qui lui a toujours donné l'impression d'être entre deux cultures, jamais totalement à sa place dans l'un ou l'autre pays. Chaque été sa famille proche allait en vacances aux Féroé et elle renouait avec une langue et des habitudes qu'elle connaissait peu ou pas ! Pour avoir un passé auquel se raccrocher elle parle de chacun de ces grands-oncles, grands-tantes, certains qu'elle n'a pas connu d'autres qui l'ont vu grandir. C'est sa quête d'identité pour définir sa place dans ces deux sociétés. En filigrane, son grand-père qui lui lit l'Odyssée, ses légendes et ses voyages, puis le retour au pays !
Le début de la lecture m'a semblé brouillon, j'avais beaucoup de mal à situer les personnes dont elle parlait et surtout quelle époque elle racontait, rien dans le texte ne donnait d'indication. Petit à petit j'ai abandonné cette idée de situer dans le temps et la lecture est devenu plus aisée. Je me suis laisser bercer par les mots comme dans une brume chaleureuse qui faisait apparaître sa famille, leur donnait vie mais de façon éthérée, sans angles aigus !
Un roman poétique et doux à lire, je dirais presque, « absolument » !
CHALLENGE RIQUIQUI 2020
CHALLENGE PLUMES FEMININES 2020
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critiques presse (2)
Actualitte   20 octobre 2020
Ce livre raconte combien il est important de ne pas perdre nos traces, de ne pas oublier ces racines qui, mêlées, portent en elles la source d'une universalité humaine qui ridiculise les frontières et toutes leurs conséquences.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeDevoir   27 juillet 2020
C’est à un voyage à travers la mémoire et les sensations profondes et acérées que nous convie la Danoise Siri Ranva Hjelm Jacobsen, 40 ans, avec Île, un premier roman sensible en forme de saga familiale concentrée qui nous fait prendre la mesure de la réalité insulaire.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
AgneslitdansonlitAgneslitdansonlit   28 août 2020
"Alors vous ne parliez jamais féroïen, à la maison ?"
Ma mère répondit d'un ton prudent, neutre.
"Mes parents parlaient féroïen entre eux."

D'abord, je mangeai le pain noir. Puis je laissai la graisse de baleine froide reposer sur ma langue. Je voulais dire quelque chose au sujet de l'assimilation, que l'assimilation est une perte de mémoire méthodique. Je voulais interroger au sujet des fêtes, des repas de Noël, des anniversaires. Je voulais demander si elle connaissait cet instant où une tante ou un cousin se tournait et optait pour le danois, l'instant où l'on devenait un invité dans sa propre famille, l'hôte du sang.
Nous héritons de notre caractère étranger, voilà ce que je voulais dire, on le met dans les valises de la prochaine génération. Je m'abstins.
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BookycookyBookycooky   30 avril 2020
« Là où on se sent chez soi, ça n’a pas nécessairement de rapport avec la géographie. Même quand on regarde dans un atlas. »
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MepsMeps   11 mai 2020
Elle nous présenta. Je captai le mot hjá, qui, il me semble, signifie à la fois chez et qui appartient à. Ou quelque chose comme ça. Ma mère était fille hjá Fritz de Vágur, j'étais la fille hjá elle et la Tarentule. L'homme m'observa de ses yeux d'un bleu liquide. Moi, le produit du mélange. La version diluée. Il adressa ensuite un signe de tête compatissant à la Tarentule. Il n'était hjá rien du tout, juste un étranger.
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cathulucathulu   26 avril 2020
Les migrations durent trois générations. La première génération ressent la détresse et porte la volonté, la dureté : une lourde pierre qui se déplace à l'aide de sa propre force. Et tout ce que ça a d'insondable.
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mariechmariech   24 mars 2020
L’alcoolisme est un un tabou étrange , comme le sexe , comme la visite aux toilettes . Les hommes buvaient .Certains plus que d’autres . D’autres ne buvaient pas du tout , mais alors ils étaient soit des saints , soit des rescapés .
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