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EAN : 9782365690829
432 pages
Editions Les Escales (22/10/2015)
3.63/5   93 notes
Résumé :
Dans sa ferme du fin fond du Saskatchewan, Etta, 83 ans, n'a jamais vu l'océan. Un matin, elle enfile ses bottes, emporte un fusil et du chocolat et entame les 3 232 kilomètres qui la séparent de la mer. " J'essaierai de ne pas oublier de rentrer. " C'est le mot qu'elle laisse à Otto, son mari. Lui a déjà vu l'océan, il l'a même traversé des années plus tôt, pour prendre part à une guerre lointaine. Il comprend la décision de sa femme mais, maintenant qu'elle n'est ... >Voir plus
Que lire après Etta et Otto (et Russell et James)Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
3,63

sur 93 notes
À quatre-vingt-trois ans, Etta quitte sa ferme du Saskatchewan pour aller voir la mer. Elle part seule, pour un périple de trois mille deux cent trente-deux kilomètres à travers le Canada, avec en poche quelques babioles et une feuille où est inscrit son nom, pour ne pas oublier qui elle est. Otto, son mari, respecte sa décision. Bien sûr, il est un peu perdu sans elle, mais elle lui a laissé toutes ses recettes pour qu'il puisse se nourrir correctement. Leur voisin, Russell, est plus circonspect. Il fulmine contre Otto, s'inquiète pour Etta, et finit par sauter dans son pick-up pour la retrouver. Mais Etta n'est pas seule, James le coyotte lui tient compagnie, lui parle et parfois la guide.

Une très jolie histoire pleine de tendresse qui parle de la vieillesse, de la mémoire qui s'enfuit, mais surtout d'amour et d'amitié. A travers les souvenirs d'Otto et d'Etta, des lettres qu'ils échangèrent avant leur mariage, on s'imprègne de la vie dans les fermes du Saskatchewan. Les Vogel, une famille si nombreuse que les enfants portent un numéro en plus de leur prénom, Otto est le 7. Russell, qui vit à côté, chez son oncle et sa tante, mais qui, à force de fréquenter la table familiale et de participer aux corvées, est devenu un Vogel à part entière. L'accident de Russell qui fera de lui un boiteux pour le reste de sa vie. L'apparition d'une toute jeune institutrice, Etta Kinnick, dans l'école du village. le coup de foudre immédiat de Russell. Otto qui rêve de partir à la guerre et qui part. Les lettres qu'il échange avec Etta pour travailler son orthographe. Etta qui travaille dans l'usine de munitions. Otto et sa première permission, Etta qui l'attend sur le quai de la gare. Russell qui s'achète une ferme...
Trois destins liés, trois vies simples mais riches d'amour et de partage pour un livre tendre et mélancolique, des sujets graves allégés par la magie des mots d'Emma HOOPER. Jamais triste, ce roman du temps qui passe est terriblement attachant. On aime Otto, Etta et Russell comme s'ils étaient de notre famille et on les quitte avec regret.
Une douceur qui réchauffe le coeur...
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Je suis mitigée sur cette lecture. J'ai bien aimé les personnages, l'histoire de leur passé, les paysages canadiens et l'écriture tout en tendresse pour les misères de la vieillesse.
Mais je suis trop terre à terre, souvent je décroche dès qu'il y a un semblant de fantastique dans une histoire, ce qui fut le cas avec l'amitié entre Etta et le coyote, et leurs conversations improbables. Oui, je sais, c'est poétique et ça symbolise... ça symbolise quoi d'ailleurs ?... l'esprit à la dérive d'Etta ? Un Petit Prince et un renard ont aussi eu des conversations, mais ils avaient des choses vraiment belles à se dire. Là, je ne vois pas l'intérêt... trop terre à terre, je vous dis !
Et puis, comme Etta perd la mémoire, sa quête se transforme en une confuse marche, sans véritable réflexion... et perd ainsi beaucoup de notre intérêt. On voudrait qu'elle rentre, ça traîne en longueur ce voyage.

Vous serez peut-être plus à l'aise que moi avec ce livre, surtout si vous avez régulièrement des discussions avec vos animaux de compagnie. Alors... que mon ressenti ne vous empêche pas de le lire, il a aussi beaucoup de qualités.
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Quel beau roman ! Je suis totalement séduite par Etta et Otto mais aussi par Russell et James. L'histoire est à la fois simple et très originale. Etta, 83 ans , décide de parcourir à pieds les 3232 km qui la séparent de l'océan qu'elle n'a jamais vu. Son bagage est léger comme son coeur même si elle laisse son mari,Otto et son ami Russell. Otto l'attendra pour respecter son désir, jour après jour il créera et lui écrira . Ils sont séparés physiquement mais toujours unis par le coeur et l'esprit. Russell ne peut pas attendre et part sur ses traces. le roman est construit par un jeu permanent d'aller et retour entre l'un et l'autre, entre passé et présent. Ce que l'un vit l'autre le ressent....les personnages sont extrêmement attachants car il respirent la sérénité,le respect, la tendresse, l'amour. Ils sont tous fragiles et inébranlables... Entre ces personnages profondément reliés le récit prend parfois des allures surréalistes, le coyote dialogue sans problème avec Etta, Otto devient Etta et inversement, le temps perd parfois sa linéarité tout comme la mémoire d'Etta! Il y a de la poésie,presque de la magie et un art véritable chez Emma Hooper pour créer un univers bien singulier qui m'a fait beaucoup de bien. C'est un premier roman écrit en 2014, depuis je vois qu'elle en a écrit d'autres ce qui me console un peu d'avoir terminé celui là.
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Etta, avec son âge certain, n'a jamais vu la mer. Dans sa ferme, à la campagne, avec son mari Otto, elle a toujours eu une vie simple. Mais depuis quelques temps Les souvenirs d'Otto envahissent son esprit alors que les siens s'évadent parfois. Etta fait bien attention de rester sur le bord du lit pour ne pas toucher Otto, mais rien n'y fait.

Alors elle décide de partir voir la mer. Avec ses quelques souvenirs et surtout son état civil noté sur une feuille, quelques provisions et le fusil d'Otto, elle part de bon matin pour son périple de trois mille deux cent trente deux kilomètres.

Un beau voyage raconté comme un conte sur la vieillesse, l'amour, l'amitié, la vie.

Avec ses souvenirs fugueurs, Etta marche beaucoup, mange peu. Un coyote, James, fera un bon bout de voyage avec elle, puis quand Etta fera une autre rencontre, il partira vers son destin.

On remonte le temps pendant ce périple jusqu'à l'enfance d'Otto, Russel, l'ami d'enfance, et Etta, la guerre et le reste.

Histoire douce et énergique, de résilience et de persévérance surtout. Parfois les mots de l'auteure s'emballent comme l'esprit d'Etta et la réalité est autre, la sienne.
Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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Etta et Otto (et Russell et James) fait partie de mon butin du dernier festival America. J'avais assisté à une conférence pleine d'âme sur les paysages canadiens, avec Emma Hooper, DW Wilson et Lise Tremblay. Une vraie révélation pour moi, en fait, car depuis j'ai lu et adoré le roman et le recueil de nouvelles de DW Wilson [Balistique et La souplesse des Os] et été très touchée par ma lecture de la québécoise Lise Tremblay [L'habitude des bêtes]… Il me restait donc Emma Hooper à découvrir… et ce fut une explosion de joie ! Un mémorable coup de coeur. Je ne compte même pas les fois où, au cours de ma lecture, je me suis dit : « J'adore ce livre… Mais j'adore ce livre ! ». Etta et Otto (et Russell et James) est un roman original où on s'immerge, profond et drôle, tellement réconfortant. L'histoire de plusieurs vies, de grands espaces et de belles âmes.

« Otto,
Je suis partie. Je n'ai jamais vu l'eau, alors je suis partie là-bas. Rassure-toi, je t'ai laissé le pick-up. Je peux marcher. J'essaierai de ne pas oublier de rentrer.
A toi (toujours)
Etta. »

Un matin, Etta quitte la ferme familiale située au coeur des prairies de la Saskatchewan (dans le centre du Canada) pour aller voir la mer. Sac au dos, fusil en bandoulière. Elle a quatre-vingt trois ans et s'embarque à pieds pour un périple de plus de trois mille kms, jusqu'à Halifax sur la côte est. Il y a des moments où elle n'a plus toute sa tête, notre chère Etta. « Et si elle oublie ? […] Son nom, sa maison, son mari ? de se nourrir ou de boire ? L'endroit où elle va ? ». Heureusement, elle croise les pas d'un coyote amateur de chansons de cowboy, qui sera son aide-mémoire. En attendant son retour, à la ferme, Otto s'occupe comme il peut. Etta lui a laissé ses recettes de cuisine et il en vient à entamer un processus inédit de création. Et puis il y a Russell, le meilleur ami d'Otto depuis l'enfance, qui lui voue une admiration sans borne et a toujours aimé Etta en secret. Il va prendre la route pour la ramener.

Emma Hooper raconte Etta et Otto (et Russell et James), leur vie dans les prairies – c'est dingue cette région avec un horizon si vaste qu'on voit arriver les gens à 1 km de distance ! – où le vent souffle sans cesse, leur rencontre sur fond de crise économique et plus tard de seconde guerre mondiale, quand Otto traverse les océans pour combattre, Russell un peu bancal, Etta institutrice. Otto est le septième enfant d'une fratrie de quatorze, une famille de fermiers. Russell a aménagé chez son oncle et sa tante voisins d'Otto quand il avait six ans et est devenu comme un membre de la famille. « Il avait cinq mois de moins que lui, alors la mère d'Otto s'était mise à l'appeler Russell 7 1/2 ».

Etta et Otto (et Russell et James) parle d'amour, d'amitié et de permettre à ses rêves et à soi de se réaliser. Et qu'importe l'âge ! Tout dans ce roman m'a attrapé le coeur. Les gens, ce qui leur arrive, le ton dont c'est raconté, son grain de folie, le soupçon de réalisme magique. Beaucoup de rires, quelques larmes. Des passages qu'on a envie d'applaudir, des moments dont on voudrait être. Emma Hooper partage avec Audur Ava Olafsdottir la fraicheur d'un pétale en train de naitre et une grande bienveillance pour ses personnages. La jeune auteure canadienne manie le verbe avec une grâce admirable, un rythme, un souffle, au plus près du coeur des êtres. La construction de cette histoire est également parfaitement maîtrisée jusqu'aux dernières lignes, quel talent pour un premier roman !

Etta et Otto (et Russell et James) m'a emportée loin. J'étais bien. J'ai eu du mal à revenir. Les chants du large, son deuxième roman, a déjà rejoint mes étagères.

« Nous avons tous peur, la plupart du temps. La vie serait sans vie autrement. Aie peur et puis saute dans cette peur. Encore et encore. Simplement n'oublie pas de t'accrocher à toi-même pendant que tu le fais. »
Lien : https://lettresdirlandeetdai..
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Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
Toxémie. Un mot qui commence si durement et se termine si doucement. Un mot murmuré par la mère d'Etta à son père avant qu'ils n'aient eu une chance de saisir tout ce qu'ils venaient d'apprendre. Un mot porté par le père d'Etta dans l'escalier, oh si délicatement, comme un oisillon, jusqu'à la chambre d'Etta. Il le lui donna du ton le plus doux qu'elle lui ait jamais entendu. Etta le prit et le colla contre ses oreilles au début, puis dans sa tête et puis, soudain, horriblement, dans son coeur. Sa mère se glissa par la porte entrebâillée et ils comprirent tous les trois combien cela avait peu d'importance de savoir les choses, de savoir la vérité des choses désormais.
Il leur fallut plus longtemps, une semaine environ, pour remarquer le trou dans leur langage que ce nouveau mot avait fait. Pour saisir qu'il n'y avait pas de mot pour désigner un parent sans enfant, une sœur sans sœur.
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Parce que j'ai aussi cette horrible idée qui, je le sais, n'est pas vraie, qui, je le sais, est ridicule. J'ai cette idée que tous ces gars qui sont venus à la place de ceux que nous avons perdus rempliront leur place exactement et mourront tués par une balle ou poignardés dans le noir ou sauteront sur une mine comme les précédents, exactement comme eux, l'un après l'autre, et alors on enverra de nouvelles recrues pour les remplacer et ils mourront tués par une balle ou poignardés dans le noir ou sauteront sur une mine exactement pareil et alors on enverra des nouveaux, encore et encore.
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Mais je suis heureuse, je crois. Ou peut-être pas heureuse, je suis juste ici et c'est ici que je suis. Et c'est bien.
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Elles passèrent le restant de la journée à marcher dans cette espèce de silence qui n’appartenait qu’à elles.
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Les lettres d’Otto arrivèrent avec des fenêtres. De petits rectangles découpés à travers lesquels Etta pouvait passer le doigt. Des gens, des noms de lieux et des chiffres surtout, avaient été extraits du feuillet, soigneusement découpés et gardés quelque part. Etta imagina un bureau en Angleterre, bourré à craquer de ces gens, de ces villes, de ces chiffres dans leurs petits rectangles de papier originaux. Pour un penny, des passants pouvaient glisser une main dans la fente destinée aux lettres, fouiller et piocher
 
Helsinki
ou
Mozambique
ou
Sgt Andrews
ou
Carla
ou
Sept
ou
Cinq mille, mille neuf cent douze.
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Video de Emma Hooper (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Emma Hooper
Emma Hooper raconte comment elle a trouvé l'inspiration pour écrire son premier roman, en puisant notamment dans l'histoire de ses grands-parents.
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