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EAN : 9782710387787
448 pages
Éditeur : Quai Voltaire (21/03/2019)

Note moyenne : 3.77/5 (sur 24 notes)
Résumé :
A 61 ans, Emmanuel Joyce est un dramaturge à succès. Accompagné de sa femme Lillian et de son manager dévoué Jimmy Sullivan, qui partage leur vie nomade, il s'apprête à quitter Londres le temps de repérer une jeune comédienne pour sa nouvelle production à Broadway. Le trio est rejoint par Alberta, la nouvelle secrétaire de 19 ans, tout droit sortie du presbytère de son père dans le Dorset. A New York, alors qu'aucune candidate au rôle ne fait l'affaire, surgit l'idé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Nat_85
  02 avril 2019
À sa sortie, en 1959, » Une saison à Hydra « a été salué par les critiques pour sa beauté et son originalité. Publié en ce début d'année 2019 aux éditions de la Table Ronde, dans la collection Quai Voltaire, ce somptueux roman d'Elizabeth Jane Howard est traduit de l'anglais par Cécile Arnaud, et majestueusement préfacé par Sybille Bedford.
Londres, 1950. Emmanuel Joyce est un auteur dramatique à succès, âgé d'une soixantaine d'années. Lui et son épouse Lillian – de vingt ans sa cadette – ont perdu leur fille Sarah à l'âge de deux ans, des suites d'une méningite.
Toujours accompagné de Jimmy Sullivan, son manager et homme à tout faire, Emmanuel tente, tant bien que mal de soutenir son épouse, de santé fragile, à surmonter ce drame. Ainsi, ils prennent la décision de se rendre à New York dans le but de dénicher une comédienne de talent pour jouer le rôle de Clemency dans la pièce de théâtre de Broadway.
Mais avant cela, ce trio doit annoncer à leur secrétaire Gloria, que ce voyage se fera sans elle.
p. 25 : » M. Joyce lui a annoncé ce matin qu'elle ne pourrait pas venir à New York. Elle était terriblement déçue et tout ça. Je suppose que c'est pour cette raison qu'elle a pris le phénobarbital. «
Tourmenté par le geste de désespoir de son ancienne secrétaire et maîtresse occasionnelle, Emmanuel est en proie à une certaine forme de culpabilité.
p. 46 : » Il devait descendre du bus ; arrêter de boire, arrêter de séduire des secrétaires ; arrêter de blesser Lillian… »
Lors d'une réception, Lillian présente à son mari une jeune femme de dix-neuf ans, Alberta Young, tout droit sortie du presbytère de son père dans le Dorset. Jolie mais très naïve, Emmanuel et Jimmy concèdent que la jeune femme serait parfaite dans le rôle de secrétaire, ou du moins qu'elle apprendra le métier sur le tas.
Finalement M. Joyce décolle de l'aéroport de Londres en direction de New York en compagnie d'Alberta. Décision prise à la dernière minute parce que la pauvre Madame Joyce était malade. Sullivan et elle arriveront donc plus tard, par le ferry.
Rapidement une certaine complicité s'installe entre Emmanuel et l'innocente Alberta.
p. 155 : » Il éprouvait en sa compagnie une sensation de bien-être tendre qu'il n'avait jusqu'ici ressentie qu'après l'amour. »
Contrarié de ne pas trouver la perle rare malgré l'enchaînement des auditions pour le rôle de Clemency dans sa pièce, Emmanuel à la drôle d'idée de tenter un essai avec Alberta.
p. 20 : » – Vous savez que j'ignore tout du travail de comédienne. »
Et c'est ainsi que ça s'est fini – ou que ça a commencé. «
Mais Lillian, hantée par la mort de leur fille et fragilisée par sa maladie de coeur, se demande si les motivations de son mari pour confier le rôle à Alberta ne seraient pas d'ordre plutôt amoureux ? Elle se confie alors au fidèle Jimmy sur ses tourments et soupçons. Celui-ci tente de la rassurer au mieux.
p. 221 : » – Elle a ce quelque chose qu'il faut pour incarner Clemency, c'est la principale raison pour laquelle nous voulons essayer avec elle. Ecoutez Lillian, je suis sûr que vous trouvez cette idée folle, mais vous pourriez grandement nous aider à en faire un succès. «
Afin de permettre à Jimmy d'apprendre le métier d'actrice à Alberta dans les meilleures conditions, et surtout loin des obligations mondaines, le quatuor s'envole pour l'île d'Hydra. Dans ce cadre somptueux, des affinités se nouent.
Avec un sens du détail dans ses descriptions, Elizabeth Jane Howard a l'oeil flaubertien. Les personnages sont la clé essentielle du succès de ce roman. Une écriture incroyable et un style parfaitement maîtrisé, donnent à cette oeuvre un relief qui pour ma part n'ont pas leur pareil. Elizabeth Jane Howard était une auteure britannique d'une précellence littéraire incontestable. Quel bonheur à lire !
Lien : https://missbook85.wordpress..
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5Arabella
  22 septembre 2019
Un auteur qui semble avoir eu un certain retentissement en Grande-Bretagne mais jamais jusqu'ici traduit en France ; un oubli réparé maintenant dans cette souvent si intéressante collection « Quai Voltaire », grâce à ce roman paru initialement en 1959. L'éditeur nous annonce par ailleurs la parution prochain d'un cycle en cinq volumes, les Cazalet Chronicles, l'oeuvre la plus connue d'Elizabeth Jane Howard.
Le livre est divisé en parties, chaque partie correspondant à un lieu (Londres, New York, Athènes…), dans chaque lieu, tour à tour, dans un ordre qui change, quatre personnages racontent ce qui se passe, de leur point de vue personnel. Parfois la vision est différente, parfois elle est complémentaire, en ce qui concerne les événements, les sensations, les sentiments. Ce dispositif peut sembler complexe et artificiel, mais Elizabeth Jane Howard le maîtrise à merveille, et en fait l'instrument d'un récit subtil, sensible, riche et complexe. On en vient à attendre telle ou telle voix dans une nouvelle situation, dans tel ou tel contexte, on se demande ce que l'un ou l'autre a pu comprendre de ce qu'éprouvent les autres et quelle est sa réaction.
Trois personnes qui partagent leur vie de longue date constituent le coeur du récit : Emmanuel, un dramaturge soixantenaire à succès, qui voyage dans le monde pour monter ses pièces ; Lillian, son épouse, malade du coeur, n'ayant toujours pas surmonté le deuil de sa fille morte à deux ans ; enfin Jimmy, un jeune homme à l'enfance difficile, devenu l'assistant indispensable du couple, gérant à la fois les spectacles, et la vie quotidienne, entièrement dévoué à Emmanuel. Un quatrième personnage va s'adjoindre à ce trio : Sarah, une très jeune femme, devant faire office de secrétaire et gouvernante. Choisie un peu par hasard, pour remplacer la précédente titulaire partie dans des conditions sordides, révélatrices des relations troubles du trio, elle va très vite faire bouger les lignes, faisant remettre en cause par les intéressés eux-mêmes leurs petits arrangements et habitudes. Et les obligeant à se repositionner à l'intérieur des relations qu'ils entretiennent les uns avec les autres, et surtout se remettre en cause, à s'interroger sur ce qu'ils sont et sur les choix qu'ils ont faits.
Le livre n'est certainement pas original en ce qui concerne l'intrigue, les personnages résumés sommairement. Ce qui fait sa force et sa grande qualité, c'est la finesse et la richesse des analyses psychologiques, les portraits qui se dessinent progressivement, ni tout à fait blancs ni tout à fait noirs. Chacun a ses blessures secrètes, ses égoïsmes, ses routines, ses espérances aussi. Un besoin de l'autre, et aussi une incapacité à le voir autrement que pas ses yeux et par le besoin qu'il a de lui. Les tableaux par petites touches des personnages principaux s'accompagnent aussi des portraits de quelques figures secondaires, et également d'une immersion dans des lieux, en particulier ceux de l'île grecque sur laquelle le quatuor va passer quelques semaines essentielles, pendant lesquelles les fils vont se nouer et se dénouer.
Un très joli livre, plein d'une douce mélancolie, d'une nostalgie de ce qui aurait pu être, d'une poésie du quotidien. Si je voulais à tout prix trouver une réserve, peut-être que le personnage de Sarah (rebaptisée Alberta, parce que Sarah était le prénom de la fille morte du couple) est un petit peu trop parfait, elle est si lumineuse et innocente, mais terriblement forte aussi. Mais j'ai fait un très beau voyage en compagnie de ces quatre-là, et j'attends déjà avec impatience la parution annoncée des livres d'Elizabeth Jane Howard.
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LePamplemousse
  08 avril 2020
Emmanuel est un dramaturge célèbre de 60 ans, mais c'est aussi un homme qui a tendance à tomber amoureux un peu trop souvent de jolies actrices ou de ses jeunes secrétaires, sa femme Lilian, de 20 ans plus jeune que lui est une femme malade du coeur et qui ne s'est jamais remise de la mort de leur fille datant d'il y a 14 ans.
Jimmy, quant à lui est le fidèle assistant d'Emmanuel, un assistant dévoué au point de n'avoir pas de vie à lui, et Alberta est la toute nouvelle secrétaire d'Emmanuel.
Ce sont ces quatre personnages que nous allons suivre durant quelques mois, de Londres à New-York en passant par Hydra, une île grecque, chaque chapitre étant vécu par l'un ou l'autre des protagonistes.
J'ai été charmée par ce roman des moeurs, cette chronique d'un drame annoncé, car on sent bien que quelque chose va avoir lieu, mais quoi exactement...tout dépendra de l'attitude de chacun.
Ce très joli roman parle de deuil, de conquêtes amoureuses, de l'idée de profiter de la vie, mais aussi de secret, du devoir envers la famille et enfin de toutes ces petites choses insignifiantes, ces petits gestes quotidiens que l'on fait, ces petits mots que l'on dit sans y penser, et qui remplissent nos vies, la rendent plus belle et plus riche.
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lucia-lilas
  25 mai 2019
Bon, alors me voilà bien embêtée. Cela fait quelques jours que je repousse la rédaction de ma chronique, persuadée que mes impressions sur ce roman allaient bien finir par s'atténuer au cours de ma relecture de certains chapitres… Mais le temps passe et mon ressenti ne change pas d'un poil. Alors, je me résous à dire en toute honnêteté que ce roman qui avait TOUT, mais ABSOLUMENT TOUT, pour me plaire m'a ennuyée au point que j'ai eu du mal à le finir ! Et pourtant, cela avait bien commencé... 
Tenez : prenez par exemple une comédie d'Ernst Lubitsch, de Howard Hawks ou de Frank Capra, ajoutez-y une poignée de répliques bien mélancoliques à la Tchekhov, quelques lettres de Judy Abbott dans Daddy-Long-Legs de Jean Webster et, me semble-t-il, nous y sommes. Et non seulement nous y sommes mais, présenté comme cela, je me RUE littéralement sur l'ouvrage...
Un auteur dramatique londonien d'une soixantaine d'années, Emmanuel Joyce, en panne d'inspiration, est à la recherche d'une actrice pour un personnage féminin dans une pièce qu'il s'apprête à mettre en scène à Broadway. Son secrétaire et homme à tout faire, Jimmy Sullivan, le seconde dans cette entreprise. Quant à Lillian, la femme d'Emmanuel, de vingt ans sa cadette, elle suit comme elle peut les caprices d'un mari un brin volage et se plie à ses continuels déménagements. Profondément dépressive, Lillian est une femme à la santé fragile, à jamais marquée par la disparition de sa fille Sarah morte à l'âge de deux ans.
Ces trois personnes vivent ensemble, tant bien que mal, allais-je dire. Or, un quatrième élément va venir se greffer à ce petit groupe en la personne d'une jeune et jolie secrétaire que les Joyce veulent emmener avec eux à New York. Simple, naïve, spontanée, pleine de bon sens et très débrouillarde, la jolie Sarah-Alberta va devoir affronter les humeurs et les caprices du trio, trois individus qui s'aiment mais se supportent de moins en moins, fatigués et ennuyés qu'ils sont de la vie et d'eux- mêmes. On peut penser que son regard neuf et franc sur les êtres et les choses va ébranler les certitudes des uns et des autres et qu'elle va servir de révélateur, de déclencheur permettant peut-être une redistribution des rôles des membres du quatuor, pour un temps au moins.
Le point de vue alterné de chacun de ces personnages permet au lecteur d'accéder à leurs états d'âme. Par ailleurs, l'évocation de leur passé dont il est question régulièrement éclaire leur comportement présent et leurs choix quant à l'avenir.
La question est donc : pourquoi ce sentiment d'ennui ne m'a-t-il pas quittée ? Pourquoi ne me suis-je pas DU TOUT attachée aux personnages ? Pourquoi leur mal-être, leurs souffrances, leurs angoisses ne m'ont-ils ni touchée ni émue ? Franchement, je ne sais pas. C'est comme s'ils m'avaient semblé « faussement consistants », comme des êtres stéréotypés et sans réelle profondeur, dont l'agitation perpétuelle, les sautes d'humeur et les discussions vaguement mondaines auraient fini par me lasser. Alors qu'Emmanuel est un auteur dramatique, il est finalement rarement question du travail de l'écriture, de la mise en scène ou de ce qui fait l'intérêt d'un comédien. En fait, et contrairement à ce qu'on aurait pu attendre, les personnages évoluent peu, demeurent assez figés parce qu'au fond, ils n'échappent pas à la caricature, notamment le personnage de la jeune secrétaire.
Du coup, l'ennui l'a très vite emporté tellement j'ai eu le sentiment de faire du surplace (malgré les voyages qu'ils entreprennent), et c'est dommage, car je pense qu'il y avait là une vraie matière romanesque à exploiter. Au lieu de cela, j'ai eu le sentiment de m'enliser sans qu'aucun élément dynamique ne me sorte de ma lassitude.
Même les descriptions m'ont semblé assez kitsch...
Ce n'est que mon point de vue, je reste bien persuadée que ce roman va séduire bien des lecteurs dont je regrette sincèrement de ne pas faire partie….
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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fuji
  20 août 2019
Il faut toujours faire confiance à sa libraire !
Quai Voltaire a eu l'excellente idée d'éditer ce roman, dont l'auteur est décédé en 2014. Ne connaissant pas cette dernière je suis allée glanée des informations, et apparemment ses qualités littéraires n'ont pas été reconnues à leur juste valeur.
Ma lecture a été passionnée et attentive, je m'en explique : ce roman polyphonique m'a fait penser aux qualités d'écoute d'un mélomane assistant à un superbe concert.
Il visualise l'orchestre, il écoute et prête attention à chaque instrument pour ses qualités personnelles mais aussi pour sa prestation avec l'ensemble musical.
J'ai donc lu dans la continuité, mais en faisant des arrêts le temps d'intégrer certaines scènes, parfois je revenais en arrière pour retrouver une phrase…
A la fin de ma lecture j'ai eu une obsession recouvrer une citation :
« L'apparence est un rideau derrière lequel la réalité se dérobe au vulgaire. » Pierre-Charles-Victor Boiste.
Jimmy, trentenaire, est le manager du célèbre dramaturge Emmanuel Joyce, la soixantaine. Il est aux petits soins pour Lilian la femme d'Emmanuel, qui est de santé fragile et surtout dépressive à la suite du décès de leur fille Sarah, survenue avant ses deux ans. Drame omniprésent que l'on ne peut que comprendre.
« …Sarah était morte, c'était presque comme une hémorragie mortelle. »
Le premier chapitre nous donne une image peu sympathique de ce trio. Emmanuel parait imbu de lui-même, Lilian semble jouer de ses fragilités et Jimmy semble obséquieux.
Le drame engendré par la secrétaire du moment, nous montre qu'Emmanuel n'est pas particulièrement fidèle et Lilian pense « Naturellement, il a besoin de distractions extérieures, et de quel droit m'y opposerais-je, moi qui suis malade en permanence. »
Cette atmosphère délétère est sous-tendue par une quête : trouver la comédienne capable d'incarner Clemency, l'héroïne de la pièce d'Emmanuel.
Lilian va se charger de trouver une nouvelle secrétaire pendant que les hommes chercheront La Comédienne.
Alberta, jeune fille de 19 ans va entrer en scène…
De Londres à New-York, de New-York à Athènes, d'Athènes à Hydra, le lecteur va vivre avec eux.
L'auteur d'une plume élégante et précise fait vivre chacun dans toute sa complexité.
Lilian pense : « En matière de complaisance, je me débrouille très bien toute seule. » L'attention dont elle est l'objet ne l'aide en rien même si parfois elle en joue.
Emmanuel se définit ainsi : « Je suis un petit homme qui craint que les meilleures années de sa vie soient passées pendant qu'il avait le dos tourné. J'en suis un autre qui, après avoir toujours compté sur sa source secrète, redoute soudain qu'elle ne soit tarie. Je suis aussi un homme dont la femme a besoin, mais qui ne veut pas de lui. »
Jimmy prend conscience de la chaîne qu'il s'est mise lui-même et qui le rend dépendant de ce couple.
Le lecteur suivra l'évolution d'Alberta grâce à son journal et aux lettres qu'elle écrit à sa famille.
La fine psychologie dont fait preuve Elizabeth Jane Howard est appliquée avec la même qualité aux personnages secondaires, tel le petit Julius et les époux Friedmann.
C'est un tableau très réaliste se passant dans les années cinquante, mais tout en nuances qui le rend intemporel, car l'auteur décortique l'intériorité de ces êtres.
Les changements de lieux, dans des descriptions vives qui nous font vraiment croire que nous sommes avec les protagonistes, ces décors éblouissants habillent la complexité de chacun d'eux.
D'une subtilité exquise, cette plume allie élégance et intelligence. Un roman d'une grande beauté, réaliste et poétique, des dialogues sans fausse note, comme j'aimerais en lire plus souvent.
J'espère que d'autre écrits seront traduits.
©Chantal Lafon-Litteratum Amor 20 août 2019.
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critiques presse (1)
LeFigaro   25 avril 2019
Par quel mystère les livres de Elizabeth Jane Howard n’ont-ils pas été traduits avant [...] ? Il y a tout, là-dedans: des dialogues brillants, du romanesque comme s’il en pleuvait, un style fluide, soyeux, poétique. Toutes les fées ont dû se pencher sur le berceau de cette dame...

Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
5Arabella5Arabella   24 septembre 2019
Les lumières du Pirée s'échelonnaient en un fin demi-cercle dans le crépuscule gris, tel un collier de joaillier sur du velours. Elles étaient jolies, précises et inaccessibles, mais dans un futur proche nous allions nous amarrer entre deux perles, qui paraîtraient très espacées. C'était un futur quelconque - le seul que je puisse envisager - quelque chose qui se rapprochait déjà de son passé. Mais ma propre vie s'étalait autour de moi comme la mer : illimitée en apparence. Jimmy était silencieux, enveloppé dans ses rêves, et moi, sachant si bien ce qui les ferait voler en éclats, je me taisais.
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5Arabella5Arabella   22 septembre 2019
Il lui semblait que c'était une lettre différente de celle qu'il avait lu le matin et que l'homme qui l'avait lue était un autre. A présent il n'avait plus aucun mot - il se sentait simplement et entièrement mis à nu, et saisi par une émotion impossible à nommer, comme si son coeur se mettait à rougir violemment. Il ne sut pas combien de temps ça dura, mais quand elle commença à disparaître, il s'entendit découvrir qu'au-delà d'une certaine intensité les émotions n'avaient pas besoin de noms : elles se confondaient avec notre être, ou du moins une partie de notre être.
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5Arabella5Arabella   21 septembre 2019
L'angoisse du voyage de retour n'arrête pas de rebondir vers moi puis de s'éloigner de nouveau ; elle vient juste de me revenir, telle une balle agaçante, à la fois idiote et impossible à éviter. Il y a une énorme différence entre savoir ce qu'il faut faire et le faire, et je suppose que l'on passe la plus grande partie de sa vie dans cet entre-deux.
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5Arabella5Arabella   22 septembre 2019
Sa présence était pour lui comme l'air qu'on respire : indispensable sur le moment, mais inutile en tant que simple souvenir ; ce n'est que dans les rares occasions où il réussissait à être seul avec elle qu'il pouvait emmagasiner de quoi supporter son absence.
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LadyDoubleHLadyDoubleH   26 mars 2019
Si vous aviez des parents riches, ou même seulement aisés, c’était normal de les détester ; mais s’ils étaient pauvres, et que vous aviez été élevé dans ce que ces gens appelaient un « quartier défavorisé », […] la moindre critique passait pour une trahison et de la prétention – vos parents devenaient des personnages, et on attendait de vous que vous les considériez comme tels.
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