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Les royaumes immobiles tome 1 sur 2
EAN : 9782266342148
400 pages
Pocket (18/01/2024)
3.96/5   562 notes
Résumé :
Dans les Royaumes Immobiles, l'existence est contrôlée par quatre monarques. Sans eux, la réalité serait réduite à un flot d'énergie magique et chaotique. Or le trône d'Automne, vacant depuis trop longtemps, menace cet équilibre : il faut lancer un nouveau sacre. Sept jeunes femmes peuvent y prétendre. La compétition sera sans pitié. Ivy est candidate malgré elle. À 18 ans elle a passé toute son existence cachée derrière les murs de son manoir et les parois de son m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (224) Voir plus Ajouter une critique
3,96

sur 562 notes
Je suis décidément fan des sagas d'Ariel Holzl. J'accroche moins à ses one-shots, mais quand il s'agit d'histoires à plusieurs tomes le charme opère toujours. Je suis donc très contente d'avoir sauté le pas avec Les royaumes immobiles qui s'est révélé être une lecture aussi passionnante que pleine de surprises.

J'avoue que je partais pourtant avec une petite crainte. Les romans où de jeunes prétendantes doivent s'affronter pour obtenir la couronne de leur royaume… disons que le sujet a été traité plus d'une fois depuis quelque temps. Mais c'était sans compter sur la petite touche Ariel Holzl. Il y a toujours cette ambiance particulière, pince-sans-rire, à la limite de l'horreur et pleine de dérision. Et que ce soit dans Fingus Malister ou les soeurs Carmines, cette ambiance que je n'ai retrouvée nulle part ailleurs jusqu'à présent fait toute la différence.

Les royaumes immobiles est dès le départ truffé de références littéraires et folkloriques que j'ai adorées. Nous atterrissons dans un monde féérique (pas celui des fées toutes mignonnes, j'entends bien) où la cruauté et la manipulation sont des arts. Trois reines ancestrales se voient dans l'obligation de choisir une quatrième consoeur pour éviter aux royaumes de s'effondrer, et pour cela, elles décident de sélectionner de jeunes prétendantes qui devront s'affronter durant des épreuves, disons-le un peu perfides… Ivy, notre héroïne, fait partie de ces jeunes femmes. Mais elle est aussi la fille du Roi Gris ancien monarque déchu… Un héritage dangereux à porter. Et Ivy va vite s'en rendre compte.

Ce que j'apprécie toujours dans les romans, c'est quand le personnage principal découvre le monde dans lequel nous sommes plongés en même temps que le lecteur. Il y a un lien qui se forme immédiatement. Ivy a vécu recluse jusqu'à ses dix-huit ans et tout ce qu'elle a appris vient des livres de sa bibliothèque. Un savoir certes intéressant, mais qui est loin d'égaler celui de l'expérience. Se voir nommée prétendante au trône de son père déchu est un sacré chamboulement comme vous pouvez vous en douter. Non seulement la jeune femme va découvrir le monde qui l'entoure, mais elle va aussi être jetée en pâture aux loups les plus vicieux qui soient : la haute société des royaumes immobiles. le choc est rude, mais Ivy se rend vite compte qu'elle va devoir gagner non seulement pour rester en vie, mais aussi pour sauver son peuple.

Ivy est naïve, mais intelligente. Elle apprend vite et son caractère direct fait qu'elle désarçonne et intrigue ceux qu'elle croise. Elle n'a rien de semblable avec les monarques que l'on croise et n'a pas particulièrement envie du trône non plus (et c'est clairement ce qui fait d'elle la prétendante parfaite). Mais la jeune femme se montre vite très humaine, pleine de compassion et ne comprend pas comment tant de créatures « acceptent » d'être sous le joug des dictateurs feys. Il y a beaucoup de dérision aussi dans ce personnage, mais l'ensemble fait qu'on s'attache à Ivy très facilement. Sa naïveté est autant une qualité qu'un défaut, et la voir évoluer au fur et à mesure de ce premier tome est un délice.

Comme je l'ai dit, l'ambiance du roman est aussi un réel atout. La paranoïa s'installe très vite, car l'on sait que les feys sont des êtres cruels qui voient leurs inférieurs comme des pions à utiliser (parfois juste pour leurs amusements). le danger est partout et les épreuves qu'Ivy et les autres prétendantes doivent affronter n'ont rien de sympathique. On ne sait jamais sur quel pied danser, qui est l'ennemi ou l'allié, ce que nous réserve les reines… la seule constante est Ivy. C'est déstabilisant et grisant à la fois. J'ai été surprise à de nombreuses reprises, et franchement quand un auteur parvient à me surprendre, je suis en joie.

On ne s'ennuie donc pas une seule seconde. Les machinations vont bon train, les meurtres aussi, quelques révélations par-ci, par-là émoustillent la curiosité et cette fin ! Epique à souhait. Dans le genre à vous couper le sifflet et à grogner de frustration en voyant gentiment la mention « la suite au printemps 2023 » vous narguer sans vergogne.

Les royaumes immobiles a donc été une surprise de taille. Un univers riche et addictif, aussi fascinant que repoussant où les apparences sont toujours trompeuses. La suite promet d'être un pur délice.

Lien : https://loticadream.com/les-..
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Dès les premières pages, un univers.
Une carte, des noms en pagaille et des grandes familles… Pas de doute, nous sommes bien en terres fantasy.
Publié chez Slalom, La Princesse sans visage est le premier tome de la saga des Royaumes Immobiles signé par l'une des plumes montantes de la littérature jeunesse francophone : Ariel Holzl !
Après la trilogie des Soeurs Carmines et Bpocalypse, nous voici plongé sans préavis (ou presque) dans un univers remplis de feys et d'êtres fantastiques alors que l'équilibre même des Royaumes est remis en question par la mort du Roi Gris, monarque d'Evergrey où l'Automne ne meurt jamais.

Dans les Royaumes Immobiles, les empires se déclinent selon les saisons : Hiver, Automne, Été et Printemps. Chaque royaume est gouverné par un roi ou une reine mais tous ont en commun d'être modelé par une substance magique appelée Glimmer et produite par les Rêveurs, ces êtres de l'Ailleurs qu'on appelle aussi humains. L'équilibre fragile des quatre royaumes est remis en question par la mort du Roi Gris, souverain d'Evergrey, suite à la guerre du fer froid et à l'union des autres feys contre lui pour le renverser.
Dans une demeure isolée, sa bâtarde, Ivalie de Mystfall, survit seule depuis le départ de sa Nourrice jusqu'au jour où un bien étrange Gentilhomme du nom de Robin Goodfellow l'emmène pour participer au Sacre qui désignera la future reine d'Evergrey.
Elle rencontre alors six autres jeunes femmes issues des différents royaumes ainsi que les trois autres reines dont la redoutable Titania, l'impitoyable et retorse Reine Solaire. Naïve et complètement inconsciente des dangereux jeux de pouvoirs qui se mettent en place, Ivy va devoir non seulement maîtriser l'Art mais également déjouer les pièges tendus par ses concurrentes. Des concurrentes qui détestent déjà la fille maudite du Roi Gris, condamnée à cacher son visage sous un masque extravagant pour éviter que ceux qui la regardent ne deviennent complètement fous.
Car Ivy est une Belle à Mourir !
La foisonnance de l'univers mis sur pied par Ariel Holzl étonne d'emblée. L'auteur ne manque pas d'ambition ni d'une plume légère et efficace, donnant ainsi à son monde une consistance plus vraie que nature en quelques chapitres à peine.
Dans cet univers fantastique, les feys règnent en maître. Elles n'ont pas d'âme et sont nées du Glimmer, une substance étrange et versatile produit par les humains de l'Ailleurs. Mais les feys ne sont pas les seules créatures de ces contrées magiques puisqu'une grande partie de ceux qui peuplent les Royaumes Immobiles sont des Boglings, le bas peuple. Parmi eux, des Catsith, des Farfadets, des Gobelins ou encore des Nymphes. Tous sont sous l'impitoyable joug des feys dont la cruauté se dissimule derrière un vernis de civilités. Ariel Holzl n'est pas là pour vous broder un conte de fées, mais pour vous exposer un récit où les pièges sont aussi mortels que nombreux et où les intrigues politiques se succèdent à un rythme effréné.

Comme à la cour des Rois de France, celle des feys se pare de conventions et de politesses pour mieux cacher ses coups bas. On suit avec délectation l'arrivée d'Ivy, tenue à l'écart du monde par son paternel et ses servantes, dans un monde impitoyable où les visages nobles n'ont, eux, pas de masques… et pourtant !
Pourtant, on constate rapidement que ces lieux magiques sont dirigés d'une main de fer par des souveraines inquiétantes qui ne reculent devant rien pour tenir les rênes du pouvoir, quitte à tuer ou torturer des Boglings à l'occasion.
Ariel Holzl imagine pléthore de personnages qui deviendront autant d'ennemis et de dangers pour Ivy qui devra rapidement choisir son camp et trouver sa voix propre. Elle réalise non seulement l'injustice des Royaumes Immobiles mais aussi les multiples fourberies qui ont conduit au Sacre et donc à la mort du Roi Gris. Bourré de rebondissements (parfois un peu faciles il est vrai), La Princesse sans Visage réjouit par son inventivité constante et son envie de secouer son lecteur à intervalle régulier (avec une mention spéciale à Seline, complètement glaçante).
En sous-main, Ariel Holzl parle de domination et d'une société asymétrique où la Révolte gronde. Il donne à son héroïne une âme là où les autres ne semblent en posséder aucune en se permettant les pires horreurs, de l'enlèvement au supplice en passant par le meurtre.
Si les Royaumes d'Oona, Mab et Titania sont immobiles, leurs esprits et leurs machinations ne se reposent jamais.
On admire et on se délecte du récit foisonnant et des pistes lancées de-ci de-là par l'auteur tandis que l'on découvre à la fois les royaumes, les cités et les multiples races qu'abritent l'aventure d'Ivy.
Terminé par un cliffhanger de folie, La Princesse sans visage n'est pas qu'un livre-objet magnifique à la couverture magnétique, c'est aussi et surtout un roman univers jeunesse qui se la joue Game of Thrones au pays des feys. Forcément, on en redemande…et vite !

Un univers fascinant, des personnages tantôt détestables tantôt attachants, une plume vive et légère, des rebondissements à foison… c'est ce qui vous attend (et bien davantage encore) dans ce premier tome des Royaumes Immobiles, une nouvelle saga de fantasy jeunesse qui propulse Ariel Holzl parmi les auteurs les plus intéressants de la jeune scène francophone de l'imaginaire.
Lien : https://justaword.fr/la-prin..
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Repéré sur youtube grâce à sa superbe couverture intrigante. Je ne connais l'auteur que de nom, ça sera l'occasion de découvrir son univers. J'ai d'ailleurs acheté Les soeurs Carmines récemment.

Comme d'habitude, je n'ai pas lu le résumé. le début est assez étrange avec une jeune fille qui se retrouve à vivre seule dans un manoir rempli de livres. Ses domestiques sont morts et personne n'est venu les remplacer. Jusqu'au jour où un gentilhomme débarque en lui disant d'aller au sacre car elle est la dernière descendante du Roi Gris. le moins que l'on puisse dire, c'est que l'auteur a une sacrée imagination, bien qu'il mélange différentes légendes (ondine, Titania, sidhes, changelins, …). L'histoire reste assez basique avec cette guerre du pouvoir, j'ai attendu de voir ce que tout ça allait donner. Ça se laisse écouter mais c'est loin d'être transcendant ; même quand il se passe quelque chose, ça reste relativement plat… C'est dommage que l'auteur n'ait pas assez mis en avant son univers au profit de son histoire. Même le personnage d'Ivy semble juste ébaucher. Il y aurait pourtant eu matière à aller plus loin mais je crois qu'il a voulu trop en faire et mélanger trop d'informations différentes pour que la construction reste solide et pérenne. À aucun moment, je n'ai eu l'impression de m'immerger complètement dans son univers, pourtant fort intrigant. J'ai même perdu le fil plusieurs fois, surtout quand il se passe enfin quelque chose bizarrement… La fin est surprenante et est nettement plus intéressante que le reste de l'histoire. Ça ne me donne malgré tout pas envie d'en savoir plus sur Ivy et son futur. Les seuls moments qui auraient pu être captivants, l'auteur a pris un malin plaisir à les raccourcir (les épreuves et leurs apprentissages préalables). On n'a que quelques informations disparates les concernant, rien de très concret ni d'immersif dans ce monde qui aurait mérité d'être plus approfondi. Des noms jetés çà et là ne font pas tout et surtout pas un monde consolidé où on a envie de s'y perdre pour en apprendre plus.

Comme vous l'aurez compris, ce 1er tome a été une bonne lecture mais sans plus. Ça se laisse écouter mais pas au point d'en finir la série, d'autant plus que le personnage d'Ivy n'a pas su me toucher, malgré ses déboires. Je lui ai préféré Vesper ou Echo, elle s'étonne de tout mais ne sait rien malgré sa bibliothèque remplie. Je vous conseille néanmoins de découvrir ce premier tome pour vous en faire votre propre avis. Pour ma part, je verrai plus tard pour Les soeur Carmines.

Sur ce, bonnes lectures à vous :-)
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Quel plaisir de retrouver la plume d'Ariel Holzl dans un univers toujours aussi sombre mais qui nous emmène cette fois-ci du côté de fées très cruelles (ou plutôt des feys) et d'une jeune fille confrontée à un destin non choisi.

Mon avis :
Un univers foisonnant

L'auteur change un peu de registre dans ce roman en nous proposant un univers plus fantastique que gothique, voire de fantasy. Les Royaumes immobiles se découpent en quatre grands royaumes liés aux saisons, avec à sa tête quatre monarques qui régissent l'équilibre de l'énergie magique de l'ensemble de l'univers. Chacune est une feys (=fée) à sa manière et selon une mythologie différente, montrant la multiplicité des inspirations d'Ariel Holzl.

Ainsi Titania, la reine de l'été est celle évoquée par Shakespeare dans le Songe d'une nuit d'été. Même Obéron est cité et Puck présent à sa cour pour manigancer dans son dos. Elle apparaît comme une reine hautaine, glaciale et intraitable. Ses sujets, les leanans Sidhes, sont des êtres issus de la mythologie celtique et popularisés par Shakespeare. Ils portent des vêtements aux tons chaleureux et peuvent absorber l'énergie vitale des autres comme des vampires.

La Reine de l'hiver, Mab, vit dans un palais de glace et a plongé tout son royaume dans un gel éternel. Elle règne sur les elfes qui sont plutôt du genre combattif et inspirés de la mythologie nordique, voire viking.

Oona, la Reine du printemps, peut-être la plus retorse de toutes, mutile ses sujets les sylphes pour se créer des parures avec des morceaux de leur corps. C'est également un moyen pour elle de garder le contrôle sur eux. Son univers est verdoyant et parsemé de sève. Ses habitants sont d'une beauté effrayante malgré les mutilations.

Ivy, l'héroïne vient du Royaume d'Automne. C'est une beansidhe, un être issu de la mythologie celtique qui peut s'apparenter aux banshees selon les versions. C'est une Sidhe différente de celles de l'été. Son royaume comprend aussi des Boglings (créatures aux multiples formes, mais surtout animales, inspirées de Star Wars) dont des Cat Sidhe : des créatures mi-chat mi-humain aux pouvoirs magiques.

Chacune des reines maîtrise le Bel Art, qui est une autre manière d'appeler la magie. C'est un don qui s'apprivoise et se travaille, et qui reste difficilement maîtrisable. La seule chose qui puisse nuire à tout être féérique reste le métal car il provient du royaume des humains.

Au fil de l'histoire, on comprend que Les Royaumes immobiles sont situés dans un univers parallèle à celui des humains, appelés les « rêveurs ». Certains se sont aventurés dans les Royaumes immobiles et sont devenus malgré eux des membres de la cour des trois reines. Ils sont leurs musiciens, leurs passeurs d'un monde à l'autre mais ont l'aspect de coquilles vides.

Il existe aussi des aventuriers à moitié humains, envoyés dans les quatre royaumes pour combattre les stigmates de la guerre : des créatures gigantesques créées par le Roi Gris qui ravagent tout sur leur passage. Leur création est un mystère ainsi que celle des aventuriers.

L'héroïne qui vivait recluse dans son manoir depuis son enfance va découvrir à la fois les autres royaumes lors de la compétition, mais aussi le Royaume des rêveurs, autrement dit, notre réalité.

Une intrigue politique aux multiples rebondissements

Dans ce premier tome, l'auteur nous plonge dès le départ dans un complot politique : Puck vient chercher Ivy pour qu'elle concoure au trône d'Automne. On ne connaît pas ses motivations, mais on se doute qu'elles ne sont pas sincères car le personnage est connu pour être quelqu'un de retors. Ivy qui vivait recluse dans son château et seule depuis le départ de son père à la guerre se voit imposer cette compétition malgré elle.

La venue d'Ivy déplaît ensuite aux trois reines car elle apparaît comme la candidate qu'elles ne souhaitaient pas avoir alors qu'il s'agit de la plus légitime : même bâtarde du Roi Gris, elle reste sa fille et la plus désignée à régner sur le Royaume d'Automne par le droit du sang.

Les autres prétendantes au trône ne lui feront pas de cadeaux pendant la compétition qui s'avèrera rude : chaque épreuve est censée mettre en avant une des qualités nécessaire pour gouverner mais peut aussi les tuer.

Chacune a également prêté serment magiquement afin de mener à bien cette compétition dans les règles imposées par les reines et est susceptible de mourir si cela n'est pas respecté.

Enfin, Ivy part déjà avec un handicap : elle a été maudite depuis son enfance par la Reine Titania pour des raisons mystérieuses. de ce fait, elle doit porter un masque en permanence car quiconque voit son visage peut mourir de folie. Et Titania ne lui fait pas de cadeaux durant la compétition.

Les alliances que l'héroïne pourra nouer seront parfois à double tranchant et elle découvrira au fur et à mesure de la compétition que tout n'est pas rose pour les sujets de chaque royaume visité : les petits peuples sont méprisés au profit des « espèces » supérieures mises en avant par les reines. La fille de la reine Titania s'avère aussi cruelle et folle que sa mère qui l'empêche de régner et l'infantilise. Les fils de Mab sont tout aussi retors les uns que les autres au lieu d'assumer dignement leur fonction de prince. Les trois reines sont obligées de se supporter pour la paix du royaume mais se détestent fortement.

Ce premier tome se termine sur un chapitre digne d'un thriller où un rebondissement va tout remettre en question pour l'héroïne et le reste des autres royaumes. Un rebondissement savamment orchestré par l'auteur qu'il était presque impossible à prévoir tant le point de vue de l'héroïne est dominant pour nous rapporter son histoire.

J'ai pu lire de nombreuses critiques sur ce livre indiquant que l'auteur ne renouvelait pas le genre du « Young adult mettant en compétition des jeunes filles pour un trône ou une récompense ». J'avoue avoir peu lu de romans de ce type. Cependant, je trouve que la force de ce récit est de proposer un univers riche et des intrigues politiques complexes au genre « roman de compétition ». de ce fait, ce n'est pas un banal « roman de compétition » comme on pourrait le penser.

Ivy, une héroïne malgré elle

Ivy part avec deux handicap dans la vie : elle est la fille bâtarde d'un roi disparu et porteuse d'une malédiction qui l'empêche de montrer son visage. C'est donc une jeune fille assez timide qui a appris à se débrouiller seule depuis le départ de son père et de l'ensemble des domestiques de son château. Elle n'a jamais voulu embrasser sa vie de princesse même si elle a été élevée en ce sens.

Autre particularité sur ses origines : au lieu d'avoir les oreilles pointues comme les autres Sidhes, les siennes sont rondes comme celles des humains. Cela laisse planer le doute sur l'identité de l'un de ses parents dès le début du récit.

La compétition pour le trône va obliger la jeune fille à concourir pour sa vie : à l'inverse des autres participantes, elle ne possède plus rien et risque la mort si elle perd. Car la bâtarde d'un roi mort et sans ressources reste un danger pour la succession du trône d'Automne… Ivy ne participe pas pour le trône mais pour rester en vie.

La jeune fille va devoir apprendre à faire preuve d'ingéniosité, à créer des alliances insolites, à se protéger de tentatives de meurtre, à maîtriser la magie lors de cette compétition. Cela va la faire grandir et évoluer afin de devenir une vraie princesse.

Elle prendra également conscience des défauts du règne des trois reines en place et à se soucier du petit peuple, elle qui a vécu depuis l'enfance sans préjugés. Une qualité qui se transformera vite en défaut aux yeux des autres…

Enfin, son rapport au monde des humains sera aiguisé par sa rencontre avec un aventurier mais aussi une incursion dans le royaume des rêveurs. On sent une grande curiosité mais aussi l'envie de les considérer autrement que comme des sujets malléables à loisir par la Cour.

J'ai particulièrement apprécié la relation étrange qu'elle noue avec la fille de Titania : la Princesse de la Lune s'avère un personnage particulièrement cruel qui obéit à une logique propre et totalement atroce. Une vraie psychopathe comme sait si bien les décrire l'auteur.

En résumé : Ariel Holzl signe ici un premier tome riche en rebondissements politiques avec une héroïne timide qui prendra son envol au fil de l'histoire. Une compétition haletante pour le pouvoir ou la survie, dans un univers foisonnant et inspiré de plusieurs mythologies. J'ai hâte de lire la suite !
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Ce roman fait partie des 5 finalistes du PLIB 2023. L'ayant déjà lu en mars 2023 sans le chroniquer, j'ai préféré me replonger dans l'histoire à travers le livre audio, certains détails s'étant estompés de ma mémoire... J'avais apprécié ma première lecture sans plus, mais je n'ai pas réussi à décrocher de l'écoute de ce livre audio. Il faut dire que l'interprétation d'Ariane Brousse permet de saisir à la perfection les émotions de l'héroïne, ainsi que la cruauté teintée d'un humour macabre du monde des feys dans lequel nous plonge l'auteur. Certaines scènes particulièrement graphiques et malaisantes à souhait sont d'ailleurs gravées dans mon esprit.

Un monde auquel va être confrontée brutalement Ivy suite à l'apparition d'un bien énigmatique et mystérieux gentilhomme. Ce dernier va, en effet, plus ou moins la contraindre à quitter sa vie solitaire, mais relativement calme, pour une existence bien plus mouvementée et tourmentée. Ainsi, propulsée bien malgré elle dans une course sans merci au trône d‘Automne, Ivy va découvrir la compétition version feys. Et laissez-moi vous dire que c'est plutôt sanguinaire ! Tous les coups sont permis et la perversité une très recherchée qualité. Malheureusement pour elle, Ivy en est dépourvue, mais cela ne veut pas dire qu'elle ne possède pas d'autres atouts dans son sac…

Comme dans les Soeurs Carmines, on retrouve la plume dynamique, imagée et immersive d'un Ariel Holtz capable de nous faire sourire et de nous horrifier en même temps. C'est quelque chose d'assez rare et encore plus en YA ! Mais je dois dire qu'avec moi, ça fait mouche, d'autant que derrière des événements cruels qui marquent l'esprit, l'auteur développe tout un monde avec son système de magie, ses règles, ses intrigues de cour et sa ribambelle de créatures, rarement sympathiques. le tout agrémenté de meurtres, de trahisons, de révélations, d'ambition politique, de retournements de situation, de paroles encore plus blessantes qu'une lame de rasoir, de monstres tout droit issus de nos cauchemars…

Les pages se tournent à une vitesse folle, ou plutôt ici, les minutes s'égrènent sans jamais se ressembler, chaque épreuve traversée par notre bien courageuse héroïne nous amenant au bord du précipice. On croise les doigts pour qu'Ivy survive entière, du moins physiquement parce que vu tout ce qu'elle découvre, pas certaine qu'elle puisse en sortir psychologiquement indemne. Bref, on vit cette aventure menée tambour battant comme si on y était, tout en étant bien heureux de ne pas avoir à se mesurer à des reines impitoyables et des candidates sournoises, prêtes à tout pour obtenir le trône.

En plus de l'univers riche et sombre qui est pour moi le grand atout de la princesse sans visage, l'auteur joue à merveille sur les ombres, les faux-semblants où se cache une pointe de vérité, les mensonges dans lesquels il est facile de se perdre. le roman est ainsi enveloppé d'une aura de mystère nous poussant à être quelque peu paranoïaque et à nous questionner sur tout le monde et sur les véritables motifs derrière chaque action. Il faut dire que bien des personnages restent ambigus et énigmatiques, au point qu'il apparaît difficile de savoir devant le ou lesquels baisser sa garde. J'ai aimé la manière dont l'auteur appuie sur nos doutes et nos craintes pour nous tenir en haleine, tout en se montrant retors et sans pitié avec son héroïne.

Une héroïne qui va, petit à petit, s'approprier les codes de la course au trône sans pour autant renoncer à ce qu'elle est au fond d'elle-même, et encore moins à ses valeurs. Je l'ai trouvée certes parfois naïve, mais difficile d'imaginer la perversité et la cruauté des autres quand on en est soi-même dépourvu et qu'on a longtemps vécu isolé… Sans être cruelle comme les autres candidates et les reines en place, Ivy possède néanmoins une réelle force de caractère, qui lui permettra d'affronter l'horreur sans sombrer dans la folie. Il est en outre étonnant de constater qu'elle est la seule à porter un vrai masque en raison d'une malédiction, mais que c'est la seule qui montrera tout au long du roman son véritable visage !

En conclusion, empreint d'un humour macabre à l'image de personnages ambigus et cruels, voici un roman de fantasy young adult rythmé qui ravira les amateurs d'intrigues de cour et d'univers riches, complexes et implacables dans lequel les mensonges sont légion, les apparences dangereusement trompeuses, les trahisons monnaie courante et les faux-semblants une religion. Une plongée dans une course sans merci au pouvoir dans laquelle tous les coups sont permis, surtout les pires… Mais attention, avec Ariel Holzl, rien n'est gravé dans le marbre : notre princesse sans visage pourrait préférer jouer selon ses propres règles, et apporter sa part d'humanité dans un monde qui en aurait cruellement besoin. Quant à savoir, si cela suffira à gagner le trône, il vous faudra vous plonger dans la compétition !
Lien : https://lightandsmell.wordpr..
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Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
N’est-ce pas ainsi que l’on noue une amitié ? En partageant des douleurs communes ?
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- Les phénomènes dont vous m’avez parlé relevaient du Bas Art, continue-t-il.
- Du bazar ? répète Ivy, perplexe.
Tybalt s’esclaffe.
- Un vrai foutoir, en effet ! De l’Art mineur, si vous préférez.
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Le prince saisit délicatement les doigts de la jeune fille dans les siens.
-Ma chère, je suis désolée si je vous ai donné une fausse impression...Mais il vous manque beaucoup de qualités pour me plaire. A commencer par une personnalité.
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Dans mon manoir, j'étais comme une poupée cassée, oubliée au fond d'un coffre à jouets. Et me voilà devenu un pantin. J'ignore ce que le Gentilhomme compte gagner de mon éventuelle victoire au Sacre, mais je sais ce que je peux y perdre : ma vie.
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- L’Histoire n’est inutile que pour ceux qu’elle contredit, riposte Ivy.
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Videos de Ariel Holzl (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ariel Holzl
Une longue discussion de La Garde de Nuit autour du roman "Le complot des corbeaux", premier tome des "Sœurs Carmines" d'Ariel Holzl
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