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Arnaud Mousnier-Lompré (Traducteur)
ISBN : 2290337714
Éditeur : J'ai Lu (17/01/2005)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 1035 notes)
Résumé :
C'est sous les traits d'un simple valet suivant son riche seigneur que Fitz et le Fou ont entrepris de partir à la recherche du prince Devoir, disparu dans d'étranges circonstances. Ils sont accompagnés dans leur quête d'Oeil-de-nuit et de laurier, la confidente de la reine Kettricken. Ils ont huit jours pour retrouver la trace du fugitif. Mais ils vont bientôt s'apercevoir que la disparition du prince n'a rien d'une banale fugue. Si Fitz retrouve facilement sa trac... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
Arakasi
  14 janvier 2016
Fitz est de retour. Après seize années d'exil volontaire, le voici revenu à Castelcerf sous le masque de Tom Blaireau, serviteur du fantasque Sire Doré, la nouvelle identité adopté par le Fou. Malgré la prospérité retrouvée, la capitale du royaume des Six Duchés ressemble plus que jamais à un panier de crabes. Toute la ville est sur les nerfs dans l'attente des fiançailles entre le prince Devoir Loinvoyant et la narcheska Eliana, en espérant que cette alliance matrimoniale consolidera la paix entre le royaume et les états outreliens. Mais les deux jeunes promis ne s'apprécient guère et le narcheska lance à son soupirant un défi devant toute la cour : lui rapporter la tête de Glasfeu, dragon tutélaire emprisonné dans les glaces de l'île d'Aslevjal. S'il mène à bien cette mission et seulement à cette condition, elle acceptera de l'épouser. La chose est plus facile à dire qu'à faire, car non seulement tuer un dragon n'a rien d'une partie plaisir, mais le monstre est également révéré par la majorité des habitants des îles outreliennes. Contraint et forcé, voici Fitz obligé d'accompagner son jeune souverain dans sa folle quête – quête qui, loin de sauvegarder la paix, pourrait bien faire exploser tout espoir d'alliance entre les deux anciens belligérants.
J'en suis à mon quatrième intégral des aventures de Fitzounnet et ce tome-là s'est avéré jouissif presque de bout en bout ! L'intrigue prend un tour beaucoup plus épique que durant le tome précédent (où Fitz ne faisait parfois pas grand-chose, à part se planquer dans son coin, la tête entre les jambes) et se montre riche en moments de bravoure et en retournements trépidants. Certes, la quête prend un peu de temps à démarrer, mais ce moment de latence est nécessaire pour faire comprendre au lecteur tous les tenants et aboutissants de la situation et je ne cracherai donc pas dessus. C'est aussi l'occasion pour le lecteur de faire connaissance avec de nouvelles cultures et c'est avec un vif plaisir que j'ai découvert les îles outreliennes et leur surprenante société matriarcale – détail plutôt choquant pour la noblesse des Six Duchés habituée à traiter ses filles comme de jolies potiches sans volonté propre.
Niveau personnages, certains remontent enfin à la surface après une longue absence, notamment l'ombrageux Burich que j'adore et qui m'avait beaucoup manqué pendant le tome précédent. D'autres protagonistes, à peine esquissés dans le troisième intégral, prennent toute leur ampleur et s'avèrent aussi intéressants et attachants que les anciens. Autre point fort : la saga s'enrichit enfin d'un personnage de méchant fort et effrayant (parce que, d'accord, Royal était vraiment une raclure, mais niveau classe, il ne valait pas un pet de lapin), ce qui lui manquait cruellement. Histoire de cracher un peu dans la soupe, je pourrais regretter un happy ending légèrement forcé mais soyons honnêtes : le pauvre Fitz en a tellement bavé pendant les quelques quatre mille pages de la saga, qu'il a bien mérité un peu de repos et de bonheur.
Un très bon moment de lecture, donc, qui me fait attendre avec beaucoup d'impatience la sortie du début du troisième cycle en intégral. Ah, juste un petit bémol quand même : certes, les intégraux J'ai lu sont vraiment de très beaux bouquins, très classes, très pimpants, mais leurs couvertures n'ont vraiment rien à voir avec le contenu du roman ! Franchement, c'est si difficile de donner au moins un gros résumé de l'oeuvre à l'illustrateur avant qu'il ne fasse son travail ?
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Koneko-Chan
  05 août 2013
Une critique très difficile à rédiger... Je suis encore sonnée par cette lecture intense. Sans vouloir trop spoiler, c'est le tome qui m'a arraché le plus de larmes, ce qui ne m'était pas arrivé depuis Harry Potter 7... Et je ne sais même pas par où commencer.
La traque du prince Devoir se trouve au coeur de l'intrigue. On retrouve Fitz - en tant que Tom Blaireau -, le Fou - en tant que Sire Doré -, et Laurier, la grand'veneuse de la Reine, là où on les avait laissé. Va s'ensuivre tout un itinéraire pour retrouver le Prince, qui passera par Myrteville et Castelmyrte pour ensuite se poursuivre à travers des paysages de campagnes et des bois. J'ai bien aimé cet aspect de la traque ainsi que la découverte de la chasse aux marguets. Castelmyrte est bien connu pour préférer la compagnie des chats à celle des chiens, et c'est avec plaisir que l'on fait connaissance avec ces animaux. Un fait intriguant nous est livré : les chats peuvent exprimer leur pensée par le Vif sans être nécessairement lié, sans doute via leur esprit indépendant. Ces animaux m'intriguent, j'espère qu'on aura l'occasion de les revoir et d'approfondir ce que l'on sait d'eux. Mais ils ne sont pas au goût d'Oeil-de-Nuit, qui semblent les trouver aussi embêtants que les porc-épic ^^ Ah Oeil-de-Nuit... Un personnage que j'affectionne beaucoup ! J'aime beaucoup les loups et les animaux, et celui-ci est encore plus proche des lecteurs lorsqu'on a accès à sa pensée. Je partageais sa douleur avec Fitz lorsqu'Oeil-de-Nuit semblait épuisé...
On a un aperçu de ce que le Lignage représente pour les Six-Duchés, et ce n'est pas très glorieux... J'imagine que les autres tomes démêleront un peu tout ça et que Fitz ne va pas rester les bras croisés. Parce que c'est de là que tout part dans ce volume, puisque le prince Devoir est "enlevé" à cause de son ascendance qui lui a fait cadeau du Vif.
Nos compagnons finissent par retrouver le prince, qui ressemble fortement à son père. La rencontre entre lui et Fitz est assez explosive, et Devoir ne semble pas le porter dans son coeur. Pourtant, Fitz va tout faire pour qu'il puisse s'échapper. Nos deux personnages font un détour par l'île des Autres, que j'ai de suite reconnue quand Fitz s'est mis à ramassé ce que la plage contient. Ces créatures me semblent encore plus abjectes que dans mon souvenir, elles font froid dans le dos et je me demande bien quel est leur but (à part la conservation des trésors de la plage).
Difficile d'en dire plus sans spoiler, mais vous aurez compris que j'ai une fois de plus adoré ce volume dans lequel il se passe beaucoup de choses, autant au niveau de l'action que des émotions.J'ai encore un peu de mal à m'en remettre ^^"
Par ailleurs, je trouve que la couverture est magnifique !
Lien : http://miyu-neko.blogspot.fr..
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LunaZione
  04 février 2016
Ça faisait longtemps que je n'avais pas lu du Robin Hobb, au moins… deux mois ! Merci donc à Naramaya et sa lecture commune et à sa lecture commune qui me permet de me replonger régulièrement dans les aventures de Fitz.

Comme je le disais dans mes chroniques précédentes, je suis désormais rendue dans les tomes que je n'ai du lire qu'une seule fois (contrairement aux premiers !) et que, donc, je ne me souviens plus trop de l'histoire… Qu'est-ce que c'est agréable de redécouvrir une histoire comme si c'était la première fois !
Ce huitième tome m'a beaucoup plu : j'ai beaucoup aimé cette idée d'une secte autour de la magie du vif et le complot qui en découle pour prendre le trône. Bon, ce n'est pas du GOT, c'est beaucoup moins sanglant, mais ça n'en est pas moins élaboré et très convaincant !
J'ai également aimé toutes les questions qui restent en suspend autour de Fitz et de sa paternité. C'est vrai qu'à le cotoyer, on oublie assez cet aspect de sa personnalité : personnellement, j'ai un peu de mal à me faire à l'idée qu'il a dorénavant 40 ans… Pour moi, je crois qu'il restera à jamais le gamin un peu maladroit qu'il était à 17 ans !
Et puis, il faut aussi dire que ce tome est riche en émotion. Personnellement, je crois que je n'ai toujours pas réellement réalisé ce qu'il se passe dans celui-ci et que ce n'est que maintenant que j'en prend conscience (au moins quatre jours après ma lecture !). Bref, c'est vraiment triste et je suis curieuse de découvrir comment va s'en sortir Fitz dans le tome suivant…

Comme d'habitude, j'ai vraiment apprécié mon aventure dans l'univers de Robin Hobb. Cette dame est vraiment talentueuse ! J'adore la façon dont elle nous entraine dans des aventures folles, à travers des mondes bien construits, tout en douceur (sans pour autant manquer de poigne). Et j'aime encore plus me rendre compte par moment pendant ma lecture, grâce à des petits détails bien placés, que c'est une femme qui nous raconte une histoire que l'on pourrait penser écrite par un homme.
Lien : http://lunazione.over-blog.c..
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Javableue
  03 juillet 2016
Sous le ciel des Six-Duchés, avoir le Vif n'a jamais été bien vu ; Fitz en sait quelque chose. Dans son enfance déjà, il avait appris à ses dépens que son don inné de se connecter avec des animaux pouvait le reléguer au rang de paria et causer sa mort. A présent, sa nouvelle mission royale le replonge dans les travers d'une société qu'il n'avait pas quitté sur un simple coup de tête : il doit ramener au bercail le prince Devoir qui s'est enfui de Castelcerf pour d'obscures raisons. Il semblerait que le fils de Kettricken et de Vérité soit lui aussi un "vifier" ; or, son statut ne le préservera pas de la torture et de l'exécution si ces soupçons viennent à se confirmer. Raison de plus pour remettre la main dessus au plus vite. Sous leurs faux nom de "Tom Blaireau" et de "Sire Doré", Fitz et le Fou suivent la trace du jeune homme...
Dans cette ambiance tendue pour eux, quelques vifiers du peuple se regroupent et dénoncent les nobles atteints de la même "tare" qu'eux afin de les faire chanter et de se faire entendre : pourquoi les paysans seraient-ils exécutés et brûlés pour sur simple dénonciation d'usage du Vif alors que, lorsque la même magie touche le haut du panier, on se contente de la dissimuler bien comme il faut ? Prenant pour emblème le Prince Pie, exclu et tué pour avoir utilisé le Vif, ce groupuscule utilise le chat de Devoir pour l'attirer dans un traquenard et le prendre en otage...
Evidemment, le fils de Vérité, du haut de ses quinze ans, n'y a vu que du feu. A la veille de ses fiançailles arrangées avec une gamine des îles d'Outre-Mer, l'adolescent se laisse prendre au jeu d'une passion dévorante pour une femme mûre qu'il n'a jamais rencontrée, mais qui communique avec lui par le biais de sa compagne de Vif : la marguette qui lui a été offerte par la famille Brésinga... chez qui séjournent Fitz, le Fou et Laurier, la grand-veneuse de Kettricken. C'est grâce à ce passage à Myrteville, à la relation d'Art qui se développe entre Fitz et Devoir, et surtout au dévouement du loup Oeil-de-Nuit que la fine équipe met assez rapidement la main sur le prince en fuite, au grand dam de ce dernier. Convaincu que sa belle l'attend, il refusera d'abord d'entendre les désagréables révélations de Fitz, agacé, ne mâchera pas ses mots : il n'y a pas de bonne femme au bout du chemin, seulement une joyeuse troupe de Fidèles du Prince Pie.
En effet, le héros n'a pas gagné en patience avec l'âge... Par deux fois dans ce roman, on le voit saisi d'une rage incontrôlable qu'on lui connaît peu, doublée d'une intention de tuer qui ne sera déboutée qu'in extremis... de plus, et pour la première fois depuis le début de la série, le Fou et Oeil-de-Nuit reconnaissent avoir eu peur que la situation ne leur échappe, et se sont effrayés que le "Bâtard au Vif" soit pris d'une telle soif de sang. Bizarrement, j'ai beaucoup aimé ces moments de perte de contrôle et de vivacité meurtrière, presque bestiale, et pourtant si différente de la sagesse de son brave loup : ils ont su redonner de la consistance à ce personnage qui a tout juste passé la trentaine mais qui ne cesse de se prendre pour un vieillard moche engagé sur une pente descendante.
Si, dans le volume précédent, on avait fait la fine bouche en se plaignant du trop peu d'action et du grand nombre de gros plans sur Fitz en train de se couper du fromage ou de faire infuser sa tisane, tout cela est aujourd'hui bien loin. "La secte maudite" nous emmène partout, du domaine de Myrteville à la forêt, dans une caverne puis en ville, en passant par la fameuse île des Autres qui ouvre la série des Aventuriers de la Mer.
Comme d'habitude, un livre parfait pour les amis des animaux, les amateurs de bastons dans la forêt et de tempêtes dans les cerveaux !

Lien : http://pulco-suivezlepapillo..
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Ptitetrolle
  24 octobre 2012
Dans ce tome, on ne s'ennuie pas une seule seconde, les pages se tournent à une vitesse folle, et on dévore avidement le récit des nouvelles aventures de Fitz. Comme d'habitude, Robin Hobb n'est pas tendre avec son personnage principal, et c'est bien pour ça qu'on l'aime. Notre pauvre Fitz, après avoir quasiment tout perdu pour sauver la lignée des Loinvoyant et le royaume des Six-Duchés de la menace des Pirates Rouges, doit à nouveau donner de sa personne pour sauver le monde… Ou tout du moins le prince Devoir.
Et pour ça, Fitz va devoir faire face à son passé (Devoir lui ressemble comme deux gouttes d'eau à son âge), et surtout il va devoir faire des choix difficiles : tiraillé entre son appartenance au Lignage, sa dévotion aux Loinvoyant et sa volonté de protéger Ortie à tout prix, il va songer à des choses inimaginables, et connaissant Robin Hobb, j'ai vraiment eu peur qu'il ne fassent certaines choses impensables ! Ce Fitz est vraiment prêt à tout pour faire son devoir, quitte à vendre son âme et à souffrir le martyre ! Et on s'inquiète avec lui pour Oeil-de-Nuit, on s'interroge aussi sur le Fou (encore et toujours le Fou !), sur ses origines, sur qui il est vraiment.
Ce qui est intéressant ici c'est qu'on se rend compte à quel point le Fou est à la fois une force et une faiblesse pour Fitz : c'est le Fou qui donne à Fitz la force de « sauver le monde une nouvelle fois », qui lui donne foi en l'union du Catalyseur et du Prophète Blanc. En même temps, le Fou le rend fragile parce qu'il en sait plus que les autres sur lui, et Fitz est vraiment très attaché au Fou, ce qui peut devenir un moyen de pression de la part de ses ennemis. Ca lui plombe aussi le moral lorsqu'il doit jouer au serviteur de Sire Doré alors qu'il aimerait parler à un ami.
Pour ce qui est de Devoir, il paraît encore trop jeune et naïf, mais c'est sa relation avec Fitz qui risque de se révéler compliquée et passionnante !
Des personnages toujours aussi intéressants donc, et de nouveaux éléments dans l'intrigue : je veux savoir la suite !!!!! J'ai adoré le passage en lien avec les Aventuriers de la Mer, j'ai vraiment hâte d'en savoir plus ! Retrouver Fitz sur la plage des Autres, se souvenir de l'histoire de Kennit et de Hiémain dans ce même lieu, c'était juste magique ! Je suis sûre que le dénouement de cette saga va être énorme, l'auteure sème de-ci de-là de petits indices qui laissent présager de grandes révélations et beaucoup d'émotion pour la suite. Et puis ce mélange d'Art et de Vif développé par Robin Hobb, ça devient vraiment intéressant !
Lien : http://lecturestrollesques.b..
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
missgavottesmissgavottes   02 janvier 2009
Si l'on ne meurt pas d'une blessure, on guérit d'une façon ou d'une autre, et il en va de même pour le chagrin. De la terrible douleur de l'instant de la séparation, nous passâmes tous deux dans les jours grisâtres de la stupeur et de l'attente hébétées ; c'est toujours ainsi que m'est apparu le chagrin, comme un temps où l'on attend, non que la souffrance s'efface, mais que l'on s'y habitue.
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steppesteppe   29 juillet 2011
ATTENTION : SPOILER IMPORTANT (ne pas lire si envie de lire le cycle)

"Attends-moi ! criai-je, et mon propre cri me tira du sommeil. Non loin de là, le fou se redressa, les cheveux en bataille. Je clignai les paupières. Ma bouche était pleine d'onguent et de poils de loup, et mes doigts étaient enfoncés dans sa fourrure. Je le serrai contre moi, et, sous mon étreinte, ses poumons laissèrent échapper le dernier soupir qui y restait prisonnier. Œil-de Nuit était mort. Une pluie glacée tombait en cataracte devant l'entrée de la grotte.
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steppesteppe   21 octobre 2010
"Petit frère, ne me traite pas comme si j'étais déjà mort ou agonisant. Si c'est ainsi que tu me vois, j'aime mieux être mort pour de bon. Tu voles le maintenant de ma vie quand tu crains que je disparaisse demain. Ta peur a des griffes glacées qui m'enserrent et me dépouillent du plaisir que je tire de la chaleur du jour."
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gouelangouelan   16 mai 2014
Plus j'étudiais les récits d'autres auteurs, écrits comme oraux, plus il me semblait que ce genre d'entreprise ne vise pas à préserver le savoir, mais à figer le passé dans un état intangible. Comme lorsqu’on aplatit une fleur dans un herbier et qu'on la laisse sécher, nous tentons d'immobiliser ce que nous avons vécu pour pouvoir dire : " voici exactement comment était la situation quand j'en ai été témoin." Mais, à l'instar de la fleur, le passé ainsi fixé n'est plus le passé; il perd son parfum et sa vitalité, sa délicatesse devient friabilité et ses couleurs s'estompent. Et, quand on rouvre l'herbier, on s'aperçoit que la fleur n'est plus du tout celle qu'on voulait capturer, que l'instant qu'on cherchait à retenir s'est enfui à jamais.
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OliphantOliphant   04 avril 2014
La vie est un équilibre. On tend à l’oublier alors qu’on vit, insouciant, chaque jour après l’autre. On mange, on boit, on dort et on croit qu’on se réveillera toujours le lendemain, qu’on sortira toujours revigoré d’un bon repas et de quelques heures de repos. Les plaies ne peuvent que guérir, la douleur s’estomper avec le temps, et, même quand les blessures cicatrisent moins vite, quand la douleur s’atténue le jour pour revenir dans toute son intensité la nuit, quand le sommeil n’est plus réparateur, on croit encore que, le lendemain, tout aura repris son équilibre et qu’on pourra continuer à vivre comme d’habitude. Mais, à un certain moment, le délicat équilibre s’est rompu, et, on peut bien faire tous les efforts du monde, on entame la lente chute, la transformation de l’organisme qui s’entretient seul en celui qui lutte bec et ongles pour demeurer ce qu’il était naguère.
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Robin Hobb - Le fou et l'assassin. Volume 6, Le destin de l'assassin
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