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ISBN : 2290303054
Éditeur : J'ai Lu (31/08/2000)

Note moyenne : 3.44/5 (sur 1782 notes)
Résumé :
L'un est un scientifique de renom, l'autre est anonyme ; l'un a choisi une solitude absolue, l'autre ne l'a pas choisie mais la subit quand même ; l'un et l'autre sont frères et n'ont rien en commun, sinon cette propension au malheur. Ou plutôt au "non-bonheur": bonheur dont les auraient privés les débordements libertaires des années soixante-dix.

Chacun de leur côté, en se traînant de fiasco en désastre, et de retraite en désert, ils vont faire de l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (111) Voir plus Ajouter une critique
lecassin
  09 mars 2013
« Les particules élémentaires » : beaucoup de bruit pour rien…
Une intrigue bien faible, qui nous présente deux demi-frères, Michel et Bruno, tous deux chercheurs : l'un est chercheur en biologie, l'autre en recherche du nirvana sexuel, donc d'une partenaire à la hauteur de ses fantasmes…
Une escapade, en fait, en plein consumérisme exacerbé. Si l'on peut admettre que parfois l'écrivain est le reflet à peine exagéré de la société dans laquelle il vit, j'ose espérer que Michel Houellebecq a grossi le trait jusqu'à la caricature… Ou alors…
Quant au coté sexe, comment ne pas voir là un produit d'appel, additionné à un « anti-religions » primaire – « Je sais bien que l'Islam – de loin la plus bête, la plus fausse et la plus obscurantistes de toutes les religions – semble actuellement gagner du terrain… » –, produit d'appel là aussi…
Bref, et je pense qu'on l'aura compris, Michel Houellebecq n'apparaît pas dans mes lectures favorites. Malgré tout, il faut de tout pour faire un monde…et si certains aiment, ils ont sans doute raison.

Il reste un ouvrage bien faible à mon goût, truffé de provocations faciles et d'accroches perverses destinées à créer le « buzz » pour assurer le tirage : une triste opération mercantile dont la littérature se serait bien passée.
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JPBouzac
  19 mai 2013
Voilà bien un drôle de bouquin. Lors de l'exercice périlleux "Comparer nos lectures", presque personne n'est d'accord avec mes trois ***. Ca tombe bien, moi non plus! Je vous explique : l'histoire, je veux dire l'idée qui se cache derrière tout ca me plait beaucoup (**** - ******). La réalisation (style, passages soi-disant "érotiques", facilités diverses et variées...) me decoivent énormément (* - **). Et voilà le résultat : ***!!! Sans rire, pour un livre qui a eu tant de succès le bilan, 15 ans plus tard, est bien maigre. Mes notes sont (presque) toujours élastiques, celle-ci tendrait plutôt vers le 2/5. Bien qu'il y ait quantité de livres beaucoup plus intéressants que celui-ci, je préfère rester dans le neutre. A chacun de se faire son idée sur la question. Tant que l'on pas lu la chose, on passe pour un inculte. Une fois cette tâche accomplie, on peut s'écrier au génie ou se morfondre devant tant de médiocrité. Deux jugements extrêmes que ce roman somme toute assez banal n'a pas mérité.
Bonne lecture!
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Hugo
  18 septembre 2017
Un jour j'ai lu "Twilight" et j'ai pleurniché d'amour, coincé dans un corps d'homme, il me fallait assumer cette passion pour la variété littéraire, argumentant un amour pour la lecture, reléguant la culture à ma triste condition d'homme viril(e) qui un jour de troisième fut reconnu inapte à la poursuite de ma carrière d'astronaute… le chemin était encore long, et les maths une science occulte dont l'éducation nationale se faisait fort d'un recrutement on ne peut plus rigoureux, à la mesure de ma compréhension qui s'échappait dans les méandres de mes pensées lubriques, peuplées de cul et de visages juvéniles dont mes "camaradettes" de classe s'amusaient.
Après le temps passe, la maturité te lisse le crâne, le blanc se marginalise très bien avec la couleur de tes trois, quatre derniers cheveux… tu ne pleures plus d'amour, tu pleures tes rides et ton bide grassouillet, ta jeunesse t'échappe, il est loin le temps de l'insouciance, de l'innocence, la mort te susurre avec douceur la fatalité de toute vie, et tu y prendras peur, parfois fugace, longue, ou douloureuse, elle se love confortablement dans tes pensées dont l'immortalité se fable aux premières lueurs "maladiesques"…
Alors Houellebecq c'est le cynisme à l'état pur, sans ornement de douceur, sans les violons, il crache son hédonisme Nietzschéen sur le papier… la vie se résume à pas grand-chose, si ce n'est naitre, grandir, vieillir puis mourir, mélange des corps déjà flétris par le temps qui s'agace de cette jeunesse insouciante et solitaire dont ta peau douce se fane aux années qui passent… le cul brut de bite qui s'a fesse et des seins qui s'étendent, le cul aux effluves « Bukosliesques »… L'espoir du désespoir, critique du matérialisme, apologie de l'ennui qui s'essouffle, Houellebecq « glauquifie » la vie qui se meurt inlassablement, ignore le bonheur des joies éphémères, hormis la branlette qui trouve son salut dans l'orgasme des instants fugaces d'une putain partie de baise…
Nous ne sommes que des particules, des plus élémentaires comme le dirait le titre, mélange hasardeux de l'évolution, nous inventons l'illusion de l'immortalité, alors que notre déchéance se nourrit insatiablement de nos espoirs perdus d'avance, imparfaits et mortels, épuisés par cette quête vaine de la vie éternelle, du bonheur éternelle, nous cheminons avec fatalité les yeux bandés vers le noir le plus obscur, incapables de nous projeter dans notre salut commun, apaisés de nos souffrances qui font de nous ce que nous étions, mais que nous ne serons plus un jour ou l'autre, mais je préfère l'autre…
Alors oui Houellebecq se rapproche de la pensée Nietzschéenne, sans pouvoir parvenir à oublier le passé, et à faite abstraction du futur, nous naviguons dans la superficialité de toute vie, pour combler le temps qui nous manque, on voudrait être des Dieux alors que nous sommes que des hommes…
Il y a encore quelques années, ce style de lecture m'aurait fait pleurer d'ennui, je me serai complexé aux premières pages, ne saisissant que les mots mais pas leur sens, je me serai dit : « ouais OK, le mec déprime, complexe sur un physique au laisser aller flagrant, raconte une histoire dont je me fou complètement, sans saisir l'essence même du bouquin, qui fait réfléchir, et qui fait du bien malgré tout, je ne suis pas fan de l'auteur, bien que son style respire le talent c'est indéniable…mais il manque cette pointe d'ironie et de dérision qui donne quand même un peu de poésie à notre vie, le cul reste pour moi comme pour lui un échange des plus bandants, mais j'y ajoute toujours un coeur ou deux, histoire de rendre grâce à l'orgasme qui me donne l'envie de vivre pleinement avec le sourire et les rires…

A plus les copains
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jcnb68
  25 juin 2012
Ah, mes aïeux ! Quel pied que cette lecture.
Je n'avais jamais rien lu de Houellebecq.
C'est maintenant, par le plus banal des hasards, chose faite.
Les lectures imprévues, improbables, sont toujours les meilleures.
Lecture profonde, riche et légère tout à la fois.
Je n'ai peut-être pas tout compris.
Mais en était-il vraiment besoin ?
En revanche, l'auteur semble vouloir nous convaincre en « substance , » et je suis en total accord avec lui, du fait que les hommes, les hommes et pas les femmes, ne sont qu'un amas, plus ou moins difforme et incohérent, de branleurs.
Et oui, si telle est notre condition, autant y aller de bon coeur.
Ce livre aurait bien pu se traduire par : « Hommes, bite à la main »
Je ne veux plus rien dire de chef-d'oeuvre, par peur de "l'éclabousser."
Toute femme et tout homme, devraient simplement le lire.
Oui, tout simplement.
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ahasverus
  18 avril 2013
C'est pas pour dire du mal, mais il faut bien le reconnaître : Michel Houellebecq n'est pas exactement le genre de type que j'inviterais à la communion du dernier pour raconter des blagues en attendant le dessert. Les vrais tranches de rigolade sont plutôt rares dans les 316 pages de ses Parti(cul)es Élémentaires qui nous racontent la vie de Michel, le scientifique, et de son demi-frère Bruno le branleur.
Ils sont très différents, Michel et Bruno : Michel est aussi introverti que Bruno est profiteur, tendance éjaculateur compulsif, ce qu' il démontrera tout au long du roman.
Ils avancent ensemble vers la fin d' un monde sans joie et hanté par des post soixante-nuitards désabusés et cancéreux à la sexualité mourante mais débridée.
J'ai éprouvé parfois un peu d'ennui dans ce livre dont j'ai sauté quelques pages, mais soyons honnêtes : il est dense, son écriture est plaisante, et ses chemins sont imprévisibles malgré qu'ils soient pavés des ingrédients habituels (cynisme, sexe, descriptions wikipédiesques, personnages réels, poèmes fruités, etc) qui nous rappellent sans doute possible qu'on est bien chez Houellebecq.
A lire éloigné du bord de la falaise.
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Citations et extraits (125) Voir plus Ajouter une citation
antonarmantonarm   11 décembre 2017
En soi le désir - contrairement au plaisir - est source de souffrance, de haine et de malheur. Cela, tous les philosophes - non seulement les bouddhistes, non seulement les chrétiens, mais tous les philosophes dignes de ce nom - l'ont su et enseigné. La solution des utopistes - de Platon à Huxley, en passant par Fourrier- consiste a éteindre le désir et les souffrances qui s'y rattachent en organisant sa satisfaction immédiate. A l'opposé, la société erotique-publicitaire où nous vivons s'attache à organiser le désir, a développer le désir dans des proportions inouïes, tout en maintenant la satisfaction dans le domaine de la sphère privée. Pour que la société fonctionne, pour que la competition continue, il faut que le désir croisse, s'étende et dévore la vie des hommes.
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lanardlanard   12 août 2010
A propos de Le meilleur des mondes d'A. Huxley (p. 194)
Bruno : « J’ai toujours été frappé, commença-t-il avant même de s’être assis, par l'extraordinaire justesse des prédictions faites par Aldous Huxley dans Le Meilleur des mondes. Quand on pense que ce livre a été écrit en 1932, c’est hallucinant. Depuis, la société occidentale a constamment tenté de se rapprocher de ce modèle. Contrôle de plus en plus précis de la procréation, qui finira bien un ou l’autre par aboutir à sa dissociation totale d’avec le sexe, et à la reproduction de l’espèce humaine en laboratoire dans des conditions de sécurité et de fiabilité génétique totales. Disparition par conséquent des rapports familiaux, de notion de paternité et de filiation. Élimination, grâce aux progrès pharmaceutiques, de la distinction entre les âges de la vie. Dans le monde décrit par Huxley les hommes soixante ans ont les même activités, la même apparence physique, les même désirs qu’un jeune homme de vingt ans. Puis, quand il n’est plus possible de lutter contre le vieillissement, on disparaît par euthanasie librement consentie ; très discrètement, très vite, sans drames. Les société décrite par Brave New World est une société heureuse, dont ont disparu la tragédie et les sentiments extrêmes. La liberté sexuelle y est totale, plus rien n’y fait obstacle à l’épanouissement et au plaisir. Il demeure de petits moments de dépression, de tristesse et de doute ; mais ils sont facilement traités par voie médicamenteuse, la chimie des antidépresseurs et des anxiolytiques a fait des progrès considérables. « Avec un centicube [sic], guéris dix sentiments. » C’est exactement le monde dans lequel aujourd’hui, nous souhaiterions vivre.
Je sais bien, continua Bruno avec un mouvement de la main comme pour balayer une objection que Michel n’avait pas faite, qu’on décrit en général l’univers d’Huxley comme une cauchemar totalitaire, qu’on essaie de faire passer ce livre pour une dénonciation virulente ; c’est une hypocrisie pure et simple. Sur les points – contrôle génétique, liberté sexuelle, lutte contre le vieillissement, civilisation des loisirs, Brave New World est pour nous un paradis, c’est en fait exactement le monde que nous essayons, jusqu’à présent d’atteindre. Il n’y a qu’une seule chose aujourd’hui qui heurte une notre système de valeurs égalitaire – ou plus exactement méritocratique – c’est la division de la société en castes, affectées à des travaux différents suivant leur nature génétique. Mais justement, c’est le seul point sur lequel Huxley se soit montré mauvais prophète ; c’est justement le seul point qui, avec le développement de la robotisation et du machinisme, soit devenu à peu près inutile. Aldous Huxley est sans nul doute un très mauvais écrivain, ses phrases sont lourdes et dénuées de grâce, ses personnages insipides et mécaniques. Mais il a eu cette intuition – fondamentale – que l’évolution des sociétés humaines était depuis plusieurs siècles, et serait de plus en plus, exclusivement pilotée par l’évolution scientifique et technologique. Il a pu par ailleurs manquer de finesse, de psychologie, de style ; tout cela pèse peu en regard de la justesse de intuition de départ. Et, le premier parmi les écrivains, y compris les écrivains de science-fiction, il a compris qu’après la physique c’était maintenant la biologie qui allait jouer un rôle moteur. »

( p. 197)
Michel : « Huxley appartenait à une grande famille de biologistes anglais. Son grand-père était un ami de Darwin, il a beaucoup écrit pour défendre les thèses évolutionnistes. Son père et son frère Julian étaient également des biologistes de renom. C’est une tradition anglaise, d’intellectuels pragmatiques, libéraux et sceptiques ; très différents du Siècle des Lumières en France, beaucoup plus basé sur l’observation, sur la méthode expérimentale. Pendant toute sa jeunesse Huxley a eu l’occasion de voir les économistes, les juristes, et surtout les scientifiques que son père invitait à la maison. Parmi les écrivains de sa génération, il était certainement le seul capable de pressentir les progrès qu’allait faire biologie. Mais tout cela serait allé beaucoup plus vite sans le nazisme. L’idéologie nazie a beaucoup contribué à discréditer les idées d’eugénisme et d’amélioration de la race ; il a fallu plusieurs décennies pour y revenir. » Michel se leva, sortit de sa bibliothèque un volume intitulé Ce que j’ose penser. « Il a été écrit par Julian Huxley, le frère aîné d’Aldous, et publié dès 1931, un an avant le Meilleur des mondes. On y trouve suggérées toutes les idées sur le contrôle génétique et l’amélioration des espèces, y compris de l’espèce humaine, qui sont mises en pratiques par son frère dans le roman. Tout cela y est présenté, sans ambiguïté, comme un but souhaitable, vers lequel il faut tendre. »
(…) »Après la guerre, en 1946, Julian Huxley a été nommé directeur général de l’Unesco, qui venait d’être créé. La même année son frère a publié Retour sur le Meilleur des mondes, dans lequel il essaie de présenter son premier livre comme une dénonciation, une satire. Quelques années plus tard, Aldous Huxley est devenu une caution théorique majeure de l’expérience hippie. Il avait toujours été partisan d’un entière liberté sexuelle, et avait joué un rôle de pionnier dans l’utilisation des drogues psychédéliques. Tous les fondateurs d’Esalen le connaissaient, et avaient été influencés par sa pensée. Le New Age, par la suite, a repris intégralement à son compte les thèmes fondateurs d’Esalen. Aldous Huxley, en réalité, est un des penseurs les plus influents du siècle. »
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lanardlanard   12 août 2010
A propos de Ile de A. Huxley (p. 198)
« Huxley a publié Ile en 1962, c’est son dernier livre, poursuivit [Michel]. Il situe l’action dans une île tropicale paradisiaque – la végétation et les paysages sont probablement inspiré du Sri Lanka. Sur cette île s’est développée une civilisation originale, à l’écart des grands courants commerciaux du Xxe siècle, à la fois très avancée sur le plan technologique et respectueuse de la nature : pacifiée, complètement délivrée des névroses familiales et des inhibitions judéo-chrétiennes. La nudité y est naturelle ; la volupté et l’amour s’y pratiquent librement. Ce livre médiocre, mais facile à lire, a joué un rôle énorme sur les hippies et , a travers eux, sur les adeptes du New Age. Si on y regarde de près, la communauté harmonieuse décrite dans Ile a beaucoup de points communs avec celle du Meilleur des mondes. De fait Huxley lui-même, dans son probable état de gâtisme, ne semble pas avoir pris conscience de la ressemblance, mais la société décrite dans Ile est aussi proche du Meilleur des mondes que la société hippie libertaire l’est de la société bourgeoise libérale, ou plutôt de sa variante social-démocrate suédoise. »(…)
« Comme son frère, Aldous Huxley était un optimiste…(…). La mutation métaphysique ayant donné naissance au matérialisme et à la science moderne a eu deux grandes conséquences : le rationalisme et l’individualisme. L’erreur d’Huxley est d’avoir mal évalué de le rapport de forces entre ces deux conséquences. Spécifiquement, son erreur est d’avoir sous-estimé l’augmentation de l’individualisme produite par une conscience accrue de la mort. De l’individualisme naissent la liberté, la sensation du moi, le besoin de se distinguer et d’être supérieur aux autres. Dans une société rationnelle telle que celle décrite par le Meilleur des mondes, la lutte peut être atténuée. La compétition économique, métaphore de la maîtrise de l’espace, n’a plus de raison d’être dans une société riche, où les flux économiques sont maîtrisés. La compétition sexuelle, métaphore par le biais de la procréation de la maîtrise du temps, n’a plus de raison d’être dans une société où la dissociation sexe-procréation est parfaitement réalisé. : mais Huxley oublie de tenir compte de l’individualisme. Il n’a pas su comprendre que le sexe, une fois dissocié de la procréation, subsiste moins comme principe de plaisir que comme principe de différentiation narcissique ; il en est de même du désir de richesses. Pourquoi le modèle de la social-démocratie suédoise n’a-t-il jamais réussi à l’emporter sur le modèle libéral ? Pourquoi n’a-t-il même jamais été expérimenté dans le domaine de la satisfaction sexuelle ? Parce que la mutation métaphysique opérée par la science moderne entraîne à sa suite l’individuation, la vanité, la haine et le désir. En soi le désir – contrairement au plaisir – est source de souffrance, de haine et de malheur. Cela, tous les philosophes – non seulement les bouddhistes, non seulement les chrétiens, mais tous les philosophes dignes de ce nom – l’ont su et enseigné. La solution des utopistes – de Platon à Huxley, en passant par Fourier – consiste à éteindre le désir et les souffrances qui s’y rattachent en organisant sa satisfaction immédiate. A l’opposé, la société érotique-publicitaire où nous vivons s’attache à organiser le désir dans des proportions inouïes, tout en maintenant la satisfaction dans le domaine de la sphère privée. Pour que la société fonctionne, pour que la compétition continue, il faut que le désir croisse, s’étende et dévore la vie des hommes. »(…)
« il y a des correctifs, des petits correctifs humanistes… dit doucement Bruno. Enfin, des choses qui permettent d’oublier la mort. Dans le Meilleur des mondes il s’agit d’anxiolytiques et d’antidépresseurs ; dans Ile on a plutôt affaire à la médiation, les drogues psychédéliques, quelques vagues éléments de religiosité hindoue. En pratique, aujourd’hui, les gens essaient de faire petit mélange des deux.
- Julian Huxley aborde lui aussi les question religieuses dans Ce que j’ose penser, il y consacre toute la deuxième partie de son livre,(…). Il est nettement conscient que les progrès de la science et du matérialisme ont sapé les bases de toutes les religions traditionnelles ; il est également conscient qu’aucune société ne peut subsister sans religion. Pendant plus de cent pages, il tente de jeter les bases d’une religion compatible avec l’état de la science. On ne peut pas dire que le résultat soit tellement convaincant ; on ne peut pas dire non plus que l’évolution de nos sociétés soit tellement allée dans ce sens. En réalité, tout espoir de fusion étant anéanti par l’évidence de la mort matérielle, la vanité et la cruauté ne manquer de s’étendre. A tire de compensation, conclut-il bizarrement, il en est de même de l’amour. »
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JilucJiluc   19 février 2016
On fréquente les gens pendant des années, parfois des dizaines d'années, en s'habituant peu à peu à éviter les questions personnelles et les sujets réellement importants ; mais on garde l'espoir que plus tard, dans des circonstances plus favorables, on pourra justement aborder ces sujets, ces questions ; la perspective indéfiniment repoussée d'un mode de relation plus humain et plus complet ne s'efface jamais tout à fait, simplement parce que c'est impossible, parce qu'aucune relation humaine ne s'accommode d'un cadre définitivement étroit et figé. La perspective demeure, donc, d'une relation "authentique et profonde" ; elle demeure pendant des années, parfois des dizaines d'années, jusqu'à ce qu'un événement définitif et brutal (en général de l'ordre du décès) vienne vous apprendre qu'il est trop tard, que cette relation "authentique et profonde" dont on avait caressé l'image n'aurait pas lieu, elle non plus, pas davantage que les autres.
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StormStorm   29 juillet 2009
Aucune puissance économique, politique, sociale ou religieuse n'est capable de tenir face à l'évidence de la certitude rationnelle. (…)Les religions sont avant tout des tentatives d'explication du monde; et aucune tentative d'explication du monde ne peut tenir si elle se heurte à notre besoin de certitude rationnelle. La preuve mathématique, la démarche expérimentale sont des acquits définitifs de la conscience humaine. Je sais bien que l'islam - de loin la plus bête, la plus fausse et la plus obscurantiste de toutes les religions - semmble actuellement gagner du terrain ; mais ce n'est qu'un phénomène superficiel et transitoire : à long terme l'islam est condamné, encore plus sûrement que le christianisme.
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