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Critiques sur Les particules élémentaires (146)
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lecassin
  09 mars 2013
« Les particules élémentaires » : beaucoup de bruit pour rien…
Une intrigue bien faible, qui nous présente deux demi-frères, Michel et Bruno, tous deux chercheurs : l'un est chercheur en biologie, l'autre en recherche du nirvana sexuel, donc d'une partenaire à la hauteur de ses fantasmes…

Une escapade, en fait, en plein consumérisme exacerbé. Si l'on peut admettre que parfois l'écrivain est le reflet à peine exagéré de la société dans laquelle il vit, j'ose espérer que Michel Houellebecq a grossi le trait jusqu'à la caricature… Ou alors…

Quant au coté sexe, comment ne pas voir là un produit d'appel, additionné à un « anti-religions » primaire – « Je sais bien que l'Islam – de loin la plus bête, la plus fausse et la plus obscurantistes de toutes les religions – semble actuellement gagner du terrain… » –, produit d'appel là aussi…
Bref, et je pense qu'on l'aura compris, Michel Houellebecq n'apparaît pas dans mes lectures favorites. Malgré tout, il faut de tout pour faire un monde…et si certains aiment, ils ont sans doute raison.

Il reste un ouvrage bien faible à mon goût, truffé de provocations faciles et d'accroches perverses destinées à créer le « buzz » pour assurer le tirage : une triste opération mercantile dont la littérature se serait bien passée.
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jcnb68
  25 juin 2012
Ah, mes aïeux ! Quel pied que cette lecture.
Je n'avais jamais rien lu de Houellebecq.
C'est maintenant, par le plus banal des hasards, chose faite.
Les lectures imprévues, improbables, sont toujours les meilleures.

Lecture profonde, riche et légère tout à la fois.
Je n'ai peut-être pas tout compris.
Mais en était-il vraiment besoin ?
En revanche, l'auteur semble vouloir nous convaincre en « substance , » et je suis en total accord avec lui, du fait que les hommes, les hommes et pas les femmes, ne sont qu'un amas, plus ou moins difforme et incohérent, de branleurs.
Et oui, si telle est notre condition, autant y aller de bon coeur.
Ce livre aurait bien pu se traduire par : « Hommes, bite à la main »

Je ne veux plus rien dire de chef-d'oeuvre, par peur de "l'éclabousser."
Toute femme et tout homme, devraient simplement le lire.
Oui, tout simplement.
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Hugo
  18 septembre 2017
Un jour j'ai lu "Twilight" et j'ai pleurniché d'amour, coincé dans un corps d'homme, il me fallait assumer cette passion pour la variété littéraire, argumentant un amour pour la lecture, reléguant la culture à ma triste condition d'homme viril(e) qui un jour de troisième fut reconnu inapte à la poursuite de ma carrière d'astronaute… le chemin était encore long, et les maths une science occulte dont l'éducation nationale se faisait fort d'un recrutement on ne peut plus rigoureux, à la mesure de ma compréhension qui s'échappait dans les méandres de mes pensées lubriques, peuplées de cul et de visages juvéniles dont mes "camaradettes" de classe s'amusaient.

Après le temps passe, la maturité te lisse le crâne, le blanc se marginalise très bien avec la couleur de tes trois, quatre derniers cheveux… tu ne pleures plus d'amour, tu pleures tes rides et ton bide grassouillet, ta jeunesse t'échappe, il est loin le temps de l'insouciance, de l'innocence, la mort te susurre avec douceur la fatalité de toute vie, et tu y prendras peur, parfois fugace, longue, ou douloureuse, elle se love confortablement dans tes pensées dont l'immortalité se fable aux premières lueurs "maladiesques"…

Alors Houellebecq c'est le cynisme à l'état pur, sans ornement de douceur, sans les violons, il crache son hédonisme Nietzschéen sur le papier… la vie se résume à pas grand-chose, si ce n'est naitre, grandir, vieillir puis mourir, mélange des corps déjà flétris par le temps qui s'agace de cette jeunesse insouciante et solitaire dont ta peau douce se fane aux années qui passent… le cul brut de bite qui s'a fesse et des seins qui s'étendent, le cul aux effluves « Bukosliesques »… L'espoir du désespoir, critique du matérialisme, apologie de l'ennui qui s'essouffle, Houellebecq « glauquifie » la vie qui se meurt inlassablement, ignore le bonheur des joies éphémères, hormis la branlette qui trouve son salut dans l'orgasme des instants fugaces d'une putain partie de baise…

Nous ne sommes que des particules, des plus élémentaires comme le dirait le titre, mélange hasardeux de l'évolution, nous inventons l'illusion de l'immortalité, alors que notre déchéance se nourrit insatiablement de nos espoirs perdus d'avance, imparfaits et mortels, épuisés par cette quête vaine de la vie éternelle, du bonheur éternelle, nous cheminons avec fatalité les yeux bandés vers le noir le plus obscur, incapables de nous projeter dans notre salut commun, apaisés de nos souffrances qui font de nous ce que nous étions, mais que nous ne serons plus un jour ou l'autre, mais je préfère l'autre…

Alors oui Houellebecq se rapproche de la pensée Nietzschéenne, sans pouvoir parvenir à oublier le passé, et à faite abstraction du futur, nous naviguons dans la superficialité de toute vie, pour combler le temps qui nous manque, on voudrait être des Dieux alors que nous sommes que des hommes…

Il y a encore quelques années, ce style de lecture m'aurait fait pleurer d'ennui, je me serai complexé aux premières pages, ne saisissant que les mots mais pas leur sens, je me serai dit : « ouais OK, le mec déprime, complexe sur un physique au laisser aller flagrant, raconte une histoire dont je me fou complètement, sans saisir l'essence même du bouquin, qui fait réfléchir, et qui fait du bien malgré tout, je ne suis pas fan de l'auteur, bien que son style respire le talent c'est indéniable…mais il manque cette pointe d'ironie et de dérision qui donne quand même un peu de poésie à notre vie, le cul reste pour moi comme pour lui un échange des plus bandants, mais j'y ajoute toujours un coeur ou deux, histoire de rendre grâce à l'orgasme qui me donne l'envie de vivre pleinement avec le sourire et les rires…


A plus les copains
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ahasverus
  18 avril 2013
C'est pas pour dire du mal, mais il faut bien le reconnaître : Michel Houellebecq n'est pas exactement le genre de type que j'inviterais à la communion du dernier pour raconter des blagues en attendant le dessert. Les vrais tranches de rigolade sont plutôt rares dans les 316 pages de ses Parti(cul)es Élémentaires qui nous racontent la vie de Michel, le scientifique, et de son demi-frère Bruno le branleur.

Ils sont très différents, Michel et Bruno : Michel est aussi introverti que Bruno est profiteur, tendance éjaculateur compulsif, ce qu' il démontrera tout au long du roman.

Ils avancent ensemble vers la fin d' un monde sans joie et hanté par des post soixante-nuitards désabusés et cancéreux à la sexualité mourante mais débridée.

J'ai éprouvé parfois un peu d'ennui dans ce livre dont j'ai sauté quelques pages, mais soyons honnêtes : il est dense, son écriture est plaisante, et ses chemins sont imprévisibles malgré qu'ils soient pavés des ingrédients habituels (cynisme, sexe, descriptions wikipédiesques, personnages réels, poèmes fruités, etc) qui nous rappellent sans doute possible qu'on est bien chez Houellebecq.

A lire éloigné du bord de la falaise.
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anlixelle
  01 février 2019
Premier livre de cet auteur en ce qui me concerne.
Dernier ?
Probablement.

Je n'ai senti qu'au bout de quelques jours de lecture les réactions neuronales qu'a eues ce roman sur mon faible esprit, à savoir : tristesse, déprime, lassitude, ras-le-bol, agacement…

Oui, certaines écritures, certains personnages ont le don de nous gâcher l'existence. Ils vont mal, très mal… c'est bien triste.

Seraient-ils aussi ce qu'on nomme "toxiques" ?
Dans la vie, je me tiens (maintenant) très éloignée de ce type de personnalité.

Dans la littérature, je le ferai dorénavant avec cet auteur.


Lien : http://justelire.fr/les-part..
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Rouletabille
  10 septembre 2013
J'avais commencé l'été avec son Goncourt, et bien que pas vraiment convaincu je me suis laissé tenter par les particules élémentaires en cette fin de saison estivale.
J'ai pas de chance avec Houellebecq, après m'avoir bassiné avec ses références artistiques dans la carte et le territoire, univers où je ne connais pas grand chose, les particules élémentaires est un récit parsemé de pensées sur la physique, de grande théorie sur les molécules et compagnie, autre univers auquel je comprends rien et pire encore qui ne m'intéresse pas du tout. J'ai jamais aimé les cours de physique chimie !
Ainsi tous les passages sur la vie et l'oeuvre de Niels Bohr, fondateur de la mécanique quantique ou les rêves de Michel, chercheur talentueux m'ont profondément ennuyé et surtout rendu la lecture ultra compliquée. D'ailleurs j'ai mis assez longtemps à finir ce livre, plusieurs fois il m'est arrivé de l'abandonner 2-3 jours de suite, chose très rare quand je commence une lecture.
Passé ces références physiques, le coeur du livre reste les réflexions de Houellebecq sur notre société. J'ai envie de dire qu'il y a à boire et à manger, certaines sont pertinentes, d'autres me semblent fausses mais au moins le lecteur reste concentré sur sa lecture. Allons y :
- " prise dans son ensemble la nature sauvage n'est rien d'autre qu'une répugnante saloperie". Excellent à l'heure des discours stéréotypés hymne à la nature et en plus je suis d'accord avec lui : en fin de compte il a raison si on laisse la nature seule sans intervention humaine alors le règne du chaos à gagné. La nature est dominée par la loi du plus fort, chaque espèce vivante cherche à tuer le plus faible pour assurer sa survie, les forets seraient une sacrée jungle sans l'intervention de l'homme pour réguler tout ca. L'homme est nécessaire pour préserver une nature agréable, paisible, protégé contrairement à la doctrine qui voudrait nous faire gober qu'il faut la laisser tranquille.

- "l'univers des cadres moyens et des employés était plus tolérant, plus accueillant et plus ouvert que l'univers des jeunes marginaux". Là encore l'auteur sort des sentiers battus et il a pas tord. Certes l'entreprise est un univers hypocrite mais il permet de maintenir une certaine cohésion sociale, une certaine chaleur humaine, et il est vrai que des marginaux finissent par entrer dans une forme de sectarisme, ils finissent par refuser toute aide venant de l'extérieur et étrangement préfèrent rester dans leur inconfort.

- " la libération sexuelle est un nouveau palier dans la montée historique de l'individualisme". Entièrement véridique, nos sociétés occidentales ont même fait entrer le sexe dans l'univers de la compétition ! le sexe est finalement devenu extrêmement codifié vu qu'il est omniprésent. Bientôt le sexe fera son entré dans les compétitions olympiques vous verrez !

" une chose est certaine : plus personne ne savait comment vivre." En effet nous sentons bien que notre manière de vivre au XXI siècle n'est pas la meilleure pour atteindre une forme de bonheur individuel et collectif mais le problème est que nous ne voyons pas vraiment d'alternative crédible d'où une déprime générale, une tristesse que l'on trouve à tous les coins de rues, une société anxiogène.

- " la mort est le grand égalisateur". Je ne suis pas d'accord avec cette phrase, même face à la mort les inégalités persistent ! Certes on sera tous mort mais la manière dont on y arrive n'est pas la même : certains ont la chance d'y accéder tranquillement sans souffrances tandis que d'autres doivent subir de longs moments l'irrémédiable attente.

- " les hommes ne servaient visiblement à un peu près à rien". Phrase assez facile, un brin démagogique. Ce n'est pas parce qu'on sert à rien aujourd'hui que ce doit être le cas demain ! Mais forcement en restant dans son pieu à déprimer toute une journée comme Houellebecq c'est sur ca sert à pas grand chose et on va pas faire avancer la marche du monde ! Après tout c'est un discours de facilité, de défaite de considérer qu'on ne sert à rien, un discours stérile.

- " en réalité jamais les hommes ne sont pas intéressés à leurs enfants, n'ont éprouvés d'amour pour eux". Là encore grande phrase générale facile qui n'apporte pas grand chose au débat.

Pour finir , un livre sulfureux qui mérite sa réputation contrairement à d'autres, certains passages sont vraiment affreux comme la secte satanique, les humiliations de Bruno à l'internat et l'emploi à tout bout de champs des mots crus pour parler de sexualité devient pesant.
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colimasson
  12 juillet 2015
Si Houellebecq fait frémir tant de tendres petits coeurs, c'est parce qu'il leur fait entrevoir le moment où le temps les aura réduits en compote. On peut rire toute sa vie mais vient un jour où l'envie passe, et c'est ce que décrit parfaitement Houellebecq. La renaissance ne sera permise que dans le cadre d'une société androgyne et mécanisée. On perdra deux-trois trucs sympas au nombre desquels, les émotions, mais on y gagnera la sérénité. A vous de voir.
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evh138
  26 février 2017
Je persiste : la seule manière de détester Houellebecq est de ne jamais l'avoir lu (ou pire, de l'avoir mal lu). Il est l'un des meilleurs auteurs français des trente dernières années. Ses textes sont incroyablement riches : des romans-essais qui mêlent réalisme, science-fiction, philosophie, sociologie et économie.

J'ai relu avec grand plaisir « Les particules élémentaires », son deuxième roman. Il retrace le parcours désespéré de deux demi-frères : l'un est noyé dans la société individualiste et consumériste et s'adonne au plaisir hédoniste sous ses multiples formes ; l'autre est un scientifique austère, détaché du matérialisme ambiant, qui réfléchit à inventer l'homme nouveau remplaçant l'humanité actuelle.

C'est un grand livre qui modélise un regard (critique) total sur la société post-68, qui voit le triomphe de l'individu, du libéralisme économique et la destruction de toutes les structures sociales et collectives. C'est un livre difficile, ambigu et très complexe sur de nombreux thèmes (le racisme, le féminisme, les valeurs, la religion, …), mais d'un style extrêmement efficace et talentueux.

Ce qui est surtout passionnant est de voir à quel point, en 20 ans, notre société a évolué ou non. Certains passages sont des anticipations, parfois cruelles. de nombreux passages seraient clairement impubliables aujourd'hui.

Il constitue un vrai livre d'émotions, aucun passage ne laisse indifférent : il est triste, émouvant, extrêmement drôle, frustrant, déprimant, contrariant, détestable, intéressant et méprisable. C'est aussi pour ça qu'on aime la littérature.
Lien : http://evanhirtum.wordpress...
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Levant
  14 août 2019
Une petite bouffée d'optimisme version Houellebecq pour commencer ?
"Dans les cimetières du monde entier, les humains récemment décédés continuèrent à pourrir dans leurs tombes, à se transformer peu à peu en squelette." Page 244 édition Folio.
Le ton est donné. Bonne lecture à vous.

Mais, hauts les coeurs, il faut rebondir comme on dit de nos jours. Regonfler les troupes et tenter avec notre sémillant auteur frigorifié d'identifier quels remèdes peuvent être prescrits contre l'angoisse de la mort. Puisqu'il s'agit encore et toujours de cela. On n'en connaissait traditionnellement que deux : la religion et la philosophie. Michel Houellebecq nous en fera-t-il découvrir d'autres ?

La première a prévu tous les scénarios pour expliquer à la créature intelligente d'où elle vient et où elle va. Lui garantissant en prime l'éternité. Le problème c'est que sa version de l'éternité passe par le trépas. Mais son service communication est très efficace. La conviction c'est son rayon, la félicité est à la clé. Malgré cela on imagine bien qu'il puisse subsister quelques sceptiques. Les indécrottables athées et autres agnostiques pour qui la religion n'est d'aucun secours puisque force est de constater que les preuves font défaut. Même s'ils reconnaissent avec Houellebecq que le monde ne saurait être sans religion. Il n'en reste pas moins qu'il y a de la concurrence sur le créneau et qu'en pareille circonstance la démarche commerciale pour appâter le chaland aura pu se faire à grands coups de bûcher, lapidation et autre autodafé. Celles qui prônent l'amour de son prochain, les trois grandes monothéistes se revendiquant du Livre, ont des pratiques concurrentielles agressives et ne sont en effet pas tendres avec les brebis égarées. En observateur éclairé, Michel Houellebecq serait plus porté vers une ferveur alternative réputée plus douce : le bouddhisme. Elle est peut être de nature à apaiser le pénitent mais à toutefois des chances de rebuter le jouisseur des temps modernes pour qui le bol de riz gluant est un tantinet frugal.

La philosophie, dont Montaigne nous ressasse qu'elle est recette pour apprendre à mourir, serait donc aussi un remède, non contre la mort, mais contre l'angoisse qui va avec. Là aussi, depuis que l'écriture a laissé des traces de leurs travaux, on constate que les précepteurs en la matière sont légion. Mais force est de convenir que les chemins de l'apprentissage sont obscurs et tortueux et on va bien l'avouer peu accessibles à la multitude ignorante. Toutes les théories en "isme" cheminant parfois aux confins du mystique, en se gardant bien de franchir la ligne, concoctées et relayées par ce qu'il convient bien d'appeler des penseurs à nous convaincre de l'absurdité de la vie, condescendent fort peu à la vulgarisation et ont de fortes chances de laisser sur le bord du chemin beaucoup d'âmes en peine avec leur lot d'angoisse sur les bras.

Quelle échappatoire alors à ces remèdes qui ont, il faut en convenir un fort taux d'échecs ? Houellebecq nous en propose deux autres : le sexe et la science.
Sexothérapie donc pour le permier. Discipline qui pour le coup ne traiterait pas des maladies sexuelles, mais soulagerait de l'angoisse de la mort par le sexe. Cette thérapie présente toutefois l'inconvénient de nécessiter d'une part l'intervention d'un ou plusieurs partenaires consentants de préférence, identiquement angoissés ou non. Sauf à tomber dans le satanisme pervers dont Houellebecq nous offre de bonnes tranches dans son ouvrage. Thérapie qui a en sa défaveur le grand inconvénient de perdre en efficacité au moment où on en a le plus besoin puisque les capacités à se distraire de la mort par le sexe s'amenuisent au fur et à mesure qu'on s'en approche (de la mort, pas du sexe). C'est une hantise chez notre auteur à la prose sans allégorie. le grand travers de cette pratique étant que les praticiens les plus efficaces, les corps jeunes, se désintéressent des patients les plus à la demande, les corps sur le déclin. Au final, ça tourne à l'obsession chez ces derniers et a de grande chance de les conduire vers des établissements spécialisés pour calmer les fiévreux. C'est ce qui arrive à Bruno, l'un des deux protagonistes des Particules élémentaires. Il faut dire qu'il avait des circonstances atténuantes, à rechercher comme souvent dans une enfance quelque peu violentée.

Reste la science. Elle nous a jusqu'alors pas habitués à être le remède ultime. Mais avec un soupçon d'anticipation, nous arrivons en des temps où l'espoir pointe à l'horizon. Michel, le frère de Bruno, fonde beaucoup d'espoir dans cette voie. En particulier dans ce qu'elle serait à même d'identifier les causes du vieillissement et d'en venir à bout. Philosophie, religion, sexe, tout cela le laisse de marbre. A force de mettre les spirales d'ADN en algorithmes, il s'est auto auréolé du nimbe de clarté qui témoigne de la jonction des deux infinis. Il en arrive à imaginer une forme d'idéal dans lequel la sexualité serait déconnectée de la procréation. Pas de risque d'encombrement par une progéniture rebelle ou par trop dissipée. Et cerise sur le gâteau, excusez du peu, l'être nouveau serait doté de cellules de Krauze, - dont on nous dit qu'elles sont les récepteurs sensibles des organes sexuels tant masculins que féminins - sur l'ensemble de la surface de la peau. Autrement dit notre corps ne serait plus qu'orgasme au moindre effleurement, de la moindre poignée de main du matin par exemple. Elle ne serait pas belle la vie ?

Science sans jouissance n'est que ruine de l'homme. A moins que l'homme ait une âme, ce qui reste à prouver, et une relation avec le monde ce qui semble séparer Houellebecq de Pantagruel.
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olivberne
  05 novembre 2012
J'ai d'abord été attiré par son côté sulfureux, le roman interdit à lire et dont tout le monde parle, mais j'ai été ensuite surpris par sa profondeur et sa faculté de réflexion. Certes, le frère du personnage principal est peu recommandable et il peut rebuter mais j'ai été très impressionné, moi qui ait plutôt pensé avec des littéraires, de voir le résultat que peut donner la pensée d'un mathématicien sur la littérature et l'écriture en particulier.
Houellebecq commence ici une réflexion sur le monde qu'il poursuivra avec d'autres romans, un monde fini, un monde en désuetude, qui doit disparaître d'une manière ou d'une autre. Cet écrivain est un visionnaire, il imagine dans ses romans l'avenir qui ne nous arrivera pas. C'est original, un peu absurde et terriblement exictant.
C'est aussi bien écrit, on s'embarque dans la pensée d'un homme qui se cherche et veut autre chose pour lui comme pour les autres. Malgré toutes les critiques, moi, j'aime bien.
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