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Critiques sur Giboulées de soleil (40)
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isabelleisapure
  02 mars 2018
« Giboulées de soleil » donne la parole à trois femmes d'une même lignée, trois femmes tchèques, Magdalena, Liba et Eva qui donneront naissance à leur premier enfant hors mariage, une famille de bâtardes.
«On est des bâtardes de mère en fille, comme certains sont boulangers ou roi. »
Avant elle, Marie, elle-même fille-mère et qui, comme un pied de nez, est devenue sage-femme dans la campagne de Moravie où elle s'est exilée.
Il faut se souvenir qu'au début du XXème, un enfant sans père reste un bâtard même si ce père a souvent lâchement fui, et le mépris, voire la haine, ébranle leur enfance comme leur vie adulte, la ligne du père sur les papiers d'identité restera vide à jamais.
Mais ces quatre femmes de caractère reliées par le fil de la broderie qu'elles pratiquent avec art conservent la tête haute, fières, courageuses, elles affrontent le regard des autres, se construisent avec cette différence. Leurs vies s'entremêlent, Elles deviennent expertes en adaptation, goûtent chaque petit éclat de bonheur, rai de soleil au coeur de la giboulée :
« Les moments de grâce sont de cette nature, furtifs, insaisissables. »
Leurs existences sont aussi inscrites dans l'Histoire de leur pays, la proximité attirante de l'Autriche, le nazisme, la montée du communisme et l'arrivée des soldats russes installant l'autorité soviétique.
Lenka Hornakova-Civade trouve le ton juste et l'équilibre parfait entre l'histoire personnelle, individuelle et la grande Histoire qui est évoquée et rappelée subrepticement, sans lourdeur. « Giboulées de soleil » est un superbe premier roman qui fourmille d'idées lumineuses malgré l'âpreté des destins, trois portraits émouvants de femmes dignes et passionnées qui passeront leur existence à tenter d'inventer leurs vies et à se battre face aux regards accusateurs.

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motspourmots
  09 mai 2016
A travers les trois portraits de femmes qui forment l'ossature de ce très joli premier roman s'écrit l'histoire de l'ex Tchécoslovaquie, au sortir de la seconde guerre mondiale. Magdalena, Libuse et Eva sont à la fois les héritières d'une histoire familiale et les témoins des profonds changements politiques et sociétaux du siècle dernier, qui ont influencé leurs vies. de mère en fille, elles assument l'absence de père, dans des circonstances certes différentes et subissent souvent pour le pire, le mépris voire la violence d'un beau-père qui préférerait ne pas avoir à assumer cette entorse à sa lignée. Pourtant, à chaque étape, de façon subtile, ces femmes progressent, belles et fières dans leurs choix, prêtes à tout pour survivre et donner une meilleure chance à la suivante, quitte à sacrifier leurs propres aspirations.

En filigrane se dessine aussi le destin d'une Tchécoslovaquie, orpheline de l'empire austro-hongrois, passée de l'invasion nazie à la main mise communiste avant que l'étau ne se desserre en même temps partout en Europe. Pour ces femmes, il s'agit de s'adapter comme toujours, à la grande Histoire et à la petite, façonnées toutes deux par les hommes. Magdalena rêvait de Paris comme un symbole de lumière et de liberté, sa petite fille, Eva, réalisera son rêve des décennies plus tard, aidée en cela par l'ouverture des frontières et par la littérature.

C'est un récit très personnel que nous livre Lenka Hornakova-Civade, un récit poignant duquel émerge la figure d'une quatrième femme, Marie, sorte de matriarche, mère de Magdalena et arrière-grand-mère d'Eva. Une femme forte, décidée à ne pas se laisser dicter sa conduite ni imposer aucune volonté. Une femme dure, traversée parfois de rares éclats de tendresse. Un sacré personnage, difficile à oublier.

Un très beau roman sur l'héritage, la transmission, les origines et la filiation, porté par de magnifiques voix de femmes courageuses et ambitieuses.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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blandine5674
  18 novembre 2017
La fluidité et le style est un régal de lecture. de mère en fille, elles feront un enfant sans père. Pas de retour avant/arrière ni d'une époque à l'autre. Une chronologie que j'apprécie. En gros, 3 romans dans un pour 3 femmes qui vivent en Tchécoslovaquie (pensée pour Kafka). Un sujet bien connu en littérature, mais dans celui-ci ce ne sont pas des victimes. Non leurs ‘bâtardises' vont les rendent fières et leur donner de la force. de beaux portraits de femmes inoubliables que nous brode à petits points l'auteur (normal elles sont brodeuses !) Pourquoi Giboulées de soleil ? Je n'ai pas compris le titre.
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Ritonussius
  13 avril 2016
Écrite en français par une romancière tchèque (chapeau !), la saga de ces remarquables femmes s'inscrit fort judicieusement dans les cinquante années de l'histoire de la Tchécoslovaquie qu'elles traversent. Ce fond historique, si important dans la destinée des « bâtardes », est subtilement et clairement évoqué, ni trop, ni trop peu, et toujours rapporté au contexte du roman. Quant aux femmes, elles sont toutes magnifiques et magnifiées par l'écriture. Je trouve qu'elles se ressemblent dans leur volonté de vivre et de survivre malgré tout, malgré la « malédiction » qui les frappe toutes. Mais chacune d'elle est aussi singulière, et l'auteure a su déjouer le piège qui en aurait fait de l'une le clone des autres. Chaque femme est l'héroïne de son propre roman. Chacune a sa vie, sa personnalité, ses rêves, ses lubies, son parler. Les lieux, les évènements, les autres personnages, les relations, les interactions entre eux sont autant de réussites. L'intrigue est toujours là, les événements toujours tapis dans les pages à venir ; il y a une forme de suspense qui donne envie. le style est vivant, travaillé sans être trop recherché, trop apprêté. On y manie aussi parfois l'humour et la dérision. Au fond, rien n'est irrémédiablement tragique, même les plus sombres moments. C'est un texte, malgré les embûches de la vie, délibérément optimiste, à la gloire de la Femme bâtarde, une différence qui, grâce à l'auteure, devient une… « distinction » ! Enfin, les dialogues sont très réussis. Bref, c'est, de mon point de vue, un magnifique roman qui, je l'espère, connaîtra un succès mérité. Je suis épaté par le maniement de notre langue dans ses plus intimes nuances.
Lien : http://www.auteur-roman-nouv..
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Herve-Lionel
  16 décembre 2016
La Feuille Volante n° 1098
GIBOULÉES DE SOLEIL – Lenka HORŇÁKOVÁ-CIVADE – Alma Éditeur.

Ce roman est partagé en trois livres, consacrés à trois femmes, Magdalena, Libuše, et Eva, qui se transmettent de mère en fille l'art de la broderie mais surtout le fait d'être nées de père inconnu, que leur géniteur soit un fils de patron, un soldat ou un ivrogne violent. Elles sont toutes des enfants de l'amour mais surtout des bâtardes et se transmettent cet absence de père comme une charge, une interrogation, un peu comme si un destin briseur de rêves la leur imposait. Elles l'acceptent comme une fatalité mais avec détermination cependant et chacune d'elles souhaitent ardemment que son enfant puisse exercer son choix et qu'on ne lui impose pas celui des autres. Pourtant tout commence avec Marie, la mère de Magdalena, à Vienne où elle était l'assistante et la maîtresse d'un gynécologue juif qui l'abandonne alors qu'il fuit avec sa famille face aux premières menaces nazies. Marie s'était réfugiée à la campagne avec sa fille, comme serveuse dans une auberge et accoucheuse à l'occasion. Puis naît Magdalena qui rêvait d'épouser josef mais doit se contenter d'un boiteux violent dont aucune femme ne veut parce qu'une bâtarde ne peut pas choisir. Libuše rêvait de Paris comme d'une destination lointaine et inaccessible. Eva enfin, très originale et exubérante, pertinente et impertinente, curieuse de tout et avide de liberté. C'est grâce à elle que les mensonges, les secrets et les non-dits de cette famille éclatent enfin. C'est avec elle aussi que s'interrompt cette malédiction.
Ces quatre femmes auront bien sûr des frères et des soeurs, seront mariées, mais pas avec le père de leur première fille. Ce mariage arrangé fera d'elles des victimes et le bonheur sera absent de cette union mais elles garderont le secret d'un amour impossible. La broderie, legs commun, sera pour elles une forme de liberté, d'évasion, de voyages impossibles, surtout pour Libuše. Leurs vies personnelles d'errance croiseront la grande histoire, celle de la Tchécoslovaquie bousculée par les événements politiques depuis l'empire austro-hongrois jusqu'à l'instauration et la fin du communisme, dont l'utopie, les mensonges et les erreurs sont omniprésents dans ce roman, en passant par l'occupation nazie. Seule Eva, l'arrière petite-fille de Marie connaîtra Paris, symbole de lumière et de liberté, réalisant ainsi le rêve de toute cette lignée de femmes. Parmi ces quatre récits, celui consacré à Eva est le plus pétillant, le plus ensoleillé. Dans « l'autoportrait » qui suit ce roman, l'auteure confie qu'il y a un peu d'elle-même dans ce livre et il est difficile de ne pas voir son empreinte dans le personnage de cette dernière jeune fille.
C'est donc un roman personnel et émouvant, chargé de symboles aussi, celui de ces femmes fortes, déterminées mais pas résignées, dans une société marquée par la violence, la compromission et l'hypocrisie. L'auteure s'attache son lecteur par son style poétique, spontané, parfois puéril mais toujours fluide et agréable à lire. Elle est de nationalité tchèque mais a écrit ce premier roman directement en français ce qui est sa manière de se l'approprier pour exprimer, selon elle, plus facilement son message et la subtilité des sentiments. Ce n'est pas si fréquent qu'un auteur exerce ce choix, j'y vois un hommage à la France où elle vit et à notre belle langue au point qu'elle considère que le texte ainsi écrit est l'édition originale de référence qu'elle traduit elle-même en tchèque.
© Hervé GAUTIER – Décembre 2016. [http://hervegautier.e-monsite.com ]
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Tlivrestarts
  20 septembre 2016
C'est la 100ème chronique de la catégorie "Mes lectures" sur le blog, ça se fête non ? Et en beauté s'il vous plaît, avec un coup de coeur ! Encore un 1er roman qui fait partie de la sélection des 68 premières fois.

L'histoire se passe en Tchécoslovaquie. Magdalena est une jeune femme, elle est employée avec Jan dans une ferme. Sa mère, Marie, découvre très vite la grossesse de sa fille. Elle est gynécologue et sait très bien repérer les signes avant-coureurs chez une femme. Magdalena n'est pas mariée, nous sommes dans les 1940. Elle décide de garder l'enfant. Il est le fruit d'une nuit d'amour avec le fils du patron, Josef, étudiant à Vienne. Ça sera un bâtard, comme elle !

Je ne vous en dit pas plus sur ce roman particulièrement dense sinon que :

Ce roman est dédié aux femmes, à une lignée de femmes dont les vies sont chahutées par les hommes.

Depuis Marie, en passant par Magdalena, Libuse et Eva, ce sont 4 générations de femmes qui sont embrassées par ces « Giboulées de soleil », et pas n'importe quelles femmes… des femmes qui ont de la personnalité, des femmes qui revendiquent la liberté.


Je voudrais que ma fille puisse aussi faire son choix, qu'on ne lui impose pas celui des autres. P. 118

La liberté de mettre au monde un enfant de père inconnu aussi ! Elles le font au nom de l'amour. La relation, aussi fugace soit-elle, mérite le respect. Quand certains y voient une malédiction, elles l'affichent comme une certaine identité familiale et en sont fières. Chapeau !

Ce roman, c'est l'Histoire d'une nation, celle de la Tchécoslovaquie depuis sa création jusque dans les années 1980. Il y a l'annexion nazie et la répartition des territoires, il y a la montée du communisme avec le transfert des propriétés, la création des coopératives, et enfin l'hégémonie soviétique.

Ce roman parle de la mémoire, des souvenirs, du poids des secrets, des non-dits.


Je voudrais pouvoir raconter à ma fille une belle histoire d'amour, aussi courte qu'elle ait été. Parce que c'est ça que je vais faire, parler à ma fille, tout lui dire, lui conter ma nuit, décrire son père, le nommer. Il faut qu'elle sache. Ce sont les blancs dans nos vies qui nous font souffrir, je le sais. P. 91/92


Et pour que la mémoire se perpétue, il faut des passeurs, des personnes qui acceptent de jouer le rôle de relais :


Si la dame ne nous avait pas parlé de lui, il serait totalement mort, et il serait mort le jour de sa mort à elle, définitivement, irrémédiablement. Pour la première fois, j'ai ressenti physiquement le poids de la mémoire. P. 267/268


Ce roman parle du pouvoir des rêves. Ces femmes avaient une vie difficile mais elles avaient aussi cette capacité à s'en émanciper pour s'offrir d'autres horizons…


Rêver transforme une femme de presque soixante ans avec un derrière et un foulard sur la tête en une jeune femme belle, les yeux pleins d'étoiles qui s'illuminent plus fort que celles accrochées dans le ciel d'une nuit sans lune. P. 136/137


Ce roman fait enfin la part belle à l'art.

Il y a celui de la broderie qui y est abordé avec raffinement. Encore une affaire de femmes et tellement haute en couleurs !

Et il y la littérature. Il y a cette référence à l'oeuvre d'Alexandre DUMAS « La Dame aux camélias », et puis, la bibliothèque de Madame Gabriela, un petit coin de paradis dans lequel chacun voudrait pouvoir s'y faire une place !


Les deux pièces que la dame occupait débordaient de livres, si bien que pour nous asseoir il fallait libérer les deux chaises en construisant de nouvelles piles de livres sous la fenêtre, après avoir poussé de nombreuses autres pour faire de la place. P. 265


Je peux vous assurer également que ce roman est le fruit d'une plume remarquable. Il l'est d'autant plus qu'il est écrit en français par une écrivaine d'origine tchèque. Une magnifique prouesse quand on voit la qualité de la prose. Elle justifie ainsi sa démarche : « Je ne pouvais exprimer qu'en français ce qui reste indicible dans ma langue maternelle. » Et elle le fait avec talent, chaque mot est posé, ce qui donne au propos une très grande profondeur.

Si j'avais conservé ce livre, je crois qu'il aurait fait partie de ces livres hérissons, de ceux qui regorgent de marque-pages comme autant de citations que je voudrais garder en mémoire. Il est truffé de petites perles sur les femmes, le bonheur, la normalité…

A bien y regarder, la lecture de ce roman a été pour moi un moment de grâce comme Lenka HORNAKOVA-CIVADE les décrit si bien :


Les moments de grâce sont de cette nature, furtifs, insaisissables. Il faut avoir foi en eux, et en leur existence, si brève qu'elle laisse une trace amère dans tout le corps. Cette sensation, cette nostalgie est bien la preuve de leur existence. P. 15


Giboulées de soleil de Lenka HORNAKOVA-CIVADE
C'est un coup de coeur quoi ! Je suis déjà nostalgique de devoir le laisser repartir…
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Albertine22
  27 mai 2016
Ce roman est découpé en trois "livres" dont les titres sont des prénoms Magdalena, Libuse et Eva. Magdalena est la mère de Libuse et Libuse est la mère d'Eva. Leur "lignée" de femmes se transmet l'art de la broderie et le fait d'être de père inconnu. Ce sont des "bâtardes" et ce mot les poursuit, leur offrant une certaine liberté, les exposant aussi au mépris, aux railleries, à la mise à l'écart par une société tchèque qui déteste celles qui ont fait un pas de côté.

Avant même de parler de ces trois femmes, il me semble essentiel d'évoquer Marie, la matriarche, la mère de Magdalena. Tout a finalement débuté avec elle à Vienne. Marie a vécu auprès d'un gynécologue obstétricien juif, elle a appris auprès de lui l'art de donner la vie. Il avait une famille, tout ce qu'il y a de plus officielle, et à côté, Marie et leur fille, Magdalena, une seconde famille de l'ombre. Avant la Seconde Guerre Mondiale, le médecin a fui sans la prévenir et Marie a décidé de retourner dans sa patrie, la Tchécoslovaquie. La citadine redevient paysanne et met son don d'accoucheuse au service de leur village d'adoption. Cette femme, très belle, économe de ses mots et de ses élans de tendresse, est présente tout au long de l'histoire. Elle apprend aux femmes de sa lignée l'art de la broderie, l'art aussi de respirer goulûment les bouffées de bonheur que la vie ne leur accorde que très rarement.

L'auteure met en avant les femmes, leur intimité, la maison de Marie devenue gynécée mais les hommes ne sont pas pour autant oubliés. Ce n'est pas parce qu'aucun nom de père n'apparaît sur les registres de naissance qu'ils n'ont pas pour autant existé. Un médecin,un aubergiste, un fils de propriétaire terrien, un soldat russe, un Boiteux malfaisant, un délicat poète, la tête dans les étoiles, et son frère plus terrien. Certains se sont montrés tendres et aimants, d'autres d'une brutalité sans nom. le fait est qu'ils n'occupent qu'une place secondaire dans l'histoire des quatre femmes. Ils peuvent sembler maîtres à bord, les maintenir sous leur coupe, elles trouvent toujours un moyen de s'évader, de trouver le soleil au milieu des giboulées.

Retirées dans leur petit village, L Histoire, la grande, leur parvient de manière un peu atténuée. Leur monde est campagnard, elles sont proches de la nature, aiment profondément les vaches, si placides et apaisantes. le passage des saisons rythme les années. Bien sûr, en filigrane, la Tchécoslovaquie connaît de profonds changements : l'expropriation des propriétaires terriens allemands après la Seconde Guerre Mondiale, l'apparition et l'installation du communisme et la mutualisation des biens, le printemps de Prague. Marie et ses descendantes s'adaptent, plient sans rompre mais gardent, bien dissimulée au fond de leur coeur, le goût de la liberté.

Pour nous raconter ces femmes, Lenka Hornakova-Civade a écrit en français. Elle est tchèque mais vit en France depuis 1991. Elle a choisi notre langue et l'utilise avec une incroyable délicatesse, une justesse de chaque instant. Les mots sont de splendides parures pour Marie, Magdalena, Libuse et Eva. Des parures faites de douceur, de douleur, de plaisir, de mépris, de violence mais aussi de vie.

Un très beau roman
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Virginie_Vertigo
  05 juin 2016
Une fois de plus, Alma éditeur nous offre un superbe roman écrit en français par une auteure tchèque.

Ce roman est découpé en trois parties racontant la vie de trois femmes : Magdalena, Libuše et Eva. Qu'ont-elles en commun ces trois femmes ? Elle sont, tout d'abord, les trois générations d'une même famille : Magdalena est la mère de Libuše et Libuše la mère d'Eva. Elles sont aussi toutes les trois « bâtardes ». Enfin, elles vivent toutes les grands bouleversements de la Tchécoslovaquie, de l'installation à la chute du communisme. C'est d'ailleurs ce qui fait aussi la force de ce roman : narrer les petites histoires dans la grande Histoire. Ces trois femmes sont ainsi les témoins à la fois des bouleversements politiques mais aussi sociaux. Elles sont féministes à leur façon, bravant le regard des autres, fières d'elles-même et avançant, progressant malgré ce monde en plein chaos. Marie, la mère de Magdalena symbolise bien cette force de caractère et elle transmet à ces descendantes cette volonté de garder la tête haute.

C'est véritablement un très beau roman sur la transmission, la filiation, les origines mais aussi une histoire de la Tchécoslovaquie de 1946 à 1991.

Je vous le conseille très vivement !!!!
Lien : http://www.leslecturesdumout..
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Norlane
  24 septembre 2017
Dans un petit village de campagne en Moravie (Tchéquie), région ballotée par les décisions politiques lointaines (empire Prusse démantelé, guerres mondiales, communisme, URSS...), une lignée de femmes sans nom paternel, bâtardes donc, qui forment au fil des mariages et naissances une famille recomposée qui entasse les non-dits, les violences tues, mais aussi la force de tenir, le désir de liberté, l'amour des petites choses de la vie. Les giboulées de soleil, c'est au fil des générations et de l'Histoire, les tiraillements entre la communauté (amplifiée avec le communisme) et l'individualité ; c'est les destins personnels bâtis de choix et de non-choix... Une borderie de noeuds et de fleurs.
L'autrice, tchèque installée en France, a choisi d'écrire dans sa langue d'adoption plutôt que sa langue maternelle. C'est admirable... mais j'avoue que, sans dénaturer cette spécificité qui donne une écriture agréable et cohérente avec les personnages, j'aurais aimé que la maison d'édition soit un tout petit peu plus exigeante sur quelques tournures et orthographes...
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badpx
  08 juillet 2017
J'ai beaucoup aimé cette fresque familiale : ces histoires successives de trois femmes, qui toutes ont rêvées d'une vie meilleures, mais qui ont du composer leur vie avec les "circonstances" historiques du pays dans lequel elles vivent, et avec les conséquences de leurs amours.
J'ai beaucoup aimé le style aussi, c'est doux, c'est fluide, poétique parfois. Je me suis laissée bercée par ces pages, j'étais en Moravie dans ce petit village, juste à côté de la frontière Autrichienne.
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