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ISBN : 2882535368
Éditeur : Luce Wilquin (15/09/2017)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 6 notes)
Résumé :
L'éclipse est à présent totale. Il est un peu plus de quatre heures du matin, et le spectacle est grandiose. Lune rouge, lune de sang. C'est un peu troublé que Sacha regagne son appartement au troisième étage de son immeuble. Le jour se lève déjà. Le silence qui l'accueille dans le hall d'entrée a une étrange résonance. L'intuition du vide lui saccage le souffle. Il pénètre sans bruit dans la chambre où il avait laissé Mado, sa femme, avant de descendre sur l'esplan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
ClaireG
  17 novembre 2017
Se connaît-on vraiment dans un couple, même en vivant côte à côte depuis des décennies ? Même en se parlant beaucoup, en s'aimant beaucoup ? Même en traversant des sentiments variés et changeants ? Comme les mouvements de la lune qui rythment le temps, dont dépendent les cycles des saisons, des marées, des femmes, de la vie et de la mort.
Cette lune qui règne sur nos nuits, qui inspire rêves et fantasmes, imaginaire et inconscient. Et lorsqu'elle devient rouge, pur phénomène astronomique, elle crée des superstitions, amplifie les symboles.
En septembre 2015, ce phénomène de lune rouge – disons pour simplifier de double éclipse – fait descendre beaucoup de monde dans les rues de Bruxelles. En rentrant chez lui au petit matin, Sacha ne trouve plus Mado, sa femme. Au fil des jours, sa disparition l'inquiète. de plus en plus. Pour des raisons inconnues qu'il recherche dans leur passé, butant sur des incertitudes, des attitudes diamétralement opposées chez l'homme et la femme. « S'éclipser, fuguer ? Quoi d'autre et dans quel but ? Plus de son âge des choses pareilles. Et puis, s'éclipser n'est pas disparaître. La lune aussi est sortie de l'éclipse. Et il n'a pas fallu une semaine ».
Il est beaucoup aidé par sa voisine marocaine pour qui la lune rouge est de mauvais augure. Surtout quand on est enceinte. Ce que Mado a désespérément souhaité être.
Elle est arrivée à un âge où le sang se tarit, où l'espoir d'enfanter atteint des limites inexorables, où la réalité empêche le trop-plein d'illusions. Et pourtant, Mado rencontre, par inadvertance, un adepte obsessionnel de Séléné, la lune grecque, dans le parc proche de leurs domiciles respectifs. Sa « nostalgie du perdu » prend une autre forme.
Très bien construit, ce dernier opus de Françoise Houdart, baignant dans la lueur troublée de cette lune mystérieuse, prend des allures d'allégorie, de questionnement intérieur sur le temps qui passe, sur ce que l'on laisse de soi, sur les manques.
Oui, il y a bien des éclipses amoureuses dans une vie. Passagères ou définitives. C'est là que nous laissent les personnages de Françoise Houdart. Une Pleine Lune pourrait-elle nous éclairer ?
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Krout
  24 octobre 2017
Alors qu'à quelques coups de cholettes de chez elle, Adamo, lors de la pleine lune s'en va grimper les terrils pour chanter LA NUIT à s'en éclater les poumons, c'est Bruxelles et ses parcs que Françoise à choisi comme cadre à ce mystérieux roman. L'écriture de Françoise Houdart à toujours porté son lot de poésie. Je la trouve cette fois plus musicale alternant aux mouvements lents typiques chez elle, des séquences plus rapides donnant de la tonicité à cette belle sonate à la lune. Ai-je besoin d'insister que suite au double album d'Hergé, la lune occupe une place particulière dans l'inconscient collectif belge ? 
L'exploration foisonnante qui est ma façon d'aborder toute lecture, dans ce cas a débouché sur une association spontanée et subversive autour de la fameuse oeuvre de Félicien Rops : Pornokratès. Bien sûr, il aborde une partie du mystère de la féminité, mais Françoise veut nous faire approcher des parties plus enfouies, rendre compte du mystère de la Femme et de celui de la vie. le pari est osé et réussi. Aussi, si jamais il pouvait attirer le regard de beaucoup d'entre vous ce livre d'une écriture douce ferait beaucoup plus pour la cause féminine que les slogans agressifs au rouge à lèvre sur les poitrines ruisselantes de haine et de sueur de quelques FEMEN au bord de la crise d'apoplexie.
Voilà, évidemment tout cela me dépasse, donc je propose de passer à une petite interview de Françoise Houdart.

Bonjour Fançoise !
Q1 :  J'ai l'impression que tu a pris énormément de plaisir à écrire ce livre ?
Disons que les personnages sont venus naturellement à moi sans que je doive aller les chercher, creuser pour aller laborieusement les extraire. C'est probablement la première fois que j'ai l'impression d'une telle fluidité ​,​ ​que les personnages n'attendaient que ​l'occasion ​ de sortir pour se développer naturellement dans une histoire qui semblait couler de source, tapie en mo​i​ depuis longtemps.
Q2 : Au fond, pourquoi Bruxelles ?
Ce n'était pas​ une nécessité absolue. Il me fallait néanmoins une grande ville pour ​abriter ​ ce huis clos, avec un boulevard doté d'un côté de grands immeubles dont on sait la promiscuité sonore inhérente à ce genre de construction ​,​ surtout lorsqu'ils vieillissent et de l'autre côté quelles maisons de type bel-étage qui laissent un champ visuel dégagé sur le parc et l'esplanade avec cette sculpture énigmatique. Bruxelles offre ​de ​ tels endroits et ce type d'atmosphère. Mais il faut insister que le tout est un assemblage de souvenirs pour constituer un ensemble fictionnel cohérent qui n'existe pas nécessairement tel quel à Bruxelles, notamment la ​grosse sphère en béton.  Je ne me souviens ​ pas​ exactement ​de l'endroit ​ où je l'ai vue ​.  L 'important c'est qu'elle soit ​u​n élément plausible d​u​ décor.
Q3 :  Je sais que beaucoup de lectrices raffolent de ce genre de petits détails : Combien de petits
​- enfants à l'heure actuelle ?
-ah, ah :  sept ! 
​ Comme les 7 nains!​
-Ca doit être une source de joie importante, je présume.
- En effet non, seulement de joie mais aussi de fierté...  D'autant que nous n'étions que deux à la maison ; deux filles pour toute une famille, sans cousins ni cousines​ . ​ ​ de plus en tant que grands-parents nous ​pouvons ​consacrer plus d'attention au développement des relations ​ interfamiliales.  ​
Q4 : ceci confirme que ce beau récit sur les mystères qui entourent chaque Femme est purement fictionnel. Re​nild, ton mari, n'a donc pas t​r​op d'inquiétudes à avoir ?
- Hi, Hi, Hi, ... probablement pas , en effet 😊
J-4 : merci Babelio et merci aux édition d'offrir cette havre de liberté à cette auteure de talent depuis ses tous débuts.
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mariech
  28 octobre 2017
Souvent la lune et la femme sont liées , toutes les deux parées de mystère , ne se découvrant jamais totalement .
J'ai été ravie par ce roman impossible de ne pas le terminer rapidement tellement j'ai eu envie de connaître la fin , fin ouverte mais qui m'a beaucoup plu , on peut rêver, imaginer une suite ,
il y a un suspense bien agréable qui nous fait tourner les pages .
J'ai adoré l'histoire de Mado et de son bien mystérieux voisin , cet admirateur passionné de l'astre fascinant qu'est la lune .
Un livre qui ne doit pas trop être dévoilé , une écriture lumineuse comme la blancheur de la lune même si dans le récit elle est rouge , rouge sang .
Personnellement depuis quelques années je trouve que l'auteur Françoise Houdart que j'ai le plaisir de voir souvent dans notre si belle bibliothèque, dans ce grenier magique précisément , un lieu plein de charme qui est un écrin parfait pour présenter les écrivains , je ferme la parenthèse , je trouve que F H est plus dans le registre ' raconteuse d'histoires ' , un genre que j'apprécie particulièrement.
Je ne peux que vous recommander ce joyau de la littérature belge .
N'hesitez pas à lire cette auteure talentueuse.
J’oublie de remercier Babelio pour son dernier masse critique ainsi que les éditions Luce Wilquin pour l’envoi de ce livre .
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Salome20s
  26 septembre 2017
Gagné lors de la dernière Masse Critique du site Babelio, je me suis littéralement jetée sur ce petit livre à la couverture ensorcelante.
Coup du destin ou coup du hasard, ce livre tombe entre mes mains pendant mon regain d'intérêt pour la lune, le pouvoir des cycles et pour la féminité universelle. le résumé pique ma curiosité et c'est le soir même de la réception que je termine ce roman mystérieux.
Dès le début, l'ambiance froide et angoissante nous enveloppe. Mado a disparu le soir de l'éclipse, de la « lune de sang ». Que s'est-il passé ? Pendant que Sacha tourne et retourne dans sa tête des milliers de scénarios expliquant la disparation de sa femme, la lune revient toujours au premier plan, peut-être est-ce finalement le personnage principal de ce livre.
En y réfléchissant, j'ai même pu associer les personnages féminins aux différentes phases lunaires. Lisant en parallèle Lune rouge, les forces du cycle féminin de Miranda Gray, j'ai pu retrouver dans Eclipse la « jeune fille », la « mère » et la « vieille femme ».
A la fois fascinée et terrifiée, je me suis laissée emporter par le rythme dynamique et cyclique du roman. On passe d'un personnage à l'autre, on revient, on repart, on revient, on repart… La solution s'approche… puis s'éloigne tout à coup ! L'auteure nous imprègne de la lueur blafarde de la lune à tel point qu'il est impossible de lâcher le livre sans l'avoir terminé. Un suspens à couper le souffle et une invitation à la méditation sur les forces féminines autant créatrices que destructrices.
Bien que l'intrigue soit infernale tout au long du roman, la chute m'a laissée un peu perplexe. J'ai tout de même été impressionnée par cette issue assez floue, qui ne se dévoile pas entièrement, grandiose et pourtant bien simple, un peu comme la Lune après tout.
Lien : https://lescarnetsdesalomebl..
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nathavh
  27 septembre 2017
C'est la nuit de la lune rouge, de la lune de sang. Sacha sort de son appartement pour contempler le spectacle sur l'esplanade. Il y rencontre son voisin Adi, le mari de Fadia qui lui apprend qu'elle est enceinte et par superstition restée à la maison pour ne pas voir la lune !
Ils admirent le spectacle et Sacha rentre chez lui sans bruit après l'éclipse. Il se rend compte au petit matin que Mado sa femme a disparu, éclipsée. C'est étrange, il ne manque rien, son sac, son téléphone, tout est là sauf Mado.
En face de chez lui vit un drôle de gars passionné , obsédé par Séléné la déesse lunaire; c'est Augustin Colinette qui se fait appeler Stanislas Razoumov du nom d'un cratère lunaire. Il le rencontre le lendemain de l'éclipse. Ce gars est toujours sur son balcon à observer la lune dans son télescope..
Pas de nouvelles de Mado, les jours passent et avec l'aide de Fadia et Adi, Sacha essaie de comprendre cette disparition, cette éclipse.. il en devient fou...
Fadia a de l'intuition, elle va comprendre peu à peu le vide, les manques de Mado et est persuadée que tout s'expliquera.
Un récit sur la lune liée oh combien à la fécondité, à la féminité. Les cycles lunaires semblables aux cycles féminins. La lune rouge, le sang mensuel.. la fécondité, le vide, le manque pouvant conduire au désespoir. Un jour c'est l'éclipse totale et le corps se tarit. Cette lune qui influence nos humeurs, nos états d'âme..
Un récit sur la disparition, sur le manque de dialogue , la vérité est souvent devant nos yeux, trop visible pour qu'on la voie.
Une écriture que je découvre, c'est pourtant le dix-huitième roman de Françoise Houdart. Une jolie plume d'une construction originale. Un agréable moment de lecture.
Ma note : 7.5/10 ***
Lien : https://nathavh49.blogspot.b..
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   18 novembre 2017
Mado, elle, a choisi de s’inventer une fille. C’est un sujet de roman, ça. Un enfant dans le placard. Ça donne froid dans le dos de penser que la fiction s’inspire parfois de la réalité. Dans le fond, elle aurait pu l’écrire, ce roman. Écrire, c’est aussi donner la vie. C’est vivre par procuration.
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ClaireGClaireG   17 novembre 2017
Qu’ai-je compris de toi pendant toutes ces années ? Qu’ai-je préféré ne pas savoir, ne pas comprendre ? Pourquoi est-ce cette autre femme qui me fait entendre ce que toi, tu me criais au visage, ton cri muet, ce mal de toi qu’aucun mot n’aurait pu traduire ?

p. 118
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KroutKrout   03 octobre 2017
Il entend leurs rires et leurs voix à travers les trop minces parois qui séparent leurs appartements respectifs ; et c'est là, sans doute, cette brusque rafale de vie qui a réveillé sa conscience : quelques bruits de vaiselle du côté de la cuisine, les petits pas pressés de Fadia, le son de la télévision... La vie toute proche, toute chaude. Si étrangement lointaine cependant, comme d'une rive à l'autre d'un fleuve impossible à traverser.
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KroutKrout   06 octobre 2017
A ses parents qui l'avaient regardée partir sans autre bagage qu'un amour étranger, la Maddalena avait promis de revenir un Noël. Entre Enna et Bruxelles, les lettres échangeaient leurs promesses et leurs larmes. Puis les promesses s'étaient espacées, les larmes s'étaient taries. Mado Simoni n'était plus jamais retournée au pays. Plus osé.
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KroutKrout   04 octobre 2017
- [...] Ton thé est une merveille mais venons-en à ce qui m'amène chez vous.
- O.K., Sacha. Bien sûr. Mais beaucoup de choses m'échappent, tu dois en convenir. Je suis un esprit rationnel, même si je suis une femme et si je ne déroge pas aux traditions qui m'ont nourrie.
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