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ISBN : 2875230239
Éditeur : Nevicata (01/05/2011)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Un passionnant récit d’aventure, de guerre et d’espionnage sur l’un des épisodes les plus romanesques de l’histoire moderne Au coeur des montagnes isolées et des déserts brûlants d’Asie centrale, une lutte épique opposa au dix-neuvième siècle l’Empire britannique et la Russie tsariste. Cet affrontement fut connu sous le nom de « Grand Jeu » – et ses répercussions se font encore sentir de nos jours. Le vaste échiquier où se déploya cette rivalité s’étendait du Cauc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
paulotlet
  14 avril 2012
Paru initialement en 1990, l'ouvrage de Peter Hopkirk, le Grand Jeu n'avait jamais été traduit en français. C'est chose faite grâce à la petite maison bruxelloise Nevicata, spécialisée dans les ouvrages relatifs à la montagne.
Dans ce livre tout à fait passionnant, Hopkirk fait revivre la lutte acharnée que se livrèrent Britanniques et Russes tout au long du XIXe siècle pour l'exploration, le contrôle et parfois l'occupation des territoires de l'Asie centrale. Pour Londres, l'enjeu était d'éviter que les Russes ne se rapprochent de l'Afghanistan, ce qui les auraient amenés à pouvoir menacer l'Empire des Indes. Pour Saint-Petersbourg, il s'agissait de se tailler un espace colonial au long de la frontière sud du territoire du Tsar, des portes du Caucase aux montagnes du Pamir. Et si d'aventure les portes des Indes lui étaient ouvertes de s'y engouffrer, profitant de l'aubaine.
Ils furent des dizaines de jeunes militaires, officiers et espions intrépides bravant les khans sanguinaires et les roitelets fourbes pour donner l'avantage à leur pays. Ils étaient prêt à risquer leur peau pour permettre aux marchandises britanniques de pénétrer les confins du Caucase et de l'Afghanistan ou pour empêcher les Anglais d'ouvrir un consulat auprès du gouverneur d'une lointaine région autonome du Turkestan chinois. Hopkirk ressuscite ces héros oubliés, comme le lieutenant Henry Pottinger qui se déguisa en marchand de chevaux pour explorer les passes reliant le nord de l'Inde à l'Afghanistan ou Sir Alexander Burnes tué par une foule déchaînée à Kaboul, le général Iermolov conquérant du Caucase russe ou le major Alikhanov, officier musulman du Tsar qui conquit la ville de Merv par la seule ruse. L'épopée fut aussi ponctuée de terribles déconfitures comme la perte presque totale de l'armée du général Perovski, partie conquérir Khiva et arrêtée par un hiver particulièrement précoce et rigoureux ou le massacre des troupes du général Elphinstone par le redoutable Akbar, neveu de Dost Mohamed, souverain afghan déposé par les britanniques. Les morts de ces terribles expéditions se chiffrent par dizaines de milliers. Quant aux autochtones, jouets des ambitions et des rivalités de leurs puissants voisins européens, il payèrent souvent au prix fort leur implication dans le conflit. Qui se souvient du malheureux peuple circassien ou des habitants de la ville turkmène de Geok-Tepe, massacrés pour ne pas s'être rendus assez vite à l'ogre russe?
Captivant de bout en bout, l'ouvrage de Hopkirk est très bien documenté. Il se base en grande partie sur les témoignages, les rapports et les mémoires laissés par les participants à ce Grand Jeu dont certains aspects ne peuvent manquer de faire songer à une actualité brûlante.
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PeterKmad
  24 février 2014
Pour moi, l'Asie centrale n'était qu'une contrée floue, une Terra Incognita, avec des pays aux noms finissant par "-stan", peuplée de peuples exotiques aux noms improbables et contrôlée par une poignée de despotes aux noms impossibles à mémoriser. Visiblement, l'Empire britannique et l'Empire russe en avaient plus ou moins la même perception au début du 19ème siècle. Une contrée très mal connue, non cartographiée, que très peu d'occidentaux avaient eu l'occasion de visiter à cette époque, et dont l'intérêt géopolitique était inexistant.
En effet , les deux nations du "Moyen-Orient" qui préoccupaient les grandes puissances occidentales de l'époque, c'était principalement l'Empire Ottoman et la Perse. Mais cela évolua nettement au cours de toute la période qui suivit, lorsque les deux empires commencèrent à se tirer joyeusement dans les pattes en Asie Centrale au cours de ce que les historiens appelleront "le Grand Jeu". Et j'aime autant vous dire que ce fut plutôt folklorique... et violent, bien sûr.
Peter Hopkirk nous fait découvrir, avec un enthousiasme communicatif, les acteurs de cette pré-Guerre froide, principalement des officiers et des espions russes ou anglais, de véritables aventuriers, audacieux, rusés, plus ou moins scrupuleux, et pour la plupart complétement téméraires, qui s'activeront toute leur vie durant pour s'attirer les bonne grâce des potentats locaux, pour cartographier jusqu'aux moindres recoins de cette contrée hostile (montagnes, déserts, et quelques rares oasis), ou pour mener d'incroyables expéditions militaires afin de de conquérir les villes de Khiva, Boukhara, Tachkent, Marv, Samarkand et autres cités de la Route de la Soie.
Au final, on se retrouve avec un récit pittoresque et passionnant, avec de vrais morceaux de géopolitique internationale dedans, d'autant plus marquant qu'il se déroule dans une zone où, un siècle après les britanniques (qui s'y sont battu au cours des trois guerre anglo-afghanes), les soviétiques (1979-1989) puis les américains (2001-aujourd'hui) sont venus se casser les dents, incapables de maitriser des territoires et des peuples particulièrement rétifs aux dominations impérialistes. J'en conseille par ailleurs la lecture au amateurs d'aventure, car bien souvent, dans ce domaine, la réalité dépasse, et de loin, la fiction.
NB : Mention spéciale pour les cartes "faites à la main" que l'on trouve au début du livre, qui à elles-seules m'ont ouverte des perspectives fascinantes.
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miriam
  12 juin 2015
C'est une magistrale leçon d'histoire!
le Grand Jeu est la rivalité de deux empires Russe et Britannique au cours du 19ème siècle, de l'épopée napoléonienne à la 1ère guerre Mondiale et à la Révolution Russe qui a changé la donne.
Jeu d'echec, de go ou poker menteur?
Chacun avance ses pions, ses espions, ses armées. la confrontation est toujours latente, guerre de Crimée, appui aux montagnards Caucasiens, gesticulations dans les Détroits, en Méditerranée à l'Ouest, luttes d'influences sur les bordures orientales jusqu'au Tibet et aux Pamir.
Mais c'est en Asie Centrale que se joue la partie.
La Russie veut agrandir son empire, depuis Pierre la Grand, ses armées, ses cosaques envahissent des terres à l'est ou au sud de la Russie, occupent et n'en partent plus.
Les Britanniques ont une obsession : La Route des Indes. Les Indes sont les joyaux de la Couronne et tout ce qui pourrait les menacer les fait réagir. Les russes pourraient ils arriver aux portes de l'Himalaya? aux passes afghanes? L'Afghanistan est une pièce essentielle de ce Grand Jeu.
Deux guerres anglo-afghanes n'ont rien appris ni aux Anglais, ni plus tard aux Soviétiques et aux Américains qui auraient mieux de lire cette étude avant de se lancer dans de désastreuses aventures! le Grand jeu est il vraiment terminé? Un autres ne se joue-t-il pas actuellement?
Pour les grand plaisir de la lectrice, l'auteur raconte les péripéties des acteurs individuels comme dans un roman d'aventure, plutôt un roman d'espionnage. clins d'oeil à Kipling, au Jeu de Kim!
En lisant ce livre, on comprend ce que les romans d'espionnage britanniques doivent à ce grand jeu! on comprend aussi que la Géographie, l'exploration doit à cette guerre. quel plaisir de suivre ces cartographes indiens, ces pandit déguisés en pélerins avec compas et boussoles dans les moulins à prières.
Un bémol quand même, l'ouvrage est très gros, la lecture parfois laborieuse. Que m'importe l'anoblissement de tel capitaine ou colonel? les décorations militaires, j'avoue que j'ai parfois sauté les exploits guerriers et certaines batailles.
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Anne578869
  31 octobre 2017
Peter Hopkrik retrace les affrontements entre les empires britanniques et russes pour contrôler l'Asie centrale au cours du 19ème siècle : luttes d'influences, vraies-fausses alliances, espionnage, tromperies, ruses, mensonges, trahisons, avec comme personnages principaux des officiers ambitieux et téméraires, des aventuriers peu scrupuleux, des explorateurs et même un missionnaire fou ! Personnages dont les noms et les aventures sont encore très vivaces en Asie centrale.
Ces épopées se déroulent dans les décors de l'Himalaya, de l'Indu-Kush, du Pamir, les déserts de Taklamakan, Kyzylkoum, Karakoum, le long de l'Amou Daria et du Syr Daria
L'enjeu de cette rivalité : l'Afghanistan, verrou naturel entre les Indes et l'Asie centrale. Un pays facile à conquérir, mais impossible à occuper.
Une réalité qui dépassa toute fiction, et qui fut une source d'inspiration pour de nombreux auteurs dont Rudyard Kipling (l'homme qui voulut être roi)
Un fabuleux récit d'aventures, passionnant, pittoresque, captivant, accessible pour tous, un grand plaisir de lecture.
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karangbat
  20 mai 2015
passionnant divertissant,pour qui veux comprendre un peu de la geopolitique actuelle
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critiques presse (2)
Lexpress   23 juillet 2011
Peter Hopkirk retrace l'affrontement entre la Russie et la Grande-Bretagne pour asseoir leur domination.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Liberation   14 juin 2011
[Peter Hopkirk] a pris le parti de raconter ce «tournoi d’ombres» à partir des odyssées de ceux qui se sont risqués sur la scène de cet échiquier grandiose qui vit s’affronter la Russie tsariste et la Couronne britannique.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
paulotletpaulotlet   14 avril 2012
Le moins qu'on puisse dire est que conduire une caravane mal armée, mais chargée de biens précieux - de l'or, selon la rumeur- au coeur de l'Afghanistan est une entreprise périlleuse. Le faire à l'heure de l'anarchie la plus complète, alors que le pays est sur le point de basculer dans la guerre civile, exigeait du courage, voire de la témérité au plus haut degré. C'était pourtant dans cette aventure que Moorcroft et ses compagnons allaient se lancer têtes baissées. Les perspectives d'en revenir vivant, d'atteindre l'Oxus entier avec leurs marchandises, étaient minces. Et les rumeurs qui circulaient à propos du groupe ne devaient pas leur faciliter la tâche.
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kounil98kounil98   09 septembre 2016
Les premières phrases : Ce matin-là de juin 1842 à Boukhara, ville d'Asie centrale, on put voir deux silhouettes en guenilles, agenouillées dans la poussière de la grande place devant le palais de l'émir. Les bras solidement attachés dans le dos, ils faisaient pitié à voir. Repoussants de crasse et affamés, ils avaient le corps couvert de plaies et leurs cheveux, leurs barbes et leurs vêtements grouillaient de poux. Non loin de là, deux tombes avaient été fraîchement creusées.
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