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ISBN : 2081471752
Éditeur : Flammarion (04/01/2019)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 119 notes)
Résumé :
« Mes croyances sont limitées, mais elles sont violentes. Je crois à la possibilité du royaume restreint. Je crois à l'amour » écrivait récemment Michel Houellebecq. Le narrateur de Sérotonine approuverait sans réserve. Son récit traverse une France qui piétine ses traditions, banalise ses villes, détruit ses campagnes au bord de la révolte. Il raconte sa vie d'ingénieur agronome, son amitié pour un aristocrate agriculteur (un inoubliable personnage de roman, son do... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  06 janvier 2019
Bienvenue en Houellebecquie !
Dès les premières pages, tu y es, retrouvant comme un vieil ami un nouvel avatar du héros houellebecquien, un mâle blanc fatigué, dépressif, le phallus en berne. Sans surprise. Juste que cette fois, le narrateur a un prénom absurde ( Florent-Claude ), qu'il est ingénieur agronome ( comme Houellebecq ) et que dès les premières pages, tu ne pressens pas, tu sais que c'est un homme en plein délitement, un homme en chute dont la fin est imminente, ce qui donne tout son sel à la causticité du titre : la sérotonine cette « hormone du bonheur », délivrée par le Captorix, l'antidépresseur dont ne peut se passer le Florent-Claude mais dont les effets sur la libido sont dévastateurs.

On n'a jamais assez dit à quel point la prose de Houellebecq est drôle, et là, c'est clairement son roman le plus drôle. Le livre est parsemé de saillies drolatiques, violentes, provocatrices ( on connait le goût de Houellebecq pour le politiquement incorrect et même si parfois c'est gratuit, cette mauvaise foi hérissante fait du bien même si on n'en partage point les vues ), emplies d'ironie noire, qui font presque systématiquement mouche grâce un style d'une maitrise très efficace : beaucoup de phrases ou de paragraphes changent de registre de langue ou d'échelle en cours de lecture, commençant par exemple dans un lyrisme très travaillé pour s'achever dans du trivial, du grossier, du très humain terre-à-terre.
Tu avances donc comme dans un thriller très addictif ( tu veux savoir comment Florent-Claude ne s'en sort pas ) , brillant de drôlerie mais Houellebecq ne fait pas que dans la radiographie cynique d'un homme qui chute en mode « moi, ma bite, ma dépression, mon Captorix ».
Sans parler d'oracle ou de prophétie comme on l'entend souvent à propos de Houellebecq, la saisie du contemporain est d'une rare acuité. Incroyables cinquante dernières pages qui mettent en scène la révolte des abandonnés, non pas les gilets jaunes, mais leurs frères jumeaux, les agriculteurs, qui affrontent violemment les CRS. Le livre est complètement au diapason du malaise qui saisit la France ( mais écrit bien avant l'explosion Gilets jaunes ), de la désespérance paysanne, un livre politique donc qui tire à boulets rouges sur l'ultra-libéralisme et la complicité de l'Union européenne qui l'accompagne, avec une empathie totale à l'égard des agriculteurs ( magnifique personnage du meilleur ami du narrateur, Aymeric ).
Mais ce qui est le plus nouveau, c'est le romantisme désespéré qui court durant tout le roman. Vrai que le premier personnage féminin évoqué ( Yuzu la dernière compagne japonaise ) est gratiné, grotesque ( très drôle, forcément très drôle ), que le deuxième ( Claire, l'intermittente du spectacle ) est triste à pleurer, mais celui de Camille, le grand amour perdu, est d'une épure superbe, loin de la misogynie souvent affichée par l'auteur. Camille revient dans le récit comme une obsession à laquelle se raccrocher pour peut-être pouvoir vivre ; elle traverse les chapitres comme le souvenir du paradis perdu, un souvenir qui fait du bien mais qui fait tout aussi mal lorsqu'on ne peut le vivre à nouveau.
" J'ai connu le bonheur, je sais ce que c'est, je peux en parler avec compétence, et je connais aussi sa fin, ce qui s'ensuit habituellement. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé comme disait l'autre, ( ... ) la vérité est qu'un seul être vous manque et tout est mort, le monde est mort et l'on est soi-même mort, ou bien transformé en figurine de céramique, et les autres aussi sont des figurines de céramique, isolant parfait des points de vue thermique et électrique, alors plus rien absolument ne peut vous atteindre hormis les souffrances internes, issues du délitement de votre corps indépendant."
J'ai refermé ce livre bouleversée par ce romantisme noir que je n'avais jamais rencontré dans les romans de Michel Houellebecq, uniquement dans ses sublimes poésies. Un grand roman sombre et poignant.
« Lorsqu'il faudra quitter ce monde
Fais que ce soit en ta présence
Fais qu'en mes ultimes secondes
Je te regarde avec confiance
Tendre animal aux seins troublants
Que je tiens au creux de mes paumes ;
Je ferme les yeux : ton corps blanc
Est la limite du royaume. »
Michel Houellebecq, Configuration du dernier rivage, « HMT III ».
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palamede
  11 janvier 2019
La Weltanschaung (sa « conception du monde ») de Michel Houellebecq est bien déprimante. Et les années qui passent n'améliorent pas les choses. Toujours du sexe triste. Des femmes peu aimées réduites à un plaisir peu épanouissant. La vision d'une société consumériste, en proie à la globalisation et à l’ultra-libéralisme, néfaste à son environnement et fatale aux plus faibles.
Bon cela dit, on aurait tort de négliger la prose Houellebecquienne sous prétexte qu'il radote, qu'il est obsédé, misogyne et homophobe, qu'il est désespéré et désespérant. D'abord parce que le cynisme de Houellebecq est drôle, (je n'y résiste pas, à chaque fois je me dis que c'est fini, je ne lirai plus les livres du bonhomme, et je repique) et qu'ensuite sa vision, qu'on partage ou pas, a le grand mérite de nous faire réfléchir. Sur notre rapport au monde et aux autres, sur notre besoin essentiel d'amour, parfois compromis par un individualisme forcené.
«... je ne crois pas me tromper en comparant l’amour à une sorte de rêve à deux, avec il est vrai des petits moments de rêve individuel, des petits jeux de conjonctions et de croisements, mais qui permet en tout cas de transformer notre existence terrestre en un moment supportable – qui en est même, à vrai dire, le seul moyen. »

Challenge MULTI-DÉFIS 2019
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Litteraflure
  05 janvier 2019
Depuis 20 ans, dans ses romans, Houellebecq explore la dépression contemporaine au prisme des phénomènes crispants du moment. Il y a eu le tourisme, la misère sexuelle, les musulmans et maintenant la désertification des campagnes et le désespoir des agriculteurs face à la mondialisation. Houellebecq, c'est BFM TV en version littéraire. Il est là son génie. Il a le flair, il capte et relate mieux que personne l'air du temps, surtout quand il est mauvais. Il a aussi cette manière unique et jouissive de se moquer de notre prochain. On jubile de sa misanthropie (voire de sa misogynie) mais comme après une bonne cuite, on est pris par la nausée. Encore plus que dans Soumission, Houellebecq se complaît (s'identifie) dans les personnages alcooliques et nostalgiques de leur libido disparue – on se lasse de sa bite, des bouches et des chattes qu'elle rencontre. Sa provocation est salutaire à une époque où tout devient politiquement correct et aseptisé. Mais elle est souvent gratuite, elle atteint ses limites (ex : les homos, jugements sur les pays ou les villes). Houellebecq se regarde souvent écrire, incapable de se réinventer, mimant son propre style, y ajoutant même des tics de plus en plus fréquents (inspiration qui vient des sites pornos, petits bouts de phrases en anglais, abus des références aux people). Dommage, parce qu'il a gardé sa verve et sa lucidité, dopées par l'humour et le cynisme. Certains passages sont brillants, fulgurants et implacables : l'administration (page 11), la pute (page 68), l'amour (page 72, 96), le théâtre contemporain (page 105), le communisme (page 135), l'élevage en batterie (page 167), l'avant-goût de gilets jaunes (page 259), Thomas Mann (page 335). Dommage, parce qu'il parle bien des autres, et de leurs maux (ex : les agriculteurs) et que, franchement, de la page 194 à la page 274, on a du très bon roman. Au final, Houellebecq apparaît au grand jour : une valeur sûre de la littérature dont le génie s'est grippé, dévoyé, à en être confit dans sa propre caricature. Avec lui, on sait désormais ce qu'on achète, on connaît la recette, plus de surprise, comme une tarte tatin, bien exécutée. Plaisante mais de plus en plus écoeurante.
Lien : https://www.instagram.com/li..
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AgatheDumaurier
  06 janvier 2019
A la veille de la rentrée de janvier, quoi de mieux qu'un petit Houellebecq pour se remplir de joie et de bonne humeur ? Pliée en deux de rire et remontée à bloc, j'achève ce livre avec un immense sentiment d'allégresse et de foi envers l'humanité...Et mes deux chattes (et oui, Michel, j'en ai deux, si c'est pas fantastique !!), sont ravies des hommages constants qui leur sont faits dans le livre et dressent fièrement leurs queues bouffantes (car elles ont les poils longs, ce sont deux main coons ) pour vous adresser une haie d'honneur ( mes chattes ont des queues, Michel, si c'est pas extraordinaire !!)...Bref.
Je voulais laisser reposer un peu car, sous la limpidité apparente de l'eau, la noirceur du propos est toujours complexe, mais bon. le roman présente des similitudes évidentes avec les autres : anti-héros désabusé dans la quarantaine, mâle blanc désespéré et impuissant par quel bout qu'on le prenne, Florent-Claude marche, non vers la mort, mais, l'anéantissement, physique et psychique, qui suit systématiquement la jeunesse dans tous les romans de Houellebecq. Premier accusé, l'Occident et son idéologie libéral et libertaire, poussant à la consommation des objets et des êtres, destructeur de toute valeur morale et de toute spiritualité. On retrouve le Houellebecq moraliste presque rigide de la Possibilité d'une île, La Carte et le Territoire, Les Particules Elémentaires. La possibilité du don et de l'amour, venant de certaines femmes comme toujours (vision un peu idéaliste, mon petit Michel), est piétinée par l'aveuglement et la faiblesse des hommes.
La particularité du roman est d'être une sorte de road movie funèbre entre Paris et la Normandie, où tout semble déjà joué. On est un chouia après la fin des romans précédents, dans le basculement définitif, et notre héros chemine comme un fantôme revenant hanter les lieux et le temps où les choses semblaient encore possibles ( et même si elle ne l'étaient pas, on ne le savait pas). Comme dans "Le temps retrouvé", le narrateur s'octroie un dernier tour de piste et retrouve les visages fatigués de ceux qui ont compté pour lui. Emergent de son passé, en live ou en pensée, Kate, Claire, Camille et Aymeric d'Harcourt, son très noble ami à l'Agro. L'épisode avec Aymeric donne naissance à une charge sociale et politique violente, comme on en trouve assez ordinairement chez l'auteur, ici de l'Europe et de la mondialisation, vécues par les éleveurs normands.
L'ensemble est d'une mélancolie douloureuse, parfois insupportable tant elle sonne juste. Lire Houellebecq est une épreuve de force. Pour nous empêcher de sombrer, il ponctue heureusement les pensées du narrateur d'humour, politesse du désespoir. La prose est d'une beauté lumineuse (si je fais abstraction, en ce qui me concerne, de ces scènes de sexe que notre auteur disperse çà et là, et dont je ne parviens toujours pas, au bout de vingt ans, à comprendre l'intérêt...)
Je ne conclurai pas en disant que c'est un bon livre, car c'est évident, et c'est sans doute plus que ça. Un arrêt sur image d'une civilisation en crise, une pierre en plus dans le mausolée de granit gris que Houellebecq construit peu à peu pour notre époque, l'Occident post-apocalyptique des désastres mondiaux du XXème siècle, où nous avons perdu notre âme.
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Lutvic
  06 janvier 2019
I.
On est dimanche. La fête de l'Épiphanie : lointain écho judéo-chrétien parlant encore à une minorité déclinante. Ce matin, Samuel et Lise sont venus m'inviter à goûter leur galette vers les 16 heures – l'heure des enfants, pensais-je. Il se peut que je sois déjà arrivé à l'âge quand on recommence, sur la pente descendante, à vivre d'après les horaires enfantins. Je contemplai le visage de Lise ayant gardé un certain charme, celui qui m'avait ému il y a plus d'une décennie, à l'époque de notre courte liaison. Je l'imaginai une fois de plus s'adonner à des gestes tendres envers son Samuel, le prendre dans sa bouche et s'allonger ensuite, rassasiée, à côté de lui ; elle devait en être probablement capable, depuis leur vingt ans de vie commune, mais je trouvai ce tableau résolument quelconque sinon aussi triste que ce gris dimanche de 6 janvier. A vrai dire, le souvenir le plus prégnant que je garde d'elle, ce sont surtout les deux taches de sang, deux taches rieuses me signifiant violemment sa fertilité, laissées sur mes draps à la fin d'une soirée quand elle avait ses règles. Alors que je sortais ma bite ensanglantée de sa chatte encore jeune, avec un ressenti bien ambigu (qui aime voir sa bite en sang ?), elle rigolait comme d'une bonne farce.
Et puis, je réalisai qu'ils étaient passés, les deux, à un « mode de vie plus sain » et qu'ils ne fumaient plus, or la perspective d'un goûter sans clope ne put qu'amplifier la nausée qui s'emparait de moi depuis quelques jours. J'émis donc un grognement d'excuse pour décliner doucement leur invitation en calculant qu'une pizza, un calvados et la télé sans son, me permettant de superposer parfaitement les grimaces des leaders de la République en marche et de la France insoumise, qui dégageaient indistinctement, tous, une impression d'énergie presque insupportable, allaient me composer un après-midi plus adéquat.
***
…tout ça pour dire qu'on peut facilement écrire comme Houellebecq d'aujourd'hui.
On le lit par attachement, et par l'espoir de se sentir encore et encore frémir sur ses pages d'une noirceur jouissive, mais on n'attend plus grand-chose, et l'on sait à l'avance ce que chacun de ses bouquins nous donnera à lire : la description méticuleuse (parfois d'une banalité insoutenable, scandée par des tics et des poses usées) d'un personnage typé : blanc, européen, d'âge moyen, engagé sur une pente descendante, avançant parmi les décombres d'une civilisation mourante ; un mâle névrosé, déprimé, bloqué dans ses souvenirs et sa solitude, se remémorant les petits bouts de bonheur qu'il a connus et n'a pas su retenir. Il arrive, au mieux, à nous arracher quelques éclats de rire quand il veut passer à l'action, s'embourbant dans ses propres allégations procrastinatrices et dans la contemplation mélancolique-cabotine de ses multiples impuissances dissoutes dans une société dévitalisée.
L'intrigue est brouillonne, le rythme essoufflé (mais, somme toute faite, incontestablement mieux conduit que dans « Soumission »), et l'ange damné du livre (Aymeric, l'aristocrate improbable devenu fermier), peine à soutirer notre empathie, dans un drame rural mélangeant la Confédération paysanne et les CRS.
C'est peu.
C'est peu malgré ces quelques figures féminines (Kate, Claire, mais surtout Camille) qui, comme d'habitude, demeurent dans la biographie du personnage et dans notre mémoire comme des créatures évanescentes et lumineuses, faisant don de leur corps et de leur âme, et mettant l'homme – pour un court instant, hélas ! – à l'abri de lui-même, responsables, dans l'économie du roman, d'un petit souffle romantique.
Encensé avec une générosité excessive par l'establishment de la critique, bénéficiant d'une promotion balayant toutes les autres sorties du janvier, « Sérotonine » confirme que depuis « Soumission », Houellebecq est entré en hibernation, tel un ours suçant sa patte. Puisant incessamment dans la graisse qui donnait chair à ses romans d'antan, mais qu'il a fini par épuiser.
Aujourd'hui, il vaut mieux relire « Les Particules élémentaires » et préparer une galette.

II.
Plus que tous ses autres livres, « Sérotonine » nous démontre que Houellebecq excelle dans l'art de nous livrer à chaque fois une gigantesque anamorphose. Ou une farce magistrale. Car tout un chacun peut se retrouver dans ses livres, et toute lecture – qu'elle soit désabusée (voir les lignes d'en haut) ou enthousiaste (comme celles qui risquent de suivre) – saurait tenir debout. « Sérotonine » illustre à merveille l'ambiguïté foncière de cet écrivain : dopé au marketing éditorial (d'après les uns) et méritant grandement son succès dû à la franchise de ses pages (d'après les autres), Houellebecq est devenu lui-même un personnage : un paradoxe qui ne cesse de se mettre en scène et de produire du texte.
Vu d'un certain angle, son livre peut agacer, lasser, décevoir cruellement : il peut sembler une variation de plus sur la tragique et banale destinée d'occidental moyen en proie à la dépression, à la solitude et aux regrets tardifs, surpris dans une quête puérile et pathétique, déjà vue et lue, donc banalisée.
D'un autre angle, il est difficile de ne pas résonner à l'errance jusqu'aux limbes du mal-nommé Florent-Claude Labrouste, personnage bien plus « humain » que ses prédécesseurs romanesques, qu'il semble contenir et actualiser, l'un par l'un, dans le monologue intérieur présent. (Et ces clins d'oeil font, il en va de soi, l'un de nos délices.) Protagoniste qui décide de disparaître de soi, de retourner, humainement et socialement, au néant, à l'anonymat et à l'insignifiance fondus dans la ville – cette somme de solitudes parallèles –, condamné à grossir dans l'isolement et marquant un « aboutissement » (si l'on peut se permettre…) de l'anti-héros houellebecquien. de surcroît, tout le décor et la déchéance du personnage, apparentée à un impossible retour au paradis perdu (l'amour de Camille, bêtement raté), mourant littéralement de chagrin et survivant en accomplissant des gestes futiles, discourant sur le bonheur ressenti autrefois comme à portée de main et pourtant irrévocablement loin – qui pourrait, au bout du compte, n'être qu'une simple question d'hormones, de gènes et de molécules injustement distribués –, parient sur des traits romantiques comme aucun autre jusqu'ici.
Avec ses éternelles ambiguïtés idéologiques et son sens d'auto-dérision, Houellebecq fait partie du patrimoine national : on y est attaché comme aux bons produits locaux, on le subit, on le lit, on se dispute à son sujet autour de la table. Il nous inspire, nous irrite, invite à échanger. Il se peut que ses personnages médiocres déteignent sur nous. Et c'est humain. Plus c'est médiocre, plus c'est humain, pourrait dire n'importe lequel d'eux. le pire, le pire serait de ne rien sentir...
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critiques presse (14)
LaPresse   06 janvier 2019
Michel Houellebecq, « l'enfant terrible » des lettres françaises, est de retour sur les étals des libraires avec un nouveau roman, Sérotonine, ouvrage sombre et poignant, qui semble avoir anticipé la révolte des « gilets jaunes ».
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaLibreBelgique   06 janvier 2019
"Sérotonine", le nouveau et mélancolique roman de Michel Houellebecq, est dans la droite ligne de toute son oeuvre. Mais en plus épuré, plus désespéré encore, et en même temps, plus tendre, habité par une folle humanité et par le désir inaccessible d’aimer encore dans une société suicidaire, ultra-libérale et individualiste.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeFigaro   06 janvier 2019
Michel Houellebecq est décidément capable de tout. D'une soirée échangiste sur l'île de la Cité à une chouannerie en Normandie, il varie les ambiances. Il est cochon, mais ses truffes étincellent. Ne parlez pas trop tôt de nihilisme. Écoutez voir. Sérotonine s'achève par le même mot que le monologue de Molly Bloom dans Ulysse de Joyce: «Oui.»
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaCroix   03 janvier 2019
Houellebecq sait glisser dans son tableau des traits d’humour, mayonnaise qui vient agrémenter son assiette froide. Cela ne suffit pas à donner corps à sa chronique désabusée, catalogue des conquêtes passées et d’une errance sur la carte de France.
Lire la critique sur le site : LaCroix
LePoint   03 janvier 2019
Malgré les scènes pornographiques [...], le roman de Michel Houellebecq est éminemment romantique. On sort de sa lecture bouleversé.
Lire la critique sur le site : LePoint
LaPresse   31 décembre 2018
C'est du Houellebecq pur jus, provocateur presque sur commande, à un point tel qu'on a même l'impression par moments qu'il écrit un pastiche de ses propres romans.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeDevoir   31 décembre 2018
Récit implacable d’une déchéance programmée, Sérotonine apparaît surtout comme une nouvelle variation au coeur d’une oeuvre à la cohérence exemplaire.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LeMonde   28 décembre 2018
Son nouveau livre, entre angoisse et ironie, abandonne la polémique et laisse place à la possibilité de l’amour.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Telerama   28 décembre 2018
Des héros désabusés qui hantent ses romans, Florent-Claude Labrouste est le plus poignant. Sa soumission à un lent délitement est scrutée par Houellebecq avec ironie et une compassion nouvelle.
Lire la critique sur le site : Telerama
Culturebox   28 décembre 2018
Le Goncourt 2010 signe là le plus houellebecquien et sans doute le plus bouleversant de ses romans.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Liberation   27 décembre 2018
Dans «Sérotonine», son septième roman qui paraît le 4 janvier, l’écrivain endosse un nouvel avatar du mâle occidental, homophobe à la libido en berne et sous antidépresseur. Une dérive émouvante autour de la perte du désir, sur fond de révolte des agriculteurs.
Lire la critique sur le site : Liberation
LePoint   27 décembre 2018
Un titre caustique pour un livre sombre et poignant qui décrit, au travers d'un narrateur dépressif et inconsolable, « la tristesse de la vie, l'insupportable vacuité des jours », le tout parsemé d'un peu d'« ironie sceptique », explique l'intellectuel.
Lire la critique sur le site : LePoint
LeSoir   27 décembre 2018
Michel Houellebecq revient avec son septième roman « Sérotonine », dans un style plus assuré mais aussi plus profond, plus dru, sans temps mort, sans fléchissement aucun.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LaLibreBelgique   27 décembre 2018
"Sérotonine", le nouveau et mélancolique roman de Michel Houellebecq, est dans la droite ligne de toute son oeuvre. Mais en plus épuré, plus désespéré encore, et en même temps, plus tendre, habité par une folle humanité et par le désir inaccessible d’aimer encore dans une société suicidaire, ultra-libérale et individualiste.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (67) Voir plus Ajouter une citation
GeraldineBGeraldineB   15 janvier 2019
Dieu s'occupe de nous en réalité, il pense à nous à chaque instant, et il nous donne des directives parfois très précises. Ces élans d'amour qui affluent dans nos poitrines jusqu'à nous couper le souffle, ces illuminations, ces extases, inexplicables si l'on considère notre nature biologique, notre statut de simples primates, sont des signes extrêmement clairs.
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palamedepalamede   13 janvier 2019
... je ne crois pas me tromper en comparant l’amour à une sorte de rêve à deux, avec il est vrai des petits moments de rêve individuel, des petits jeux de conjonctions et de croisements, mais qui permet en tout cas de transformer notre existence terrestre en un moment supportable – qui en est même, à vrai dire, le seul moyen. 
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palamedepalamede   14 janvier 2019
... l’amour restait la seule chose en laquelle on puisse encore, peut-être, avoir foi.
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palamedepalamede   12 janvier 2019
... l’argent n’avait jamais récompensé le travail, ça n’avait strictement rien à voir, aucune société humaine n’avait jamais été construite sur la rémunération du travail, et même la société communiste future n’était pas censée reposer sur ces bases, le principe de la répartition des richesses était réduit par Marx à cette formule parfaitement creuse : « À chacun selon ses besoins », source de chicaneries et d’ergotages sans fin si par malheur on avait tenté de la mettre en pratique ... l’argent allait à l’argent et accompagnait le pouvoir, tel était le dernier mot de l’organisation sociale. 
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strummerstrummer   15 janvier 2019
Avec ses longs cheveux frisés et blonds, ses chemises de bûcheron canadien, Aymeric avait un look grunge assez typique, mais chez lui c'était allé beaucoup plus loin que Nirvana et Pearl Jam
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Videos de Michel Houellebecq (86) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Houellebecq
Chaque vendredi matin, Valérie Expert vous donne rendez-vous avec Gérard Collard pour leurs coups de c?ur... Voici les références des livres présentés dans l'émission du 11 janvier 2019 :
Sérotonine de Michel Houellebecq aux éditions Flammarion https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=135899&id_rubrique=341
Rompre de Yann Moix aux éditions Grasset https://www.lagriffenoire.com/136551-divers-litterature-rompre---roman.html
Femme qui court de Gérard de Cortanze aux éditions Albin Michel https://www.lagriffenoire.com/136399-divers-litterature-femme-qui-court.html
Darnand, le bourreau français tome 1 de Perna Patrice et Bédouel Fabien aux éditions Rue de Sèvres https://www.lagriffenoire.com/103195-bd-darnand-tome-1---le-bourreau-francais.html
Violette Morris (Tome 1): À abattre par tous moyens de Javi Rey et Bertrand Galic aux éditions Futuropolis https://www.lagriffenoire.com/128145-achat-bd-violette-morris-tome-1-premiere-comparution---a-abattre-par-tous-moyens.html
La Goûteuse d'Hitler La Goûteuse d'Hitler de Rosella Postorino et Dominique Vittoz aux éditions Albin Michel https://www.lagriffenoire.com/?fond=produit&id_produit=135848&id_rubrique=338
Corruption de Don Winslow aux éditions HarperCollins Noir https://www.lagriffenoire.com/131679-meilleures-ventes-polar-corruption.html
Ces rêves qu'on piétine de Sébastien Spitzer aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/136576-romans-historiques-ces-reves-qu-on-pietine.html
Simple de Yotam Ottolenghi aux éditions Hachette Pratique https://www.lagriffenoire.com/129299-livres-de-cuisine-simple.html
Cuisinez-moi ! de Dave aux éditions Le Cherche Midi https://www.lagriffenoire.com/130414-livres-de-cuisine-cuisinez-moi----le-livre-de-r.html
Fantazmë de Niko Tackian aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/136526-nouveautes-polar-fantazme.html
Audiolib
Devenir | Version intégrale de Michelle Obama et Marie Bouvier aux éditions Audiolib
Astérix le Gaulois/Astérix, La serpe d'or | Enregistrement original de René Goscinny et Albert Uderzo aux éditions Audiolib
Un gentleman à Moscou | Version intégrale de Amor Towles et Thibault de Montalembert aux éditions Audiolib
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#soutenezpartagezcommentezlgn Merci pour votre soutien et votre amitié qui nous sont inestimables. @Gérard Collard @Jean-Edgar Casel
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