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EAN : 9782351781166
376 pages
Éditeur : Gallmeister (01/09/2016)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 57 notes)
Résumé :
Hiver 1918. L’État de Washington connaît, durant un bref instant, l’Apocalypse : l’un des pires blizzards de l’histoire du pays balaie tout sur son passage. Perdus dans la neige, pétrifiés par le gel, deux jumeaux de quatorze ans, Luke et Matt Lawson, sont recueillis in extremis par une femme qui tente de les ranimer à la chaleur de son corps. Seul Matt reprend vie. Le lendemain, le voilà devenu un homme, trop tôt et malgré lui. Car le désastre l’a également privé d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
BillDOE
  09 avril 2019
Cette année-là, le pire blizzard qu'on eut pu imaginer s'était abattu sur le Nord-Ouest américain. Matt et Luke Lawson, des jumeaux de quatorze ans n'eurent que le temps d'être recueillis par leur institutrice, Linda Jefferson. Néanmoins Luke finit par mourir de froid, leur père, parti à leur recherche aussi. Il ne restait plus désormais à Matt qu'à reprendre la gestion du ranch familial de cinq cents hectares avec l'aide de sa mère. Cette année-là, la vie de Matt Lawson débuta.
Dans cette histoire Bruce Holbert décrit sans complexe, sans détour, sans fausse pudeur le caractère bien trempé, parfois animalesque, de ces américains pour qui chaque matin est le départ d'une course pour la survie et chaque soir, la récompense d'une mission accomplie. Chaque personnage est pétri d'authenticité, bien ancré dans ses convictions, un modèle de courage et d'art de survivre. Les faux-semblants, l'hypocrisie, le « fake » n'ont pas leur place dans la vie de ces gens prêts à sombrer dans leurs instincts les plus primaires pour simplement chevaucher leur destinée et aller jusqu'au bout de leurs convictions. C'est du brut et ça fait du bien !
Traduction efficace de François Happe car le résultat est là : la lecture coule parfois limpide et fraiche comme une eau de source, parfois enivrante et réchauffante comme un bon alcool.
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Annette55
  24 juin 2019
«  Dans ce pays, la solitude était une loi incontournable.
Mais la distance qui séparait les âmes , elle, demeurait incalculable. Les gens avaient beau être proches par le sang , un coeur n'irradie pas, par ses simples battements , le réconfort ou la joie.
Ce sont là des choses qu'il nous faut aller traquer chez les autres, et les autres, restaient très peu nombreux , éparpillés sur de grands espaces . »
« Extrait » de ce roman ample , près de 400 pages, à la langue puissante et incarnée , riche, dense, serrée, à la narration captivante , un hymne fondateur à la nature, au travail âpre des hommes au coeur de l'hiver 1918, où le Nord - Ouest américain connaît une espèce d'apocalypse: l'un des pires blizzards balaie tout sur son passage , les journaux rapporteront ,une semaine plus tard que la température avait chuté de vingt- quatre degrés en cinquante - sept minutes , où un mètre - vingt de neige aussi légère que du duvet s'était amassé au cours des trois heures suivantes ......
Perdus dans la neige, pétrifiés par le gel, des jumeaux de quatorze ans : Luke et Matt Lawson seront recueillis in- extrémis par une maîtresse d'école , Linda Jefferson, veuve , vingt - quatre ans .Elle tente de les ranimer à la chaleur de son corps ...

Seul, Matt survivra .
Dès le lendemain , le voilà devenu un homme , malgré lui, car son père Ed , parti à leur recherche restera introuvable.......le laissant à la tête du ranch familial...
Matt, face à un travail abrutissant , rude, ingrat, solitaire face à la beauté de la nature , enfouie sous les apparences, tentera de maintenir un équilibre ô combien fragile ...
Labeur, amour, violence , l'Ouest américain offre alors une dure leçon aux femmes et aux hommes de cette terre en les confrontant journellement aux forces brutales de la nature, pour Matt, celle- ci est un univers sacré, la musique du fleuve et de la rivière l'apaise ....
La nature est aussi un temple où l'on ensevelit ses morts sur ces terres brûlées et hostiles.
Le récit , de 1918 à 1960 décrit un monde de taiseux, durs à la tâche, violents et âpres, confrontés souvent au pire, des portraits riches, très travaillés , au fil des 40 chapitres.
L'auteur exploite avec finesse et profondeur maints personnages complexes, ceux de Wendy, Linda, Lucky, Horace, Roland, croqués sur le vif, et d'autres...qui luttent pied à pied avec une nature pas toujours bienveillante ....au coeur de régions rocheuses et désertiques....
Cette façon de raconter donne une incroyable force qui donne envie d'avancer dans le récit , en même temps que ses héros ...
Entre violence , cruauté, solitude, travail acharné mais aussi tragédie et drame absolu un roman superbement écrit .
On referme ce beau livre non sans émotion et les personnages, ces taiseux, vont nous hanter longtemps ....une espèce d'ode à l'espoir envers l'humanité.
Aux éditions Gallmeister . Traduit de l'américain par Francois Happe.
«  Derrière une charrue ou juchés sur un animal, tirant la poignée d'une scie ou penchés sur un poulet en train de cuire . »
«  La terre retourne à la terre , les cendres aux cendres, la poussière à la poussière .... »
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Fleitour
  03 octobre 2019
Novembre 1918, ce mois n'en finit pas de compter ses morts, après la guerre c'est la grippe espagnole. Bruce Holbert, nous invite au pied des Okanogan dans l'État de Washington, là où durant quelques heures d'apocalypse, l'un des pires blizzards de cet hiver balaya tout sur son passage. Les jumeaux Luke et Matt, perdus dans la neige, pétrifiés par le gel sont recueillis in extremis par une femme qui tente de les ranimer à la chaleur de son corps.

Matt est seul à reprendre vie. L'heure de plomb, l'heure dont on se souvient si on a survécu. Les gens qui gèlent se rappellent la neige, le froid puis l'engourdissement avant l'abandon. L'heure de Plomb, ou 364 pages de la vie de Matt vont vous accompagner, pendant des jours à défricher les années d'un destin de labeur, d'une vie cruelle à l'âpreté indéfinissable.

Pour Bruce Holbert c'est la mise en oeuvre d'une confrontation frontale avec les forces de la nature, une confrontation permanente avec les fermiers, des voisins, des amis ou des ennemis. L'histoire de Matt est à classer dans les Nature Writings. Il y a aussi des circonstances où les enfants grandissent très vite et font des bons en avant d'une quinzaine d'années
"Il avait brusquement grandi d'une dizaine de centimètres. Son fardeau ne suscitait aucune colère en lui avec le chien pour compagnon. Il se sentait rarement seul".

Comment trouver la paix ? C'est la question que Wendy qui accompagnait maintenant Matt dans ses recherches, se posait. le froid et le gel n'avaient toujours pas délaissé son coeur. Il devait encore s'interroger sur les heures qui avaient emportées son père et son frère, et "qui l'avaient livré à une femme adulte avant qu'il en eut l'age, tout cela l'oppressait comme une nuit polaire permanente. Page 65".

Fallait-il imaginer entendre Matt regretter les recherches entreprises depuis des mois pour retrouver son père ? "Dans le soleil couchant des larmes se mirent à briller sur le visage du garçon, suivies de sanglots qui effrayèrent Wendy car elle se demanda s'il allait pouvoir reprendre sa respiration".

C'est Linda l'institutrice qui les avait portés dans ses bras. Au printemps suivant elle était effrayée par son bonheur "comme une bonne fortune venue trop tôt" page 96. Et alors que Linda Jefferson est tout à son bonheur, Wendy, elle, sentit son coeur et son corps se tendre à l'idée qu'elle "avait pointé son fusil, sur quelqu'un qui avait tant fait pour la vénérer et cette tension contracta son doigt sur la détente"p 121.
Quel étrange pays, celui où chaque individu est souvent en contradiction avec ses émotions. Un homme en colère se lance dans les travaux jusqu'à l'épuisement puis il retourne à sa famille. Un homme en colère, peut fondre en larmes, ou cesser de parler et d'écouter explique l'auteur Bruce Holbert
Combien d'années de tension et de combats avant qu'un retour à une pensée plus sereine se fasse jour.
"Le bébé s'était réveillé. Il tourna la tête quand Wendy s'avança. C'était l'enfant de Matt, elle en fut certaine. Il avait dans les yeux le même étonnement", page 263.
Ainsi l'heure de plomb est un minutieux dialogue entre le poids des sentiments et la réalité puissante de cette nature hostile. Les scènes de tendresse sont aussi lumineuses que les scènes qui décrivent la nature dans toute sa splendeur.
À l'opposé le caractère entier de ces hommes en colère, nous entraîne sur des chemins d'une grande dureté.
Matt le personnage central, a coupé les ponts avec Wendy, par respect pour son père peut-être, par sa volonté de devenir fermier solide et indestructible, car il s'engage auprès de patrons pas toujours recommandables.

C'est toute la magie de Bruce Holbert d'avoir ainsi dans ce décor titanesque, mêlé ce qui fait la substance de notre humanité, le poids du passé, nos racines, et la volonté d'être à la hauteur des siens. Rien n'échappe à l'écrivain ni la faiblesse des hommes ni l'héroïsme des autres, ni la tendresse des femmes, ni l' émouvante fraîcheur des enfants qui naissent.
Un très beau roman que l'on pourrait lire et relire pour y trouver à chaque lecture de nouvelles phrases, de nouvelles pépites, de nouvelles réflexions sur le sens de la vie

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manU17
  30 novembre 2016
"La voie du sang est forte, mais celle de la terre l'est encore plus."
Une histoire qui commence dans la violence. Alors qu'un blizzard terrible s'abat sur l'état de Washington, deux frères, des jumeaux partent à la recherche de leur père. Luke n'en reviendra pas, seul Matt survivra, réchauffé par la maîtresse d‘école à la chaleur de son corps. Elle ne va d'ailleurs pas se contenter de le réchauffer… Ou comment grandir, trop vite, en une seule nuit.
Devenu un homme, qui plus est orphelin de père, c'est une nouvelle vie qui commence pour lui, propulsé à la tête du ranch familial. Une vie rude et âpre comme cette nature dans laquelle il évolue. C'est de cette abrupte manière que débute cette fresque familiale qui s'étend sur plusieurs décennies. Des personnages forts, plein de tempérament et de hargne, qui font rarement dans la demi-mesure. On s'aime ou on se déchire, bestialement, avec fureur. Là-dessus, les rapports pour le moins houleux entre Matt et Wendy sont particulièrement édifiants.
La violence, omniprésente dans cette histoire, surprend parfois tant on a du mal à la comprendre. Quelques scènes sont à jamais marquées dans mon esprit, une succession d'accouchements effroyables ou une punition plutôt radicale envers un cheval par exemple. Mais le plaisir est bien là et au fil des pages, on est ferré par l'écriture de l'auteur, pas de temps morts, un souffle épique qui donne toute sa force à ce roman d'une puissance rare.
L'heure de plomb de Bruce Holbert, un putain de bon bouquin que je vous recommande ardemment !

Lien : http://bouquins-de-poches-en..
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diablotin0
  11 février 2020
Matt Lawson perd son père et son frère jumeau lors d'une tempête de neige. le début de ce roman nous met en condition, froid, violence, perte.
La violence et la pauvreté vont sillonner toute la vie de Matt qui va s'efforcer à avancer, grandir et être "quelqu'un de bien" .
Ce livre est fort, dur, violent. Les personnages le sont, la nature l'est, mais l'amour arrive à se faire une place dans ce climat (dans tous les sens du terme) rude.
Toutes les personnes de ce roman sont blessées et agissent non seulement avec rudesse mais aussi avec une certaine "bestialité"
C'est un univers qui ne m'est pas familier et qui m'a parfois dérangé mais ma lecture est restée agréable. Je n'ai d'ailleurs, jusqu'à présent, jamais été déçue des romans édités chez Gallmeister.
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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette55   23 juin 2019
«  L’Âme par moments a besoin d’un Pansement—
Quand trop terrifiée pour bouger—-
Elle sent monter une Peur horrible—-
Qui s’arrête pour la regarder —

Et la salue, avec ses longs doigts—
Caresse ses cheveux qui se glacent—
Bois donc, Lutin,aux lèvres
Qu’a survolées —-l’Amant—-
C’est indigne, qu’une pensée si mesquine
Aborde un—si——beau Thème ——».

Emily Dickinson .
Extrait du poème 360.
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cardabellecardabelle   12 février 2017
Les peupliers sur son terrain avaient poussé de près de quatre mètres au cours de sa vie...
dans un champ derrière sa maison,
le vent avait déposé du pollen
ainsi que des graines,
au-dessus desquelles les abeilles voletaient pendant l'été,
tandis que les cerfs et,
parfois un wapiti venaient brouter des touffes d'herbe,
puis laissaient leur fumées,
que la pluie transformait en poussière,
cette poussière nourrissait ensuite les graines,
le soleil brillait ,
les nuages apportaient la pluie,
et elle avait vu un petit carré se développer en une prairie toute entière...
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cardabellecardabelle   05 février 2017
Des années durant, Linda Jefferson avait observé les parents se lancer à la recherche d'eux -mêmes dans leur progéniture.

Les mères portées sur le tripotage, comme les pères plus distants , tous étaient en quête d'une piste qui les ramènerait à eux-mêmes.

...Et ,il ne fallait pas longtemps aux enfants pour s'apercevoir que, lorsque les adultes parlaient de leur croissance...c'était sur le même ton perplexe que celui qu'ils réservaient à la mort, qu'ils ne comprenaient pas davantage.
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manU17manU17   04 octobre 2016
- Ça prend combien de temps pour un bébé ? demanda Matt.
- Neuf mois. Elle devrait aller au bout. Le docteur dit qu'elle est en bonne santé.
Matt enfonça un bâton dans le gravier humide.
- Elle a les hanches larges, reprit Jarms.
- Et c'est bon ? demanda Matt.
- Ça l'est pour les vaches, répondit Jarms.
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manU17manU17   23 septembre 2016
L'absence était sans fin, sans raison ; il lui semblait que c'était moins une blessure que le deuil aurait pu atténuer et finir par refermer, qu'une malformation en elle qu'il fallait recoudre en permanence pour l'empêcher de saigner.
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Videos de Bruce Holbert (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bruce Holbert
Bruce Holbert - L'heure de plomb .À l'occasion de la 12e édition de Lire en Poche à Gradignan, rencontre avec Bruce Holbert autour de son ouvrage "L'heure de plomb " aux éditions Gallmeister Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/170898/bruce-holbert-l-heure-de-plomb Notes de musique : Skaffa Flute. Free Music Archive Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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