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EAN : 9782226437334
272 pages
Éditeur : Albin Michel (22/08/2018)

Note moyenne : 3.48/5 (sur 25 notes)
Résumé :
« Traîner au lit avec une dame aimable est une sagesse : on n'y a besoin de rien ni de personne d'autre. C'est aussi une plénitude, c'est-à-dire un paradis. »

Paris, années 70.
La comtesse de Florensac veut avoir le salon le plus influent de Paris. La jeune Isabelle Surgères veut changer la vie. La douce Coquelicot veut faire plaisir à ceux qu'elle aime. Ce sont les belles ambitieuses. Elles s'activent autour d'Amblard Blamont-Chauvry qui, bien... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
SeriallectriceSV
  16 janvier 2019
« Marraine travaille à l'ancienne, c'est à dire qu'elle couche, qu'on le lui pardonne. Elle a ceci en commun avec les journalistes politiques : elle aime les ministres. Attention ! Les ministres en exercice. Qui sort du gouvernement sort aussitôt de son lit : Marraine a un rang à tenir. »
Une comédie, drôle, extrêmement intelligente, cinglante et empreinte d'une douce mélancolie.
On observe 20 ans de vie politique, d'ambitions, de rancoeurs, au travers de ce portrait plutôt grinçant de la bourgeoisie versaillaise.
Amblard Blamont-Chauvry, jeune énarque, un Lucchini calme, se pose pour prendre du recul. Il est à contre pied de la tendance actuelle du toujours plus, toujours plus haut, toujours au sommet, toujours le premier. Autour de lui vont graviter de "charmantes et mondaines ambitieuses" aux dents bien trop aiguisées pour ne pas flirter avec le plancher.
Une lecture qui sonne juste, qui résonne avec l'actualité et qui s'avère être un réel plaisir de lecture ! Une satire de notre société actuelle, servie par une plume vive et mordante, à ne pas bouder, assurément !
Merci Yves Grannonio de la Librairie du Château de Brie-Comte-Robert. Un conseil lecture payant, plaisant, enivrant ... une nouvelle fois. Comme toujours, même. Même pas peur ;-)
Aucun prix pour cet opus ?
« Il est bien né Amblard, Marraine est Versaillaise. Il pourrait sans effort aller grenouiller dans les hautes sphères, oui mais voilà, il est quelque peu feignant et aime beaucoup les femmes. »
Lien : https://seriallectrice.blogs..
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hcdahlem
  31 août 2018
Amblard le Bienheureux
Le nouveau roman de Stéphane Hoffmann est un régal de joyeuse ironie centrée sur un homme qui décide de ne rien faire, sinon de profiter de la vie. Dans son milieu, la chose n'est guère aisée, surtout quand quatre femmes ambitieuses vous entourent.
« Vous aurez beau vous agiter en tous sens, vous n'aurez qu'une expérience réduite à vous-mêmes. Les livres, eux, vous enrichissent de dix mille Existences. » Avouez-le, cette unique phrase suffit déjà à vous faire aimer le nouvel opus de Stéphane Hoffmann. L'auteur d'Un enfant plein d'angoisse et très sage va vous convier à une fête de l'esprit ou le trait d'esprit – qu'on appelle aujourd'hui plus volontiers la «punchline» – est servi par une langue classique et élégante, où l'ironie cinglante voisine avec un humour pétillant.
Je ne sais si son «héros», Amblard Blamont-Chauvry, énarque et polytechnicien, aime l'opéra-comique. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il a décidé de vivre selon la formule de Jules Barbier et Michel Carré dans «Galathée» : « Ah ! qu'il est doux de ne rien faire Quand tout s'agite autour de nous. »
Car on s'agite beaucoup autour du jeune homme, énarque et polytechnicien de «bonne famille». Quatre femmes, Les belles ambitieuses du titre, vont essayer de (re)mettre le jeune homme dans le droit chemin. La comtesse de Florensac, sa marraine, est la plus expérimentée. À l'image de la Marquise de Merteuil dans les Liaisons dangereuses elle veut tout savoir des intrigues de cour – elle accueille chez elle et quelquefois dans son lit les ministres en exercice. Aussi manipulatrice qu'orgueilleuse, elle entend bien marier son protégé, quitte à la laisser ensuite folâtrer à sa guise. « Si un homme est doué pour l'amour, il doit faire profiter de ses qualités les autres femmes, si souvent délaissées. Et s'il n'est pas doué, il doit apprendre. Il s'améliore avec des maîtresses, l'épouse en profite, tu vois. »
Amblard va suivre ce conseil et épouser Isabelle Surgères, la seconde ambitieuse. Plus que pour avoir la paix que par amour. de fait, il ne se fait guère d'illusions : « Si on n'y prend pas garde, on se retrouve marié quand on prend juste plaisir à être ensemble. Mal assorti, le mariage est un crime parfait: deux morts. le criminel – la société – n'est jamais punie. Il arrive même que ce double meurtre lui profite. »
En revanche pour elle, ce mariage doit être un tremplin pour atteindre les hautes sphères, celles qui décident, celles qui changent la vie. Sans doute plus par souci de sortir du rang et de se différencier que par conviction, elle s'affiche de gauche. Après tout, c'est «très tendance». Après des débuts en fanfare, il est nommé à Washington et elle peut parader au bras de son mari dans les dîners de l'ambassadeur Jacques Kosciusko-Morizet, les choses ne vont pas tarder à se gâcher.
Quelques années plus tard viendra le tour de sa filleule, Maxime d'Audignon. La jeune fille a le projet de construire un haras sur les terres familiales et vient demander l'aider d'Amblard, car elle se heurte au refus de son père. Et comme elle lui plaît bien…
Mais ma préférée est incontestablement Coquelicot qui doit ce surnom au jour de sa rencontre avec Amblard. Il faisait alors son service militaire et son régiment avait été choisi pour accueillir la reine d'Angleterre qui avait répondu à l'invitation du président Pompidou. Coquelicot, comme la couleur de la robe qu'elle portait, était l'une des hôtesses d'accueil dépêchées sur place. Très vite, ils vont se retrouver dans les bras l'un de l'autre et très vite ils vont s'amuser. Une complicité qui ne sera pas démentie par le temps, pétillante comme le champagne qui accompagne leurs retrouvailles. Un bonheur simple : « Je suis heureuse avec toi, tu es heureux avec moi. Laissons la société à Isabelle Surgères qui, elle, ne sera jamais heureuse parce que ce qu'elle n'a pas encore est plus important pour elle que ce qu'elle a. »
J'imagine qu'il y a un peu de Stéphane Hoffmann dans ce souvenir de jeunesse d'Amblard quand il raconte qu'il préférait se plonger dans Homère, Chateaubriand, Déon ou Lacarrière que dans la grande bleue. C'est ce qui nous vaut aujourd'hui ce magnifique roman.

Lien : https://collectiondelivres.w..
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cecille
  14 octobre 2019
Amblard Blamont-Chauvry issue de la bonne société versaillaise, 25 ans, énarque et polytechnicien qui, je le cite, a fait des études pour qu'on lui fiche la paix, est fatalement prédestiné à une vie en politique, seulement, il décide sous les regards foudroyants de cette belle société, de choisir une autre voie.
En effet il préfère à la politique une vie de plaisir et se satisfait tout bonnement de celle pour qui son coeur vibre à tout instant la belle et mystérieuse Coquelicot.
Mais va-t-il parvenir à lutter contre ces femmes qui tournent autour de lui, ces belles ambitieuses qui souhaitent se servir de lui pour satisfaire leurs ambitions personnelles ?
La seule qu'il aime sincèrement, sa Marraine, la très influente comtesse de Florensac, va réussir à le marier avec cette femme qui ne lui inspire rien du tout, cette jeune Isabelle Surgères promise à un bel avenir politique.
Très vite il en est fatiguée, Isabelle l'exaspère, " tout ce qu'elle veut m'ennuie, c'est une raseuse, une parfaite épouse " nous confie-t-il. Ainsi il retrouve l'élue de son coeur Coquelicot avec qui il savoure les heures passées au lit ensemble, des années durant dans la même chambre de la même auberge, tout simplement.
J'ai savouré ce personnage qui ose sortir du rang, qui j'imagine peut en agacer plus d'un lecteur, ce personnage qui ose désobéir à un certain ordre pourrait-on dire, non, puisqu'il refuse ce monde qu'on souhaite pour lui.
C'est à la fois drôle et de belles réflexions pertinentes pigmentent ce tableau magnifiquement dépeint par Stéphane Hoffman, de cette société mondaine des années 70.
Un excellent plaisir de lecture !
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livreclem
  04 décembre 2018
Le milieu bourgeois versaillais dans les années 70-80. le héros ne choisit pas sa vie, il suit ce que les gens de son milieu doivent faire : mariage, carrière... mais grand flemmard et assez lucide de son environnement, il essaye d'imposer son style de vie. Un roman jouissif, léger et qui par certain moment dégoûte des politiques.
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laulau06_M_lire
  10 avril 2019
**Ce livre est en compétition du 24eme prix Baie des Anges**
"Une Ode à l'amour"
L'histoire se situe dans les années 70 entre Versaille, Paris et les Etats Unis, au milieu des mondanités de la vie bourgoise parisienne et politique, on découvre l'amour sous toutes ses facettes par l'intermédiaire de ces femmes qui sont de belles ambitieuses.
*Amblard Blamond-Chauvry, homme de bonne famille, cultivé, énarque, éprouve du plaisir à jouir de la vie et des femmes, il est "beau gosse", stylé, il se délecte des amantes, de la flemmarderie, de la luxure et de la paresse, malgré son rang il limite sa carrière à n'être qu'un notaire.
Sous l'influence de sa marraine, la Contesse de Florensac, belle ambitieuse qui reçoit les hommes influents dans son salon et dans sa chambre, oblige Amblard à épouser Isabelle de Surgère afin d'établir un mariage de convenance, libre de sens et de vide.
"J'attends que vous ayez de la distance et que vous n'attendiez de moi surtout pas votre bonheur"...
Autre belle ambitieuse, Isabelle de Surgère, qui malgré son mariage garde son nom de jeune fille, ne cherche le mariage que pour faire bonne figure et s'épanouir dans son monde professionnel, atteindre un poste de ministre est son ambition.
*En parallèle, l'autre belle ambitieuse dont on ne connait pas le vrai nom, est surnommée "Coquelicot", elle représente aux yeux de Amblard sa destinée, l'amour physique, entier, où toute la richesse matérielle et les ambitions sont tellement dérisoires à côté du toucher de sa peau, des moments passés en sa compagnie dans ce lit aux draps froissés, de la langueur de son corps, de cette plénitude qui ressemble au paradis "des amants heureux".
****************
Ce roman est agréable à lire, l'écriture est fluide, il s'adresse à tous les lecteurs, un bon moment de lecture simplement.
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critiques presse (2)
Bibliobs   27 décembre 2018
Dans les Belles Ambitieuses, l'auteur des Autos tamponneuses livre une charge inattendue contre les Versaillais en Loden.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeFigaro   14 septembre 2018
Stéphane Hoffmann signe une brillante comédie sur la vanité des ambitions sociales.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
cecillececille   14 octobre 2019
- Donc, rien. Tu feras une carrière, tu emmerderas beaucoup de monde et tu te pavaneras à al télévision, mais sans moi. Tu vas entrer dans une des ces machines à fabriquer des cons que sont devenus les partis politiques, mais sans moi. Moi, je reste au bar et je ricane. L'élite française est une caste à part Isabelle. Un frein. c'est à cause d'elle qu'on n'y arrive pas : elle bloque tout et ne pourras rien changer. Quels que soient les sexes, les régimes politiques, les partis et les circonstances, les dirigeants français ont toujours été .... restent et resteront des gandins élégants et méprisants ne comprenant rien au pays qu'ils prétendent conduire.
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hcdahlemhcdahlem   31 août 2018
Je vais te dire ce que je pense, Amblard, poursuit Marraine en prenant la coupe de Dom Ruinart 1966 que lui tend l’hôtesse. Merci, mademoiselle. Je pense qu’un homme fidèle est un vicieux, un égoïste et un goujat. Ou alors, qu’il n’a pas de santé. Parfaitement. À ta santé, justement. (Elle cligne de l’œil.) Et à tes amours, hu! hu! hu! Comprends-moi bien. Si un homme est doué pour l’amour, il doit faire profiter de ses qualités les autres femmes, si souvent délaissées. Et s’il n’est pas doué, il doit apprendre. Il s’améliore avec des maîtresses, l’épouse en profite, tu vois. p. 124
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hcdahlemhcdahlem   31 août 2018
Dire que nous nous sommes amusés tous les deux, c’est ne rien dire. Nous nous sommes amusés, oui, mais surtout nous nous sommes trouvés.
L’amour avec Coquelicot ne va bien sûr pas très loin, dans la charmille, derrière le Buffet d’eau. Nous nous effleurons. Juste mes lèvres contre sa peau, « ne me décoiffez pas, je vous prie, que dirait M. Senard ? », son souffle dans mon souffle, son cœur palpitant, mes mains qui frôlent, une lumière qui naît. Une porte qui s’ouvre ; façon de parler, hélas.
De cette frustration, naît en moi un élan que je ne veux plus jamais perdre. Une frénésie que je veux ne jamais voir finir. Une évidence que je cherchais et que je viens de trouver. Et la certitude, à vingt-cinq ans, que ma vie sera merveilleuse.
D’une certaine manière, je suis né le lundi 15 mai 1972 à Versailles. Comme Archimède dans son bain, Paul de Tarse à Damas, Jeanne d’Arc dans le jardin de son père, entendant sainte Catherine, sainte Marguerite et saint Michel, Isaac Newton dans son verger de Woolsthorpe, Bernadette Soubirous à Massabielle ou Paul Claudel derrière son pilier de Notre-Dame. J’ai trouvé auprès de Coquelicot ma place dans le monde, ce qui engagerait ma vie entière : ma place est auprès de Coquelicot, par elle, avec elle et en elle. p. 25-26
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hcdahlemhcdahlem   31 août 2018
Coquelicot s’arrête et, soudain, tout s’ordonne autour d’elle. Tout est neuf dans ces jardins que je connais depuis l’enfance, et qui partout invitent à l’amour parmi ces tilleuls aux parfums sucrés fuyant dans la perspective du Grand Quinconce. Les insectes tournoient dans la lumière poussiéreuse et dorée de juin. Les promeneurs, insoucieux de la présence de la reine, parlent doucement de leurs affaires. Tout cela pourtant tremble et s’estompe devant Coquelicot qui, seule, semble vraie. Elle s’est arrêtée et, en riant :
– Vous m’entraînez dans les jardins, je ne sais même pas qui vous êtes. Comment vous appelez-vous ? me demande-t-elle. Amblard Blamont-Chauvry ? C’est bien votre nom ? Le vrai ? Vous vous moquez de moi, c’est un pseudonyme, n’est-ce pas ? Savez-vous que Sacha Guitry avait un figurant nommé « Labite » et que c’était un pseudonyme ? (Elle rit encore ; plus longtemps, ça deviendrait vexant.) Mon Dieu ! vous avez un nom plus ridicule encore que le mien, que je ne vous dirai pas.
– Que je ne vous demande pas.
Elle hausse les épaules :
– Que voulez-vous faire, dans la France d’aujourd’hui, avec des noms pareils ? Autant porter des bois.
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hcdahlemhcdahlem   31 août 2018
Je la rencontre dans les jardins de Trianon pendant une visite de la reine d’Angleterre. Je fais alors mon service militaire au 76e régiment d’infanterie. Comme Proust, soit dit en passant. Et je suis du détachement accompagnant le président de la République et Mme Pompidou à Orly pour y accueillir la reine et le duc d’Édimbourg.
Tous se la jouent Grand Vent de l’Histoire. Le Royaume-Uni va entrer dans l’Europe. On annonce un référendum pour l’année suivante. Je me donne des airs de m’en foutre et, de fait, je m’en fous. Je n’y crois pas. L’Histoire ne se joue pas à la coupée d’Orly, avec un Léon Zitrone imbattable sur les couleurs de manteaux, châtaigne pour la reine, abricot pour Mme Pompidou.
Elle est une des hôtesses engagées pour l’occasion. Elle sourit au Grand Trianon, où la reine a pris ses quartiers et où aurait lieu le fla-fla. J’ai vite repéré, entre femmes de ministres et d’ambassadeurs, cette jolie brune à peau mate au bout des regards du duc d’Édimbourg et du ministre français de l’Économie et des Finances. Ces fins chasseurs l’avaient remarquée.
Mais c’est moi qui, le soir venu, l’emmène faire un tour dans les jardins de Trianon.
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