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Critiques sur Un père en colère (38)
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le_Bison
  13 mai 2013
Direct. Coup de coude dans la gueule. Coup de poing dans le foie. Coup de latte dans les couilles. Ça fait mal, grave. C'est le sentiment que j'ai eu dès les premières pages. Mal aux tripes, j'avais envie de gerber la bouteille de sky que je m'étais enfilé la veille. Y'a des bouquins comme ça, qui te prennent à la gorge, qui t'agressent et te remuent les boyaux.

« Un père en colère ». Une colère contre ses enfants, contre la société, contre lui-même. Séparé de sa femme, il a quitté la banlieue de Saugny, pour vivre du coté de la Porte de Clichy (à deux miles de mon ranch). Peut-être même que je l'ai croisé dans une rame de métro, tagguée et puante, les yeux fixés dans le vide en direction du sol jonché de journaux gratuits et autres papiers gras (règle N°1 : ne pas regarder les gens dans les yeux). Il laisse dans cette cité de Saugny, sa femme Nathalie et ses deux enfants, Fred et Lea. Désespoir d'un père qui n'en pouvait plus de cette situation, de cette impasse. Si ses enfants se contentaient comme tous les jeunes de se droguer… Non, les siens, ils dealent en plus. Et avec le deal viennent la violence, physique et verbale, les amis louches et l'absence totale de respect.

Le coma de sa femme, suite à un accident de voiture – accident ou suicide ou est la différence, sa vie basculera. A sa manière, il va se rebeller, ouvrir son blog, la colère d'un père, et vider son sac. Sa thérapie sera ses mots postés sur la toile. Des mots qui ne s'effaceront plus et qui transformeront sa vie. Jusqu'à le dépasser lui-même. le danger d'un blog à qui les conséquences peuvent rapidement dérapées jusqu'au point de rupture.

Un bouquin qui fait mal. Parce qu'il est ancré dans notre réalité. Parce qu'il montre les problèmes de notre société. Parce qu'il aborde des thèmes dérangeants. Parce qu'il touche au sacré, la famille, et que de là se déverse des flots de haine alors qu'on aimerait juste quelques gouttes d'amour. Un bouquin coup de poing qui ne me laissera pas indemne.

« Un père en colère » où l'art de se faire tabasser en règle dans une banlieue pas rose, une banlieue morose.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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canel
  21 avril 2013
Coup de poing ! L'enfer en famille...

Stéphane est un père au bout du rouleau. Revenir dans la maison de son ex-femme, c'est comme entrer dans la tanière du loup. Léa et Fred, leurs deux enfants adultes, y imposent leur loi, leur mode de vie de dealers toxicos, leur meute de "chiens méchants". La mère vit avec eux, mais est recluse dans sa chambre, impuissante. Elle se réfugie dans les souvenirs, fuit tant bien que mal l'horreur en regardant inlassablement sur les vieilles photos leurs bouilles rieuses de gamins épanouis... Entre bourreau et victime, Léa et Fred ont dû choisir leur camp dès le début de l'adolescence, dans cette banlieue difficile et sans pitié, soumise à la loi du plus fort.

L'auteur happe immédiatement son lecteur, l'immerge dès les premières lignes dans la peur et la souffrance de parents totalement dépassés, dans la violence de grands adolescents à la dérive. le ton est sombre, brut, acide. J-S Hongre assène une vision très pessimiste de la jeunesse des banlieues-ghettos, de la difficulté d'être éducateur (père, mère, prof). Il griffe au passage les dangers pernicieux d'internet, le pouvoir destructeur des médias pour qui a le malheur de tomber entre leurs pattes.
La rage est là, on la vit, on la partage, on peut s'identifier à ces parents en détresse. Alors on essaie de se mettre à distance pour se protéger : "Non, nos enfants n'ont pas subi de telles épreuves, pas de panique"...
Le trait est peut-être forcé, mais "être en colère", comme le père de ce roman, c'est tomber dans les excès, noircir le tableau. En cela, cet ouvrage est parfaitement réussi : message reçu, comme un hurlement, un uppercut.

L'intensité et la noirceur m'ont rappelé les récits de Marie Neuser.

--- Un très grand merci à Babelio et aux Editions Max Milo pour cette découverte choc.
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la_fleur_des_mots
  28 septembre 2013
J'ai un peu peur, je l'avoue, d'attiser la colère de l'auteur avec ce billet. Mais soyons honnête, j'ai détesté ce livre. Stéphane est père de deux enfants à la dérive. Il voit ces deux jeunes adultes sombrer lentement dans la drogue, plonger dans la délinquance, maltraiter leur mère et se perdre dans les méandres de la cité. Et il assiste, impuissant, à ce spectacle désolant qui conduira son ex-femme à l'hôpital. Alors, oui, il est en colère et il le dit sur un blog qui devient vite une friandise médiatique.

Ce roman est tout à la fois un documentaire et un témoignage qui nous entraîne dans l'enfer de la banlieue. Malheureusement, je n'y a vu qu'une succession de clichés rebattus depuis des années. Entre les jeunes en survêtement, le délit de faciès, les accidents... le style bref et minimaliste rend bien la brutalité de cet univers mais l'intrigue un peu facile et la culpabilité teintée de misérabilisme du personnage principal ne m'ont pas permis de me projeter dans cette histoire que j'ai trouvée assez creuse et invraisemblable. Peut-être l'image de ce personnage faible ne correspond-t-elle pas à celle que je veux avoir d'un père, aussi en colère soit-il...

Je remercie l'auteur de m'avoir envoyé son roman et d'avoir accepté d'en discuter avec moi.
Lien : http://bloglavieestbelle.ove..
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lecassin
  30 avril 2013
Bon !
Autant le dire d'entrée : voilà un livre que je n'aurais pas acheté. Il aura fallu la proposition de Babélio, que je profite de remercier ainsi que les éditions Max Milo, pour que je le lise… Je ne suis pas très attiré, que ce soit au cinéma ou en littérature, par la description de la triste réalité de la vie quotidienne.

Ceci dit, « Un père en colère » est un excellent « roman » même s'il ressemble plus à un témoignage qu'à une véritable oeuvre de fiction.
On y découvre une famille explosée, dans une cité sensible en proie à la violence quotidienne. Rien de très nouveau, me direz-vous : ce genre de tableau peu ragoutant est disponible chaque jour dans les media…
Les media… Parlons-en, des média ! le « quatrième pouvoir » indispensable au bon fonctionnement de notre démocratie… sauf que là ils ne se contentent pas d'informer, il sont partie prenante dans les désordres qu'ils sont sensés rapporter, audience oblige.

Au final, un ouvrage difficile à lire dans le sens où la réalité de ces cités décrite ici est insupportable, et le rôle des media condamnable. Un témoignage néanmoins puissant porté par la plume vive de Jean-Sébastien Hongre, un auteur que je découvre ici par l'entremise de son deuxième roman : un texte enlevé et construit pour ne pas laisser tomber l'attention du lecteur, chapitres et phrases courtes, dialogues efficaces… Juste un petit bémol : la fin qui dénote un peu avec le reste après un passage fort au cimetière.
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latina
  23 avril 2013
Non ! 3 fois non ! Je n'aime pas ce roman qui n'en est pas un ! Ceci n'engage que moi, évidemment.

Mais la violence des bandes, ( les « Gremlins »), qui sourd à chaque page, le désespoir de ce père et de cette mère rongés par la douleur de voir leurs enfants aux portes de l'enfer du deal et de la coke, le chancre de ces cités de la banlieue parisienne, le hurlement muet de ces professeurs obligés d'affronter chaque jour des élèves qui n'en ont plus que le nom, l'égoïsme forcené au service de l'audience de certains journalistes de la TV attirés par le côté spectaculaire de « la racaille »....tout ceci a eu raison de moi, de ma patience, de ma bienveillance à l'égard d'un roman tout neuf, de ma gratitude à l'égard de la maison d'édition « Max Milo » et de Babelio qui m'ont offert « Un père en colère ».

Trop, c'est trop. Au-dessus de mes forces.
J'aime les romans qui me font rêver, celui-ci m'a fait cauchemarder.
J'aime les romans qui élèvent ma réflexion, celui-ci m'a enlisée dans les lieux communs.
J'aime les romans qui me transportent, celui-ci m'a enterrée.
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Edwige94
  26 avril 2013
Un grand merci à Masse Critique de Babelio et aux éditions Max Milo de m'avoir permis de découvrir ce livre.
Que dire d' « Un père en colère » tant ce roman foisonne de réflexions diverses sur notre société : le rôle éducatif des parents, les repères qui constituent les stades de l'évolution de l'enfant en adolescent puis en adulte, la solitude de l'être dans une société déshumanisée, les réseaux sociaux qui troublent cette solitude sans la rompre, la guerre professionnelle qu'il faut livrer pour garder son emploi et enfin l'hypermédiatisation et la course à l'audience des chaînes télé. Bref ce livre est un grand maelström classé roman mais écrit comme un journal intime relatant des événements et des situations sociétales non seulement crédibles mais réelles, en y cherchant des explications et des solutions à la manière d'un essai. le style est simple et fluide sans digression philosophique et sans emphase.
La colère de ce père, Stéphane, est dans la retenue bien que légitime, elle perd de sa force et de sa pertinence car elle est multidirectionnelle et très intellectuelle pour cet ingénieur qui se revendique à l'esprit scientifique. Sa femme, Nathalie, est l'archétype de la prof post soixante-huitarde baba cool qui ne voit que la misère de certains et espère des lendemains meilleurs. Fred et Léa sont leurs enfants devenus des cas désespérés de délinquance et la cause de la souffrance de leurs parents. Cette histoire se passe à Paris et sa proche banlieue où les cités ont poussé dans les années 70 au coeur des petites villes pavillonnaires générant un choc des cultures pour le meilleur, un réseau associatif développé et des échanges solidaires, comme pour le pire, le chômage et l'essor de la délinquance en contrepoids de la misère.
Ce livre m'a touchée et émue à titre personnel car j'ai travaillé quelques années comme bénévole au sein de deux associations, l'une de soutien scolaire et l'autre de prévention des addictions pour les adolescents. Ma chance fut que j'habitais et élevais mes enfants dans un petit village tranquille à seulement dix kilomètres de la « cité » et que je ne suis pas prof. Je me suis donc investie d'une manière plus objective due au recul que j'avais. Les personnages de ce « roman » sont en immersion totale, à aucun moment de leur vie, ils ne peuvent échapper aux agressions, à la peur et à la dictature des caïds. Ce roman est tellement ancré dans la réalité de notre société qu'il ne faut pas l'aborder avec légèreté. C'est un témoignage dur, poignant et sincère. le style est facile, l'auteur nous parle, nous confie tout son désarroi, il a beaucoup à dire et commet des maladresses que je pardonne car le contenu porte à la réflexion et suscitera nécessairement des réactions de la part du lecteur.
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Stoufnie
  10 décembre 2014
Ce roman traite un sujet difficile. le rôle de parents est loin d'être simple, d'autant plus avec une société qui n'est que leurre. Tout prône l'argent facile, les conquêtes faciles, tout est édulcoré, aseptisé.. Les émissions de télévision ne sont que paraître et mensonge. Voila sur quoi se base la génération actuelle.
Comment, avec un tel décalage générationnel, les parents arrivent à éduquer des adolescents. D'autant plus dans une cité Parisienne.

Voila les bases de ce roman, 2 adolescents "racailles" voir pire dealer et 2 parents qui ont abandonné. L'un a quitté le milieu familiale et l'autre est en dépression et suicidaire.
Le père se décide enfin a réagir.

Ce roman se lit facilement. J'ai pu retrouver quelques rappels du début du blog (d'ailleurs j'en suis pas très loin...tout reste à faire encore !) car dans ce roman le fameux père se lance dans un blog qui va lui permettre de lâcher la pression. le problème c'est que tout s'enchaîne et la situation va le dépasser.
Situation qui à mes yeux n'est pas crédible.

Ce qui est dommage, c'est que du coup les parties "Blog" me font plus penser à un semblant de documentaire. Et nous installe une barrière entre le personnage de Stéphane et nous. Tout est cliché (enfin toujours à mon goût!).

Personnellement, il manque un petit quelque chose. Je n'ai pas été embarqué par ma lecture. Je me suis vue lire ...
Lien : http://lesciblesdunelectrice..
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Nadael
  26 juillet 2013
Un roman dont on ne sort pas indemne. Un coup de massue. Les deux pieds dans la réalité. Pas d'échappatoire pour le lecteur. Les mots sont âpres, les phrases percutent. Une écriture efficace qui va à l'essentiel.
Dès les premières lignes, on entre dans le vif du sujet. Stéphane est de passage à la maison que partagent désormais sa femme dont il est séparé et ses deux enfants de dix-huit et vingt ans Léa et Fred. La communication est impossible, un rampart se dresse devant lui, il se prend en pleine face injures et autres vociférations. Une clameur assourdissante. Sa progéniture ne le respecte plus, elle a pris l'ascendant sur le couple, les laissant pantois, démunis et complètement impuissants. Les deux jeunes gens se droguent et dealent. le pavillon familial, à la lisière de la cité de Saugny, est devenu un lieu de stockage, une plaque tournante... le père n'est pas le bienvenu, Nathalie, la mère, se cloître dans sa chambre aux murs recouverts de photos de Léa et Fred enfants.
En dépression depuis des années, Nathalie survit tant bien que mal. Mais, là, elle ne peut plus en supporter davantage, elle décide de partir, de quitter ce lieu qui l'oppresse. Elle prend la route et c'est l'accident - ou une tentative de suicide -. Elle se retrouve à l'hôpital plongée dans le coma.
Cet événement va – enfin – faire jaillir la colère tapie en Stéphane depuis si longtemps, lui qui jusqu'ici avait esquivé les problèmes en fuyant, physiquement et moralement. Il a l'idée de créer un blog, de délivrer ainsi ses soucis, et d'attendre en retour des témoignages, mais très vite les médias s'en mêlent et la manipulation commence. Les réactions des habitants de la cité ne se font pas attendre, la violence monte d'un cran, des zones d'ombres s'éclaircissent jusqu'à l'apparition de la vérité crue.
Une lecture qui m'a beaucoup remuée ; violente, bouleversante, rageante. Des pistes de réflexions intéressantes sur l'éducation des enfants, l'aveuglement des parents, l'enfer de la drogue, la sauvagerie dans les cités, les réglements de compte entre bandes, le pouvoir de l'argent, le racisme... Une immersion totale dure mais tellement vraie. Un cri pour un espoir.
Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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Drych
  25 juillet 2013
Un livre émouvant, poignant, et violent, qui dresse un portrait très sévère de notre société, dans laquelle la force d'attraction des revenus du trafic de stupéfiant lamine, pour certains jeunes, les valeurs traditionnelles d'une vie honnête mais laborieuse. Ceci sous le regard impuissant de leurs parents. le style est direct et efficace, malgré quelques passages en forme d'extraits de blogs relativement banaux. La forme du texte est celle d'un témoignage. On ne peut rester insensible à la vérité qui y est décrite, même si celle ci dérange et si elle est assénée sans ménagement. On ne peut pas non plus ignorer cette vérité. Même s'il ne s'agit pas d'une littérature d'évasion du quotidien, je ne peux que recommander la lecture de ce roman. Celle ci est facile, à défaut d'être agréable et on ne lâche pas le livre sans le terminer.
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carnetdelecture
  13 novembre 2013
Un père en colère nous immerge dans le quotidien d'une famille en perdition. Dans un style bref et minimaliste, l'auteur nous propose un roman qui s'inscrit dans la réalité sociale de certains quartiers difficiles.

Un roman très dur, qui nous laisse avec une boule dans la gorge. Par son écriture, l'auteur nous fait vivre de l'intérieur les émotions ressenties par ces parents, entre désespoir, incompréhension, colère et impuissance.

Mais, au-delà de l'histoire, l'intérêt de ce roman tient dans le fait qu'il bouscule nos aprioris. Non, les jeunes ne sont pas foncièrement cupides et mauvais, comme certains médias voudraient nous le faire croire. Si on en est arrivé à un tel niveau de violence, les raisons sont multiples : les parents et autres éducateurs qui ont désertés leur rôle d'autorité, la téléréalité comme modèle de réussite, la réalité des quartiers difficiles qui impose aux jeunes de devenir bourreaux s'ils ne veulent pas être victimes… Les faits sont à nuancer et les responsabilités sont partagées.

Un livre que j'ai dévoré en une soirée, qui ne laisse pas une minute de répit et qui m'a trotté dans la tête pendant plusieurs jours… Une lecture dont on ne sort pas indemne.
Lien : http://carnetdelecture.skyne..
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