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EAN : 9782492596001
400 pages
Éditeur : DALVA (06/05/2021)
4.43/5   15 notes
Résumé :
C'est l'histoire d'une pieuvre qui cherche à rejoindre l'Océan pacifique pour y pondre ses oeufs. Mais pour y parvenir, elle doit traverser un bras de terre, quitter son élément, croiser une route. C'est l'histoire d'une femme qui a vécu de terribles épreuves et ne sait plus très bien qui elle est ni ce qui a de l'importance à ses yeux. Une nuit, leurs chemins se croisent et pour la femme, tout bascule. Au coeur des paysages rudes et magiques de Tasmanie, s'écrit al... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Giraud_mm
  21 juin 2021
Victime d'un cancer, Lucy a subi une mastectomie. Elle n'aime pas le regard des hommes sur sa poitrine reconstruite par la chirurgie esthétique. Alors, quand elle est renversée par une voiture en tentant de sauver une pieuvre, elle choisit la solution radicale : ne pas remplacer les implants qu'on a du lui retirer. Puis, sur un coup de tête, elle décide de cacher ses cicatrices sous un tatouage, celui de pieuvres... Jem, son compagnon, accepte cet état de fait sans réellement comprendre...
Pour son premier roman, Erin Hortle réussit un coup de maître !
D'abord, l'ambiance, dans une Tasmanie rude et sauvage, à la frontière de l'eau et d'une terre que l'océan tente de submerger, où le monde aquatique des pieuvres et des phoques rejoint celui des hommes, sous le regard des oiseaux migrateurs.
Ensuite, la confrontation entre générations et cultures, entre préservation des traditions (conserves de pieuvres, pêche aux ormeaux, chasse aux poussins puffins) et envies intellectualisées de sauvegarde de la nature.
Enfin les relations humaines, faites de rudesse, d'amitié et d'amour, chamboulées par la proximité de la mort et à la recherche de nouveaux équilibres.
Et il y a encore la qualité de l'écriture (et donc de la traduction), avec des choix narratifs originaux (l'histoire se vit pour l'essentiel dans la peau de Lucy, entrecoupée de séquences de vie d'animaux), des flash back, du rythme, et un style à la fois riche et léger.
En synthèse, l'écriture et le contexte tissent un écrin autour de questions fondamentales sur les relations des humains entre eux et avec leur environnement.
Un roman singulier que l'on lit avec beaucoup de plaisir.
Traduction de l'anglais (Australie) par Valentine Leÿs.
Merci à Lecteurs.com et aux Éditions Dalva de m'avoir fait découvrir l'auteure et le livre.
Lien : http://michelgiraud.fr/2021/..
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CathyBorie
  03 juillet 2021
Il y a des livres qui font écho en nous sans que l'on comprenne bien pourquoi : une émotion qui résonne comme un souvenir inconscient, une vie vécue ailleurs ou dans un autre temps...Je n'ai aucune explication, mais c'est l'effet que m'a fait ce roman des jeunes éditions Dalva. J'ai été pieuvre quand Erin Hortle l'a voulu, j'ai été phoque aussi, et puis j'ai été Lucy avec ou sans seins, ou enroulée dans les tentacules de la pieuvre, ou étendue à plat ventre pour attraper le bébé puffin dans son terrier. J'ai collé à chaque mot de ce texte, j'ai ressenti les larmes et l'eau froide des bains de Lucy, j'ai vu ses tatouages comme si je les avais sous les yeux. J'ai aimé Jem et j'ai aimé Harry. J'ai refermé le roman avec nostalgie, avec l'impression de laisser un peu de moi en Tasmanie (que je ne connais absolument pas !) mais en ayant aussi la certitude d'avoir...compris ? non, senti plutôt, appris en tout cas, quelque chose. Quelque chose qui ne s'explique pas. Et que j'espère vous toucherez aussi du doigt, des yeux, des ventouses, quand vous découvrirez ce roman magique.
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cathulu
  16 mai 2021
Lucy , jeune femme australienne qui vit et travaille en Tasmanie, rencontre une nuit une pieuvre qui cherche à traverser une route pour rejoindre la mer et y pondre ses oeufs. Rencontre improbable et violente qui  va mettre le corps de Lucy a rude épreuve (alors qu'il a déjà été mis à mal par le cancer ) et la forcer à reconsidérer tout à la  fois ce qui fait sa féminité et sa place dans la Nature.
Ce roman est tout à la fois l'occasion de découvrir un territoire sauvage, ses habitants (qui se définissent eux-mêmes en "bouseux" ou "hippies") , un territoire malmené par certains alors que d'autres essaient, parfois juste en paroles de le préserver.
Il est aussi question de la volonté de "ne pas seulement vivre de la nature  mais dans la nature, l'immersion.", ce qui ne va pas sans rudesse ni contradictions. Et c'est bien ce qui fait, en plus de l'écriture précise et poétique de ce premier roman, la richesse de ce texte.
Lucy se cherche, tâtonne, commet des erreurs et n'assène jamais de vérités inébranlables. Son rapport au corps, tout comme ses sentiments, évolue et les passages consacrés à certains animaux proposent des  contrepoints originaux. L'humain n'est donc pas le seul ici à donner son point de vue.
roman où il est aussi question de conserves, de tricot, de pêche et de tout ce qui peut paraître banal, mais crée du lien. Un roman souvent sur le fil et qu'on ne peut lâcher qu'à regret.
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MELIANNE
  21 juillet 2021
Quel démarrage ! JE SUIS poulpe, ventre plein, luttant pour rejoindre le grand marin où je pourrai déposer mes oeufs! La nature, les vents, la mer, la lutte pour la vie, les impératifs de la reproduction, le premier chapitre "traverser l'isthme" est éclatant d'émotions, de sensations, de poésie comme les petites bulles au sommet des vagues. Deuxième chapitre, voilà Lucie, vous voulez la version courte ou longue de l'histoire ? Vous aurez donc les deux !
Nous voilà à l'autre bout du monde, en Tasmanie, Eaglehawk Neck, spot de surf, pêche, royaume d'oiseaux et d'animaux marins, phoques et poulpes. Ces animaux, objets de prédation à titre divers, conserves, pâtés et autres, luttent pour leur survie et leur reproduction, dans une parfaite indifférence. Pas tout à fait, car l'écologie a taillé sa route, interdit certaines pratiques, remet en question notre relation au milieu.. Quel rapport avec Lucy et ses seins, malades, mutilés, reconstruits, reperdus ? Plus de reproduction, difficulté à assumer sa nouvelle image et à se reconstruire, à reprendre une place... Les poulpes vont l'aider, mais chut, restons en à la version courte d'une histoire d'amour, de vie, de survie .
La parfaite maîtrise des différents thèmes du récit, ces vies qui se croisent et s'entrecroisent, l'habileté à donner la voix aux animaux, les connaissances du milieu aquatique, le ton à la fois réaliste et poétique du récit, les enjeux écologiques, pour un premier roman, c'est bluffant !
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ReadLookHear
  07 juillet 2021
Revenons en à L'Octopus et moi de Erin Hortle, il s'agit de son premier roman et pour moi il s'agit de mon premier roman qui se passe en Tazmanie. Bon, j'ai beaucoup de choses à vous dire sur ce roman. Déjà, comme dit à l'instant, il se passe en Tazmanie, pays que je ne connaissais absolument pas et bien maintenant, j'ai trop envie d'y aller. Plus précisément, cela se passe à Eaglehawk Bay où il y a l'isthme de Eaglehawk Neck. Erin Hortle nous parle de ce lieu avec plein de tendresse, on se rapproche des romans de Nature Writing.
L'Octopus et moi nous parle de Lucy, une jeune femme et d'une pieuvre (l'octopus) qui veut traverser l'isthme pour aller pondre ses oeufs. Leurs deux histoires vont s'entremêler telle la tentacule venant s'enrouler autour d'un bras. C'est super original comme histoire et c'est sublimement bien écrit. Les chapitres parlant de la pieuvre sont admirablement écrits, ils m'ont époustouflés. Tout comme le chapitre avec le phoque (et oui il n'y a pas qu'une pieuvre dans ce roman) qui est sensationnel, faire en sorte que le protagoniste ne soit pas un humain mais un animal c'est excellent.
C'est également un roman qui parle du cancer du sein: effectivement Lucy a subit une ablation des deux seins. Alors, on ne tombe pas dans le patho rassurez vous, c'est subtil et l'histoire se passe une fois Lucy guérie. Mais du coup cela évoque un sujet un peu tabou sur le fait que pour tous, que ce soit hommes ou femmes, nous associons les poitrines des femmes à plein de choses sans vraiment se soucier que chaque femme doit vivre avec, sans en avoir le choix. Lucy, elle, a fait le choix de ne pas s'en faire reconstruire après un accident ayant détruit ceux qu'elle s'était fait faire après son cancer. Une décision audacieuse qui va perturber au plus haut point son petit ami. Mais Lucy est une femme forte et elle décide de se faire tatouer plein de pieuvres à la place. Voilà, c'est un roman qui parle de force, c'est un roman très féministe mais tout en nuance sans en faire de trop. C'est également un roman sur l'amitié, sur l'amour, la résilience et la confiance en soi.
Et qu'est-ce que c'est bien écrit … Erin Hortle veut raconter l'océan au féminin et y arrive parfaitement. J'ai adoré les brusques changements de points de vue, les retours dans le passé et vraiment la manière dont c'est écrit. Cela se lit tellement bien, c'est agréable. Un autre chapitre m'a énormément plu, c'est celui où Jem, le petit copain de Lucy est complètement défoncé, il est juste hypnotique c'est top.
Erin Hortle et les éditions Dalva frappent très fort avec ce premier roman, c'est un énorme coup de coeur pour moi. Il sort en librairie demain, j'ai hâte que vous puissiez tous le découvrir pour échanger avec vous.
Lien : https://readlookhear.wordpre..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
MELIANNEMELIANNE   21 juillet 2021
La surface s'enfonce alors que je remonte et je capture un crabe trébuchant que je croque dans mon bec puis la surface se déprend de mon corps en gouttes en coulures et le clair de lune onctueux se pose sur moi tandis que tout autour l'air bâille et murmure. Je deviens lourde je deviens plate je deviens fixe je suis écrasée au sol et je ne peux plus me propulser ni tournoyer je ne peux que ramper. Mais là-bas derrière ce bout de terre l'océan martèle le rivage il mugit il m'appelle il m'attire
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cathulucathulu   16 mai 2021
C'est parce que les pieuvres voulaient dire quelque chose pour moi: quelque chose qui parle de sacrifice féminin, de persévérance, de la futilité de tout ça, quelque chose qui dit que nos corps peuvent rater , ou peuvent être forcés de rater, et que pourtant on continue comme on peut...
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ReadLookHearReadLookHear   08 juillet 2021
Sur le moment je me suis demandé, et je me le demande encore aujourd’hui : pourquoi est-ce que je ne les ai pas tous envoyés se faire foutre, à commencer par Terry ? C’est ce qu’aurait fait la Lucy d’avant le cancer et les seins en silicone. Et c’est ce que ferait la Lucy plate d’aujourd’hui. Mais à l’époque, pourquoi est-ce que je ne le faisais pas ? Qu’est-ce qui, dans leurs intrusions, faisait que chaque fois je me ratatinais et que je restais pétrifiée ?

C’était à cause des mots que je me chuchotais dans ma tête : ta faute ta faute. Un refrain qui faisait de moi une fleur fanée, courbée sous le poids de deux excroissances en silicone. Et je me détestais pour ça. Je me détestais de me ratatiner, et je me détestais d’avoir l’impression que tout était ma faute, parce que je savais que j’avais honte et que ça ne sert à rien d’avoir honte. Alors je m’en voulais pour ça, et ainsi de suite : j’avais honte d’avoir honte.

Ô joie de vivre sous mon crâne !
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