AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
>

Critique de Allantvers


Allantvers
  03 juin 2020
Je vais essayer de redorer la cote de ce roman mal aimé, qui m'a portée pendant de longues semaines envoûtantes, impatiente de le retrouver chaque soir pour en siroter quelques pages comme un scotch hors d'âge ou un bon cigare.
L'exercice est difficile car il est vrai qu'à vue de nez ce roman multiplie les embûches : très long, très lent, peuplé de personnages peu sympathiques voire franchement insupportables, confis dans un milieu traînant un vieux parfum victorien jusque dans sa déréliction.
Je déteste tout ce qui précède, et pourtant j'ai été happée dès les premières lignes par le charme mystérieux du texte, comme Alice par le terrier du lapin. La lecture m'a d'ailleurs souvent évoqué ce délire so british de Lewis Carroll, avec dans le rôle du chat du Cheshire le personnage mythique de Cecil Valance, jeune poète flambloyant disparu en 1916 et dont tout le roman consiste à percevoir les traces: comme le chat du Cheshire, ce sera un sourire ici, un rictus là, quelques lignes tracées ou des vers perdus. Comme dans Alice encore on passe d'un univers à l'autre en traversant les générations dans des lieux où dominent les ombres et les non dits, où l'on perpétue les symboles et les traditions en exaltant la poésie et les vénérables valeurs comme autant de masques posés sur des vérités à demi-cachées, homosexualité des uns, adultère ou alcoolisme des autres.
C'est tout. C'est certes peu, mais servi par une plume si précise, si incisive, si apte à donner à cette fiction la couleur du réel que je m'y suis plongée avec délices, avec un vague sentiment de perte une fois le livre achevé.

Acheté, une fois n'est pas coutume, sur la seule foi d'une belle couverture, ce livre restera pour moi un grand moment de littérature.
Commenter  J’apprécie          320



Ont apprécié cette critique (29)voir plus