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ISBN : 2226420673
Éditeur : Albin Michel (17/08/2016)

Note moyenne : 3.34/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Dans ce portrait d’une famille où la tendresse passe mal, on croise une chanteuse qui ne veut plus chanter, un Anglais qui n’aime que les chaussettes et la reine, un petit chien bien imprudent et une égoïste qui veut être ministre. On fait des virées à Londres et Monaco et une traversée du lac Majeur. Il y a encore des blessures d’amour mal guéries et, bousculant tout ce monde, un enfant qui cherche la liberté.
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
hcdahlem
  02 décembre 2016
Dès les premières lignes de ce délicieux roman, le ton est donné : « le jour où maman est partie, on me prévient que j'irai passer quelques jours chez ma grand-mère.
– Tu seras mieux là-bas, me dit le directeur.
– Mieux ? Je ne suis bien nulle part, pourquoi m'envoie-t-on encore chez cette folle ?
– Ce sont les vacances, Antoine. Tu ne peux pas rester ici. Tu as besoin de sortir, de t'aérer. Nous aviserons ensuite. Et puis, nous n'avons pas le choix : le tribunal en a décidé ainsi.
Merde !
Je n'aime pas ma grand-mère parce que je n'aime personne. Je suis un sauvage, on me le dit tout le temps. Un ours. Un asocial. Un solitaire. Un cas. C'est pour ça qu'on m'apprécie, paraît-il. Mais je ne veux pas qu'on m'apprécie. Je veux qu'on me foute la paix. » Celui qui parle est Antoine, un garçon de treize ans, ballotté entre un père, Rudyard Griggs, issu de la bonne société britannique (« Treize ans ! Comment peut-on avoir treize ans ? C'est un âge ridicule. Bon. Je ne veux surtout pas le voir : que pourrais-je bien lui dire ? Mais faites en sorte qu'il ait vent de moi de temps en temps. ») et une mère, Baladine, qui séjourne «chez les timbrés» après une dépression sévère. Elle avait pourtant derrière elle une brillante carrière qui, après les grandes écoles, l'avait menée dans les cabinets ministériels, puis jusqu'à Londres où elle venait négocier un projet pour un «éphémère ministre centriste». C'est pour échapper à l'ennui qu'elle accepte la proposition d'un participant à cette réunion de s'éclipser pour se promener dans Londres. Une escapade qui s'achèvera à leur grande surprise dans le lit du jeune homme. La suite sera tout aussi étonnante : « Baladine épouse Rudyard sans rien dire à personne. D'abord enchantée de décorer leur appartement et de séduire les amis de son mari, elle s'ennuie vite. Rudyard n'aime que le plaisir, auquel il consacre toutes ses forces qui, signalons-le au passage, sont grandes, variées et renouvelées. Baladine en fait partie, bien sûr, mais pas plus que le tailleur, le barman, le parfumeur, le fleuriste, le garagiste, l'armurier ou le bottier de Monsieur. »
Mais avant l'inéluctable séparation Antoine aura eu le temps de naître, puis de disparaître dans une école privée en Suisse. On le retrouve donc à l'heure des vacances qu'il passe régulièrement chez sa grand-mère, dont le franc-parler et l'excentricité lui plaisent beaucoup. « C'est une artiste, malheureux ! Elle s'appelle Maggie Charles. Une sorte de musicienne, chanteuse, danseuse. Beaucoup de succès. Très vulgaire. Tout ce qu'il y a de plus français. Une horreur. J'en frissonne. »
Ce chalet de montagne est un bel observatoire pour l'enfant plein d'angoisse et très sage. Tous ceux qui séjournent là sont en effet des névrosés à plus ou moins forte dose. Alphonse, le nouveau mari de sa grand-mère, l'oncle Emmanuel et le personnel, Germain et sa femme Aline qui officie en cuisine. Sans oublier ses parents qui vont finir par se retrouver au pied du Mont-Blanc. Mais n'en disons pas davantage.
Au classique roman de formation Stéphane Hoffmann ajoute une analyse des moeurs de l'époque, avec l'humour pince sans rire d'un W.-C. Fields dont la clairvoyance pourrait être en exergue de ce livre : « A l'origine Adam et Eve étaient aussi heureux qu'il est possible de l'être quand on n'a ni travail à faire, ni impôt sur le revenu, ni avocat, ni médecin, ni enfant, ni chien. »
C'est cocasse et grave, mené avec l'énergie d'un désespoir que l'on sent poindre, mais qui nous est épargné derrière un burlesque qui entraîne Antoine et avec lui, le lecteur qui partagerait volontiers une place en Silver Shadow V8 sur la route de Stresa à Monaco.
Lien : https://collectiondelivres.w..
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Verdure35
  08 avril 2017

Antoine est un petit garçon qui matériellement ne manque de rien , mais qui ignore ce qu'est l'amour de ses parents et de sa très petite famille en général. Apparemment, il s'en fiche et se construit tout seul sans rien attendre de la race humaine ; par contre il aura quand même la chance de connaître l'amour d'un chien....
Antoine donc en pension en Suisse rentre parfois à Chamonix où s'est retirée sa grand mère, ex chanteuse adulée, mais il y a bien longtemps. Elle n'a pu ni su s'occuper de sa fille , qui transmet donc ce non-amour à son fils , jusque là on comprend le fond de l'histoire,. Quant au père , anglais de passage seulement préoccupé de son bien-être, il ne rencontre son fils qu'à l'âge de 13ans.
Pendant un moment , des liens factices s'établissent entre ces personnages, Antoine risque presque de croire à leur attention envers lui ; seule sa grand-mère lui manifeste de l'affection, rude souvent mais sincère.
Réunis donc pour des préoccupations sordides, les « parents » remplacent leurs absences qui peuvent parfois laisser imaginer à l'enfant de beaux moments à venir par des bassesses qui le guériront définitivement(?) de l'envie d'être aimé.
Si le fond du roman est grave, l'écriture et l'humour de l'auteur donne un ton très british au texte, il faut dire qu'Antoine n'est pas avare en paroles des plus belles insanités !
En clair, il faut »lui foutre la paix » .
J'aime beaucoup cet auteur et je me souviens en particulier des « Autos-tamponneuses » qui m'avait beaucoup plu.
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ProfesseurDan
  22 août 2019
Stéphane Hoffmann nous dépeint le portrait d'une famille qui sort vraiment de l'ordinaire (et tant mieux dirais-je) avec Antoine, dit Tony, un jeune garçon espiègle, joueur, bien qu'un peu blasé et vulgaire par moments, sa grand-mère, ancienne artiste tout aussi blasée, Jojo le ratier, le fidèle chien de Tony, et ses parents (qui ne connaissent pas leur fils) qui ont pour point commun de ne pas savoir ce qu'est l'amour filial et de faire passer les affaires avant leur fils (qu'ils finissent par retrouver).
En plus de la situation romanesque quelque peu loufoque, ce roman est écrit avec un verbe vraiment libre (avec parfois quelques libertés de langage et quelques formules chocs sur la vie et l'amour intergénérationnel), ce qui rend ce roman vraiment drôle, efficace et agréable à lire.
Un très bon moment de lecture.
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Klergau
  19 octobre 2018
Stéphane Hoffman, Un enfant plein d'angoisse et très sage - 2016
Antoine a treize ans. Il découvre peu à peu son père Rudyard et sa mère Baladine. Tous deux l'ayant laissé à lui-même, il se retrouve souvent chez sa grand-mère Maggie pour les vacances.
Antoine a une façon bien à lui d'envisager la vie et c'est sur un ton humoristique, irrévérencieux et léger que s'ouvre ce roman, mais la deuxième et la troisième partie nous réservent des surprises et ce n'est pas sans émotions que l'on entre plus profondément dans ce qui a été la vie de Maggie et de Baladine. Alors, à la lumière de ce qu'elles ont vécu, on comprend mieux le chemin d'Antoine. Les personnages sont colorés, intéressants, ont le sens de la répartie. Cette oeuvre se lit bien et nous questionne sur les voies empruntées parfois par les enfances malheureuses. À cet égard une citation extraite d'une lettre d'Alain-Fournier à Jacques Rivière nous éclaire et bouscule nos perceptions :
« Comme il est utile peut-être au fond que les enfants soient malheureux et méconnus de leurs parents ! La contradiction leur enseigne l'irrévérence. Et l'irrévérence est la condition de développement de toute intelligence. »
J'ai bien aimé le ton, le style et les questions qui demeurent en nous une fois le livre refermé !
Salut
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livreclem
  31 août 2017
Un roman plaisant à lire malgré la thématique abordée. Un enfant délaissé par ses parents passe ses vacances chez sa grand-mère, ancienne vedette du music hall. Alors que son père, qu'il n'a jamais vu, se manifeste pour récupérer l'adolescent, une comédie se met en place.
Léger, drôle, ce livre fait passer un bon moment.
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
ProfesseurDanProfesseurDan   22 août 2019
Moi, c'est Jojo qui me manque le plus. C'est un chien très intelligent : il connaît quatre-vingts mots, comme un bachelier d'aujourd'hui.
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ProfesseurDanProfesseurDan   22 août 2019
Elle dit non à quelque chose qui lui déplaît. Elle en a la possibilité et elle a bien de la chance. C'est pour ça que j'ai hâte d'être vieux. Pour pouvoir dire non. Comme grand-mère.
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ProfesseurDanProfesseurDan   22 août 2019
Volonté de puissance ou puissance de la volonté, j'ai Nietzsche pour grand-mère. En moins moustachue.
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ProfesseurDanProfesseurDan   22 août 2019
En général, les gens n'aiment pas être seuls parce qu'ils ont peur d'eux-mêmes, de leur néant.
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ProfesseurDanProfesseurDan   22 août 2019
Baladine n'est pas adroite, elle est droite : qu'irait-elle faire en politique ?
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