AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782953366471
288 pages
Éditeur : Monsieur Toussaint Louverture (01/09/2012)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Dans un futur lointain, après que les feux nucléaires ont ravagé le monde – le Grand Boum –, ce qui reste des hommes est revenu à l’âge de fer, leur survie sans cesse mise en péril par des chiens mangeurs d’homme et des clans rivaux. La gnorance, la preuh et les superstitions ont pris le pouvoir. La langue n’est désormais plus qu’un patois menaçant et vif dans lequel subsistent par fragments les connaissances du passé. C’est là qu’Enig Marcheur, douze ans, va prendr... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Shool
  29 novembre 2012
Un des plus gros paris de l'édition Française, sans aucun doute.
Avis aux gros lecteurs et aux curieux de nouveauté et d'originalité, avis à ceux qui travaillent dans les lettres et aiment jouer avec.
Ce roman propose un tout nouveau langage, à savoir le Parlénigm, parlé par Enig Marcheur, qui n'a pas "preuh" des mots, et ses contemporains qui vivent en 2347 N.C.C. après une guerre nucléaire qui a ravagé le monde.
Les hommes sont alors de retour à l'âge de fer et réapprennent à faire du feu avec des "pyer".
La "preuh" est omniprésente et se transmet volontier au lecteur.
C'est un roman aux allures tragiques dès le premier chapitre très évocateur.
D'autres pages relatent des faits assez noirs :
"Oxi avec sa bite et ses couilles rachées et sa tête presq aussi et son visaj viré au gris et les feuilles mouillées foulées au pieds et ses yeux fixés sur le ciel gris au dssus de lui."
Les personnages sont à la recherche de Vrérité avec l'aide de leurs rizzlas et leur hasch.
Eusa semble savoir beaucoup de choses. Eusa est 1/2, il est la ferrait, la pyer, le bois. Eusa est partout mais on ne le voit pas.
Le roman est partagé entre la poésie et la folie d'une génération. Il comprend plusieurs "gendes" qui feront échos dans vos esprits, et de quelques chansons très courtes, comme par exemple :
"Graine du jeune âge
Graine du sauvaj
Graine de char bon c'est
Le queur de l'enfaon"
Le lecteur, lui, suivra les aventures d'Enig Marcheur, dont le nom est évocateur et à double sens, grâce à son petit carnet de bord.
Enig se présente dés le second chapitre, il a douze ans.
"Marcheur je me nomme et je suis tout comme. Enig Marcheur. Je marche avec les nigmes partout où elles me mènent et je marche avec elles main tenant sur ce papier de meum".
Les gendes et les chants constituent donc une grosse partie du roman, mais il y a aussi tout le côté théâtrale très bien écrit et reproduit par Russel HOBAN. Je pense notamment à ce moment magnifique avec Plichinel.
Les hommes ne sont pas seuls sur cette nouvelle terre, il y a aussi leurs pires ennemis, les chiens aux yeux jaunes qui brillent dans le noir. Surtout ceux du chef.
Les chiens dévorent les hommes, les hommes dévorent aussi les hommes. L'humanité est en danger. Et Enig marche.
Enig part à l'aventure à la recherche de la Vrérité. Coûte que coûte. Rencontre après rencontre il s'endurcit et on l'apprécie un peu plus. Il a un discours d'enfant et des actes d'adultes.
Tous les noms de personnages et de lieux sont choisis avec soin et ont une histoire avec l'auteur ou l'histoire elle-même.
Enig Marcheur fait parti des gros paris de l'édition Française par rapport à son écriture, évidement. Vendre du Parlénigm n'est pas simple, quelle que soit l'histoire.
L'auteur confie lors de sa postface qu'il a mis cinq ans et demi à écrire son ouvrage. Qu'il a éliminé beaucoup de pages, et qu'il en a perdu son orthographe.
Les droits ont été attribués en France il n'y a pas si longtemps aux éditions de Monsieur Toussaint Louverture qui a su trouver le traducteur idéal pour ce texte hors norme, Nicolas RICHARD.
Le roman est paru aux USA en 1980. Russel HOBAN nous a quitté l'an dernier, et sa carrière en France semble juste commencer.
La langue originale du texte est le Riddleyspeak (Anterre).
Alors qui sera attiré par cette langue et cette originalité post apocalyptique qui appartient à un temps sans l'Elyte or Dinateur ?
L'écriture propose au lecteur une dégustation de chaque mot, de chaque phrase. Hormis les points et quelques guillemets, la ponctuation est absente. Même si c'est déroutant, on s'y fait.
Certains disent que lorsque le cerveau comprend enfin le système et lit couramment le texte, il provoque chez le lecteur une certaine jouissance. Les mots sont plutôt bien choisis.
Alors, jouissez bien.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
Charybde2
  17 mars 2013
Mère veillement songe heure. À lire absolument.
Publié en 1980 en tant que science-fiction de genre, après sept ans d'écriture durant lesquels Russell Hoban survécut essentiellement grâce à ses écrits pour la jeunesse, aussitôt reconnu dans le milieu spécialisé par une nomination au Nebula 1981, puis par les prix John W. Campbell et 1982 et de la SF australienne en 1983, « Riddley Walker » explosa alors en quelques années en « littérature générale », devenant objet d'intenses études universitaires et quasiment « classique instantané », avec un statut envié mais ambigu d'objet littéraire extrêmement exigeant, élitiste, …et réputé presque intraduisible, du fait de sa profonde expérimentation sur la langue.
À titre personnel, c'est Iain Banks qui me le fit découvrir en 1995, quand dans une discussion sur rec.arts.sf.written, fabuleux newsgroup internet de cette époque de réseau balbutiant, il indiqua aux fans présents l'influence majeure sur lui de Russell Hoban, aux côtés d'Alasdair Gray et de Mervyn Peake, pour « The Bridge » et pour son hommage « Feersum Endjinn », bien sûr, mais pas seulement.
C'est cette barrière de la traduction « impossible » qu'ont fait sauter, en français, en novembre 2012, l'éditeur toulousain audacieux Monsieur Toussaint Louverture et le traducteur inspiré Nicolas Richard, quelques mois seulement après le décès de l'auteur (décembre 2011). le défi était de taille, car dans cette campagne du Kent anglais post-apocalyptique (« environ 2 500 ans » après les massives explosions nucléaires), le jeune Enig Marcheur et ses compagnons d'infortune, vivant un nouveau néolithique au milieu des héritages et des déchets, ne disposent que d'un langage bien frugal, lointain souvenir de l'anglais pré-Apocalypse, essentiellement oral et phonétique, dont la première phrase du roman livre la tonalité : « I gone front spear and kilt a wyld boar he parbly benn the las wyld pig on the Bundel Downs. » devient ainsi « le jour de mon nommage pour mes 12 ans je suis passé lance avant et j'ai oxi un sayn glier il a été probab le dernyé sayn glier du Bas Luchon. ».
Ce court récit (280 pages), à la lenteur étudiée et rendue obligatoire par cette langue particulière, doit beaucoup sur le fond – ce que Russell Hoban reconnaissait bien volontiers - au « Cantique pour Leibowitz » (1959) de Walter Miller, au sein du genre science-fiction, pour la manière dont bribes et reliques du temps jadis, subverties par la perte de la mémoire collective et par le manque de repères, sont devenues des objets « magiques » aussi révérés qu'incompris. le seul texte en langue « classique » de tout le livre, un commentaire du tableau de Saint-Eustache trônant dans la cathédrale de Canterbury, est ainsi à lui seul un morceau de bravoure, un moment hallucinant de vertige, comique et tragique, sur la glose et sur l'exégèse, sur la fragilité de la signification surtout. « St est la bréviation de steuplé ». Et la figure légendaire culminante d'Eusa, mêlant le saint chrétien et le progrès scientifique incarné par les anciens « USA », nous invite tout au long du roman à une méditation ambiguë sur la manière dont la science imprègne, ou non, le corps social… Pour l'anecdote, on notera que « Riddley Walker » fut aussi le livre le plus encensé de l'histoire par la critique du… « Bulletin of Atomic Scientists » !
La traduction a aussi traité avec brio le fait que trois autres références majeures et implicites du roman, le pouvoir de création/formatage linguistique de l'Anthony Burgess d' « Orange mécanique », l'ensauvagement du William Golding de « Sa Majesté des Mouches », et le vecteur populaire du théâtre de marionnettes traditionnel de « Punch et Judy », sont a priori moins familières au lecteur français (même avec le film de Kubrick pour la première) qu'au lecteur anglo-saxon. C'est en replongeant dans les racines de la Commedia del'Arte et du personnage de Polichinelle que Nicolas Richard a su trouver les mots justes (et pourtant fidèlement trafiqués) pour rendre l'étrange prégnance politique et culturelle des marionnettistes, à la fois conteurs, prêtres et fonctionnaires – et peut-être à terme possibilités de nouvelles émancipations - dans la désolation d' « Enig Marcheur ».
La réflexion implicite sur la manière dont la langue forge l'esprit qui l'utilise, thème cher au Samuel Delany de « Babel 17 » et au Ian Watson de « L'enchâssement » irrigue ce récit, dans lequel un effort important de collation des indices et d'interprétation est demandé au lecteur, beaucoup plus que ce que à quoi nous sommes en général habitués. Cette tâche, ardue et formidablement gratifiante in fine, est toutefois largement facilitée par la lenteur de lecture imposée par ce langage distordu qui exige de notre part une sub-vocalisation presque permanente (en tout cas, au moins durant les cinquante premières pages, le temps de (re)créer une certaine habitude), et par les mots familiers, comme éclatés, tripes à l'air, par la catastrophe – dont les composants possibles ainsi brutalement mis à nu emportent leurs propres connotations, qu'elles soient poétiques ou au contraire précises – ce qui ne constituait pas le moindre défi pour la traduction ! N'oublions pas au passage, même si cela nous apparaît avec une certaine incrédulité, qu'Enig, dans ce monde, est… un lettré, instruit par son père dont le rôle impliquait une certaine maîtrise du langage écrit et oral, quand bien même les livres n'existent-ils plus…
Nous avons bien là, magnifiquement rendu en français, un chef d'oeuvre, capable de transformer son lecteur, où, selon la belle formule de John Mullan dans le Guardian, « le narrateur porte l'ensemble de son monde dans sa phrase »,... et invite ainsi le lecteur à un « mère veillement songe heure » de tous les instants.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
TwiTwi
  14 février 2013
Les éditions Monsieur Toussaint Louverture nous offrent, avec Enig Marcheur, un objet-livre de toute beauté. Affublé de trois jaquettes (une rouge avec les chiens, une noire avec le cerf et le cercle qui entoure le tout et la troisième en plastique transparent pour protéger le tout), Enig Marcheur est un livre que l'on ose à peine manipuler. de peur de les abîmer dans mes pérégrinations urbaines, j'ai retiré les jaquettes pendant ma lecture.
Le contenu est tout aussi intrigant puisque ce livre n'a pas été écrit en anglais classique mais en riddleyspeak (Anterre), une langue anglaise postapocalyptique dans laquelle l'orthographe, la grammaire et le sens des mots de la langue de Shakespeare ont été fortement mis à mal. Il aura fallu 32 ans (la publication anglo-saxonne date de 1980) pour qu'un éditeur trouve un traducteur assez fou pour traduire Enig Marcheur en parlénigm.
Cela donne ça :
"Enig y a rien pour toi qui est pas les gendes. le vent dans la nuyt la poussyèr sur la route meumla moindr pyèr que tu frappes du pied devant toi. Même les zombres de la moindr de ces pyèr qui roule ou pas tout est les gendes."
Comment en est-on arrivé là ? Il y a de nombreuses années (je dirais une centaine mais sans trop savoir pourquoi) un "Grand Boum" s'est produit (comprendre : une guerre nucléaire) et les êtres humains qui ont survécu sont retournés à un état de (non)civilisation assez proche de l'âge du fer (d'ailleurs le fer est très important pour eux, ils le récupèrent sur du matériel pré-apocalypse). L'écriture a presque disparu mais pas tout à fait, ce qui permet à Enig de raconter son histoire.
Et ces gens de tenter de mettre des mots sur ce qui s'est passé lors du "Grand Boum". Outre la survie, leur quotidien tourne autour de la "les gendes d'Eusa" avec l'histoire d' "Adom le Ptitome", qu'ils se transmettent de générations en générations, de clans en clans au moyen d'un théâtre ambulant orchestré par le proto-gouvernement qui régit (enfin c'est une façon de parler) ce petit bout de l'"Anterre".
Comme vous pouvez le concevoir, ce livre n'est pas facile à lire. En fait pour arriver à mettre des mots à nous sur cette langue, il faut le lire à voix haute dans sa tête. Cela ne vous donnera toutefois pas toutes les clés pour comprendre le contenu. Personnellement, j'ai eu l'impression d'être confrontée à la misère intellectuelle pendant 280 pages : leur univers, leur intellect est totalement étriqué et tourné dans une sorte de monomanie insupportable vers cette légende d'Eusa qui explique comment le Grand Boum est arrivé (c'est d'autant plus triste qu'en cours de lecture on apprend d'où vient réellement cette légende). A chaque page je me disais, "mais comment peuvent-ils être aussi naïfs ?", "comment peuvent-ils avoir oublié l'avant apocalypse à ce point ?". J'avais l'impression d'avoir affaire à des enfants qui essaient de jouer aux adultes, ne comprenant le plus souvent pas le sens des termes qu'ils utilisent.
Non seulement c'est effrayant, mais en plus c'est difficile à suivre. Je ne vous ferai donc pas l'affront de parler davantage de l'histoire car le fait que je n'en ai pas compris l'intérêt me laisse à penser que je n'en ai pas compris le fond. Ou alors peut-être qu'il n'y a rien d'autre derrière, je ne sais pas, juste une toute toute petite lueur "des spoirs". Mais dans tous les cas, le passé est perdu à tout jamais.
J'ai écrit cette chronique une semaine après avoir terminé le livre et je n'arrive toujours pas à me décider si j'ai apprécié cette histoire ou pas. Ma lecture, non pas trop, sauf le début pour la curiosité et l'attrait de l'originalité de la langue mais elle a été trop laborieuse pour que je puisse dire que j'ai passé un agréable moment, et ce n'était de toute façon sans doute pas le but de l'auteur. Mais l'histoire c'est une autre paire de manches. Il est clair qu'elle ne m'a pas laissé indifférente mais le seul truc que j'arrive à garder en tête c'est cette désertification intellectuelle. C'est un peu comme l'histoire de Charlie dans Des fleurs pour Algernon sauf que c'est avec toute une civilisation que cela se passe... Et c'est triste à mourir.
A noter que le livre est complété par une préface de Will Self, une postface de l'auteur et un glossaire. Tous trois me semblent indispensables pour compléter la lecture.
Lien : https://dragongalactique.com..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
eterlutisse
  17 septembre 2013
Tout d'abord, j'ai adoré la langue dans laquelle l'auteur a écrit le livre, "meum que eum suis mis à la parl cette lang deux sang smêlés quid et tourne les maux, leur rdonne an une nous vielle éthiqumologie" ;).
Enig Marcheur continue sa route sans moi, le livre est terminé. Comme toujours arriver à la dernière page laisse un goût amer, "ça m'effet bizarre" de revenir dans mon monde où tous les jours on nous demande de croire dans le mythe de la croissance comme dans "Enig Marcheur", ils espéraient dans le retour du Grand Boum avec le résultat qu'on peut y lire...
J'ai aimé arpenter l'Anterre, une Angleterre post-apocalyptique, avec ce gamin plein de ressources qui semble la seule voix de la raison quand les situations deviennent conflictuelles ou dangereuses. Ce qui m'a le plus plu chez ce personnage c'est sa liberté d'action que seule lui permet sa capacité à laisser les conséquences éventuelles de ces actes de côté pour seulement écouter sa conscience.
Mes seuls bémols : au dernier chapitre, le dernier retournement de situation me laisse un peu dubitative et il y a, à un moment, à Cambry, une ronde avec les chiens qui tout d'un coup marchent sur leur pattes arrières que je ne m'explique pas... (Si quelqu'un se sent de m'expliquer ces passages, je suis preneuse car j'ai l'impression d'être passée à côté de quelque chose de très signifiant.)
En terme d'Anticipation car je n'ose utiliser le terme de sciences fiction pour un monde qui n'a même pas seulement réinventé la poudre ;), c'est l'un des plus originaux que j'ai pu lire.

En postface, l'auteur explique sa démarche ce qui rend le livre d'autant plus vivant. La description de son "mind mapping" créatif est tout à fait farfelu et éclairant.
Ensuite, il y a un glossaire bien inutile et une description de l'édition -j'étais vraiment en manque à la dernière page de l'histoire alors j'ai lu jusqu'à la dernière lettre de cette édition- qui rend fière de posséder une telle merveille ! Je salue particulièrement l'idée de la couv' en "Lucprint Cristal brillant de 198 grammes" qui m'a permis de le lire easy dans le bain sans même l'abimer :).
Mon dernier paragraphe sera pour ovationner le traducteur, Nicolas Richard ! Je n'y pense jamais au traducteur, sauf pour ce roman. Traduire un livre comme çà est digne de figurer dans le Guiness des records. Il a réussi à tordre la langue française à partir d'une torsion de l'anglais pour en faire un parlénigm envoûtant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
MarianneL
  26 avril 2013
Ceci n'est pas un livre. Enig Marcheur est beaucoup plus qu'un livre, c'est une expérience totale et on comprend qu'un culte se soit développé autour de ce roman paru en 1980 en anglais (ou plutôt en Riddleyspeak), enfin traduit trente-deux ans plus tard en Parlénigm grâce aux éditions Toussaint Louverture et au génial Nicolas Richard.
L'humanité a été détruite par une apocalypse nucléaire – le Grand Boum, et les hommes sont retournés à l'âge de fer ; la vie n'a plus beaucoup de prix parce qu'il faut bien bouffer et survivre. Dans ce monde où ne subsistent plus que des fragments de connaissance, les hommes ont gardé la conscience, et pour certains la honte, de ce qu'ils ont perdu, tout en étant remplis d'illusions sur ce qu'est la science et la connaissance, comme peuvent l'être des enfants.
« J'ai murmué à mon tour : "O ce qu'on été ! Et où on en est rivé !" »
Enig Marcheur a douze ans. Dans ce futur lointain, c'est l'âge d'homme, il quitte son clan, part en quête du monde et couche ses aventures et ses émotions sur papier.
A l'image de l'humanité, le langage n'est pas sorti indemne de cette apocalypse, il a été détruit, découpé en morceaux (en mort sots). La lecture d'Enig Marcheur est donc une aventure intense parsemée d'obstacles, de frustrations et enfin de satisfactions car il faut apprivoiser la langue de ce livre, le Parlénigm.
Enig Marcheur nous plonge dans la confusion de ce monde, en même temps qu'il nous ramène de force à la lenteur de la marche à pied et de la tradition orale de transmission des légendes. Russell Hoban réussit la performance géniale de nous mettre dans la peau d'Enig Marcheur, face à la violence de ce monde, dans la peau de ce héros habité par une volonté farouche de comprendre et de raconter, avec des mots et une compréhension des événements retombés en enfance.
«Le jour de mon nommage pour mes 12 ans je suis passé lance avant et j'ai oxi un sayn glier il été probab le dernyè sayn glier du Bas Luchon. Toute façon y en avé plu eu depuis long tant avant lui et je me tends plus à en rvoir d'aurt. Il a pas fait le sol trembler ni rien quand ila foncé sur ma lance il été pas si gros en plus semblé chétif.»
Vers la fin de sa vie, Russell Hoban, qui ne manquait apparemment pas d'humour, aurait dit « I think death will be a good career move for me». Il est malheureusement décédé en 2011, avant la publication en France de cette traduction extraordinaire de Riddley Walker, qui je l'espère recevra la reconnaissance qu'elle mérite.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10


critiques presse (2)
Lhumanite   17 décembre 2012
Un récit hors normes et fascinant.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Liberation   10 décembre 2012
On ne peut pas lire Enig en pointillés. Il faut prendre le temps de s’y plonger, de se laisser porter par le flot, pour ne plus déchiffrer et, enfin, parvenir à nager en eaux troubles.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
AthouniAthouni   05 mai 2013
Mon père et moi on a rgardé ce corbeau. Je savv quil allé dir quelc chose dssous ce ciel gris. Je savv que ce corbeau allait fer la diseuz. Le corbeau urlé : “Tombe ! Tombe ! Tombe !” Je gnore si j’été en train de tomber àvant qu’il dise ça ou pas. (…) Ce ganrr vieux machin noir est rtombé dans la bouyass avec mon père dssous. Tout sest passé si vyte le corbeau été encor en vu alors il a ryrgolé. “Hao ! Hao ! Hao !” et il a fichu le camp à tirdel.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          54
eterlutisseeterlutisse   17 septembre 2013
J'ai dit : " Comment vous faites cette sort de runiss que vous allez fer ? Vous vous runissé et tiré des données ou just vous rfléchiss en semble ou quoi ?"
Il a dit : "On fait cinq poasyum."
J'ai dit : "Cest quoi un poasyum ?"
Il a dit : "Cest pas just un seul poasyum on dit tout jour cinq poasyum. Tas déjà vu un nid de serpents ?"
Commenter  J’apprécie          30
UnpapillondanslaluneUnpapillondanslalune   05 novembre 2012
Le jour de mon nommage pour mes 12 ans je suis passé lance avant et j'ai oxy un sayn glier il été probab le dernyé sayn glier du Bas Luchon. Toute façon y en avé plu eu depuis long tant avant lui et je me tends plu à en revoir d'aurt.
Commenter  J’apprécie          40
psycheinhellpsycheinhell   15 décembre 2012
Marcheur je me nomme et je suis tout comm. Enig Marcheur. Je marche avec les nigmes par tout où elles me mènent et je marche avec elles main tenant sur ce papier de meum.
Commenter  J’apprécie          30
TwiTwiTwiTwi   20 janvier 2013
Lâchevèque sest runi avec les genss d'Eusa ils ont touss enlvé leurs zabi et se sont tremêl ensemble tounus tort taillé comme un ni de serpents ils nomme ça cinq posyum.
Commenter  J’apprécie          20

Videos de Russel Hoban (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Russel Hoban

MPAGE-20130122-1825_0.mp4
Payot - Marque Page - Russell Hoban - Enig Marcheur
autres livres classés : post-apocalyptiqueVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
2275 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre

.. ..