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ISBN : 2246787459
Éditeur : Grasset (08/05/2013)

Note moyenne : 4.24/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Les discours religieux fondamentalistes actuels expriment une obsession croissante de la pudeur des femmes. Réduite aux parties de son corps susceptibles d’éveiller le désir, la femme est « génitalisée » à outrance. Faut-il alors couvrir sa nudité ? Faut-il la renvoyer à son destin : le voilement ?
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
ATOS
  03 mars 2019
« Le monde ne se maintient que grâce au souffle des enfants qui étudient »( Talmud).
Elle est humaine, elle est rabbin du mouvement juif libéral de France, elle est rédactrice, elle est auteure. Elle étudie. Elle pense, écoute, interroge, transmet. Elle nous apprend. Elle nous apprend à penser plus haut, à ne rien figer, à croire au possible qui réside en nous. Nous les humains. Car le féminin n'appartient pas qu'aux femmes, mais à l'humanité. Nous sommes féminin et masculin. Et depuis des millénaires nous vivons dans un monde de scission, alors que le langage, la vie, la pensée ne peuvent exister sans combinaison, fusion, fécondation. Comprendre le féminin en chacun et chacune d'entre nous est une prise de risque. C'est prendre le risque de la reconnaissance d'une altérité, d'une rencontre, d'une formulation d'un soi qui englobe la totalité des potentialités humaines. Accepter la fusion, l'échange, la rencontre, c'est accepter l'ouverture, la faille, c'est accepter de faire entrer l'autre en soi, et plus largement le monde.
C'est prendre le risque de l'accueil, le risque de la perméabilité, de la perte, de l'écoulement, du déchirement, c'est prendre le risque de la perte d'une intégrité illusoire.
Sinon pourquoi cette scission, cette peur, pourquoi ces damnations, ces lapidations, ces relégations, cette violence, ces bûchers, cet obscurantisme, pourquoi maintenir dans le monde cette peur du regard , de la parole, du corps constitué des femmes ? Pourquoi cacher , dissimuler ? Pour ensevelir, étouffer, réduire, ou bien alors justement pour radicalement tout sexuer ?
« Chaque femme, réduite au statut d'être sans visage, c'est à dire sans individualité, n'a plus à exprimer que sa nature sexuée ». « Femme sans visage et homme sans paupière à trop vouloir protéger les corps, on ampute symboliquement celui des deux sexes »
La pudeur se voudrait être allouée à la femme. Modeste, discrète, pudique… mai qu'est ce donc que ce féminin, que devrait être cette tenue d'Eve, qu'est que cette pudeur  qui conviendrait de lui imposer ? L'auteure dénonce les fausses pudeurs, les fausses postures, les impostures. Et force est de constater qu'en France, en 2019 , ce discours irrite et dérange. Non, la rabbin Horvilleur ne peut pas officier partout. Son discours n'est pas accepté partout. Un langage d'ouverture, de sororité/ fraternité, en somme d'humanité , d'écoute, de partage, d'échanges, ne trouve malheureusement pas légitiment sa place. Oui elle dérange, car elle interroge l'ordre d'un échiquier dont beaucoup voudraient à l'avance fixer l'issue d'une partie qu'ils pensent mériter. « Il en va des hommes comme des textes. La seule lecture pudique des textes religieux est celle qui affirme qu'ils n'ont pas encore été complètement révélés, mis à nu par des lectures et des lecteurs passés. Quand l'interprétation les fige, elle les profane. Dès lors, sont-ils encore sacrés ? » « Aucune tradition religieuse n'a le monopole des lectures impudiques. Il revient à toutes de mener un travail pour sortir des interprétations obscènes dans lesquelles certains de leurs lecteurs ou de leur dirigeants s'enferment bien souvent ».
Le monde de l'arrogance génère violence et obscurantisme. La pudeur c'est à la fois l'humilité alliée au courage et à la force. Douter, questionner, apprendre, reconnaître sa faiblesse et pouvoir ainsi tout déjouer. Déjouer l'échiquier. Étudier et non réciter ou psalmodier. L'intelligence de la pudeur se trouve là. L'intelligence du féminin, du judaïsme se trouve là. Là et partout en nous, dans le monde. c'est une intelligence de la pensée qui peut fortifier et animer la laïcité.
Oui, elle dérange toutes les orthodoxies, qu'elles soient religieuses ou politiques.
Oui faire place à la femme c'est faire vire le mouvement libéral qui est en nous. Lorsque que les libertés individuelles sont menacées, la femme, le juif, l'arabe, le noir, les roms, le sans papier, le gay, le journaliste, le poète, l'artiste sont menacés. Les dictatures sont les propriétaires de toutes les fermes où l'on fait naître les boucs émissaires qui seront sacrifiés sur les autels de la stupidité, de la peur, de l'ignorance, de l'arrogance dont le grand prêtre de nomme Propriété dont le pouvoir devient le sobriquet . Ma femme, ma terre, mon droit, ma loi, mon peuple….Mon ennemi, ma haine…Ce sang impur dont on voudrait abreuver tous les sillons… Cette violence, et toutes ces guerres. Tout ça par manque de courage, tout ça par peur. La paix, la concorde, le dialogue, l'alliance demande du courage.
Nous ne savons pas tout. Et chaque jour est un perpétuel commencement. Il faut remettre en questions. A charge pour l'humanité de renouveler ses propositions, de tenter malgré tous les dangers, malgré les craintes, malgré l'inégalité des forces en présence. Parole d'émancipation, parole de libre pensée, pensée de libertés, d'altérité, et donc d'équité, d'égalité.
Oui l'écrit de la rabbin Horvilleur est un écrit libre et républicain.
Que devient l'humanité si l'on considère que tout est définitivement lu, décrypté ? Où en serait les sciences ? Quel serait notre vision du Soleil, de la lune de l'ADN ? Où en serait inhumanité si il ne nous était pas donne la possibilité de chercher, d'étudier, de comparer, d'accueillir les bienfaits d'une altérité jusqu'à lors ignorée ? Où en serait le genre humain ? Si tout était gravé dans la pierre, figé. L'humanité serait morte. Inféconde.Fine, condamnée, terminée.
«  de l'élan sexuel dépendent la création et l'engagement humain dans le monde ».
Cette humanité masculine et féminine serait morte en nous. Qu'est ce qu'un coeur coupé en deux ? qu'est qu'un corps sans tête ? qu'est qu'un D… sans humanité dans sa totalité ?
C'est une texte passionnant, riche et extrêmement intelligent.
Que vous soyez de n'importe quel genre, de n'importe quelle planète, ne n'importe quelle religion, ne n'importe quelle culture lisez ce livre. Il est riche d'enseignement, et de sagesse.
« La sacralisation du féminin est toujours un prélude élégant à sa marginalisation sociale ».
"L'émergence du féminin dans les religions ne se fera pas qu'à travers les femmes car le féminin ne leur appartient pas. Mais elle ne se fera pas non plus sans elles. Elle n'aura pas lieu tant que des voix jusqu'ici tues ne prendront pas part à la lecture, au commentaire et au débat, tant que le genre humain ne pourra pas percevoir la bénédiction d'avoir été crée homme ou femme, masculin et féminin".
Non rien ne se termine jamais, rien n'est jamais définitivement écrit. le possible reste toujours à accueillir. Personne n'est propriétaire d'une seule vérité. L'espoir naît de nous penser !
Astrid Shriqui Garain
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Aela
  23 août 2013
Nous vivons dans une civilisation du "rien à cacher".
Continuellement nous entendons les louanges de la visibilité et de la "transparence" dans tous les domaines, y compris et surtout dans la sphère privée.
A notre époque où Facebook et la téléréalité triomphent, que peut bien signifier encore la pudeur? Et surtout peut-on encore parler de pudeur?
Est-ce un vestige d'un temps bien révolu ou est-ce quelque chose à réhabiliter dans une société qui "en montre trop"?
Si la religion s'en mêle, cela rend le débat encore plus difficile.
En général les discours religieux, sous couvert de "protéger" la femme, visent à son effacement.
Il est donc primordial selon Delphine Horvilleur de revisiter la notion de pudeur dans les textes sacrés.
Delphine Horvilleur est une jeune femme rabbin. Elle nous livre ici ses réflexions sur la vision de la femme dans la religion juive.
Des commentaires pleins de finesse et une vision très intéressante de la place de la femme dans la religion juive.
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Elfika
  23 janvier 2016
Quand on est athé, comprendre la voix "religieuse" est déjà un défi. Mais plus encore quand on y cherche la place de la femme.
Delphine Horvilleur, c'est déjà un parcours atypique d'une journaliste de France 2, volontiers féministe et qui devient la 2e femme a être rabbin en France malgré de nombreuses embûches. C'est donc une lecture des textes modernes qui est présentée dans le livres, sans langue de bois.
Totalement étrangère au judaïsme, c'était suffisamment vulgarisé pour que je puisse suivre et suffisamment pointu par moment pour que des personnes plus familières de ces textes s'y retrouvent aussi. Après lecture de ce livre, je sens qu'une partie de mes préjugés sont tombés et j'aimerai beaucoup que ce soit des personnes aussi éclairées qui guident la religion à notre époque.
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oiseaulire
  13 mai 2018
Essai d'une grande rigueur dont le principal intérêt est de souligner l'importance de la langue d'origine dans les interprétations successives des textes, ainsi que celle des traductions.
Travail jamais achevé qui nécessite une adaptation permanente au lecteur et à la société dans laquelle il vit.
Sait-on qu'on aurait pu traduire de l'hébreu qu'Eve était née "à côté" d'Adam et non d'une "côte d'Adam" ? Et que cet exemple est loin d'être isolé ?
Sait-on, pour ce qui concerne la traduction depuis le latin, (lui-même traduit de l'hébreu), que "pomme" et "mal" se dit pareillement "malum" en latin et que l'arbre du bien et du mal n'était probablement pas un pommier ?
Ainsi des traductions fautives peuvent être (et ont été) à l'origine d'usages millénaires ; quand elles n'ont pas altéré le sens originel des textes, ou privilégié une interprétation possible parmi quantité d'autres, pour se conformer, pas toujours sciemment, à des coutumes déjà bien implantées : telle la subordination de la femme à l'homme.
Alors qu'on a oublié depuis longtemps ce qui est pourtant écrit sans ambiguïté, à savoir par exemple que le chef de famille endetté peut vendre des membres de sa parentèle comme esclaves.
Cet ouvrage démontre de façon claire et accessible que les textes doivent être lus avec prudence et souligne le danger des interprétations littérales.
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celinezug
  02 juin 2015
Une interprétation des textes sacrés version féminine c'est un nouveau regard sur la religion qui nous montre bien que si ils étaient remis dans leur contexte et interprétés par hommes et femmes ils seraient moins galvaudés et plus tolérents.
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critiques presse (1)
Lexpress   30 juillet 2013
Delphine Horvilleur nous embarque dans une lecture subtile et souvent drolatique du texte biblique et de sa glose talmudique en privilégiant les mises en scène du féminin et du masculin et, plus largement, les oppositions duales, le pur et l'impur, qui structurent le judaïsme.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
AelaAela   23 août 2013
Il est aujourd'hui essentiel d'encourager une réflexion sérieuse sur le genre, au sein des traditions religieuses.
Ce débat, amorcé outre-Atlantique, est d'autant plus complexe que la pensée religieuse et le rite structurent constamment le monde en états contraires et structures binaires entre lesquels l'humanité navigue.
Dans le judaïsme par exemple, cette division du monde est omniprésente: des séparations sont établies entre les statuts (casher/non-casher, pur/impur, etc..) et tout particulièrement entre les genres (hommes/femmes).
La pratique religieuse se méfie des zones floues et des hybrides.
Elle ordonne bien souvent l'univers en catégories distinctes et met en garde contre ce qui lui semble être générateur de confusion.
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cheminvert7cheminvert7   15 juin 2013
Le propre de ces discours religieux fondamentalistes est d'affirmer que leur appel à la pudeur est au service de la femme alors qu'il vise bien souvent son effacement. Il s'agit d'éradiquer "pour son bien" la femme de l'espace public et de se débarrasser avec elle du désir qu'elle pourrait susciter.
Cette obsession de l'extinction du désir a quelque chose d’obscène, tant l'autre y est réduit à la tentation qu'il représente. (page 12)
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nnbnnb   02 juillet 2014
L'émergence du féminin dans les religions ne se fera pas qu'à travers les femmes car le féminin ne leur appartient pas. Mais elle ne se fera pas non plus sans elles. Elle n'aura pas lieu tant que des voix jusqu'ici tues n prendront pas part à la lecture, au commentaire et au débat, tant que le genre humain ne pourra pas percevoir la bénédiction d'avoir été créé homme ou femme, masculin et féminin.
Commenter  J’apprécie          60
balaganbalagan   22 octobre 2017
la femme insoumise porte, dans la littérature rabbinique, des noms très révélateurs. Elle est parfois appelée Yatzanit, littéralement "celle qui sort à l'extérieur", l'extravertie, la dévergondée. Ailleurs elle est qualifiée de Moufkeret. L'adjectif, qui à l'origine définit une terre abandonnée, en friche et sans propriétaire, sert aussi à qualifier une femme qui n'est pas sous l'emprise et le contrôle d'un homme. Par extension, il définit une prostituée. Sans maître ni propriétaire, sa dignité est menacée, et avec elle, la paix sociale.
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cheminvert7cheminvert7   15 juin 2013
Le renvoi de chacun aux attributs de sa seule identité sexuée fait courir le risque d'un considérable appauvrissement de la condition humaine. Dans une telle vision du monde, le masculin n'appartient qu'à l'homme, tandis qu'une femme ne peut qu'incarner "la" femme, ou plus exactement "l'éternel féminin".
Nier le sexe au profit du genre, ou restreindre chaque sexe aux seules valeurs et attributs de son genre: les deux initiatives peuvent se révéler tout aussi caricaturales et simplificatrices l'une que l'autre. (page 176)
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Videos de Delphine Horvilleur (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Delphine Horvilleur
Sartre avait montré dans « Réflexions sur la question juive » comment le juif est défini en creux par le regard de l?antisémite. Delphine Horvilleur choisit dans « Réflexions sur la question antisémite » (Grasset) de retourner la focale en explorant l?antisémitisme tel qu?il est perçu par les textes sacrés, la tradition rabbinique et les légendes juives.
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