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ISBN : 2290108227
Éditeur : J'ai Lu (07/10/2015)

Note moyenne : 4.47/5 (sur 31 notes)
Résumé :
La Vivacia est prise par les pirates du capitaine Kennit, Althéa embarque sur L'Ophélie, Malta est prête à s'unir avec un habitant du désert des pluies, les Nouveaux marchands et leurs esclaves envahissent le pays, Ronica et Keffria se retrouvent seules et impuissantes face à la décadence. Mais Le Parangon est réarmé et prêt à reconquérir La Vivacia. Volumes 4 à 6 des«Aventuriers de la mer».
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Soleney
  06 janvier 2019
Ce tome 2 était tout aussi satisfaisant que le premier.
De nouveaux personnages sont introduits : Reyn et Jani Khuprus, Grag Tenira, Ophélie et Sérille. Et les choses évoluent énormément pour ceux qu'on connaît déjà.
Malta, pour commencer, attire l'attention d'un jeune Marchand du Désert des Pluies qui est déterminé à l'épouser et à faire cadeau de la dette des Vestrit pour leur mariage. La jeune fille a bien l'intention de se jouer de lui, de profiter de sa richesse et de continuer à flirter avec Cervin Trell, le grand frère de sa meilleure amie. Mais plus le temps passe, plus elle se rend compte qu'on ne peut pas compter sur les hommes pour tenir leurs promesses et qu'il ne faut se fier qu'à soi-même. Et puis, une nouvelle dramatique arrive à Terrilville : on aurait vu la Vivacia à Jamaillia, capturée par le pirate Kennit. le navire ne reviendra pas. Son père et son frère sont probablement morts.
Kyle, enfin, est mis hors d'état de nuire. Il a perdu le contrôle de Vivacia et de son fils, mais ce n'est pas pour autant qu'il va cesser de déverser son fiel. Il accuse Hiémain d'être responsable de la situation, de vouloir le tuer, d'avoir voulu le bateau pour lui tout seul, de n'avoir pas su attendre les deux ans accordés avant de posséder Vivacia… Un père paranoïaque ! Quoi de mieux pour élever des enfants ? Kyle est incapable de comprendre les personnes qui ne pensent pas comme lui. Il ne peut pas imaginer qu'un homme ne veuille pas devenir capitaine de vivenef ; ce destin est un immense cadeau qu'il fait à son ingrat de fils – il ne peut pas VRAIMENT vouloir rester dans un monastère.
Hiémain, justement, gagne en assurance mais continue d'être désillusionné par l'univers qui l'entoure. La violence, la cruauté et l'indifférence font rage autour de lui. Vivacia, sa seule alliée, est séduite par Kennit et se détache de lui. Elle est plus indépendante que jamais des Vestrit et ne craint plus de le voir mettre pied à terre pendant quelques heures. Pis : l'amputation de la jambe de Kennit sur ses ponts l'a lié à elle (car « le sang est mémoire »). Kennit, Vivacia et Hiémain deviennent donc un trio uni par la pensée. On pourrait se dire que les deux Vestrit vont se rendre compte de l'égocentrisme du pirate. Mais non : Kennit a suffisamment de contrôle sur lui-même pour leur cacher ses défauts… Ils continuent donc de le suivre, Vivacia avec toujours autant d'enthousiasme, Hiémain avec de plus en plus de confiance.
Le pirate, quant à lui, évolue suite à cette proximité forcée avec deux âmes innocentes. Il s'attache au jeune garçon comme jamais il ne s'est attaché – pas même à Etta. Son attitude très paternelle laisse plusieurs fois sous-entendre qu'il a lui-même subi une situation similaire à celle de Hiémain – avec le fameux Igrot le Terrible.
J'ai beaucoup aimé le développement d'Etta. Au début simple prostituée, puis invitée du capitaine Kennit sur la Marietta, elle devient un personnage de plus en plus proéminent au sein de l'équipage. Car elle participe aux batailles, tue sans hésitation tout homme qui se dresse entre Kennit et son objectif, possède une dévotion et une volonté sans limite. L'histoire d'amour qui la lie au capitaine émeut les pirates les plus endurcis, renforce encore l'aura de leur chef et attire un respect mérité pour Etta. Elle est aveugle aux défauts de son homme, et malheureusement, celui-ci en profite. Tout comme il profite de l'amour que lui porte l'équipage. Etta est un instrument entre ses mains et c'est révoltant de la voir baver devant lui.
Althéa, enfin de retour à Terrilville, est confrontée à Malta (bien grandie), sa soeur et sa mère. Son coup d'un soir avec Brashen continue de la hanter. Il n'y a qu'elle pour ne pas se rendre compte qu'elle est amoureuse de lui et que c'est la raison pour laquelle elle ne parvient pas à aimer Grag Tenira, un fils de Marchand bien sous tous rapports et qui lui fait la cour.
Minute.
Comment ils se sont rencontrés, ces deux-là ?

Mon point de vue sur Althéa a un peu évolué. J'étais très admirative de cette jeune fille un peu grande gueule et très garçon manqué qui n'hésite pas à se faire passer pour un mousse afin de récupérer son navire. Au fur et à mesure que l'histoire avance, on se rend compte qu'elle manque de confiance en elle : elle a souvent peur de ne pas susciter le respect que les hommes s'accordent les uns aux autres. Elle a des complexes, notamment dans les relations sexuelles. En revenant à Terrilville, elle retrouve Ambre, qui la met face à ses contradictions et qui ouvre ses yeux et les nôtres.
La vision que j'ai de cette dernière a bien changé. de mystérieuse et incompréhensible, elle est devenue sensible, en quête de justice, empathique. le sort de Parangon, la vivenef maudite abandonnée sur la grève depuis trente ans, la tourmente. Elle est déterminée à le racheter pour lui offrir une vie meilleure – mais elle ? Une étrangère ? Racheter une vivenef ? Quelle horreur ! D'autant plus que Parangon n'est pas coopératif : il est bipolaire. Tantôt d'un cynisme glaçant, tantôt colérique et dangereux, tantôt hystériquement désespéré, la moindre question de travers peut le plonger dans une colère noire/une peur bleue/un silence boudeur. Impossible de savoir pourquoi il a tué son équipage et sa famille. C'est un personnage étrange qui me frustre beaucoup.
Ronica et Keffria sont de plus en plus proches. Aigries par les contraintes budgétaires et la situation désespérante de Terrilville, elles se plongent dans un esprit pratique fait de travaux manuels et de livres de compte. C'est alors qu'elles sont au plus bas qu'une proposition des plus alléchantes leur rend l'espoir : les Khuprus (la famille la plus riche et influente du Désert des Pluies), dont le fils cadet s'est inexplicablement épris de Malta, leur offre, en cadeau de noce, la dette de la Vivacia. Malta flirte effrontément avec le jeune homme sans aucune considération pour ses sentiments. Mais peut-on la vendre au plus offrant simplement parce que la famille croule sous les dettes et qu'elle est frivole ? « Bah, quand il fera plus ample connaissance avec elle, il se rendra bien compte qu'elle ne lui correspond pas », affirme Ronica, ce qui clôt la question. Malta est donc officiellement courtisée par Reyn, dont elle ne peut voir le visage.
Car Reyn est un Marchand du désert des Pluies. Il est donc en permanence recouvert d'un voile opaque qui cache la moindre parcelle de peau. Cette tradition étrange est due à l'apparence grotesque de ces Marchands. le fleuve charrie une magie obscure qui a la particularité de déformer les êtres vivants et d'augmenter l'infertilité. On dit des Marchands du désert des Pluies que de petites écailles recouvrent leur peau, que des excroissances poussent un peu partout sur leur corps, et que leurs yeux possèdent un éclat bleu surnaturel.
Les chapitres qui sont dédiés à Reyn montrent qu'il a une sensibilité que ne possèdent pas ses pairs : il est le seul à entendre une voix qui le supplie de l'aider, visiblement depuis des années. Mais il est pieds et poings liés : cette voix, qui prétend être un dragon, est issue du dernier fût de bois-sorcier.
De leur côté, Maulkin, Shriver, Sessuréa et les autres serpents géants poursuivent la quête de leur mémoire. Leur situation est désespérée : de plus en plus de leur congénères sombrent dans la bestialité, et eux-mêmes oublient de plus en plus leur passé. Leurs forces déclinent. Où est passée Celle-qui-se-Souvient ? Comment la retrouver ? J'ai beaucoup apprécié la lecture de leurs chapitres, bien qu'on sente un peu trop bien le désespoir et l'horreur de leur situation.
Et c'est dans ce beau bordel qu'apparaît une nouvelle narratrice : Sérille. Étant la Compagne de Coeur du Gouverneur Magnadon Cosgo, son rôle est de se spécialiser sur un élément de la politique jamaillienne et de guider son maître à la lueur de son intelligence. Or, depuis l'ascension au trône de Cosgo, les Compagnes ne sont plus que des prostituées vouées aux plaisirs de la chair. Car l'influence de Chalcède, où les femmes ne sont guère plus que des animaux, se fait de plus en plus sentir à la cour. Sérille, qui a connu l'ancienne époque, se refuse à assouvir les pulsions sexuelles de l'homme le plus immature du pays. de frustration, celui-ci contrarie ses plans et décide de l'accompagner à Terrilville, où les tensions frisent la guerre civile.
Car avec leurs esclaves et leur méconnaissance des pratiques culturelles des Premiers Marchands, les Nouveaux Marchands commettent impairs sur impairs, décourageant les Premiers Marchands de jamais les intégrer et les incitant à se replier sur eux. Ils finissent par rejeter tous les étrangers, et pas seulement les Nouveaux Marchands.
Et pour finir, un petit point sur Davad Restart : plus le temps passe et moins j'aime ce personnage. La morale, l'amitié et la bienséance ne sont que des notions étranges, pour lui. La seule chose qui ait de l'importance à ses yeux, c'est le profit. Ce n'est pas quelqu'un de méchant, bien au contraire ! Il a par ailleurs la sale habitude de mettre son nez dans les affaires des gens qu'il aime – pour les aider, évidemment ; mais il ne fait qu'empirer les choses. Dans sa naïveté, il est incapable de se rendre compte que 1) sa vision des choses est loin d'être universelle, 2) il vexe/blesse/irrite/met les gens mal à l'aise par son attitude, 3) se faire des ennemis parce qu'on ne sait pas tenir sa langue ou cacher son goût du gain dessert les affaires. On dirait un grand enfant qui n'a pas appris à se conduire en société.
J'ai adoré ce deuxième volet, dont la qualité est au moins égale au premier. Je viens à peine de le finir que j'entame déjà le suivant, car la fin présage de nombreux changements dans les forces en lutte.
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Arakasi
  05 janvier 2017
Les choses se dégradent rapidement pour la famille Vestrit… La vivenef de la famille, Vivacia, reconvertie en transport d'esclaves a été capturée par des pirates. Elle est maintenant entre les mains du redoutable capitaine Kennit qui désire se servir de cette prise incomparable pour épauler ses vastes projets : devenir roi des Îles Pirates ! Hiémain et son père ont disparu en mer et Althéa est partie courir l'aventure sur le pont de l'Ophélie. Ne restent plus au foyer que l'aïeule Ronica, sa fille Keffria et la jeune Malta que ses aînés envisagent de « vendre » comme épouse au Désert de la Pluie pour amoindrir les dettes familiales.
Seule espoir de la famille : monter une expédition pour récupérer la Vivacia en réarmant la vivenef Parangon abandonnée depuis plus d'une décennie sur la plage de Terrilville. Mais comment faire quand les caisses sont vides, que les hommes manquent et que le principal intéressé, Parangon lui-même, est fou comme une belette et tristement connu pour avoir massacré la totalité de son ancien équipage ? Tout cela sans compter les tensions qui agitent les relations entre Terrilville et Jamailla, sa cité mère, menaçant de faire sombrer à tout moment le pays dans la guerre civile.
Deuxième intégral des « Aventuriers de la Mer » et le plaisir de lecture est toujours intact ! Les personnages prennent de l'envergure et les « petits cons » du premier volume murissent et s'affirment. L'évolution de la jeune Martha est particulièrement réussie, petite fille égoïste et gâtée en début du cycle, elle révèle dans l'adversité une force de caractère étonnante et est devenue à ce stade un de mes personnages préférés. J'ai également développé un gros faible pour l'ombrageux Parangon, navire schizophrène, tour à tour enfant effrayé ou adulte féroce et malveillant. Il faut saluer également le soin tout particulier apporté aux personnages féminins, pour la plupart femmes de tête, pleines de volonté et de courage et tenant la draguée haute à leurs homologues masculins.
Le rythme du récit n'est pas foudroyant et les rebondissements ne sont pas légion, mais le tout est raconté avec tant d'habilité et un sens du détail si accompli que les quelques longueurs passent comme des lettres à la poste. Comme dans « L'assassin royal », l'utilisation de la magie est très ingénieuse et empreinte d'une grande poésie, notamment pour tout ce qui touche les énigmatiques vivenefs, navires pensants et parlants dont les origines mystérieuses sont enfin éclaircies dans ce volume – et de quelle étrange et horrible façon ! L'ensemble est aussi séduisant qu'immersif et cette saga s'avère très dure à lâcher. J'enchaînerais bien immédiatement sur le troisième et dernier tome, mais je me suis promis de m'en tenir à un volume par mois, histoire de faire durer le plaisir. C'est beau, la résolution, hein ?
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Luria
  12 octobre 2018
«Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir. Durant toute la vie, on amasse des trésors pour la remplir.»
Il y a dans les écrits de Robin Hobb une part de merveilleux. Une histoire qui ne demande qu'à épanouir notre imaginaire.
J'ai cependant moins aimé cette lecture. Toujours aussi prenante mais moins d'engouement pour le reprendre une fois le livre posé. Je pense que j'ai lu les deux premières intégrales trop rapproché. Et puis cette propension trop optimiste qu'ils ont, tous, tous ces personnages à s'en sortir.
Il me reste cependant tout ce qui peu à peu se déroule. Des Anciens aux vivenefs, aux humains parmi tout cela. de la magie fragile qu'on gâche et qu'on effrite.
Je prends juste le temps de reprendre mon souffle sur d'autres rivages littéraires, puis je reviendrai clore ce cycle, qui est définitivement un must dans l'univers RobinHobbien.

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Deanerys
  15 février 2018
C'est avec un grand plaisir que je me suis replongée dans cet univers fantasy qui m'avait tellement plu dans le premier tome. J'ai ainsi adoré retrouver les personnages et être témoin de leur évolution à chacun, et découvrir de façon plus approfondie l'univers créé par l'auteure. Encore une fois, cette dernière a su m'embarquer dans son monde, je n'ai pas vu les pages de ce pavé passer et je suis ressortie ravie de ma lecture.
Nous retrouvons la famille Vestrit qui se trouve dans une situation délicate. Leur Vivenef, la Vivacia, leur principale source de revenus, a été capturé par les pirates. Elle se retrouve donc aux mains du capitaine Kennit qui espère ainsi réaliser son rêve : devenir roi des îles pirates. Cette capture est à double tranchant puisque si la Vivacia n'appartient plus à ses propriétaires, elle est toutefois dirigée par un équipage compétent qui prend soin d'elle. Kennit est d'ailleurs un personnage intriguant que j'ai pu apprécier comme détester selon ses choix. Malgré tout j'ai aimé connaitre ses volontés et la façon dont il comptait les faire se réaliser. J'ai un peu moins aimé la Vivacia, ce bateau doué de conscience qui m'a paru capricieuse et trop naïve. J'ai trouvé dommage que sa relation avec Hiemain se dégrade un peu. Concernant ce dernier, on retrouve un jeune garçon qui a pris confiance en lui tout en conservant ses valeurs. C'est un personnage extrêmement attachant.
Sur Terre, Ronica, sa fille Keffria et sa petite fille Malta tente tant bien que mal de conserver la tête hors de l'eau. Pour cela, une solution a été trouvé : celle de proposer Malta comme épouse à un jeune homme du Désert des Pluies afin d'amoindrir leurs dettes. Ici, l'évolution la plus flagrante est celle de Malta. de petite fille capricieuse, habituée à avoir tout ce qu'elle désire, elle devient une adolescente réfléchie prête à se sacrifier pour les siens. Elle est l'un des personnages dont j'ai préféré l'évolution. Les femmes de la famille sont ensuite rapidement rejointes par la cadette, Althea, venue leur prêter main forte. Elle a toutefois une idée dernière la tête pour aider sa famille, celle de remettre à flot une vieille Vivenef, Parangon, échouée depuis des années et déclarée folle puisque ayant tuer ses différents équipages. Là encore nous avons un personnage particulier, complètement instable, pouvant être mature comme enfantin, doux avant d'être déchainé. Mais il n'en est pas moins attachant et je suis curieuse de suivre son parcourt dans la suite de l'histoire.
Cette saga peut paraitre compliquée puisqu'elle présente un grand nombre de personnages. Cependant, le talent de l'auteure réside dans le fait qu'elle arrive à nous présenter un monde clair, que l'on comprend aisément. Elle nous dépeint des personnages absolument pas clichés, bien au contraire. Chacun a sa personnalité, ses qualités et ses défauts. Tous sont nuancés, intéressants, facilement identifiables. Ici, il n'y a pas de personnages que j'ai aimé suivre plus qu'un autre, tous ont su me captiver. Je pense donc que les personnages sont un très gros point fort de l'histoire. Pour les amateurs de romans d'action, je préfère prévenir que ce n'est pas forcément le cas ici. L'auteure a plutôt fait le choix de se concentrer sur ses personnages, leurs ressentis, leurs idées et surtout leur évolution. L'univers et le contexte sont également beaucoup travaillés, ce qui a pour conséquence que l'on s'immerge facilement dans le récit. Pour ma part je n'ai eu aucun mal à m'imaginer les marchands, le port ou encore les bateaux en mer.
Ce 2nd tome a donc largement été à la hauteur du 1er. J'ai pris un énorme plaisir à sa lecture, ce qui n'était pas gagné, n'étant pas particulièrement attiré par le milieu marin. Ce roman me confirme donc mon coup de coeur pour cette auteure dont je compte bien découvrir d'autres ouvrages ! (et bien sûr le 3e tome!)
Lien : https://dreamingwithboooks.w..
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Ys
  10 mars 2017
Ca commence à sentir sévèrement le roussi pour la famille Vestrit. Les conneries de Kyle ont porté leurs fruits et voici la pauvre Vivacia capturée par les pirates. Bon. Il faut bien avouer que si la nouvelle promet de tomber comme un pavé dans la mare à Terrilville, la nef elle-même gagne plutôt au changement : plus d'esclaves dans ses cales, un équipage de marins compétents pour la mener et à sa tête, un capitaine charmeur en diable, bien décidé à la séduire. Kennit lui-même, eh oui, un peu diminué par sa confrontation avec un serpent de mer mais de plus en plus ambigu et intéressant à mesure qu'avance l'histoire, que se révèlent des fragments de son passé et que se noue avec Hiémain une relation mêlée de sentiments complexes.
Pendant ce temps, Althéa entreprend de regagner le domicile familial et les femmes de la maison, mère, fille et petite-fille, se débattent contre une situation financière de plus en plus inconfortable, que seul le retour de Vivacia pourrait encore rétablir. Bientôt, la jeune Malta va devoir comprendre que son cher papa n'est pas près de venir à sa rescousse et que battre des cils devant un homme, aussi puissant soit-il, est toujours moins efficace que prendre les choses en main soi-même. Bientôt, le seul espoir de la famille sera d'aller reconquérir le navire à ses ravisseurs - et pour cela de monter l'entreprise la plus audacieuse, la plus folle, la plus désespérée, que la cité ait connue depuis bien longtemps. Réarmer un vieux navire délabré, aveugle, maudit et aux trois-quarts cinglé, pour aller affronter les pirates avec un équipage au rabais : voilà une aventure digne des premiers pionniers eux-mêmes !
Une suite toujours très accrocheuse, qui sans totalement laisser de côté l'action et les rebondissements, fait surtout la part belle à l'évolution des personnages, à l'approfondissement de l'univers. Déchiré entre ses principes, l'attachement viscéral qu'il voue à son navire et la relation ambiguë qui le lie au capitaine Kennit, Hiémain est plus attachant que jamais, et de manière générale, les personnages qui me plaisaient au premier tome tendent à suivre leurs promesses. Mais j'ai été surtout très agréablement surprise par l'évolution de Malta, qui en quelque 800 pages de déboires passe de gamine gâtée exaspérante à adolescente volontaire et courageuse. La manière dont son intelligence, dévoyée au début sur des caprices futiles, se recentre et se polit peu à peu, à mesure des événements et des expériences, est sans doute une des meilleures réussites du roman.
Autre belle découverte est celle du fleuve des Pluies et de sa cité enfouie d'où l'on extrait le bois sorcier. Un lieu inquiétant, mal connu, peuplé de souvenirs obsédants, où une voix antique refuse de s'éteindre, lutte de tout son pouvoir pour renaître à la vie. Les liens qui se révèlent peu à peu entre ce monde englouti, les vivenefs et les serpents de mer sont tout à fait fascinants, et confèrent une poésie macabre assez puissante à l'univers entier, à sa magie.
Un seul regret : que tout cela ne soit pas mieux écrit, dans une langue plus poétique et moins facile, une langue qui ne sonne pas parfois un peu kitsch à la traduction, et sur des ficelles qui sentent un peu moins les techniques d'atelier d'écriture. Mais je suppose que c'est un peu une fatalité, sur des grands cycles comme celui-ci...
Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
MalachiteMalachite   01 janvier 2019
Ophélie ne prêta pas attention à son capitaine. A la mention de feu grégeois, elle avait hoqueté de stupéfaction puis avait poussé des cris de colère inarticulés en voyant les pots de poix fumante qu'on apportait sur le pont de la galère. Qu'on les eût préparés aussi rapidement signifiait que le capitaine chalcédien les avait prévus depuis le début. « Au nom de Sâ, non ! » s'écria Althéa. Des flèches enflammées furent tirées dans les petits pots rebondis d'où pendaient des mèches de linge noirci. Quand les pots de graisse et de goudron atterriraient sur le pont d'Ophélie, ils éclateraient en projetant des flammes. Elle ne pourrait tous les éviter et les vivenefs étaient inflammables. Althéa ne craignait pas seulement pour le gréement et les ponts mais pour la figure de proue elle-même. La seule vivenef qui eût jamais péri avait péri par le feu.

p.108.
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LuriaLuria   04 octobre 2018
Je ne veux pas être le vent dans ses voiles. C'est ce que je voudrais qu'on soit pour moi.
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