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Philippe Jaccottet (Traducteur)
EAN : 9782070320325
256 pages
Éditeur : Gallimard (25/01/1973)

Note moyenne : 4.4/5 (sur 77 notes)
Résumé :
"Une fois encore, le sol très aimé de la patrie me donne ma pâture de joie et de douleur". La première phrase d'Hypérion d'Hölderlin – mais est-ce seulement une phrase ou un vers ? S'agit-il d'un roman lyrique ou d'un poème en prose ? – révèle entièrement le monde du poète, un monde en quête de pureté, un perpétuel élan, la recherche d'une joie métaphysique au conta... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
dbacquet
  25 juin 2013
Hypérion évoque un dieu de lumière. Dans une Grèce encore asservie il visite des sanctuaires, il ne cesse de solliciter avec un coeur plein de nostalgie, de passion, mais aussi de désespoir, comme si le monde tout à coup n'était plus que vide et chaos, ses dieux et ses génies. Pour Hölderlin, qui dans ce roman s'est personnifié en Hypérion, la Grèce représentait une sorte d'âge d'or, d'unité primitive, où l'on célébrait partout la vertu et la beauté, bref une vie naturelle et libre. Il y a parfois dans son évocation de cette nature des accents panthéistes qui transforment ce roman en un long poème sacralisé, bien que le doute, comme un poison mortel, s'y immisce partout, l'abattement succédant aux élans les plus vifs, du coeur et de l'esprit. Tout nous rappelle ici la fragilité de la condition des hommes, la présence des dieux, mais aussi l'oeuvre du destin et de la mort. Hypérion est d'abord un jeune homme déchiré mais sa rencontre avec Diotima va le transfigurer. Il s'éveille à l'amour mais aussi à l'héroïsme, en prenant part à l'insurrection de son pays. Il lui faudra voir cependant la barbarie de ses propres compagnons et Diotima ne résistera pas au chagrin de la séparation. Dans ce roman tout renvoie à la vie de Hölderlin, sa relation malheureuse puis tragique avec Susette Gontard, amour adultère devenu impossible, les troubles de la révolution française qu'il avait d'abord accueillie avec la fougue et les idéaux nobles de la jeunesse, et au bouillonnement intellectuel de son époque, Hölderlin ayant été au Stift de Tübingen en compagnie de Hegel et de Schelling.
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Joualvert
  30 mars 2016
Hypérion est un jeune grec exalté à l'extrême et plein de potentiel dont nous suivons les années d'apprentissage puis ses diverses actions et tentatives dans le monde. Il connaîtra des hauts et des bas, et disons-le, il a parfois tout d'un maniaco-dépressif hypersensible. Mais Hölderlin lui met dans la tête et dans la bouche de telles réflexions profondes sur le monde, la nature, les hommes et leur vie, et ce d'une façon tellement poétique, que vous serez peut-être comme moi impressionné.
Au XVIIIe siècle, la Grèce est sous domination turque, et ce contexte historique sert de prétexte pour nous servir discours patriotiques et idées révolutionnaires. Comme par hasard, ce roman à justement été élaboré dans cette dernière décennie du XVIIIe siècle...
J'ai bien aimé le premier tiers avec le mentorat d'Adamas, les nouvelles expériences et la rencontre d'Alabanda. J'ai un peu moins embarqué vers le milieu où l'amour pour Diotime est longuement analysé et où les épisodes dépressifs se succèdent. Vers la fin, les thèmes abordés redeviennent plus variés.
Tous ceux qui aspirent à un monde épuré de quelques-uns de ses défauts tenaces, qui apprécient l'enthousiasme communicatif et qui se délectent d'une écriture raffinée trouveront ici maints passages stimulants.
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EmyB
  23 février 2014
Poète largement méconnu, à mon grand tord, je le méconnaissais encore il y-a une semaine. Et puis, vous savez ce qui arrive. Quelqu'un vous dit, j'ai une pépite! Une pépite? Alors vous allez acheter votre NRF chez votre libraire de votre quartier et bam la révélation.
Le recueil? le roman? L'oeuvre se présente sous la forme épistolaire. le lecteur suit les transports, les désillusions, les espoirs, les révélations du jeune Hypérion à travers des lettres qu'ils adressent à son ami et confident Bellarmin. Certaines sont adressés à Diotima, l'âme de sa vie, cependant elles sont insérées directement dans le récit qu'il en fait à son ami.SI je dois porter un seul mot pour "caractériser" Hypérion, ce serait "exaltation". du lyrisme, une ôde à la Vie, à la Nature, à sa propre Humanité. Amoureux de la culture antique, de la belle et grande Grèce, ce livre est pour vous!
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Cloots
  30 janvier 2017
Mon poète préféré, une inépuisable inspiration ! Un chef d'oeuvre méconnu !
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Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
NMTBNMTB   09 avril 2012
Ne faire qu'un avec toutes choses vivantes, retourner, par un radieux oubli de soi, dans le Tout de la Nature, tel est le plus haut degré de la pensée et de la joie, la cime sacrée, le lieu du calme éternel.
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NMTBNMTB   09 avril 2012
Quiconque a eu, comme toi, l'âme tout entière meurtrie ne peut plus trouver le repos dans les joies particulières ; quiconque a senti comme toi la fadeur du Néant ne peut se rasséréner qu'aux plus hauts degrés de l'esprit, quiconque a fait comme toi l'expérience de la mort ne peut guérir qu'entre les dieux.
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LudvikLudvik   27 septembre 2013
Le premier enfant de la beauté, le premier enfant de la beauté humaine, de la beauté divine, c’est l’art. En lui l’homme divin se rajeunit et se renouvelle. L’homme veut avoir conscience de lui-même; alors il donne à sa propre beauté une existence en dehors de lui. C’est ainsi que l’homme a créé ses dieux. Car, dans l’origine, l’homme et ses dieux ne faisaient qu’un; l’éternelle beauté, inconnue à elle-même, existait seule. – Ce que je dis est un mystère, mais ce mystère est une réalité.
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JoualvertJoualvert   26 février 2016
Vous déshonorez, vous démolissez, partout où elle vous tolère, la patiente nature, et cependant elle continue de vivre d'une éternelle jeunesse et vous ne parvenez pas à repousser son automne et son printemps, et son éther, vous ne le corrompez pas.
Ah, faut-il qu'elle soit divine, pour que vous puissiez détruire sans que cependant elle vieillisse, ni que le beau cesse, malgré vous, d'exister !
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PartempsPartemps   19 septembre 2020
Oui, l’homme fut jadis heureux comme le cerf des bois ; et
maintenant encore nous regrettons les jours du monde primitif,
où chacun parcourait la terre comme un Dieu, où nul ne
connaissait ce sentiment étrange qui modifie sa nature ; où des
murs immobiles n’empêchaient pas encore de respirer le souffle
de l’âme de la nature.
O Diotima ! je ne saurais exprimer ce que j’éprouve au
milieu de ce peuple insouciant qui surgit, pour ainsi dire, de la
terre pour saluer l’aube matinale. Des troupes d’hommes
entourent un grand feu qui réchauffe la mère avec son enfant
engourdi, tandis que les chevaux annoncent le jour par leurs
hennissemens [sic], que la musique guerrière remplit la forêt, et
que les armes éblouissantes retentissent au loin. – Mais brisons
là, on ne raconte pas la vie des camps.
Vois-tu ma guérilla qui se rallie autour de son chef ?
Explique-moi donc pourquoi les plus vieux et les plus fiers ont
de la déférence pour moi qui suis si jeune ? Les cœurs
s’épanouissent ; chacun raconte ses plaisirs et ses peines ;
parfois je succombe à l’excès de ma compassion. Alors je
déroule un meilleur avenir, et l’espérance se peint dans tous les
yeux ; la liberté vous tend les bras.
Tous pour chacun, et chacun pour tous. Ces mots
produisent un effet magique sur mes guerriers, ils les respectent
comme la parole du Très-Haut. O Diotima, l’homme sans
culture, mu par l’espérance qui déride son front et dilate son
cœur, m’intéresse plus que les cieux et la terre dans toute leur
gloire, dans toute leur majesté.
Je fais manœuvrer mes soldats jusqu’à midi. La confiance
les rend habiles et me donne le talent de les instruire. Tantôt
s’avançant en colonnes serrées comme la phalange
macédonienne, ils ne remuent que le bras ; tantôt plus prompts
que l’éclair, ils s’agitent en tout sens, quittent leurs rangs, se
séparent par bandes en simulant des mêlées où les périls sont
plus certains, où la valeur personnelle décide du succès, où
chacun ne reçoit des ordres que de lui-même. Soudain ils se
rallient, et partout ils maudissent leurs tyrans, partout ils
appellent l’heure du combat.
Plus tard nous échappons aux ardeurs du soleil, en nous
retirant au fond de la forêt. C’est l’heure du conseil. Nous
tentons d’y soulever le voile qui couvre l’avenir. Nous
n’abandonnons rien au hasard, nous maîtrisons le sort. Nous
créons des résistances à volonté, et nous supposons à nos
adversaires des projets que nous saurons déjouer. Ou bien nous
convenons d’attirer l’ennemi par un mouvement rétrograde.
Soudain nous tombons sur lui, et il se rend sans coup férir.
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Vidéo de Friedrich Hölderlin
Friedrich Hölderlin : Folie et génie par Pierre Jean Jouve (1951 / France Culture). Diffusion sur la Chaîne Nationale le 23 octobre 1951. Réalisation : Roman Kowaliczko. Photographie de Pierre Jean Jouve : © Granger Historical Picture Archive / Alamy Stock Photo. Franz Karl Hiemer, “Portrait de Friedrich Hölderlin”, 1792. Lui-même traducteur, avec Pierre Klossowski, des “Poèmes de la folie”, Pierre Jean Jouve proposait quarante minutes en compagnie du poète allemand Friedrich Hölderlin, que le psychanalyste Jean Laplanche devait coucher sur son divan, plus d'un siècle après sa mort. Avait-il trouvé les clés de la folie du génial Hölderlin, que d'autres avant lui, et après lui, ont essayé de découvrir ? Cette folie, sans l'élucider, Pierre Jean Jouve nous la raconte ici, notamment à travers le récit qu'a laissé Wilhelm Waiblinger de la visite qu'il rendit en 1822 à Hölderlin, cloîtré dans la maison du menuisier Zimmer de Tübingen.
Source : France Culture
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature des langues germaniques. Allemand>Romans, contes, nouvelles (879)
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