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ISBN : 2953366474
Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture (01/09/2012)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 28 notes)
Résumé :
Dans un futur lointain, après que les feux nucléaires ont ravagé le monde – le Grand Boum –, ce qui reste des hommes est revenu à l’âge de fer, leur survie sans cesse mise en péril par des chiens mangeurs d’homme et des clans rivaux. La gnorance, la preuh et les superstitions ont pris le pouvoir. La langue n’est désormais plus qu’un patois menaçant et vif dans lequel subsistent par fragments les connaissances du passé. C’est là qu’Enig Marcheur, douze ans, va prendr... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Shool
  29 novembre 2012
Un des plus gros paris de l'édition Française, sans aucun doute.
Avis aux gros lecteurs et aux curieux de nouveauté et d'originalité, avis à ceux qui travaillent dans les lettres et aiment jouer avec.
Ce roman propose un tout nouveau langage, à savoir le Parlénigm, parlé par Enig Marcheur, qui n'a pas "preuh" des mots, et ses contemporains qui vivent en 2347 N.C.C. après une guerre nucléaire qui a ravagé le monde.
Les hommes sont alors de retour à l'âge de fer et réapprennent à faire du feu avec des "pyer".
La "preuh" est omniprésente et se transmet volontier au lecteur.
C'est un roman aux allures tragiques dès le premier chapitre très évocateur.
D'autres pages relatent des faits assez noirs :
"Oxi avec sa bite et ses couilles rachées et sa tête presq aussi et son visaj viré au gris et les feuilles mouillées foulées au pieds et ses yeux fixés sur le ciel gris au dssus de lui."
Les personnages sont à la recherche de Vrérité avec l'aide de leurs rizzlas et leur hasch.
Eusa semble savoir beaucoup de choses. Eusa est 1/2, il est la ferrait, la pyer, le bois. Eusa est partout mais on ne le voit pas.
Le roman est partagé entre la poésie et la folie d'une génération. Il comprend plusieurs "gendes" qui feront échos dans vos esprits, et de quelques chansons très courtes, comme par exemple :
"Graine du jeune âge
Graine du sauvaj
Graine de char bon c'est
Le queur de l'enfaon"
Le lecteur, lui, suivra les aventures d'Enig Marcheur, dont le nom est évocateur et à double sens, grâce à son petit carnet de bord.
Enig se présente dés le second chapitre, il a douze ans.
"Marcheur je me nomme et je suis tout comme. Enig Marcheur. Je marche avec les nigmes partout où elles me mènent et je marche avec elles main tenant sur ce papier de meum".
Les gendes et les chants constituent donc une grosse partie du roman, mais il y a aussi tout le côté théâtrale très bien écrit et reproduit par Russel HOBAN. Je pense notamment à ce moment magnifique avec Plichinel.
Les hommes ne sont pas seuls sur cette nouvelle terre, il y a aussi leurs pires ennemis, les chiens aux yeux jaunes qui brillent dans le noir. Surtout ceux du chef.
Les chiens dévorent les hommes, les hommes dévorent aussi les hommes. L'humanité est en danger. Et Enig marche.
Enig part à l'aventure à la recherche de la Vrérité. Coûte que coûte. Rencontre après rencontre il s'endurcit et on l'apprécie un peu plus. Il a un discours d'enfant et des actes d'adultes.
Tous les noms de personnages et de lieux sont choisis avec soin et ont une histoire avec l'auteur ou l'histoire elle-même.
Enig Marcheur fait parti des gros paris de l'édition Française par rapport à son écriture, évidement. Vendre du Parlénigm n'est pas simple, quelle que soit l'histoire.
L'auteur confie lors de sa postface qu'il a mis cinq ans et demi à écrire son ouvrage. Qu'il a éliminé beaucoup de pages, et qu'il en a perdu son orthographe.
Les droits ont été attribués en France il n'y a pas si longtemps aux éditions de Monsieur Toussaint Louverture qui a su trouver le traducteur idéal pour ce texte hors norme, Nicolas RICHARD.
Le roman est paru aux USA en 1980. Russel HOBAN nous a quitté l'an dernier, et sa carrière en France semble juste commencer.
La langue originale du texte est le Riddleyspeak (Anterre).
Alors qui sera attiré par cette langue et cette originalité post apocalyptique qui appartient à un temps sans l'Elyte or Dinateur ?
L'écriture propose au lecteur une dégustation de chaque mot, de chaque phrase. Hormis les points et quelques guillemets, la ponctuation est absente. Même si c'est déroutant, on s'y fait.
Certains disent que lorsque le cerveau comprend enfin le système et lit couramment le texte, il provoque chez le lecteur une certaine jouissance. Les mots sont plutôt bien choisis.
Alors, jouissez bien.
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Charybde2
  17 mars 2013
Mère veillement songe heure. À lire absolument.
Publié en 1980 en tant que science-fiction de genre, après sept ans d'écriture durant lesquels Russell Hoban survécut essentiellement grâce à ses écrits pour la jeunesse, aussitôt reconnu dans le milieu spécialisé par une nomination au Nebula 1981, puis par les prix John W. Campbell et 1982 et de la SF australienne en 1983, « Riddley Walker » explosa alors en quelques années en « littérature générale », devenant objet d'intenses études universitaires et quasiment « classique instantané », avec un statut envié mais ambigu d'objet littéraire extrêmement exigeant, élitiste, …et réputé presque intraduisible, du fait de sa profonde expérimentation sur la langue.
À titre personnel, c'est Iain Banks qui me le fit découvrir en 1995, quand dans une discussion sur rec.arts.sf.written, fabuleux newsgroup internet de cette époque de réseau balbutiant, il indiqua aux fans présents l'influence majeure sur lui de Russell Hoban, aux côtés d'Alasdair Gray et de Mervyn Peake, pour « The Bridge » et pour son hommage « Feersum Endjinn », bien sûr, mais pas seulement.
C'est cette barrière de la traduction « impossible » qu'ont fait sauter, en français, en novembre 2012, l'éditeur toulousain audacieux Monsieur Toussaint Louverture et le traducteur inspiré Nicolas Richard, quelques mois seulement après le décès de l'auteur (décembre 2011). le défi était de taille, car dans cette campagne du Kent anglais post-apocalyptique (« environ 2 500 ans » après les massives explosions nucléaires), le jeune Enig Marcheur et ses compagnons d'infortune, vivant un nouveau néolithique au milieu des héritages et des déchets, ne disposent que d'un langage bien frugal, lointain souvenir de l'anglais pré-Apocalypse, essentiellement oral et phonétique, dont la première phrase du roman livre la tonalité : « I gone front spear and kilt a wyld boar he parbly benn the las wyld pig on the Bundel Downs. » devient ainsi « le jour de mon nommage pour mes 12 ans je suis passé lance avant et j'ai oxi un sayn glier il a été probab le dernyé sayn glier du Bas Luchon. ».
Ce court récit (280 pages), à la lenteur étudiée et rendue obligatoire par cette langue particulière, doit beaucoup sur le fond – ce que Russell Hoban reconnaissait bien volontiers - au « Cantique pour Leibowitz » (1959) de Walter Miller, au sein du genre science-fiction, pour la manière dont bribes et reliques du temps jadis, subverties par la perte de la mémoire collective et par le manque de repères, sont devenues des objets « magiques » aussi révérés qu'incompris. le seul texte en langue « classique » de tout le livre, un commentaire du tableau de Saint-Eustache trônant dans la cathédrale de Canterbury, est ainsi à lui seul un morceau de bravoure, un moment hallucinant de vertige, comique et tragique, sur la glose et sur l'exégèse, sur la fragilité de la signification surtout. « St est la bréviation de steuplé ». Et la figure légendaire culminante d'Eusa, mêlant le saint chrétien et le progrès scientifique incarné par les anciens « USA », nous invite tout au long du roman à une méditation ambiguë sur la manière dont la science imprègne, ou non, le corps social… Pour l'anecdote, on notera que « Riddley Walker » fut aussi le livre le plus encensé de l'histoire par la critique du… « Bulletin of Atomic Scientists » !
La traduction a aussi traité avec brio le fait que trois autres références majeures et implicites du roman, le pouvoir de création/formatage linguistique de l'Anthony Burgess d' « Orange mécanique », l'ensauvagement du William Golding de « Sa Majesté des Mouches », et le vecteur populaire du théâtre de marionnettes traditionnel de « Punch et Judy », sont a priori moins familières au lecteur français (même avec le film de Kubrick pour la première) qu'au lecteur anglo-saxon. C'est en replongeant dans les racines de la Commedia del'Arte et du personnage de Polichinelle que Nicolas Richard a su trouver les mots justes (et pourtant fidèlement trafiqués) pour rendre l'étrange prégnance politique et culturelle des marionnettistes, à la fois conteurs, prêtres et fonctionnaires – et peut-être à terme possibilités de nouvelles émancipations - dans la désolation d' « Enig Marcheur ».
La réflexion implicite sur la manière dont la langue forge l'esprit qui l'utilise, thème cher au Samuel Delany de « Babel 17 » et au Ian Watson de « L'enchâssement » irrigue ce récit, dans lequel un effort important de collation des indices et d'interprétation est demandé au lecteur, beaucoup plus que ce que à quoi nous sommes en général habitués. Cette tâche, ardue et formidablement gratifiante in fine, est toutefois largement facilitée par la lenteur de lecture imposée par ce langage distordu qui exige de notre part une sub-vocalisation presque permanente (en tout cas, au moins durant les cinquante premières pages, le temps de (re)créer une certaine habitude), et par les mots familiers, comme éclatés, tripes à l'air, par la catastrophe – dont les composants possibles ainsi brutalement mis à nu emportent leurs propres connotations, qu'elles soient poétiques ou au contraire précises – ce qui ne constituait pas le moindre défi pour la traduction ! N'oublions pas au passage, même si cela nous apparaît avec une certaine incrédulité, qu'Enig, dans ce monde, est… un lettré, instruit par son père dont le rôle impliquait une certaine maîtrise du langage écrit et oral, quand bien même les livres n'existent-ils plus…
Nous avons bien là, magnifiquement rendu en français, un chef d'oeuvre, capable de transformer son lecteur, où, selon la belle formule de John Mullan dans le Guardian, « le narrateur porte l'ensemble de son monde dans sa phrase »,... et invite ainsi le lecteur à un « mère veillement songe heure » de tous les instants.
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TwiTwi
  14 février 2013
Les éditions Monsieur Toussaint Louverture nous offrent, avec Enig Marcheur, un objet-livre de toute beauté. Affublé de trois jaquettes (une rouge avec les chiens, une noire avec le cerf et le cercle qui entoure le tout et la troisième en plastique transparent pour protéger le tout), Enig Marcheur est un livre que l'on ose à peine manipuler. de peur de les abîmer dans mes pérégrinations urbaines, j'ai retiré les jaquettes pendant ma lecture.
Le contenu est tout aussi intrigant puisque ce livre n'a pas été écrit en anglais classique mais en riddleyspeak (Anterre), une langue anglaise postapocalyptique dans laquelle l'orthographe, la grammaire et le sens des mots de la langue de Shakespeare ont été fortement mis à mal. Il aura fallu 32 ans (la publication anglo-saxonne date de 1980) pour qu'un éditeur trouve un traducteur assez fou pour traduire Enig Marcheur en parlénigm.
Cela donne ça :
"Enig y a rien pour toi qui est pas les gendes. le vent dans la nuyt la poussyèr sur la route meumla moindr pyèr que tu frappes du pied devant toi. Même les zombres de la moindr de ces pyèr qui roule ou pas tout est les gendes."
Comment en est-on arrivé là ? Il y a de nombreuses années (je dirais une centaine mais sans trop savoir pourquoi) un "Grand Boum" s'est produit (comprendre : une guerre nucléaire) et les êtres humains qui ont survécu sont retournés à un état de (non)civilisation assez proche de l'âge du fer (d'ailleurs le fer est très important pour eux, ils le récupèrent sur du matériel pré-apocalypse). L'écriture a presque disparu mais pas tout à fait, ce qui permet à Enig de raconter son histoire.
Et ces gens de tenter de mettre des mots sur ce qui s'est passé lors du "Grand Boum". Outre la survie, leur quotidien tourne autour de la "les gendes d'Eusa" avec l'histoire d' "Adom le Ptitome", qu'ils se transmettent de générations en générations, de clans en clans au moyen d'un théâtre ambulant orchestré par le proto-gouvernement qui régit (enfin c'est une façon de parler) ce petit bout de l'"Anterre".
Comme vous pouvez le concevoir, ce livre n'est pas facile à lire. En fait pour arriver à mettre des mots à nous sur cette langue, il faut le lire à voix haute dans sa tête. Cela ne vous donnera toutefois pas toutes les clés pour comprendre le contenu. Personnellement, j'ai eu l'impression d'être confrontée à la misère intellectuelle pendant 280 pages : leur univers, leur intellect est totalement étriqué et tourné dans une sorte de monomanie insupportable vers cette légende d'Eusa qui explique comment le Grand Boum est arrivé (c'est d'autant plus triste qu'en cours de lecture on apprend d'où vient réellement cette légende). A chaque page je me disais, "mais comment peuvent-ils être aussi naïfs ?", "comment peuvent-ils avoir oublié l'avant apocalypse à ce point ?". J'avais l'impression d'avoir affaire à des enfants qui essaient de jouer aux adultes, ne comprenant le plus souvent pas le sens des termes qu'ils utilisent.
Non seulement c'est effrayant, mais en plus c'est difficile à suivre. Je ne vous ferai donc pas l'affront de parler davantage de l'histoire car le fait que je n'en ai pas compris l'intérêt me laisse à penser que je n'en ai pas compris le fond. Ou alors peut-être qu'il n'y a rien d'autre derrière, je ne sais pas, juste une toute toute petite lueur "des spoirs". Mais dans tous les cas, le passé est perdu à tout jamais.
J'ai écrit cette chronique une semaine après avoir terminé le livre et je n'arrive toujours pas à me décider si j'ai apprécié cette histoire ou pas. Ma lecture, non pas trop, sauf le début pour la curiosité et l'attrait de l'originalité de la langue mais elle a été trop laborieuse pour que je puisse dire que j'ai passé un agréable moment, et ce n'était de toute façon sans doute pas le but de l'auteur. Mais l'histoire c'est une autre paire de manches. Il est clair qu'elle ne m'a pas laissé indifférente mais le seul truc que j'arrive à garder en tête c'est cette désertification intellectuelle. C'est un peu comme l'histoire de Charlie dans Des fleurs pour Algernon sauf que c'est avec toute une civilisation que cela se passe... Et c'est triste à mourir.
A noter que le livre est complété par une préface de Will Self, une postface de l'auteur et un glossaire. Tous trois me semblent indispensables pour compléter la lecture.
Lien : http://ledragongalactique.bl..
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Calligramme
  21 octobre 2012
Enig Marcheur, malgré ses vieux os, est un roman sans doute dans l'air du temps et, à la fois, hors du temps. Ce récit, à la croisée de l'initiation et du désapprentissage, nous projette dans un univers post-apocalyptique, ravagé par le nucléaire.
Les premières scènes du roman posent tout de suite le ton : il s'agira d'un récit sans concession, où l'on se réconcilie avec ce que l'homme a de plus barbare et de plus primitif. Ici, l'instinct de survie prend le pas sur l'humanité. de celle-ci, il ne reste qu'un champ de ruines. C'est alors qu'on fait la connaissance d'Enig, un jeune adolescent de 12 ans, qui se met en quête de ce qui nous fait souvent défaut : la vérité, ou plutôt la Vrérité. Une quête sans doute improbable…
Le plus dépaysant, dans ce roman, c'est son écriture : un patois, poétiquement baptisé parlénigm, qui épouse en réalité la voix du jeune héros. Une langue sans artifice, naturelle, brute, qui ramène à l'état sauvage la superficialité de l'être humain. C'est un roman qui se se lit oralement pour être mieux compris; c'est un roman qui fait donc de nous des passeurs de savoir.
Passeur de savoir, Enig en est un : son récit prend vite les allures d'un journal de bord où se dessinent très rapidement les contours d'un monde obscur, onirique et menaçant. Un reste de nous sans doute… En même temps, le langage utilisé dans le roman rend cet univers intangible comme s'il s'agissait là d'un monde à peine créé, à peine avorté. Une belle métaphore de notre propre civilisation qui se construit en même temps qu'elle se déconstruit, qui se déconstruit en même temps qu'elle se construit.
Enig progresse donc dans un monde dévasté, où la technologie n'est plus et où les individus s'envoient en l'air à coup de drogue pour flirter avec les nuages. Un avant-goût de liberté, mais une façon aussi de faire écran à ce qui fait ombrage à cette fameuse Vrérité…
Mais au-delà de sa quête initiatique de l'homme, Enig remet en question nos propres fondements et laisse en signature un très beau message à la destination de tous, celui que mieux regarder en arrière permet parfois de voir bien plus loin… Et, en même temps, Will Self met en garde dans sa préface :
Ce n'est pas un livre sur le passé travesti en roman sur l'avenir. C'est un livre sur l'illusion du progrès, sur ce rêve collectif et confus que l'humanité nomme «Histoire», sur ce que pourrait être la conscience.
Le personnage, animé par la soif de connaissances, ne cherche pas d'exemples à imiter mais propose plutôt, à travers ses mots, ses actes et sa façon de voir le monde, de nouveaux modèles. Et c'est là l'originalité du roman : en revenant sur ses origines, le personnage nous pousse à envisager autrement l'avenir. Même 32 ans plus tard (le roman a été publié pour la première fois en 1980), l'effet reste impérissable! Enig nous rappelle aussi que nos vies sont ce qu'elles sont mais qu'elles ont le mérite de nous appartenir même si parfois, c'est vrai, elles nous font défaut…
Bien sûr, on ne comprend pas tout, mais est-ce vraiment un récit où tout doit être compris? J'y vois plutôt là un texte où chacun doit saisir ce qu'il peut et comprendre comme il veut (ou comme il peut) pour se créer sa propre histoire…
Il est à noter que ce roman est une traduction. Nicolas Richard effectue là d'ailleurs un travail d'orfèvre puisqu'il a réussi, avec les matériaux de notre langue, à recréer un nouveau dialecte qui s'abat sur nos âmes comme des épées Damoclès…
Le roman paraitra le 27 octobre prochain. Un bel hommage à cet auteur de poids, malheureusement décédé l'année dernière mais dont l'héritage secouera sans doute les années à venir. Merci aux éditions Monsieur Toussaint Louverture et à Babelio pour ce partenariat qui m'a permis de faire, à travers ce livre, une découverte formidable que je suis heureux de partager avec vous!
Lien : http://www.livremot.be/russe..
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Charybde7
  26 avril 2013
Ceci n'est pas un livre. Enig Marcheur est beaucoup plus qu'un livre, c'est une expérience totale et on comprend qu'un culte se soit développé autour de ce roman paru en 1980 en anglais (ou plutôt en Riddleyspeak), enfin traduit trente-deux ans plus tard en Parlénigm grâce aux éditions Toussaint Louverture et au génial Nicolas Richard.
L'humanité a été détruite par une apocalypse nucléaire – le Grand Boum, et les hommes sont retournés à l'âge de fer ; la vie n'a plus beaucoup de prix parce qu'il faut bien bouffer et survivre. Dans ce monde où ne subsistent plus que des fragments de connaissance, les hommes ont gardé la conscience, et pour certains la honte, de ce qu'ils ont perdu, tout en étant remplis d'illusions sur ce qu'est la science et la connaissance, comme peuvent l'être des enfants.
« J'ai murmué à mon tour : "O ce qu'on été ! Et où on en est rivé !" »
Enig Marcheur a douze ans. Dans ce futur lointain, c'est l'âge d'homme, il quitte son clan, part en quête du monde et couche ses aventures et ses émotions sur papier.
A l'image de l'humanité, le langage n'est pas sorti indemne de cette apocalypse, il a été détruit, découpé en morceaux (en mort sots). La lecture d'Enig Marcheur est donc une aventure intense parsemée d'obstacles, de frustrations et enfin de satisfactions car il faut apprivoiser la langue de ce livre, le Parlénigm.
Enig Marcheur nous plonge dans la confusion de ce monde, en même temps qu'il nous ramène de force à la lenteur de la marche à pied et de la tradition orale de transmission des légendes. Russell Hoban réussit la performance géniale de nous mettre dans la peau d'Enig Marcheur, face à la violence de ce monde, dans la peau de ce héros habité par une volonté farouche de comprendre et de raconter, avec des mots et une compréhension des événements retombés en enfance.
«Le jour de mon nommage pour mes 12 ans je suis passé lance avant et j'ai oxi un sayn glier il été probab le dernyè sayn glier du Bas Luchon. Toute façon y en avé plu eu depuis long tant avant lui et je me tends plus à en rvoir d'aurt. Il a pas fait le sol trembler ni rien quand ila foncé sur ma lance il été pas si gros en plus semblé chétif.»
Vers la fin de sa vie, Russell Hoban, qui ne manquait apparemment pas d'humour, aurait dit « I think death will be a good career move for me». Il est malheureusement décédé en 2011, avant la publication en France de cette traduction extraordinaire de Riddley Walker, qui je l'espère recevra la reconnaissance qu'elle mérite.
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critiques presse (2)
Lhumanite   17 décembre 2012
Un récit hors normes et fascinant.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Liberation   10 décembre 2012
On ne peut pas lire Enig en pointillés. Il faut prendre le temps de s’y plonger, de se laisser porter par le flot, pour ne plus déchiffrer et, enfin, parvenir à nager en eaux troubles.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
AthouniAthouni   05 mai 2013
Mon père et moi on a rgardé ce corbeau. Je savv quil allé dir quelc chose dssous ce ciel gris. Je savv que ce corbeau allait fer la diseuz. Le corbeau urlé : “Tombe ! Tombe ! Tombe !” Je gnore si j’été en train de tomber àvant qu’il dise ça ou pas. (…) Ce ganrr vieux machin noir est rtombé dans la bouyass avec mon père dssous. Tout sest passé si vyte le corbeau été encor en vu alors il a ryrgolé. “Hao ! Hao ! Hao !” et il a fichu le camp à tirdel.
+ Lire la suite
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eterlutisseeterlutisse   17 septembre 2013
J'ai dit : " Comment vous faites cette sort de runiss que vous allez fer ? Vous vous runissé et tiré des données ou just vous rfléchiss en semble ou quoi ?"
Il a dit : "On fait cinq poasyum."
J'ai dit : "Cest quoi un poasyum ?"
Il a dit : "Cest pas just un seul poasyum on dit tout jour cinq poasyum. Tas déjà vu un nid de serpents ?"
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UnpapillondanslaluneUnpapillondanslalune   05 novembre 2012
Le jour de mon nommage pour mes 12 ans je suis passé lance avant et j'ai oxy un sayn glier il été probab le dernyé sayn glier du Bas Luchon. Toute façon y en avé plu eu depuis long tant avant lui et je me tends plu à en revoir d'aurt.
Commenter  J’apprécie          40
CalligrammeCalligramme   21 octobre 2012
Jai soud1 ralisé que peu dêtre javé pas fait le contac que jauré dû fer. La plus par du tant les genss à qui tu parles cest les preums à penser tout comme toi. Si tes des contract dans ton espryt tes pas toul tant à compter combien pensent le contr air.
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psycheinhellpsycheinhell   15 décembre 2012
Marcheur je me nomme et je suis tout comm. Enig Marcheur. Je marche avec les nigmes par tout où elles me mènent et je marche avec elles main tenant sur ce papier de meum.
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Videos de Russel Hoban (2) Voir plusAjouter une vidéo
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Payot - Marque Page - Russell Hoban - Enig Marcheur
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