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EAN : 9782825146828
276 pages
Éditeur : L'Age d'Homme (29/03/2017)

Note moyenne : 4.67/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Lorsque Lou découvre le cadavre de son amant brésilien dans la baignoire, son monde s'écroule. Refusant l'hypothèse du suicide, envers et contre tous, elle choisit d'explorer le passé de Carlos. Une vie bousculée, fragile et insoupçonnée se dévoile, l'obligeant à combattre ses propres démons.
Le roman s'ouvre sur une anodine piqûre de moustique, mais a l'image de l'intrigue, la lésion enfle, suppure et ronge sa victime. L'efficacité narrative de cette affair... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
monromannoir
  21 janvier 2018
Depuis quelques années, alors qu'elles s'en désintéressaient totalement, d'emblématiques maisons d'éditions romandes, comme Zoé ou L'Âge d'Homme, se sont lancées dans le roman policier sans que l'on ne comprenne très bien le sens de cette démarche si ce n'est une volonté de saisir l'opportunité du regain d'intérêt du public suisse romand pour la littérature noire, ceci d'autant plus que les médias ne cessent d'encenser les auteurs se lançant dans le polar sur le mode local que l'on affuble désormais du qualificatif ridicule « d'ethno ». Mais bien au-delà du phénomène de mode teinté d'accents folkloriques racoleurs ou de l'aspiration à épouser les modèles des best-sellers scandinaves ou d'autres contrées, ou même de réitérer un coup d'édition à la Dicker, on peut comprendre, à la lecture de certains textes, que les éditeurs n'aient pas voulu voir échapper quelques auteurs brillants, capables de saisir l'atmosphère de nos contrées helvétiques par le prisme du genre policier. Ainsi en compulsant le catalogue de l'Âge d'Homme on découvre une collection Poche Suisse Noir comportant un titre de Marie-Christine Horn, intitulé La Piqûre que l'auteure avait publié en 2006 et dont elle nous propose une version rémaniée pour la présente publication.
Surmonter le deuil n'est pas chose une aisée pour Lou, surtout lorsqu'il s'agit de Carlos, son amant brésilien qu'elle a retrouvé mort dans sa baignoire, les veines tranchées. Une image sordide qui ne cesse de la hanter, ceci d'autant plus qu'elle ne peut admettre la thèse du suicide. Fantasque, mythomane, alternant les moments joyeux et quelques humeurs plus mélancoliques, Carlos était un homme secret ne parlant que très peu de son pays d'origine. Mais pour faire la lumière sur sa mort et à mesure qu'elle découvre le passé de son compagnon, Lou met à jour un parcours de vie insoupçonné qui se dévoile peu à peu laissant entrevoir toute la détresse de ces immigrés clandestins devant tout abandonner dans l'espoir de trouver une vie meilleure dans de lointaines contrées. Et comme cette piqûre qui la démange, Lou n'aura de cesse de trouver la vérité, tout comme l'inspecteur Charles Rozier en charge d'une enquête se révélant moins routinière qu'il n'y paraît.
Sur une trame narrative plutôt classique où l'héroïne, envers et contre tous, découvre dans le passé de la victime quelques obscurs secrets en lien avec le crime, Marie-Christine Horn met en place une dramaturgie originale, un peu décalée notamment au niveau de l'introduction avec cette piqûre nous renvoyant au souvenir du crime dans une redoutable et efficace mise en perspective permettant de percevoir toute la détresse d'une femme désemparée. Outre l'efficience d'un schéma narratif maîtrisé on appréciera avec Marie-Christine Horn la convergence des genres pour une intrigue oscillant entre le polar et le roman noir. Ainsi l'enquête policière se met en place par l'entremise de l'inspecteur Charles Rouzier dont le profil s'apparente à celui d'un policier comme Jules Maigret ou Martin Beck tout en occupant un rôle plutôt secondaire pour mettre en exergue les carences des institutions cantonales révélant une corruption ne tournant pas forcément autour d'une simple question d'argent. Mais La Piqûre emprunte davantage de thèmes afférents aux romans noirs en mettent en scène cette dichotomie entre l'insouciance de Lou, représentation d'une classe moyenne aisée, et l'angoisse de Carlos dont le statut de séjour précaire le contraindra à quelques compromissions dont il ne peut révéler les tenants et les aboutissants. Parce qu'elle ne peut se départir du cliché du brésilien séducteur, Lou ne voit, dans les dissimulations de son amant, que de vagues petites histoires d'infidélité la conduisant sur le seuil de la rupture. Bien évidemment, rongée par le remord, ce n'est qu'à la mort de son amant que Lou va découvrir une réalité beaucoup moins glamour en se rendant dans un bidonville de Rio de Janeiro où vivait Carlos. Dans le cadre de cette dynamique de rédemption bien trop tardive, on appréciera également les personnages secondaires composant l'entourage de l'héroïne à l'instar de sa soeur Nicole, incarnation de la mère de famille modèle et de Daniel, son ami d'enfance dévoué, qui voit dans la quête de Lou, l'occasion de conquérir son coeur. L'ensemble se décline dans une atmosphère lausannoise que Marie-Christine Horn restitue par petites touches et avec beaucoup de justesse tout comme la ville de Rio de Janeiro et ses bidonvilles, dépeints avec beaucoup de pudeur en évitant tous les clichés sordides.
On l'aura deviné, l'ensemble du récit, dépourvu d'éléments gores ou de scènes d'actions trépidantes, tourne autour d'une tension psychologique continue que l'auteure entretient au gré de rebondissements surprenants qui alimentent une intrigue à la fois subtile et prenante. Avec une écriture précise et dynamique, sans abuser d'artifices narratifs propres au genre et avec une logique implacable, l'intrigue baigne dans une atmosphère de suspense se déclinant au rythme des nombreuses péripéties jalonnant le roman et dont l'issue ultime révélera encore quelques surprises que l'on découvrira sous la forme d'un épilogue à l'ironie mordante.
Pertinente dans le choix des thèmes qu'elle aborde avec beaucoup de finesse au travers de la belle énergie de cette figure héroïque d'une femme forte mais désemparée devant surmonter les obstacles de la disparition suspecte de son amant, Marie-Christine Horn nous offre, avec La Piqûre, un excellent polar dynamique conciliant la veine populaire du genre tout en abordant les multiples disfonctionnements sociétaux pouvant pousser l'individu à la commission d'un crime. Dans le paysage de la littérature noire helvétique il faut compter sur Marie-Christine Horn.
Marie-Christine Horn : La Piqûre. Editions L'Âge d'Homme 2017.
A lire en écoutant : O Caminho de Bebel Gilberto. Album : Bebel Gilberto. Crammed Disc 2004.

Lien : http://monromannoiretbienser..
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silencejelis
  05 novembre 2017
"La piqûre" de Marie-Christine Horn est un roman particulier par la mise en parallèle d'une insupportable piqûre de moustique et les émotions de l'héroïne. L'auteure sort de son chapeau de magicienne cette idée originale et cela m'a beaucoup plus.
Il s'agit bel et bien d'un polar bien mené avec des personnages que j'ai beaucoup apprécié. Une plume aboutie et le mystère de cette affaire de pseudo-suicide nous portent de pages en pages en quête de la vérité jusqu'au dénouement, avec une petite surprise en toute dernière page.
Mais il s'agit également ici de réfléchir sur "que savons-nous du passé de la personne que l'on aime?" Connaissons-nous vraiment la personne qui partage notre quotidien?
En conclusion, une très bonne lecture en ce qui me concerne, je recommande ce roman et prenez soin de vos piqûres et pas seulement sur le plan physique.
Lien : https://silencejelis.blogspo..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
pasphilpasphil   12 mars 2019
"Je sais à peine me gérer toute seule! Je n'ai que 25 ans, ... et ma vie n'est pas réglée comme du papier à musique. D'ailleurs ton père est loin d'en être les notes, ..."

La peinture est le reflet de l'âme, je ne peux pas reproduire ce que je ne connais pas.

Je souhaite que tu trouves ton bonheur... pas que tu fasses le mien.
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silencejelissilencejelis   05 novembre 2017
La démangeaison la réveilla. Une douleur piquante sous la peau, semblable à l'implant d'aiguilles brûlantes.
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