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EAN : 9782352948230
504 pages
Bragelonne (18/02/2015)
4.05/5   32 notes
Résumé :
Sir Roger Tichborne : perdu en mer.

Le voici de retour pour revendiquer la fortune familiale. Mais est-ce bien lui ? Pour les classes supérieures, c’est de toute évidence un habile escroc ; pour les ouvriers de Londres, c’est le héros du peuple… Mais pour Burton, il est avant tout au centre d’un complot visant à escamoter de légendaires diamants connus sous le nom d’Yeux de Nga. L’enquête le mènera sur le domaine maudit des Tichborne… et à la rencontr... >Voir plus
Que lire après Burton & Swinburne dans l'étrange cas de l'homme mécaniqueVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Cette seconde aventure de Richard Burton et Algernon Swinburne constitue un délicieux divertissement, qui relève en partie du roman policier, mais dans le plus pur style steampunk. En 1862, dans un Londres de type victorien mais bien uchronique, où les expérimentations délirantes des scientifiques vont bon train, l'agent de la Couronne Richard Burton est amené à enquêter sur le retour suspect de l'héritier d'une grande famille aristocratique, jusqu'alors porté disparu.

Le duo du tourmenté Burton et du fantaisiste Swinburne fonctionne bien, mais c'est surtout pour la profusion de références à la culture populaire et la manière dont Mark Hodder en joue que le roman vaut le détour. On retrouve l'ambiance ludique et débridée des tout débuts du genre, mais, pour le bien du lecteur, l'auteur ne se perd pas dans les divagations qui faisaient les défauts des Voies d'Anubis. C'est un régal pour les amateurs de steampunk de naviguer entre les nombreux clins d'oeil historiques (notons par exemple la Folk's wagen) et artistiques, avec une mention particulière pour Frankenstein et le cinéma d'horreur : Romero et les slaughters sont à l'honneur et le roman prend, après quelques centaines de pages, une tournure carrément gore ; ce qui se révèle par moments assez drôle. Je soupçonne même Mark Hodder d'avoir voulu égratigner Harry Potter - ce qui n'est pas pour me déplaire - avec ses perroquets qui délivrent des messages tout en insultant copieusement les destinataires.

Mais l'exubérance, voire la frénésie du roman, qui se déchaîne peu à peu, en constitue à la fois les qualités et les défauts. le jeu des références à la culture populaires se transforme en véritable avalanche, sans parler des phénomènes surnaturels et fantastiques convoqués : sorcière, fantôme, corps astral, hypnose, zombi, et j'en passe, peuplent le récit jusqu'à l'asphyxie. C'est un peu dommage. D'autre part, trop de pages sont à mon sens consacrées à la révolte populaire qui éclate dans Londres et se transforme en carnage : ça devient vite assez répétitif. Pour ces raisons, la narration commence à traîner en longueur aux alentours de la page 300.

En revanche, Mark Hodder ne s'est pas servi du thème scientifique comme simple décorum ; il en fait aussi la base d'une critique sociale et politique, certes légère - L'étrange cas de l'homme mécanique reste un divertissement. D'ailleurs, le roman, s'il adopte un aspect résolument ludique, n'est pas sans générer également une certaine mélancolie, à l'image de son personnage Richard Burton. Mais, surtout, Mark Hodder ne se prend pas au sérieux et, si l'histoire aurait gagné à être travaillée de façon plus rigoureuse, le style reste plutôt sobre, à l'inverse de ce que proposent des écrivains comme Mathieu Gaborit, Fabrice Colin ou (pire!) China Miéville, pour ne citer qu'eux.

Un regret : c'est la première enquête de Burton et Swinburne que je lis, alors qu'elle arrive en second dans la bibliographie de l'auteur. Et je pense qu'il vaut mieux, si l'on peut, s'attaquer d'abord à L'étrange affaire de Spring Helled Jack.
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Ayant lu le premier tome en juillet 2020, il était plus que temps que je lise enfin la suite, afin de retrouver le duo un peu loufoque, mais ô combien attachant, que constitue Sir Richard Francis Burton & le poète Algernon Swinburne.

Nous sommes en 1862, dans une Angleterre victorienne, où c'est le roi Albert qui règne, mais surtout, nous sommes dans un univers steampunk !

Le fantastique est omniprésent, donc, ne cherchez pas des explications plausibles pour le vol de diamants ou autres trucs bizarres.

Si dans le premier tome, nous avions tout un lot de trucs bizarres, dans le second, c'est encore pire, comme si l'auteur avait contacté tout ce que le fantastique compte comme entités surnaturelles (oh, on n'a pas de vampires, ni de loups-garous). Hélas, l'excès nuit en tout…

Autant où j'avais adoré le premier, autant où le second fut plus laborieux à lire. Jusqu'à la page 250, j'ai ramé à certains moments du récit, tant j'avais l'impression qu'il n'avançait pas, que c'était répétitif et que ça se trainait en longueurs.

Ensuite, ça se débloque et alors là, il faut s'accrocher tant cela va aller de plus en plus vite, sans vraiment que l'on puisse faire une pause. Les entités surnaturelles surgissent de partout, les habitants de Londres sont en pleine révolte et personne n'aura le temps de souffler.

Le style de l'auteur est divertissant, son roman n'est pas là pour le sérieux, il est fait pour divertir et entrainer son lectorat dans un monde qu'il connait, tout en ne le connaissant pas, puisque nous ne vivons pas dans un monde fantastique et steampunk où les machines à vapeur sont partout et où des perroquets insultants délivrent les messages.

S'il n'y a pas de chevaux-vapeur, de cygnes tirant des nacelles ou des fauteuils volants dans notre monde, le roman est bourré de références à notre société et il ne faut pas avoir de grandes connaissances pour comprendre de qu'est la Folk's Wagon issue d'un scarabée transformé (beetle, en anglais)…

L'auteur ne s'est pas servi de l'élément scientifique juste pour faire beau ou pour remplir des pages. Son monde est cohérent, il est détaillé (trop, parfois ?) et il n'a pas oublié d'incorporer de la politique et des revendications sociales, même si l'on n'a absolument pas envie de croiser les manifestants londoniens de ce roman fantastique !!

Oui, tout est cohérent, logique, bien pensé et son final ne part pas à vau-l'eau, ce qui n'est déjà pas si mal, tout en renvoyant le lecteur aux événements du premier tome. Oui, il est préférable d'avoir lu le premier tome, car le second découle du premier…

Ma préférence ira au premier tome, le second étant un peu trop long dans sa première moitié, avant que cela ne démarre ensuite au quart de tour et que le roman devienne difficile à lâcher…

Le bon point restera pour l'univers mis en plus par l'auteur, très riche, très détaillé, ses personnages attachants, qui ne manquent pas de profondeur et pour son scénario très riche, même si cette richesse a donné des longueurs.

Pour celles et ceux qui ont envie de plonger dans l'univers steampunk, cette série est bien faite et je ne regretterai pas ma lecture.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Suite des aventures de Burton et de son acolyte Swinburne dans le Londres alternatif laissé par l'intervention de Spring Heeled Jack.
Ce tome commence sur des chapeaux de roue : un homme de laiton ou homme mécanique, des joyaux aux pouvoirs très particuliers, des prédictions particulières, une affaire historique, celle de Tichborne, et la rencontre d'autres personnalités historiques telles que le philosophe Herbert Spencer...
On retrouve avec le même plaisir l'imagination de Hodder dans les inventions eugénistes et technologistes. Ma préférée étant la Folk's Wagon, petit clin d'oeil à notre époque. de même, Burton reste un protagoniste plaisant et les enquêtes sont bien menées.
Pour autant ce tome 2 est parcouru de quelques bémols. Pour commencer, les chapitres sont longs, trop longs. Ce qui a tendance à bloquer ma lecture et a vraiment me faire ressentir l'effet pavé. de plus, même si l'auteur annonce très clairement que cela provient du changement du cours de l'Histoire, il y a trop de surnaturel dans ce tome à mon goût
Le tome 2 s'achève sur un tome 3 bien en cours et pourtant non traduit en France... Je crains que ce ne soit pas à l'ordre du jour. Dommage, l'affaire reste à suivre!

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J'ai adoré ce livre, tout absolument m'a enthousiasmé à sa lecture : ses personnages, son intrigue, son climat, son genre littéraire, que je découvre. Je ne peux que le chaudement recommander et vous assurer que devoir lâcher ce livre ou en repousser la lecture (et pourtant, je lis vite) fut pour moi très pénible.
Pourquoi ai-je trouvé ce livre si attachant, réservant d'entrée de jeux le tome 1 de la série, après m'être littéralement jeté sur le 2 à la bibliothèque ? Il est vrai que c'est un très bel objet, qui attire l'oeil. Les éditions Bragelonne ont véritablement fait un très beau travail d'édition, mais il serait vain si le contenu n'était à la hauteur.
Les personnages, d'abord. Dans cette réalité parallèle à la nôtre, causée par une rupture temporelle, nous pouvons reconnaître des figures connues, au destin étonnant, et d'autres moins renommées qui prennent le devant de la scène. Je vous présenterai en premier l'excentrique et non moins sympathique Swinburne, poète, très porté sur l'alcool, aimant recevoir des châtiments corporels donnés par des dames de petites vertus. Saluons son courage, son humour, son talent et sa ténacité. A ses côtés, son meilleur ami, d'une toute apparence, et d'une toute autre trempe : Richard Burton. Ancien explorateur, il a gardé de ses exploits une large cicatrice. Rigueur et ténacité sont ses maîtres mots. Et s'il a les capacités à se remettre du pire (il y sera confronté plus souvent qu'à son tour dans ce roman), c'est parce qu'il se collète littéralement à la réalité, pour horrible qu'elle soit, et qu'il recherche la meilleure solution possible – pour lui et pour les autres. Je n'ai garde d'oublier Spencer, le philosophe, et d'autres figures secondaires campés avec force et précision.
L'intrigue, ensuite. Dans cette Angleterre qui n'est pas victorienne, le roi Albert se terre dans son palais, et des courants s'affrontent violemment, même si, pour l'instant, l'un des partis (et pas le moins dangereux) semble définitivement vaincu. Je dis bien « semble », le danger n'est jamais loin, et si la technique triomphe, l'esprit est lui aussi particulièrement flexible. Dans cette réalité parallèle, l'esprit a une force particulière, une capacité à se projeter hors du corps – pour les plus doués – et à maîtriser les plus faibles que personne ne conteste, une fois ces pouvoirs découverts. Effrayants ? Oui. Ou comme une autre manière de procéder à la manipulation de masse – avec des résultats encore plus concluants.
Un roman absolument époustouflant à lire.
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Tout d'abord, j'ai acheté ce livre car sa couverture est magnifique et sa tranche dorée m'ont tout de suite attirée. Je ne suis pas du tout une adepte de ce style de lecture et alors que j'avais eu un peu de mal à rentrer dans l'histoire concernant le tome 1, j'ai trouvé cette deuxième aventure beaucoup plus facile à comprendre. Il faut bien sûre faire prendre d'une imagination débordante concernant certains passages mettant en scène des machines à vapeur volantes ou des animaux ayant des facultés assez particulières, mais j'ai réussi à me prendre au jeu de l'auteur et suivi avec beaucoup d'attention les aventures de Sir Richard Francis Burton et son acolyte Algernon Charles Swinburne. Dans ce roman on rencontre de tout : des fantômes, des zombies, des hommes mécaniques... mais tout bien combiné on prend plaisir à les rencontrer. Je pense qu'il faut bien sûr aimer lire des livres ayant un côté un peu déjanté mais si vous êtes prêt à franchir le pas ou si vous êtes déjà adepte de ce genre de lecture, n'hésitez pas et foncez.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
La montagne de graisse avait les jambes courtes mais larges comme des troncs d'arbre. Elles étaient recouvertes d'un pantalon brun en toile rêche. Son ventre colossal en débordait, et son gilet était si tendu que le tissu était déchiré et effiloché au niveau des boutons.
Son bras droit, long et imposant, tendait les points de sa veste noire, et se terminait par une main boursouflée et poilue aux doigts boudinés. Au contraire, le bras gauche semblait atrophié sous le coude. Il était plus court, et se terminait par une main plus raffinée, à la peau glabre et aux longs doigts fins.
Burton se fit la réflexion que l'énorme tête sans cou posée sur ses larges épaules paraissait tout droit sortie d'un cauchemar. Le visage, qui ressemblait effectivement à celui de Roger Tichborne si l'on pouvait se fier au portrait de la salle à manger, avait l'air d'avoir été grossièrement cousu à l'avant du crâne à l'aide d'un épais fil cartilagineux. Les bords étaient tendus sur la chair du Requérant, ce qui déformait un peu les traits : les yeux n'étaient que des fentes, les narines étaient écartées, et ses lèvres étaient horriblement étirées sur ses grosses dents vertes rappelant des pierres tombales.
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Swinburne reprit les propos que Burton avait tenus le soir du cambriolage de Brundleweed :
- Rassembler des connaissances est devenu une perspective trop intimidante pour l'homme moyen, qui préfère donc fuir le savoir au profit de la foi.
- Malheureusement, oui, confirma Spencer. Il existe un principe qui représente un obstacle à toute information, tient en échec toute tentative de discussion, et ne peut que maintenir l'homme dans l'ignorance perpétuelle. Selon ce principe, le mépris prime la curiosité. Et ce mépris est taillé dans le rocher inébranlable de la foi.
Ainsi donc, messieurs, non seulement on empêche les masses d'acquérir les connaissances qui leur permettraient de s'adapter et d'évoluer, mais les masses elles-mêmes les rejettent activement. Les esprits sont entravés par le conditionnement social.
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Les perroquets voyageurs étaient l'une des premières applications pratiques des théories des Eugénistes à avoir été adoptées par le public britannique. Il suffisait d'aller à la poste, de donner un message, un nom et une adresse à un des oiseaux de l’établissement, et la bête s'envolait pour transmettre le mot au destinataire. À part les Eugénistes, nul ne savait comment les perroquets faisaient pour trouver les adresses, mais une chose était sûre : ils ne se trompaient jamais.
Il y avait un problème, cependant.
Les perroquets juraient et insultaient tous ceux qu'ils croisaient. Le message de l'expéditeur était toujours agrémenté de grossièretés.
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C'était inexplicable, mais les plantes restaient confinées sur l'île ; leurs graines refusaient de germer aileurs. C'était un coup de chance, car, comme pour toutes les expériences eugénistes, les bénéfices étaient accompagnés d'effets secondaires inattendus.
La nouvelle flore était carnivore.
L'expérience était un désastre absolu.
Entre juin et juillet, il y avait eu plus de quinze mille morts. Les plantes lançaient des épines vénéneuses sur les gens, les étranglaient avec leurs vrilles, brûlaient leur chair à l'aide de leur sève acide, les intoxiquaient avec leur parfum, ou plantaient leurs racines dans le corps des victimes pour leur sucer le sang.
Les savants s'étaient avoués impuissants.
L'Irlande était devenue inhabitable.
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L'agent de la Couronne se retourna et vit cinq individus, deux hommes et trois femmes, approcher en traînant les pieds. Ils étaient tous dépenaillés et arboraient un sourire démoniaque. Ils avaient les yeux écarquillés et vitreux.
L'une des femmes tenait un bras sanguinolent, apparemment arraché à son propriétaire.
Semblant réagir au choc qu'elle lut dans le regard de Burton, elle hurla :
- De la viande ! Tichborne veut de la viande !
Elle porta le bras coupé à sa bouche et enfonça les dents dans la chair avec un ricanement étouffé, ricanement qui tourna au gargouillis lorsque du sang dégoulina sur son menton.
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